See, that's how great a host I am;
I even let you choose the color!
Sang, sexe & café (PNDCO*)
*Pas Nécessairement Dans Cet Ordre
One of these days my knowledge of myths, fairy tales, tv shows, and weird facts is going to come in handy, just you wait.
Chiffres | Physique |
---|---|
0 Transparent |
Normal, n’a l’air de rien |
1 Blanc |
Petit et maigre, rachitique, la peau sur les os |
2 Ciel |
Physique de top-model |
3 Orange |
Théoriquement obèse, mais quand même sexy et qui a l'air en santé |
4 Rouge |
Muscles sans graisse et bien définis, bodybuilder |
5 Bleu |
Physique de ninja, mince et musclé, en forme, sneaky, puissance compacte |
6 Rose |
Couch potato. Gras, pas sexy, pas healthy, mais pas encore obèse morbide |
7 Vert |
Grand mince, avec ou sans muscle, imposant surtout par sa hauteur |
8 Jaune |
Obèse morbide |
9 Pourpre |
Grand et musclé avec graisse, armoire à glace |
Chapitre 1 - Réalité
1.1 - PdV d’Alex
I get road rage walking behind people.
C’est un magnifique après-midi d’été, chaud et ensoleillé, et déjà je fantasme les yeux ouverts à la douce idée d’enfoncer encore et encore, avec ferveur et passion, toute la longueur de mon outil préféré (y'é pas ben gros, mais tout l'monde sait que c'est pas ça qui compte) dans la chaire chaude et juteuse du bourrelet de l’ostie d’pas-vite qui marche en plein milieu du criss de trottoir!
Non mais, ostie, y’a pas rien qu’toé su’a terre criss! Avance plus vite ou tasse-toé d’mon ch’min, câlisse!
Quoi?! Ben, non, franchement, j’ai pas dit ça pour vrai! Je l’ai pensé, mais j’l’ai pas dit; mes parents ont fait une ben meilleure job que ça, voyons! Mais surtout, si j’avais dit ça pour vrai, j’aurais rajouté des guillemets autour!
Quand même, il faut que j’prenne une grande respiration pour réussir à me calmer. Non, c'est pas que j’suis en retard pour aller quelqu’part ou qu’y’a quelqu'un qui m’attends. C'est juste que j’ai vraiment hâte de prendre ma douche! Tsé, quand t’as l’impression que ton linge te colle à peau; pas parce qu’il est mouillé, mais vraiment juste parce que ta peau est rendue collante tellement que ça fait longtemps que t’as pas pris de douche?
Ça va faire 3 nuits que je dors dans la même ruelle, entre les mêmes bennes à ordure et, comme de fait, le jour des poubelles était juste aujourd’hui. Oh, et comme j’l’ai déjà dit: on est en plein été. D’habitude, je choisis ma ruelle justement en fonction du jour des poubelles. Autrement dit, APRÈS le jour des poubelles. Mais apparemment, les autres sans-abris aussi ont fini par catcher l’truc. Bref, j’veux prendre une douche au plus sacrant, mais comme de fait, y’a un ostie d’escargot qui a décidé de prendre toute le trottoir pour se prélasser au soleil.
Finalement, j’me tanne et j’me lance à l’attaque pour vrai:
“Scusez...” ostie d’voix toute douce et polie. À force d’avoir la colère pognée dans le fond d’la gorge de même, un jour, j’vas finir par m’étouffer avec pour vrai!
Mais l’autre s’exclame “Oh, pardon!” pis se tasse aussitôt sur le bord du trottoir, la tête penchée, les épaules courbées et les yeux rivés au sol. Wow. Un peu plus pis ça se mettait à genoux! Ça shake quasiment! J’ai pas vraiment le goût de faire attendre ma douche, alors j’passe devant comme si de rien n’était, mais y’a quelque chose de pas normal avec c’te personne-là. Promis, j’ai utilisé ma voie la plus douce et gentille! À moins que... Nah, même les indignes réagissent pas d’même d’habitude.
Anyway, 15 minutes plus tard, je suis finalement devant la porte d’entrée du gym le plus cheap du quartier. Y faut dire que l’avantage de l’histoire des dignes pis des indignes, c’est que ça permet d’avoir des places plus cheap. Vu que les indignes sont plus pauvres, les places qui les servent sont moins chères. Remarques, c’est pas qu’il y a une ségrégation comme telle. Genre les indignes ont le droit de rentrer dans les places de dignes et vice versa. C’est juste que d’habitude, les indignes ont moins d’argent et se ramassent dans des places plus crasses et les dignes ont plus d’argent et peuvent se permettre de meilleures places... mais c’est pas systémique, là. De toutes façons, pourquoi payer full cher pour un gym dont t’utilises juste les douches anyway!
Quoi? Vous étiez pas au courant? Pourtant, messemble que ça fait un bout que c’est d’même? En tout cas, oui, c’est la nouvelle discrimination ces derniers temps: la couleur des yeux. Ostie d’histoire de caves, tant qu’à moi. C'est pas parce que le gène des yeux bleus est un gène récessif que ça veut dire qu'une personne aux yeux bleus est nécessairement inférieure! Franchement, ça sonne comme l’argument de l’imbécile qui vient d’avoir son premier cours de bio pis qui pense avoir finalement tout compris d’la génétique pis d’l’évolution… Ouin, comme vous voyez, on est loin d’avoir atteint notre plein potentiel évolutif… Voyez? C’est pas pour rien que moi j’discrimine pas les gens; tant qu’à moi, tout l’monde est cave. Point.
J'ouvre la première porte. Nope, moi, j’m’entraîne pas, fuck that! De toutes façons, j’ai déclaré depuis longtemps que j’avais pas de problème de poids! Dans la vie, quand t’as un problème, t’as le choix entre le régler ou l’accepter. Accepter mes problèmes jusqu’à ce que ça soient pus des problèmes; ça demande beaucoup moins d’énergie!
Je montre ma carte de membre pour débarrer la deuxième porte. Et voilà pourquoi je m’entraîne pas: dès que j’ouvre la porte, la draft du système de ventilation qui essaie lamentablement de compenser pour l'accumulation d'odeurs corporelles m'arrive en pleine face et mon nez réclame quelques secondes pour s'y habituer. Eurk, c’est quasiment pire que les poubelles de la 3e avenue un lundi après-midi.
Après le nez, c’est les oreilles qui se sentent harcelées. Au rythme de la musique pop-techno-rap-j'sais-pas-quoi qui joue dans le tapis, je me dirige vers les vestiaires en essayant de ne pas vomir ni de croiser de regard. Parce que c’est pas gentil de faire voir aux gens que leur environnement te donne mal au cœur; alors j’évite les regards tout court parce que j'ai vraiment pas le goût d'avoir à faker des sourires. C’est sûr qu’avec mes yeux de digne, j’pourrais me pavaner comme une divinité ici, mais franchement, j’veux juste me rendre le plus vite possible à ma douche. D’ailleurs, j’ai même pas fait trois pas que j’sens déjà mon entre-jambes et mes aisselles squicker de sueur accumulée. Eurk. Fac j'accélère le pas; esquive deux adeptes de poids lourds qui ont pas conscience de la longueur de leurs bras (criss de dangers publiques); enjambe un tapis de yoga laissé sans surveillance (parce que piler dessus aurait pas été gentil); retient ma respiration en passant à côté de quelqu'un qui a oublié de mettre son déo (pourquoi personne lui a dit d'en mettre? Odeur naturelle, mon cul. Lave-toé au moins!); contourne un méga panneau publicitaire vantant les innombrables supers pouvoirs de leur nouveau programme d’exercice spécial qui promet de t’faire perdre 50 livres en 2 semaines avec juste 15 minutes par jour pis de l’eau bénite infusée d’citron organique, ou quelque chose du genre (Voir! J'peux pas croire qu’y’en a qui sont assez caves pour croire des conneries d’même!); et j’arrive finalement près des escaliers qui mènent aux vestiaires.
"Hey, salut Alex!" Fuck. Ça c'est 16 qui est derrière moi et qui veut me raconter ses palpitantes dernières 24h de vie monotone. Évidemment, j'ai intérêt à avoir l'air d'avoir le goût de l'écouter; 16 fait partie des propriétaires du gym. J’ai beau faire partie des dignes, mais ça fait longtemps que j’ai appris que t’attire pas mal plus de mouches avec du miel. Wait? Pourquoi j’voudrais attirer des mouches au juste?! Anyway, de toutes façons, la politesse a été engrainée en moi; c’est un beau réflexe acquis de ma chère enfance bourgeoise de dignes... (Avez-vous senti le sarcasme?) En passant, Alex, c'est le diminutif d'un nom vraiment plus atroce que ce que vous pourriez imaginez (disons juste que la bourgeoisie avait légèrement un peu trop monté à la tête de mes parents), alors on va rester avec ‘Alex’, ok?!
“Ça va?” Right, 16 me parle. Faut que j’y réponde. Heureusement, je suis maître dans l'art de soutenir et encourager des conversations sans les écouter. J'ai travaillé assez longtemps (Ça fait assez longtemps que j’travaille) avec des personnes séniles... Le truc est d'écouter les intonations et d’étudier le langage non-verbal, les expressions faciales, etc. Et d'être empathe. Ouin, ça aussi ça aide!
Alors j’me retourne, un grand sourire dans face “Ben certain! Pis toi? Quoi d’neuf?!”
Et c’est parti.
Pendant que je fais semblant de l'écouter, j'en profite pour vérifier son numéro. J'ai aucune idée de son nom, et franchement j'm'en fou pas mal. Pas à cause de la couleur de ses yeux; j’remarque jamais la couleur des yeux anyway. Les regards, oui; les couleurs, non. Pour ce qui est des noms, ça veut tellement rien dire, de toutes façons! (Ça pis je les oublies tout l’temps, anyway!). Alors, bref, j’préfère identifier les gens par des numéros; c'est juste tellement plus logique dans ma tête. Parce que non, c'est pas des numéros aléatoires, ni séquentiels; '16' signifie quelque chose.
Après quelques phrases quelconques, je lance un "Non, pour vrai?!". Demandez-moi pas de quoi on parle, j'en ai aucune idée, mais à voir la ferveur avec laquelle son discours reprend, c'était la réplique idéale. Évidemment.
Le premier chiffre, c'est l'apparence physique. Le 1 représente une personne qui est plutôt maigre, proportionnellement à sa hauteur. Le chiffre 1 est blanc et peut donc aussi représenter une personne à la peau pâle ou blême, mais pas nécessairement; ça peut aussi juste être une question d'avoir l'air fragile.
D'autres mots insignifiants. J'ajoute donc un "Ben, évidemment!". Même résultat.
Le deuxième chiffre, c'est la personnalité. Le 6, par sa forme et sa couleur (rose), représente généralement les personnes douces, soumises, fiables (mais pas nécessairement faibles). Bref, c'est pas pour rien que 16 s'occupe presque tout le temps du comptoir de la réception!
Mes numéros, j’avoue, c’est pas une science exacte et c’est sûr que quand t’arrives dans un groupe de personnes homogène; ça devient plutôt redondant et inutile, mais comme j’ai tendance à éviter le plus possible les interactions humaines, mon système de numéro fonctionne assez bien pour moi.
D'ailleurs, son monologue continue et s'éternise. Il va falloir couper ça bientôt parce que j't'a veille de pu être capable de m'sentir, ni de l’entendre. J’me demande de quoi aurait l’air 16 avec du DuctTape sur la bouche... c’est sûr que ça l’empêcherait de parler, mais est-ce que ça l’empêcherait aussi de faire du bruit tout court? Y’en a qui réussissent à faire presque autant de bruit, même avec un bâillon... Et si je l’attachais à sa chaise? Je me souviens pas si sa chaise est à roulette ou pliante ou en bois... Quoique de toute façon, j’pourrais pas faire ça à son comptoir de réception, devant tout le monde! Et c’est un gym 24h, alors attendre que tout le monde parte est inutile. Pis anyway, 16 a beau avoir l’air fragile; j’suis pas nécessairement plus capable de me battre avec. Non seulement j’ai a peu près la coordination d’une marionnette à fils, mais quand j'viens au gym, c'est vraiment juste pour prendre ma douche... Pis après il faut que j’m’arrange pour que 16 puisse pas m’identifier ou me dénoncer… Pis les empreintes... Argh, c’est donc ben compliqué faire taire les gens!
J’reviens au moment présent juste à temps pour enchaîner avec un "Décidément!". Aussi bien m’en tenir à ma bonne vieille méthode. Vous allez voir. Ok, attention, notre porte de sortie s'en vient. Encore quelques phrases...
Ok, maintenant! Alors on commence par conclure à sa place avec une vérité vide et absolue "Ha, j'en reviens pas! Décidément, y'en a qui ont pas d’allure!", on rajoute un compliment, "Une chance que toi t’as l’tour avec ça, bravo!" et, tout en y tournant le dos, on ferme avec une fausse ouverture, "En tout cas, là il faut que j'y aille, mais tu m'tiendra au courant sur la suite, ok?!"
"Ok, certain! À prochaine!"
Nailed it!
1.2 - PdV de Chose
Vendredi,
“Chose! J't’attends dans mon bureau, dans une heure. Dépêche!”
Eh oui, cher journal, une fois de plus, l’Alpha m’appellait out of nowhere, sauf que là, L’appel de l’Alpha dans ma tête avait brisé ma concentration juste assez longtemps pour que mon adversaire réussisse à m’frapper. Une chance que les êtres humains sont pas si forts que ça. J’aurais pu répliquer, mais la surprise avait figé mon adversaire et ça aurait pas été correct d’en profiter.
“Wow, ça va-tu? D'habitude, j’réussi jamais à t’toucher!”
Ce à quoi j'ai juste grogné avant de me remettre en position de combat. Mon adversaire a compris que j’répondrais pas à sa question et on a repris à faire semblant de se battre jusqu'à ce que Sensei siffle la fin des combats. C'était pas des vrais combats, juste des pratiques, des occasions pour pratiquer de nouvelles techniques ou pour améliorer les anciennes. Pas comme les combats du samedi soir à la maison-mère où tu te bats presque pour ta vie. J'dis presque parce que en général, l'Alpha met fin aux combats avant que quelqu'un meurt, mais des fois ça y prend du temps à se décider, et si t'es pas capable de survivre jusqu'à là... Bref, disons que j'avais de bonnes raisons pour vouloir me pratiquer. Le seul problème, quand tu t’entraine avec des êtres humains, c’est que tu peux pas utiliser toute ta force et ta vitesse. Les êtres humains sont pas au courant de l’existence des lycanthropes, des vampires et autres créatures paranormales; et il faut que ça reste comme ça. L'avantage par contre, c'est que, dans ces cours d’arts martiaux-là, j'apprends des techniques que la majorité des lycanthropes se donnent pas la peine d’apprendre. Ça me donne un petit avantage. Ou plutôt, ça rééquilibre les avantages, vu que mes adversaires du samedi soir ont droit à des armes en argent et moi, des fois rien qu’un bout d’bois. L'argent est le seul métal qui peut réellement blesser les lycanthropes. Ou plutôt, n'importe quoi peut nous blesser, mais on guéri assez vite pour que ça change pas grand chose. L'argent, par contre, on guéri à vitesse humaine... Et ça laisse des cicatrices... Bref, comme j’ai dit, j'avais des bonnes raisons pour vouloir me pratiquer.
{Est-ce qu’on explique pourquoi Chose ne répond pas à l’Alpha?}
Le dojo où je m'entraînais plusieurs fois par semaine, aussi souvent que mes tâches à la maison-mère me le permettaient, était devenu comme une deuxième maison. Le groupe d'êtres humains, les élèves, Sensei et ses aides, était devenu comme une deuxième famille. Au début tout le monde avaient un peu peur de moi; probablement à cause de toutes mes cicatrices. L’odeur de la peur est un genre d’aigre-douce; d’un côté ça pu, mais de l’autre, ton côté prédateur aime vraiment ça. Alors au début, c’était plutôt déconcentrant, mais avec le temps, les autres ont réalisé que, moi aussi, j'étais juste là pour apprendre. Tellement qu’avec le temps, vu que j’arrêtais pas de m’améliorer (j’imagine que pour ça j’devrais remercier les combats du samedi soir. Et mes missions... extracurriculaires), les autres se battaient presque pour pouvoir se pratiquer avec moi. Ce dojo-là, c'était la seule place où j'avais vraiment l'impression qu'on me respectait. Ouin, maintenant que j'y pense, c’était probablement pas juste pour me pratiquer que j'y allais aussi souvent...
“Sensei, j’m’excuse, mais j’avais oublié; j’ai une rencontre importante dans pas long… Il faut que j’y aille.”
Sur le coup, j’ai eu peur que Sensei se fâche, fac, pour essayer de me faire pardonner, j’ai aussitôt fait un salut de soumission. Les mains collées sur les côtés de mes cuisses, le corps plié à 90 degré au niveau de la taille, le haut du corps parallèle avec le plancher, les yeux fixés au sol. J’ai pas osé bouger tant que Sensei m’ait pas dit que c’était correct. Mais j'aurais du m'en douter que j’avais pas besoin de m’inquiéter. Sensei était pas du genre à se fâcher pour rien. Pas comme l’Alpha. En plus, Sensei me connaissait assez bien pour savoir que si ça avait pas été important pour vrai, j’aurais pas quitté le cours avant la fin. Bon, on s’entend, Sensei me connaissait pas assez pour savoir quels genre de problèmes que j’aurais eu si j’avais pas réussi à arriver à l’heure au bureau de l’Alpha...
La maison-mère, c’est là où la majorité de la meute habite, c’est un vieux couvent qu’on a reconverti. En fait, moi j’habitais dans la shed dans la cour en arrière, mais c’est correct, au moins, là, j’avais la paix. Ouin, vous avez compris que moi j’avais un traitement spécial... Déjà, à cause de mes yeux bleus, je faisais parti des indignes. Et dans la meute, les indignes, étaient les esclaves; c’est aussi simple que ça. D’habitude, la hiérarchies des lycanthropes (Alpha, Béta (bras droit de l’Alpha), les Gammas (bodyguards et polices), les Deltas (commissionnaires), les Omégas (esclaves), etc.) est déterminée par un mixte de puissance, de compétences et de sang. Genre, si tes parents étaient Alpha, t’as plus de chance d’être Alpha, parce que t’as génétiquement plus de force, mais il faut quand même que tu te battes contre les autres pour le prouver et que tu sois capable de leader la meute. Mais depuis le jour de la purification, peu importait ta force ou ta puissance, si t’avais les yeux bleus, tu tombais au même niveau que les omégas; les faibles tout au bas de la hiérarchie; les esclaves. Parce que on disait que si t’avais les yeux bleus, tu valais pas plus que ça, de toutes façons. C’était ça, la purification: l’Alpha qui a ‘purifié’ la meute en rabaissant tous les indignes au bas de l’échelle. Ouin, quand l’Alpha décrète quelque chose avec sa ‘voix d’Alpha’, ça devient littéralement officiel. Mais moi, c’est encore pire, j’suis l’enfant de traîtres. De traîtres qui ont perdu la vie avant de pouvoir payer pour leur trahison; alors comme de faite, c’était à moi à payer pour leurs torts.
Après avoir pris une douche rapide au gym et couru (ben, à vitesse humaine-là) jusqu’à la maison-mère. Il m’aurait resté juste assez de temps pour passer à la cuisine et me prendre quelque chose à grignoter…. Si personne ne venait m’achaler. En général, les indignes ont assez de choses à faire, avec le ménage pis toute, pour pas avoir le temps de me déranger, mais les autres, les dignes, pouvaient m’utiliser comme bon leur semblait. Quand j’étais jeune, je servais surtout de punching bag pour défouler leurs frustrations ou exercer leur vengeance contre mes parents, (les traitres doivent payer pour leur trahison), mais quand j’ai atteint l’âge de maturité, les choses ont un peu changées...
{En passant, je te raconte tout ça parce que je pense qu’il faut qu’il y’ait au moins une personne qui connaisse la vérité, au cas où j’oublierais tout…}
De un, Vic s’est joint à moi et j’ai enfin pu me transformer. Vic, c’est ma moitié-bête. Deux esprits dans le même corps qui peut prendre deux formes, l’une humaine, l’autre lupine. Avec l’arrivée de Vic, mes pouvoirs de lycanthropes sont apparus. Non seulement je pouvais maintenant me transformer, mais surtout ma force, ma vitesse, mes sens et ma guérison avait découplées. Sur le coup, j’étais… extatique. Ouin, c’est un beau mot ça. Voyez?/Tu vois? J’essaies d’améliorer mon vocabulaire! Bref, j’étais extatique parce que, enfin, je pourrais me défendre! La première fois qu’on a essayer de m’attaquer après ma transformation, j’ai enfin pu répliquer! En tout cas, j’ai essayé. Mais j’aurais du me douter que j’serais pas à la hauteur. T’as beau avoir plus de puissance, si t’as aucune technique, et que l’autre s’entraîne à tous les jours…, ben t’as pas grand chance. En fait, les dignes contre qui j’avais essayé de me défendre avaient trouvé ça tellement cute que mon nom a aussitôt été mis dans la pige pour les combats du samedi soirs. Ça allait “ajouter au divertissement”. J’allais être le clou du spectacle. La deuxième fois, j’ai réussi à placer un coup de poing. Ça y a surement pas fait ben mal, mais ça y a pas fait plaisir non plus. Alors c’est là que l’Alpha a décidé d’intervenir et m’a fait venir à son bureau. On était juste nous deux dans son bureau et juste sa face me faisait peur; y’avait quelque chose dans ses yeux… Pis finalement Alpha a utilisé sa voix d’Alpha pour m’interdire de me défendre ou de me battre contre qui que ce soit de la meute. À part, bien sur, pendant les combats du samedi soir. À ce moment là, j’avais pas encore beaucoup de contrôle sur Vic, alors sa rage a débordée et j’ai commencé à chialer et à me plaindre de l’injustice, etc... bref, l’Alpha a vite ajouté que je pourrais plus parler pantoute en présence d’autres lycanthropes. Et aussitôt, comme par magie, j’ai pu été capable de dire un mot. J’vous l’avais dit que la “voix d’Alpha” est puissante! Fac là, j’étais tellement en colère (et je blâme les hormones de l’adolescence et la rage de Vic) que j’ai commencé à me transformer pour l’envoyer chier par télépathie. Parce que, à part l’Alpha, c’est juste sous forme lupine qu’on peut communiquer par télépathie. Mais avant que j’ai pu transformer grand chose, l’Alpha a compris ce que j’faisais et a crié “NON!” et, comme de fait, ma transformation s’est arrêtée et j’ai repris ma forme humaine. En passant, c’est genre impossible d’arrêter et renverser une transformation en plein milieu… Sauf si l’Alpha te l’ordonne, apparemment. Quoique, à voir sa face, l’Alpha non plus s’attendait pas à ce que ça marche… En tout cas, pour me punir de mon ‘insolence’ (son mot, pas le mien!), l’Alpha m’a dit d’me déshabiller et a grogné que maintenant que j’avais l’âge de maturité, j’allais enfin être utile à quelque chose. C’est là que j’ai perdu ma virginité. Depuis ce jour-là, j’peux rien faire d’autre que me laisser faire, peu importe ce que les autres veulent me faire ou me faire faire. Vic a gémit pendant longtemps après ça; des fois par frustration, d’autres par culpabilité, mais avec le temps, on a fini par accepter notre sort.
J’ai regardé l’heure et confirmé qu’il me restait juste assez de temps pour une collation. En approchant de la cuisine, je longeais les murs pour m’assurer de ne pas attirer l’attention, mais alors que je passais devant une porte ouverte, une main que j’avais pas vue m’a agrippé le bras pour m'attirer dans la pièce sombre. Par réflexe, j’ai essayé de me mettre en boule, histoire de mieux encaisser les coups, mais quand mon nez a compris à qui appartenait la main, j’ai compris que c'était pas une attaque; c'était une demande de service, un ordre. Quelqu'un voulait venir. Le fait que la personne voulait faire ça dans le noir, je l’sais, c’était pas par honte ou par gêne (tout le monde savait que j’étais le jouet sexuel de tout le monde), mais vraiment juste parce que voir ma face pleine de cicatrices était apparemment un turn off. J’essayais de pas y penser plus que ça. Après tout, c’est pas comme si j’pouvais y faire grand chose. Dans un mouvement fluide et imposant, sa main a mit la mienne sur son entre-jambe et un grognement de satisfaction s’est échappé de sa bouche. Son autre main a atterrit derrière ma tête et, avec sa force de lycanthrope, m’a fait tomber à genoux pour m’écraser la face dans son entre-jambe. L'ordre était clair. Aussitôt, mon cerveau s’est mis à off et mon corps est tombé en pilotage automatique. Une chance que je connaissais bien cette personne-là, parce qu'il fallait que ça soit rapide; l'Alpha m'attendait. Pas le temps de niaiser ou de se déshabiller. J’ai détaché ses pantalons et tout de suite j’ai commencé à m’y mettre. Je touchais ici, je mordillais là, léchais un peu ici, caressais un peu là. Ma bouche et mes mains étaient habituées et connaissaient leur job, et comme de fait, en quelques minutes, sa respiration est devenue saccadée et ses hanches ont commencé à onduler comme pour en avoir plus, plus fort, plus vite. Je continuais à me concentrer sur ma technique et continuais à faire les mêmes mouvements, tout en augmentant graduellement l'intensité au même rythme que ses inspirations. Avec un peu de chance, son orgasme allait arriver avant que je pogne une crampe. Comme prévu, sa respiration s’est arrêtée, une de ses mains est apparue devant sa bouche comme pour étouffer ses propres cris et son corps en entier s’est mis à shaker, à se contracter puis finalement à se relaxer. Un soupir de satisfaction pour remercier mon travail bien fait et une poussée derrière la tête pour me renvoyer sur mon chemin. Ma job ici était faite. Considérant qu’il fallait à tout prix que je passe aux toilettes pour me laver (j'pouvais quand même pas arriver devant l'Alpha en sentant le sexe de même), c’était clair que j’aurais pu eu le temps d’arrêter pour manger. Tanpis.
En courant un peu j’ai quand même réussi à arriver devant la porte du bureau de l’Alpha à l’heure pile. Mais avant de cogner à la porte, j’ai pris une grande inspiration. À l’odeur je pouvais dire qu’y avait juste deux personnes dans le bureau, l’Alpha et Gab. J’ai donc compris que ça devait être pour m’envoyer sur une autre mission.
J’vous ai déjà dit que mes parents avaient trahi la meute. En gros, un an après le jour de la purification, mes parents ont fait entrer un groupe de vampires dans la maison-mère. Les vampires ont criés MASEVAS! et ont commencé à tuer tout le monde, ou entoutcas presque, parce que veut-veut-pas, les lycanthropes savent se défendre. Bref, ça a été un carnage. Mes parents ont pas survécu, mais moi oui, parce que Beta Sad a enfermé les plus jeunes dans une classe de l’aile scolaire avant que la bataille nous rejoigne. Vu qu’une bonne partie des vampires ont réussi à s’échapper, Gab a commencé à les traquer. Gab est genre l’élite des traquistes de la meute. Les lycanthropes ont un odorat très développé, mais les traquistes se spécialisent dans la traque et Gab peut retrouver n’importe qui, n’importe où, même à partir d’un seul cheveux ou d’un peu de sang, ou d’un bout de peau, ou d’un mini morceau de vêtement… bref, toutes des choses qui se retrouvent sur un champ de bataille. Alors, depuis l’attaque, Gab a passé des années à traquer, identifier et surveiller chaque membre du groupe Masevas. Et moi, pendant ce temps-là, je survivais et m’entraînait à me battre pour continuer de survivre. Pis un jour, l’Alpha a décidé que j’étais assez solide et habile en combat pour m’envoyer réparer les torts que mes parents avaient causés et venger la meute. Depuis c’te jour-là, l’Alpha choisi qui des membres de Masevas on doit éliminer; Gab m’en ramène les coordonnées et moi je dois aller l’achever. Simple.
Pour te donner une idée, en gros, un an après le jour de la purification, y’a un groupe de vampires qui a envahie dans la maison-mère en criant MASEVAS! pis en essayant de tuer tout le monde. Ben, presque, parce que veut-veut-pas, les lycanthropes savent se défendre. Bref, ça a été un carnage. Mes parents ont pas survécu. Moi, oui.
Après ça, vu qu’une bonne partie des vampires avait réussi à s’échapper, Gab a commencé à les traquer. Gab est genre l’élite des traquistes de la meute. Les lycanthropes ont un odorat très développé, mais les traquistes se spécialisent dans la traque et Gab peut retrouver n’importe qui, n’importe où, même à partir d’un seul cheveux ou d’un peu de sang, ou d’un bout de peau, ou d’un mini morceau de vêtement… bref, toutes des choses qui se retrouvent sur un champ de bataille. Alors, depuis l’attaque, Gab a passé des années à traquer, identifier et surveiller chaque membre du groupe Masevas. Et moi, pendant ce temps-là, je survivais et m’entraînait à me battre pour continuer de survivre. Pis un jour, l’Alpha a décidé que j’étais assez solide et habile en combat pour m’envoyer réparer les torts que mes parents avaient causés et venger la meute. Depuis c’te jour-là, l’Alpha choisi qui des membres de Masevas on doit éliminer; Gab m’en ramène les coordonnées et moi je dois aller l’achever. Simple.
J’ai donc cogner à la porte et aussitôt j’ai entendu Gab répondre “Envoie, Chose, entre!”. Ouin, tout le monde m’appellait Chose. Non, c’est pas mon vrai nom.
L’Alpha était à son bureau, au fond de la pièce. Gab, debout à mi-chemin entre moi et l’Alpha, me tendait déjà un sac. Je savais que dans c’te sac-là j’allais trouver un morceau de vêtement fraîchement porté, une adresse et un portrait de ma nouvelle cible. L’adresse devrais m’aider à retrouver ma cible, mais c’est le morceau de vêtement, avec son odeur dessus, et le portrait qui allaient me permettre de confirmer d’avoir la bonne personne.
Au moment où j’ai pris le sac, l’Alpha a commencé à expliquer “C’est la dernière sangsue que l’autre a réussi à trouver, alors il va falloir que t’a fasse parler celle-là, parce que c’est clair qu’on a pas encore éliminer toute la gang.”
La surprise m’a fait relever la tête vers l’Alpha. On était-tu réellement entrain de parler de torture?! J’avais jamais fait ça, moi! Avant même que je puisse essayer de répliquer (parce que, je le savais, de toutes façons, j’aurais pas été capable de dire un mot), l’Alpha a continuer “Je sais que c’est pas ton genre, mais on n’a pu l’choix. Fac pour te motiver, j’vais t’offrir une récompense. T’as d’la chance, aujourd’hui j’suis d’humeur généreuse! Si tu réussi à éliminer la gang de Masevas au complet,… j’vas pardonner tes parents (j’vas t’libérer, tu vas pouvoir avoir mon pardon, j’vas t’donner mon pardon).”
1.3 - PdV externe de ?
Contrôlant pour ce qui était probablement la millième fois de la soirée son reflet dans le miroir, son anxiété chercha à se calmer une fois de plus lorsqu’il fut évident que son apparence était, comme toujours d’ailleurs, simplement parfaite. Un mélange de nostalgie et de soulagement lui rappela l’époque où les miroirs étaient faits d’argent et que les vampires ne pouvaient s’y regarder. Aujourd’hui, sans l’aide du miroir plein pied, son obsession face à son image ne pourrait être contrôlée; quoique, il faut dire qu’autrefois, avant que les miroirs ne lui fut disponibles, son image l’obsédait beaucoup moins. Depuis lors, chaque trait de sa personne, tant physique que psychologique d’ailleurs, avait été calculé, créé, manipulé, perfectionné. Son apparence, ses vêtements et son charme étaient à couper le souffle; dignes des photos truquées. Mais au delà de son image, ses talents étaient innombrables; son intelligence considérable; sa richesse incalculable; son succès incroyable et, bien sûr, sa modestie, enviable. Même sa générosité et sa bienveillance étaient reconnues. Son club était d’ailleurs le premier à avoir créé les soirées Eyes Wide Shut où chaque personne devait porter des lunettes de soleil. À l’image des carnavals masqués de la Venezia de son enfance; les soirées Eyes Wide Shut permettaient à quiconque d’avoir une belle soirée, peu importe la couleur de leurs yeux. Après tout, sa mission première était bien de contrer les vagues néfastes de l’Oudé; d’où la création de l’AVELCO, l’Association des Vampires Et Lycanthropes Contre l’Oudé. Au fil des décennies, chaque courant créé par l’Oudé, plus insensé et pourtant plus portant que le précédent, avait porté préjudice à un type de personne en particulier. Ces dernières années, la couleur des yeux était tout d’un coup devenue le facteur déterminant dans la valeur d’une personne. Le fait qu’il n’y avait aucune connexion biologique n’avait clairement aucune importance. En effet, la seule science pouvant réellement confirmer l’impact de la couleur des yeux sur un individu était la sociologie. Car, en effet, les personnes aux yeux bleus avaient effectivement moins de chance de compléter leur scolarité, de se trouver un emploi plus payant que le salaire minimum; de réussir à éviter la drogue et les gang de rues; etc. Bref, après des siècles à tenter de contrer les courants tous plus insensés les uns des autres de l’Oudé, plus rien ne l’impressionnait; mais, malheureusement, plus grand chose ne lui donnait espoir, non plus.
Après ses dernières retouches inutiles, il fut temps de se mettre en scène et d’en mettre, une fois de plus, plein la vue à sa fidèle clientèle. Les gens venaient dans son club pour plusieurs raisons, mais la première était justement ses performances sur scène. Évidemment, avec des siècles de pratique, la perfection devient facile. Pourtant, malgré toutes les années de perfectionnement, malgré tous les efforts acharnés; le sentiment, l’inquiétude de ne jamais être ‘assez’ continuait à tenailler ses entrailles. Son cerveau semblait constamment en train d’analyser et de méta-analyser chacun de ses mouvements, de ses vêtements, de ses mots et de ses expressions faciales, de ses pensées, même; toujours dans le but de parfaire son œuvre existentielle.
“Tout est prêt, Capo!” lui annonça Bibi, la tête dans l'entrebâillement de la porte de sa loge. Ci risiamo [C’est reparti]. Chaque vendredi soir, le spectacle reprenait. Chaque semaine encore meilleur que le précédent. Ce soir, les souliers étaient nouveaux; leur semelles une fraction plus glissantes, permettant une meilleure fluidité dans ses pas (sans, bien sûr, pour autant être trop glissante et devenir un risque de chute). La semaine prochaine, deux projecteurs supplémentaires dernier cri allaient être installés afin de permettre davantage de jeux de lumière. Et ainsi de suite. Les numéros ne devaient pas seulement être beaux à voir, mais devaient aussi ‘parler’ aux gens, avoir une signification profonde, voir spirituelle. Ou du moins, telle était l’apparence recherchée alors qu’à travers les mots, les pas et les notes du spectacle, un message subliminal créé grâce à ses pouvoirs vampiriques de contrôle mental lui permettait d’atteindre réellement et efficacement son objectif. Celui de convaincre le plus de gens possible d’aimer son prochain, peu importe la couleur de ses yeux.
Au beau milieu d’une acrobatie aérienne, une douleur atroce transperça son torse et poussa son corps à se plier en deux. Incapable de regagner une position adéquate à temps, malgré sa vitesse surhumaine, son épaule heurta lourdement les planches de la scène, suivi de sa tête. Un être humain s'en serait certainement retrouvé avec une épaule, au minimum, disloquée et sa tête aurait probablement eu une commotion. Heureusement, son corps de vampire guérirait en moins de quelques minutes ses possibles dommages. Cependant, la nécessité de ne pas révéler sa vraie nature l’obligea à rester immobile quelques minutes de plus. Fidèle à son poste, Bibi pris rapidement la situation en charge et s’occupa de calmer la foule tout en détournant l’attention. Pendant ce temps, son esprit roula à toute allure tâchant d’identifier la cause d’une telle douleur. Ses mains, déjà instinctivement sur sa poitrine, lui indiquèrent que sa peau était intacte. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose: une de ses créations était en train de mourir. Non ancora! [Pas encore!] Chaque vampire, après avoir atteint un certain niveau de puissance, peut devenir capostipite [ancêtre ou source fondatrice] et transformer d’autres êtres humains en vampire. L’ancêtre reste alors en contact avec ses créations lui permettant de ressentir leurs douleurs ou émotions les plus intenses et, évidemment, de les retrouver. À travers la douleur, il ne lui suffit qu’un peu de concentration afin de réaliser de qui il s’agissait... Non importa cosa a fatto. Adesso ha bisogno di me. [Peu importe ce qu’iel a fait. Pour l’instant, iel a besoin de moi.]
Chapitre 2 - Réaliser son rêve
2.1 - PdV d’Alex
*Go ahead, mess with my sleep.
Then we’ll see how long it’ll take for you to wake up.* There’s no limit to what you can be if you lie to yourself.
“Bloody hellhound, non seulement tu sauter sur moi, mais tu grogner aussi? Tu vas pisser sur moi maintenant; marquer ta territoire, or what?”
Mais veux-tu ben m’dire qu’est-ce que ces imbéciles-là sont entrain de faire?! Pis l’autre qui parle de s’faire pisser d’sus!? Darling, t’as beau avoir un accent british, c’est pas plus chic comme discours!
Moi qui étais finalement confortable et au chaud dans mon sleeping bag, dans un recoin parfait que j'avais finalement réussi à créer, à l'abri des regards, entre la benne à ordures vide et les dix milles boîtes de carton, dans ma ruelle préférée. Moi qui étais finalement sur le point de m'endormir. Ben non, ostie, fallait que quelqu'un vienne me déranger! Deux, même! Deux osties d'sauvages, apparemment, qui ont décidé de prendre ma ruelle pour un ring de combat, à se battre comme des malades. Pis ça grogne en plus, ostie! J'ai rien contre les gens qui se battent, mais en autant qu'ils m'empêchent pas de dormir! Nobody messes with my sleep!
Quand le vacarme avait fini par finir, et que le grognement final avait apparemment signalé la victoire; j'avais commencé à espérer que j'pourrais finalement m'endormir... Ben non, ostie, l'autre a commencé à parler de s’faire sauter pis pisser dessus!
Puis un autre grognement suivi d’une deuxième voix qui y répond “Ta yeule, tu peux pu bouger pis tu l’sais, fac asteur tu vas m’donner les noms de tes complices avant que j’t’arrache la tête!”
Bon, apparemment, l’Arrache-Tête a pas beaucoup de patience. Bien. Comme ça, avec un peu de chance, tout ça va finir assez vite pis j’vas pouvoir me r’coucher!
“Mes complices?! Mes complices de quoi exactly? Tu certainly pas vouloir le liste des genss avec qui j’ai eu sexe... le verveine va arrêter de work avant que je finir!”
J’me demande si Future-Victime serait vraiment capable de faire la liste de ses partenaires... Moi, j’avoue que j’pense même pas me souvenir de toutes mes conquêtes, alors leurs noms...
Attends; verveine?
“Imbécile, j’parle d’la gang de malades avec qui t’as attaqué la meute, un an après le jour d’la purification.”
Meute?! Purification?!
“Bloody hell, alors c’est toi qui avoir tuer presque toutte la groupe de Masevas?! Why?! On est les good guys, mate; pourquoi tu faire ça à nous?!”
“Good guys, mon cul. Vous avez tué presque la moitié d’la meute! Moi j’fais juste nous venger!”
“I don’t get it...”
“J’men fou que tu comprennes ou pas. Fais juste me donner les noms des autres avant que j’t’achève!”
Que de mystère! Et l’arrache-tête qui commence à perdre patience. Criss que j’ai l’goût de regarder ce qui se passe! J’entends tellement mieux quand j’vois, en plus! Mais si j’bouge, même un peu, j’vas trahir ma présence...
“Well, si tu vas tuer moi anyway, pourquoi je te donner les noms? Tu vas toutte les tuer et Masevas project va être over! Si tu tue juste moi, at least, les autres ont still un chance! So, oublie ça, je vais pass dire rien!”
Grognement.
“Oh, brilliant, belle grognement! Now what? Tu vas tuer moi ou pass?”
“Donnes-moi les noms!”
J’avoue que moi aussi j’commence à perdre patience. Future-Victime; arrête de niaiser pis parle que j’puisse dormir, ostie!
“Or what?”
“Sinon, j’te tue!”
“Well, I reckon tu vas tuer moi whether je donner les noms ou pass, anyway.”
J’peux pas m’empêcher de marmonner “Oh, come on, clairement y’a quelque chose que t’as pas compris du concept de torture!” Non mais, clairement, ça aboutira jamais leur affaire!
Silence.
Oups, j’ai-tu parlé trop fort?
Quelqu’un qui renifle intense, comme quand t’essaie de sentir le parfum d’une fleur avant de t’rendre compte qu’est en plastique, suivi d’un autre grognement. Oups. Finalement, ça va peut-être être moi, la future victime.
"Hey, le bête en chaleur" susurre Future-Victime-numéro-1, "je sais son odeur has caught your fancy, but, au cas où tu pass avoir noticed; c'est un être humain. So, pourquoi on être encore ici? On courir, on tuer ça ou je effacer son mémoire?"
Être humain? Effacer ma mémoire?!
Grognement. Décidément, l’arrache-tête communique beaucoup par grognement... surement qu’il y a différents grognements pour différentes significations— “Toi, t’as pas intérêt à y toucher; c’t’à moi!”
Shit, c’est moi où Arrache-Tête semble avoir un léger problème de possessivité?
“Yeah, well, on faut faire quelque chose anyway. Now, il est trop tard.”
Trop tard? Oh shit...
Un genre de “tut tut tut”, comme quand t’essaie d’appeler un lapin, coupe à travers mon début de panique et est suivi par la voix de Future-Victime-numéro-1, “Aller aller, sors de ton cachette, viens voir nous. Promiss, on va pass faire mal à toi...”
Yeah, right! Tout d’un coup, les deux sont du même bord?!
Mais j’avoue que la curiosité prend le dessus sur mon instinct de survie; pas que j’en ai beaucoup anyway.
J’vous ai déjà dit que j’ai la coordination d’une marionnette à fils? Ouin, ben imaginez une marionnette à fils qui essaie de sortir de dessous d’une pile de boîte de carton... Elegant fluidity, I am not.
Mais quand j’fini finalement par pouvoir voir les deux spécimens devant moi, pendant une minute j’oublie complètement de quoi j’ai l’air; les boîtes existent pus; j’existe pu.
À quatre patte par terre, à cheval sur Future-Victime-numéro-1 et les mains retenant ses épaules au sol, Arrache-Tête est... à couper l’souffle. Un physique de la mort et clairement fait pour tuer: puissance, muscles et vivacité; 4. Mais les yeux... un mixte de férocité et de gentillesse, décidément un instinct protecteur, un côté héroïque, genre chevaleresque; 9. 49 est définitivement le genre de personne que tu veux de ton bord, pas juste parce que si tu t'y oppose, tu meurs, mais aussi parce que si t'es sous sa protection, personne peut te toucher! Pourtant, même si 49 a l’air d’une machine à tuer, il y a comme une fragilité, qui en émane; une petite victime qui veut juste qu’on l’aime et qu’on l’accepte. Pauvre p’tite chose! D’ailleurs, en regardant plus attentivement, je fini par remarquer que son visage, et tout ce dont je vois de son corps, est couvert de cicatrices. Nice! J’adore les cicatrices, toutes les textures, les sensations...
“Hey toi, regarder dans mes yeux, please.” Heureusement, Future-Victime-numéro-1 me sort de mes fantasmes avant que j’me mette à baver devant 49. Ça aurait pas été ben ben chic.
Et c’est là que je fini par regarder Future-Victime-numéro-1. …Pas dans les yeux, non mais, ‘Darling, j’te connais pas assez pour ça!’ Mais bon, j’y regarde quand même l’aspect général: Son corps, couché sur le dos, à l’air plutôt grand, mince et blême, mais plus genre imposant (comme le 7) que fragile (comme le 1). Mais son air arrogant et cynique sonne définitivement comme un 7. Autrement dit, 77 est le genre de personne que tu veux torturer juste pour les voir s’écrouler de leur piedestral. En plus, vu qu’il n'y a pas l’air d’avoir ben ben de chair autour, j’pari que j’pourrais atteindre encore facilement ses os… J’ai toujours voulu me mettre à la sculpture d’os, et les os d’écureuil sont juste vraiment trop petits... Après tout, 77 avait rien qu’à pas v’nir m’empêcher d’dormir!
2.2 - PdV de Chose/49
J’pouvais pas croire que j’avais pas réalisé qu’il y avait quelqu’un d’autre dans la ruelle. Il faut dire que mon focus était pas mal plus sur Morgan que sur les odeurs de piss et de vidanges; les lycanthropes ont beau avoir plus de force que les vampires; les sangsues sont vraiment plus rapides! À voir la face figée de Morgan, on était deux à avoir pensé que la ruelle était vide. J’ai essayer de me souvenir de ce qu'on avait dit; vérifier qu'on n’avait pas dit trop de mot compromettant comme vampire ou lycanthrope, mais quand j’ai pris une grande bouffée d'air en direction d’où la voix provenait pour sentir ce qui était entrain de nous épier, j’ai pu été capable de réfléchir pantoute. Sur le coup, je pouvais pas en croire mon nez. Et pourtant, les lycanthropes ont un super bon odorat.
Non seulement, c'était bel et bien un être humain; donc on était dans marde, mais c'était aussi la plus meilleure chose que j'avais jamais sentie de toute ma vie! Comme le plus doux des parfums, aphrodisiaque et intoxicant en même temps. Mon corps en entier était chamboulé, moitié excité, moitié apaisé. Vic, dans ma tête, était entrain de se rouler par terre comme pour s'imbiber de l'odeur. C'était l'odeur de la maison qui t'accueille, de la chaleur qui te réconforte, mais aussi la douceur des mains qui te caressent, du corps chaud qui te colle puis frémit de plaisir, la sueur de l'orgasme, le bonheur de l'amour. Oh oh. Et avant même que la personne à l'odeur enivrante réussisse à sortir de sa cachette, Vic a confirmé mes craintes en s'écriant dans ma tête "Partenaire!".
L’idée que Morgan puisse même penser faire quoique ce soit à mon âme-sœur m’a fait reconsidérer l’importance de faire parler la sangsue plutôt que de juste lui arracher la tête. Et j’ai failli faire juste ça, mais Morgan a commencé à l’appeler et à l’encourager à sortir de sa cachette, et l’idée que mon âme-soeur puisse me voir en train de décapiter quelqu’un m’a comme fait hésiter un peu. C’est pas vraiment le genre de première impression que tu veux laisser à la personne avec qui tu veut passer le reste de ta vie…
J'voulais ben croire que les humains sont faibles par rapport aux lycanthropes et aux vampires, mais s'essouffler à se débattre contre des boîtes vides, ça m’a parue grave. Faible. Fragile. "Protéger Partenaire!." a ajouté Vic, nos yeux fixés sur notre Partenaire comme si c'était une promesse solennelle. Les lycanthropes peuvent vivre pendant longtemps vu qu'on se régénère d'à peu près n'importe quoi, alors la Lune offre à chaque lycanthrope une personne spéciale, faite pour être avec et rendre ces longues années moins solitaires. Les Partenaires se reconnaissent surtout à l'odeur et, une fois que le couple est officiel, que le lien de sang et de sexe a été créé, les deux Partenaires restent ensemble pour le reste de leur vie, point. Y'a des lycanthropes qui se mettent en couple sans être Partenaires parce que, veut-veut-pas, t'as pas grand chance de trouver LA personne, mais il parait que quand tu la trouve, ta moitié, tu peux pu vivre sans. Mes parents étaient Partenaires et même si les deux avaient pas perdu la vie à peu près en même temps pendant la bataille, ça aurait pas changé grand chose; les lycanthropes qui se retrouvent sans leur Partenaire finissent soit par devenir malades mentaux et on doit alors les abattres, soit finissent par se suicider ou ‘mourrir d’un coeur brisé’ pas longtemps après.
Au fur et à mesure que les boîtes s’enlevaient du chemin, j’ai enfin pu voir de quoi avait l’air ma moitié. J’avais peut-être un parti-pris, mais j’avais jamais rien vu d’aussi magnifique. Un peu plus pis j’entendais des anges chanter autour avec un rayon de lumière descendant du ciel et des colombes qui tournent autour… Ok, j’exagère, mais c’était comme si on me révélait la Xe merveille du monde. J’en avais le souffle coupé. Et quand ses yeux ont commencé à parcourir mon corps, j’ai aussitôt commencé à m’exciter. Ça, ça a été un choc parce que j’me souvenais pas de la dernière fois où quelqu’un avait réussi à m’exciter; mais l’effect que ma moitié avait sur moi était… évident! Mais quand son regard a fini sur ma face, là j’avoue j’ai eu un peu peur. Et si mes cicatrices l’écoeuraient? Et si mon statut d’indigne était un deal breaker? De toutes façons, qui voudrait d’un vieux jouet sale et brisé comme moi?!
Alors imaginez ma surprise quand, en inspirant pour relâcher un soupir de désespoir, mon nez a capté les effluves de son excitation. Mon âme-soeur avait une attirance sexuelle pour moi! Même avec ma face défigurée et mes yeux bleus! Vic m’a alors rappelé “Lune, bonne! Confiance!”. Avant que je puisse m’obstiner avec Vic sur toutes les autres raisons pour lesquelles ma moitié pourrait ne pas vouloir de moi, la voix condescendante de Morgan a ramené mon attention sur le moment présent.
“Hey toi, regarder dans mes yeux, please.”
Oh non! Il ne fallait pas que ma moitié regarde Morgan dans les yeux! C’est comme ça que les vampires hypnotisent leur victime! Mais finalement, j’ai pas eu à rien dire parce que ma moitié a à peine regarder la face de l’autre, a parcouru son corps des yeux avec un air calculateur pis a tout de suite ramené son attention sur moi. Ça m’a fait comme tout chaud en dedans.
Avec le plus beau sourire du monde et comme si de rien n’était, ma moitié a dit: “Salut, est-ce que j’peux participer?”, puis, comme si une idée venait de lui traverser l’esprit, a levé une main pour me faire signe d’attendre alors que son autre main disparaissait dans son sac à dos. C’est avec fierté que sa main est revenue vers moi pour me montrer un petit objet rouge et métallique “Regarde, j’ai un canif!”
Mais pourquoi quelqu’un serait aussi fier d’un si p’tit couteau? Et c’étaient quoi ses plans avec ça? Le mot ‘participer’ de sa première question m’est revenu en tête et je pouvais pas croire que mon âme-soeur pouvait être entrain de suggérer de participer à la torture de Morgan avec son petit canif! “Partenaire, aider!” Oui, Vic, notre Partenaire veut nous aider, mais…
Morgan, qui avait retrouvé sa langue plus vite que moi a demandé à peu près la même chose, “Brilliant! Et quoi toi vouloir faire avec ta petite jouet, exactly?!”
Dès que j’ai remarqué que ma moitié se tournait pour regarder Morgan en pleine face et lui répondre, j’ai crié: “Hey! Attends, regarde-moi!”. C’te situation-là où mon âme-soeur était trop proche d’une sangsue, suseptible à son regard, commençait à me stresser un peu trop. Au moins, son regard était aussitôt revenu vers moi. Fac, j’ai pris une fiole de verveine de ma poche arrière et j’lui ai donné en expliquant: “Écoute, si tu veux vraiment rester, peu importe c’que tu veux faire, y faut qu’tu boive ça ici.”
“C’est quoi?”
“C'est la condition. Si tu veux participer, il faut que tu boives ça.” Il fallait à tout prix que je convainque ma moitié de boire la verveine; c’était le seul moyen de protéger son esprit des manipulations vampiriques.
“Ouin non, ok, j'vas l’boire, mais faut quand même que j’sache c’qu’y’a d’dans, au cas où j’serais allergique!”
“Allergique?!” J’avais oublié à quel point les êtres humains pouvaient être fragile!, “Ben non, tu peux pas être allergique à ça, c’est 100% naturel!”
Moi qui pensait que l’argument du 100% naturel allait fonctionné. Après avoir fait une face déçue, mon âme-soeur a continué avec un ton condescendant: “Oh, Honey! Les abeilles aussi sont 100% naturelles, et pourtant les gens qui y sont allergiques peuvent en mourir quand même! Maintenant dit moi qu’est-ce qu’y a dedans.”
“Euh, ok, ben en fait, c'est rien qu’d'la verveine."
“D'la verveine? Ça va pas m’empêcher de bouger comme l’autre, ça?!”
“Quoi?” Wow, c’est là que j’ai réalisé que mon âme-soeur était peut-être un peu trop perspicace pour son bien… “Ben non, c’est pour t... tu vas voir, ça va surtout t’aider à t’calmer.” J’pouvais quand même pas y dire que c’était juste les vampires que ça empêchait de bouger et que sur les êtres humains, ça faisait juste protéger contre leur contrôle mental…
“Me calmer?! J'ai tu l'air de quelqu'un qui a besoin de s’calmer?!”
“Euh, ben, là, oui.”
“Ok ok, c'correct, j'vas l’boire.”
Sa main a fini par me prendre la fiole et j’ai vite regretté de pas en avoir profiter pour faire frôler nos doigts.
“Nooo! Pas boire ça! It's a trap!” Comme de fait, Morgan a réussi à attirer son attention et mon âme-soeur a figé; la fiole à 2 pouces de ses lèvres. J’ai eu peur, j’avoue, mais ma moitié a regardé Morgan, puis moi, puis encore Morgan, pis a déclaré. “Ouin, non, l'autre est plus cute que toi. Tant qu'à m’faire fourrer, aussi ben que ça soit par quelqu'un d’hot.” Et, juste comme ça, ma moitié a fini par porter la fiole à ses lèvres et boire une gorgée.
“Yack, c'est dont ben pas bon!”
“C'est parce que c'est efficace.”
“Lol c'est quoi, du sirop contre la toux?”
“Euh, non, j’te l’ai dit, c’est juste pour calmer…”, c’est quoi le rapport avec le sirop contre la toux?! “En tout cas, fini la bouteille.” Quand j’ai pu confirmer que la fiole était vide, ça m’a enlevé un stress, mais aussitôt après, j’ai pensé à autre chose, “Euh, à quoi que t'es allergique au juste... au cas où?”
C’est avec un haussement d’épaule nonchalant que ma moitié a répondu “À rien, j'voulais juste vraiment savoir ce qu'y avait dedans.” Oh, j'ai pensé m’inquiéter de ses talents en manipulation, mais Vic a pris sa défense et a argumenté “Partenaire, honnête!”.
“Bon, asteur que j’ai bu ta potion magique,” aussitôt son regard s’est assombrit avec une férocité que j’avais jamais vu chez un être humain, “est-ce qu’on peut s’amuser un peu?”
Je savais pas si c’était la rage glacée et sadique qui sortait de tout son corps; l’idée que ma moitié ait vraiment l’air d’avoir le goût de torturer quelqu’un ou le danger que Morgan représentait pour ma moitié malgré la verveine, mais un frisson de peur et d’inquiétude m’a traversé tout le corps. Malgré tout ça, un instinct plus fort que moi était prêt à tout faire pour lui faire plaisir. Si mon âme-soeur voulait torturer Morgan, non seulement je voudrais pas l’en empêcher, mais même que je l’aiderais. “Qu’est-ce que tu veux faire au juste?”
“Yeah, quoi tu penser faire avec ta petite jouet?”
La cruauté dans la face de ma moitié a aussitôt été remplacée par une sensualité déconcertante et son regard s’est mit à parcourir le corps de Morgan de façon… langoureuse. L’air de se demander quel morceau de vêtement enlever en premier. La jalousie à l’idée que mon âme-soeur puisse regarder quelqu’un d’autre que moi comme ça m’a presque fait grogner, mais les paroles qui sont sorties de sa bouche fittaient tellement pas avec son regard que pas un son est sortie de ma gorge. “Ben j’sais pas trop, j'avais dans l'idée de couper des p’tits bouts ici et là, jusqu'à ce que tu y dise le nom de tes collègues...” Aussitôt, son visage s’est illuminé de fierté et d’enthousiasme avant de continuer “Y'a même une p’tite scie dans mon canif! Alors j'pourrais genre couper des doigts!”, puis revenant à un air plus sobre et calculateur, a ajouté “J'pourrais surement couper un bras ou une jambe aussi mais ça prendrait clairement plus de temps...”. Puis, encore une fois, son expression a changé complètement, cette fois, de retour à une hargne pure alors que son regard était dirigé drette dans face de Morgan et sa voix, à donner froid dans le dos, lui a expliqué “Quoique, vu que t’as scrapé ma nuit, aussi ben en profiter pis prendre mon temps!” Finalement, son regard est revenu vers moi, de nouveau illuminé, cette fois plein d’espoir, et ma moitié m’a demandé “Qu'est-ce que t'en penses?”
En même temps que Morgan a crié “Bloody bonkers!”, j’ai regardé ma moitié directement dans les yeux et lui ai demandé, incrédule, “Tu f’rais ça? Pour moi?”. J’ai regardé ben comme faut son visage, écouté son battement cardiaque et senti son odeur; tous les signes qui pouvaient m’indiquer un mensonge. Comme de fait, sa bouche s’est ouverte et refermée aussitôt, puis s’est réouverte pour dire, “Pour être honnête, j’le f’rais plus pour moi que pour toi. Quoique...”, et ses yeux se sont mis à me parcourir le corps, de haut en bas puis de bas en haut, avec un sourir en coin, "j'avoue que t'es pas mal hot", puis avec un air nonchalant et un haussement d'épaule, comme si de rien n'était "mais j’avoue, j’ai vraiment juste le goût de découper quelqu’un. Mais, tsé, si en plus ça peut t’rendre service; c’est encore mieux, non?! Heille, profites-en, c’est pas dans toutes les ruelles qu’on trouve des spécialistes en torture!”
“Partenaire, honnête!” a souligné Vic, encore une fois. En effet, j’avais pas vraiment déceler d’indice de menterie et, j’avoue, je savais pas trop comment je me sentais par rapport à tout ça. Quoique le dernier détail aurait vraiment été une étrange coïncidence… “T’es spécialiste en torture?”
À quoi, sa réponse a été, “Dans mes rêves, j’peux être tout c’que j’veux!” Mais quel genre de réponse c'est ça?!
Avant que je puisse y faire réaliser que c’était pas un rêve, Morgan a ramené notre attention sur sa situation avec un autre “Bloody bonkers!”, et j’ai décidé d’accepter le cheval sans y regarder la bride comme on dit et d’accepter l’aide de mon âme-soeur. Après tout, la Lune sait ce qu’elle fait. “Oooook, fac, comment tu veux qu’on s’place?”
Après quelques secondes de réflexion, ma moitié a comme pris les choses en mains, “Ok, toi tu vas t’mettre à sa tête et y tenir les bras, et moi j’vais m’asseoir par-dessus, là où toi t’es maintenant. Ça marche?”
Considérant que j’étais à cheval au-dessus du bassin de Morgan, tous mes instincts étaient en guerre. La jalousie refusait tout scénario impliquant l’entre-jambe de ma moitié et celui de quelqu’un d’autre que moi; mon instinct protecteur détestait l’idée de laisser mon âme-sœur s’approcher autant de la sangsue, mais mon besoin d’obéir, en général, et surtout mon besoin de faire plaisir à mon âme-sœur me poussaient à accepter. Mais si la verveine cessait de faire effet et que Morgan l’attaquait?!
“Ok, ben ’tend peu, j’vas y donner une autre dose pour l’empêcher de bouger.” De toute façon, ma moitié avait déjà réalisé que la verveine empêchait Morgan de bouger. Tant que la question du pourquoi la verveine n’avait pas le même effet sur son corps versus celui de Morgan n’était soulevée, tout irait bien. Espérant que sa curiosité ne serait pas piquée encore plus, j’ai pris ma dernière fiole de verveine de ma poche et agrippé la mâchoire du moustique. Vu que les vampires ont pas vraiment besoin de respirer; le truc de boucher le nez jusqu’à ce que la bouche s’ouvre marche pas pantoute. Fac il a fallu que j'utilise presque toute ma force pour l’obliger à ouvrir sa bouche, mais j’ai fini par réussir à y vider le contenu de la fiole dans le fond de la gorge
Une fois que Morgan avait avalé la verveine, j’ai jeté un coup d’oeil vers mon âme-soeur, m’apprêtant à échanger nos positions, quand j’ai remarqué ce qu’il y avait dans sa main. J’ai pas pu m’empêcher de sourire; un mix de fierté et de ‘t’es tellement adorable!’. Même si le DuctTape pourrait être assez fort pour retenir un être humain; ça a aucune chance contre la force paranormale.Il fallait quand même apprécier son effort de contribution. Sans dire un mot (parce que j’voulais pas ni l’insulter en déclarant son DuctTape inutile, ni avoir à lui expliquer pourquoi), j’ai fait un 180 sur moi-même en décroisant mes bras pour mes mains soient toujours sur les épaules de Morgan, mais que mon corps soit en haut de sa tête; laissant ainsi la place à ma moitié. Avec un signe de tête, j’ai invité mon âme-sœur à s’installer sur Morgan, “C’est bon, tu peux y aller. Amuses-toi.”.
2.3 - PdV d’Alex
*I'm not the beauty you wanted,
I'm the monster you needed.*
Alors je m’installe à cheval au-dessus du bassin de 77, mon canif dans la main, et prends une belle grande respiration. C’est un grand moment pour moi, la réalisation d’un rêve d’enfance. Il faut le savourer! Évidemment, la nervosité se pointe le nez, mais j’me rattrape vite en m’encourageant: Alex, t’es capable! En fait, t’es clairement l’excellence même, mais restons humble pour commencer, pis vas-y une étape à fois!
Premièrement, il faudrait que je commence par enlever son chandail. J’devrais juste le couper; ça serait plus facile que d’y enlever. Je cherche la petite paire de ciseaux sur mon canif, la sort puis me met à la tâche en partant au bas du chandail. J’avoue que c’est pas mal plus long que c’que j’pensais. Ces ciseaux-là sont clairement trop petits. Mais j’fini par pogner le tour et atteindre une vitesse respectable et finalement, après avoir forcer un peu plus au niveau des coutures et diverses épaisseurs, je réussi à exposer le torse de 77 dans toute sa splendeur.
Oh. J’vas réellement découper quelqu’un? J’regarde la peau et commence à imaginer des lignes rouges un peu partout, des grandes, des petites, des profondes. Puis j’essaie de m’imaginer ce qu’il y a en dessous. La graisse, les muscles, les os, les organes. Et finalement, je regarde mes mains, les imagine pleines de sang… et commence à hyperventiler. Mon ADN! Mes empreintes! C’est clair que j’vas m’faire pogner! Si ça s’trouve c’est un piège et y’a quelqu’un qui nous surveille, caché quelque part, et qui attend juste que j’commence pour m’arrêter ou appeler la police. On est à découvert, en plein milieu d’une ruelle, pis c’est clair que même si on a le temps de finir, il va rester des traces de sang, poils, ADN, whatever! Oh shit!
“Heille! Relax, respire! Si tu penses pas être capable, c’est correct, j’vas trouver une autre façon, t’as pas à l’faire si ça t’met dans c’t’état-là!” La voix douce et compréhensive de 49 me calme presqu’instantanément et après une ou deux grandes respirations, je réalise le malentendu. 49 pense que c’est le fait de découper 77 qui m’fait paniquer, alors que c’est vraiment plus le fait de m’faire pogner. Je retourne mon focus sur la peau de 77 et rassemble en moi toute la rage que j’ai ressenti dernièrement envers les gens: l’ostie d’pas-vite sur le trottoir, 16 qui parle trop, 38 qui oublie toujours ma mayonnaise, 77 qui a ruiné ma nuit de sommeil. Mais aussi toute ma curiosité face au corps humain, le besoin de voir, toucher et comprendre comment ça marche, de l’intérieur. Quand mon désir de plonger dans la cage thoracique de 77 est de nouveau bien ancré en moi, que mes mains tremblent d’exaltation plutôt que d’appréhension et que mon visage se rempli de détermination et d’anticipation, je retourne mon regard sur 49 et y fait un sourire malicieux, “Oh, Honey, c’est pas que j’ai pas l’goût, inquiètes-toi pas!...”, je continue, mais en laissant mon inquiétude paraître, “C’est plus que ça m’tente pas d’me faire pogner! Tsé, de nos jours, avec l’ADN, pis les empreintes, pis toutes. Pis si quelqu’un arrive, on fait quoi?”
Je sais pas si c’est la surprise ou le soulagement qui me perturbe le plus dans la face de 49, mais au moins sa réponse est rassurante, “Ah, non, c’est correct, t’as pas à t’inquiéter pour ça! J’vas monter la garde pour faire sûr que personne arrive, pis pour après, j’ai un truc magique pour tout faire disparaître. Inquiètes-toi pas, y restera pas d’trace pantoute!”, puis d’un air sérieux et presque solennel, “j’f’rais jamais d’quoi qui pourrait t’mettre en danger, promis.”
J’prends 5 secondes pour digérer ça. Étrangement, mon cœur décide de faire confiance à 49; comme si quelqu’un pouvait vraiment faire c’te genre de promesse-là et la tenir. On sait jamais ce qui peut arriver. Mais apparemment, mon cerveau décide que peu importe la fiabilité de 49, j’ai juste trop l’goût de me lancer à pieds joints dans le sang et les entrailles pour continuer à m’inquiéter sur les what-ifs. Advienne que pourra!
Alors je retourne au sujet du jour et pendant que je caresse distraitement sa poitrine, je réalise que je sais toujours pas par quoi commencer. Alex, commence par la base: sort la lame et coupe! Bonne idée. Je sors la lame la plus longue du canif et l’applique sous la clavicule de 77 et appuie juste assez pour percer la peau. Une petite goutte rouge foncée se forme sur le côté de la lame et déjà je commence à m’exciter. Le sang semble plus foncé que d’habitude, mais je sais que c’est à cause de l’éclairage jaunâtre du lampadaire de la ruelle. Ça reste que c’est beau! Lentement, je me concentre sur les sensations dans ma main pendant que ma lame sépare la peau comme un zip qui s’ouvre alors que je trace une belle ligne rouge en diagonale, passant sur son pectoral droit, son sternum qui graffigne presque sous ma lame, ses côtes qui font rebondir légèrement mon couteau, jusqu’à s’enfoncer un plus facilement, rendu au côté gauche de son ventre. Je prends une grande respiration et savoure mon moment et mon œuvre. Magnifique! J’peux pas m’empêcher de caresser son torse, passant ma main par dessus la plaie et étendant le sang un peu partout. Ma respiration s’accélère et j’réalise que j’suis entrain de m’exciter pour vrai. Mais j’ai une job à faire! J’me souviens qu’on avait parlé d’enlever des morceaux et que j’avais voulu me mettre à la sculpture osseuse. Logiquement, mon dévolu se jette sur une des dernières côtes de sa cage thoracique, du côté où ma lame vient tout juste de passer. Le sang et l’étroitesse de l’entaille ne me permettent pas de voir l’os comme tel, mais ça ça peut s’arranger.
Je décide d’y aller à la manière épluchure et me met à couper un rectangle autour de la côte convoitée. J’essais différentes pressions sur la lame pour voir à quel point elle s’enfonce ou pas dans les muscles intercostaux et évalue le nombre de fois que je devrais repasser dans les entailles. C’est fascinant et, évidemment, ça prends pas de temps que j’ai déjà une bonne idée de comment m’y prendre. J'apprends rapidement!
Une fois que le contour de la côte est dessiné, on se ramasse avec deux longues et profondes coupures, en haut et en bas de la côte, la séparant des autres côtes et, de chaque côtés, deux plus courtes et moins profondes car au dessus de l’os. Du côté interne, j’ai coupé jusque sur le sternum, histoire d’avoir accès à au moins une des extrémités de la côte. Maintenant, il me reste à éplucher la peau et découvrir ma récompense. D’une main, j'agrippe le rebord de la peau d'une des extrémités du rectangle et avec la lame, commence à couper à l’horizontal, entre la peau et l’os, afin de les séparer. J'aurais jamais pensé que ça serait une aussi bonne chose de pas se ronger les ongles; c'est tellement plus facile agripper la peau quand t'as des ongles! Et au fur et à mesure que je coupe, la peau se libère et je tire et coupe et tire et coupe et l’impression de déshabiller, de dévoiler quelque chose d’intime, caché, recommence à m’exciter. Tellement que mon bassin commence à basculer comme pour augmenter la pression sur mon entre-jambe, mais juste à temps, ma lame gratte directement sur l’os et me fait grincer des dents. Argh. Je profite donc de ma lucidité retrouvée pour m’approcher et observer de plus près la texture de l’envers de la peau et chercher le blanchâtre de l’os. Mais j’réussi pas à voir l’os. Ou bien il reste trop de chair par-dessus, ou bien il y a juste trop de sang. Revenant en mode solution, je reprends conscience de mon environnement et remarque que 77 a une face horrifiée, les yeux exorbités fixés sur son propre torse et la bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau. 49, joue contre joue, a juste l’air d’y chuchoter des p’tits mots doux à l’oreille. Au moins 77 se plaint pas trop. Est-ce que j’aurais été capable de continuer si 77 avait commencé à pleurer ou à supplier? Bonne question. En tout cas, chose certaine, à date, voir le traumatisme s’imprimer dans la psyché de 77 me donne encore plus le goût de continuer... Ça y apprendra à m’empêcher d’dormir!
Par contre, pour continuer mon œuvre, j’ai encore besoin de quelque chose... “Hey, j’aurais besoin de quelque chose pour absorber l’sang pis voir c’que j’fais.” Aussitôt que 49 se lève la tête pour me regarder, j’repenche ma tête vers mes mains comme si j’continuais de travailler. J’sais pas pourquoi, mais j’voulais juste pas risquer de voir ce que 49 pense de mon interruption… mais depuis quand ça m’dérange de froisser quelqu’un? J’veux dire; j’m’arrange généralement pour pas faire chier l’monde (sauf 77, mais là c’est spécial), mais c’est vraiment plus parce que ça me simplifie la vie; pas parce que ça m’fait sentir mal... À moins que ce soit plus un genre de honte, du style ‘mais qu'est-ce que Honey doit penser de moi, entrain de tripper ma vie à découper quelqu'un…’?
Avant que je puisse m’enfoncer davantage dans une crise de conscience, un gros mottons de tissus apparait entre moi et 77 et, sans même relevé la tête, j’le prends, oublie tout ce à quoi j'étais entrain de penser et l’écrase entre la côte et le lambeau de chair. Comme personne dit rien, j’marmonne un “Merci.” et reprend mon exploration à la recherche d’un quelconque spot blanchâtre. Ah, finalement! Bon, asteur qu’on a vu l’os, il faut se remettre au travail!
Alors je coupe et tire et coupe et tire jusqu’à finalement obtenir un beau grand rectangle de peau. Bon, évidemment, la peau reste pas toute ben droite comme du carton. Ben non, à place, le morceau a plus l’air d’être un morceau de tissus qui s’enroule sur lui-même juste parce que tu l’fais pendre par un boutte. J’me demande à partir de quelle épaisseur, une pelure de peau est assez épaisse pour rester droite? Reste que j’peux pas m’empêcher de la montrer aux deux autres avec fierté, un grand sourire dans face. J’aperçois brièvement l’horreur décuplée dans les yeux de 77, mais ce qui me touche vraiment c’est le regard de joie et de dévotion dans ceux de 49. Comme si mon bonheur faisait vraiment le sien. Puis 77 a dû dire quelque chose tout bas parce que 49 se repenche vers 77 et y répond “Pas si on l’brûle!”. J’aurais pas cru que les yeux de 77 auraient pu s’agrandir autant plus! D’ailleurs, 77 se met même à haleter de terreur, ce qui fait bouger sa cage thoracique sous ma main… Wait! C’est moi ou sa cage bougeait pas tantôt?! Pourquoi j’ai l’impression que c’est la première fois que sa cage bouge?! Avant que j’puisse analyser cette fucked up réalisation plus en profondeur, mon attention est captée par le mouvement de 49 qui se redresse. En posant ses fesses sur ses mollets et fouillant dans la poche de son pantalon, 49 chuchote un “Oh non.”, puis lève la tête vers moi “Euh, j’ai oublié l’mien; t’as-tu un lighter, toi?” J’réponds pas tout de suite parce que je suis encore en train de baver dans ma tête à la vue de 49. Apparemment, et j’peux pas croire que j’l’avais pas réalisé avant, le morceau de tissus qui est maintenant imbibé de sang à côté du torse de 77 n’est nul autre que le chandail de 49... Holy shit! J’ai juste le goût de toucher, caresser, licher, mordiller partout, tracer toutes ses courbes, toutes ses cicatrices, me frotter dessus... Un “Hum” du genre raclement de gorge me force à ramener mes yeux vers sa face, mais j’dois encore avoir l’air de fantasmer parce que ses lèvres font un p’tit sourire en coin. So fucking sexy! Tout en gardant son sourire en coin, 49 lève un sourcil et demande “Fac, t’as-tu un lighter?”. Un lighter? Quand j’vois la face craintive de 77, j’comprends assez clairement que le feu est une menace probante, alors j’pose pas d’question et répond aussitôt, “Oui oui, j’ai ça. J’ai toute, moi. C’est quelque part dans mon sac.”. J’viens pour me pencher sur le côté pour partir à quatre pattes vers mon sac à dos, mais 49 m’arrête “non, non, c’est correct, on n’a pas besoin tout suite; j’voulais juste vérifier qu’on en avait un, merci.” J’reviens à ma position initiale en haussant les épaules “Ok, cool. Tu m’diras quand t’en aura besoin. En passant, tout le sang que t’as su l’corps, c’est l’tien ou l’sien?”.
49 fait un haussement d’épaule du genre, je l’sais pas pis on s’en fout, ce qui me fait réaliser que normalement, moi aussi ça m'aurait passé 6 pieds par-dessus la tête. Mais veux-tu ben m’dire pourquoi j’m’inquiète de même pour 49? J’me donne une claque mentale derrière la tête et décide de me concentrer sur ma tâche du moment. Dès que je repose mon attention sur ce que j’ai dans la main, ma fierté revient aussitôt et je relève la main pour montrer ma réussite à 49, le sourire fendu jusqu’aux oreilles “Regarde!”. 49 me fait un sourire fier et affectueux et j’peux pas m’empêcher de sentir une douce chaleur m’envelopper. Shit, ça veut-tu dire que 49 est aussi fucked up que moi?! Avant de me relancer dans des questions existentielles, j’décide de retourner à ma mission première et murmure à moi-même “Asteur, j’veux un bout d’côte!”. J’pari que c’est plus facile de sculpter un écureuil en os qu’un os d’écureuil!
Je dépose mon morceau de peau sur le sternum de 77 en espérant que ça glissera pas par terre. “Garde-ça là, Darling.” J’imagine que le processus de tannage de peau humaine est le même que celui de la fourrure animale... Il faudrait que j’me renseigne. Puis je pars à la recherche de la p’tite scie de mon canif. Pour une fois, j’réussi à penser à ranger la lame avant d’essayer de sortir un autre outil du canif. La dernière fois, j’me suis coupé le doigt... Déjà que c’est pas facile d’identifier les outils quand ils sont tous rangés, mais là en plus, mon canif est plein de sang, alors je vois encore moins. J’essais de trouver un coin du chandail de 49 pour essuyer mon canif et fini par trouver le bout de la scie et l’ouvrir. Malgré l’impatience qui commençait à monter, j’décide de focusser sur la réussite et, avec fierté brandi ma petite scie devant la face de 77. Apparemment, 77 a eu le temps de se calmer pendant ce temps-là parce que c’est avec une pointe de condescendance et un ton dégradant que 77 me demande “Wow, un mini scie! Brilliant! So, tu penser pouvoir scier un côte avec ça?!”
Comment 77 a fait pour savoir que c’est un bout de côte de j’voulais? J’ai certainement pas chuchoter assez fort pour que 77 ait pu m’entendre. Quoique avec le morceau de peau que je viens d’enlever, directement au-dessus de sa côte, et la scie dans mes mains; j’avoue que la déduction est assez facile à faire.
“Oh, Darling, on t’a jamais dit que c’est pas la grosseur qui compte?! Et puis, c’est pas si pire que ça, tsé. J’ai juste besoin de scier ce côté-là” et je donne un coup de scie sur la côte, du côté externe, et 77 réagi à peine. J’imagine qu’il n’y a pas beaucoup de récepteurs nerveux dans les os. “Alors que de l’autre côté, c’est juste des tendons que j’ai à couper, ici.” et enfonce la pointe de ma scie dans le tendon reliant la côte au sternum. 77 siffle, genre félin enragé! J’fais un peu l’saut, mais j’me rends vite compte que 77 peut rien faire d’autre, et donc encore moins m’attaquer, alors finalement, j’trouve ça ben drôle. Apparemment, les tendons sont plus sensibles. Je poke encore ma lame dans le tendon et 77 me récompense avec un autre sifflement. C’est dont ben l’fun! La troisième fois par contre, 77 réussi à contracter son abdomen et à soulever légèrement sa tête. Sachant que 49 est là pour l’immobiliser, ça m’inquiète pas trop, mais comme de fait, ses contractions ont bouger de quoi dans sa plaie parce qu’une nouvelle vague de sang vient de remplir mon champ de travail. “Ts ts ts, Darling, stp bouges pas d’même, là, tu mets du sang partout!” Si ça continue comme ça, le chandail de 49 sera pas suffisant pour tout absorber. J’pourrais avoir besoin de ses pantalons aussi...
C’est avec une pointe d’impatience, mais surtout avec une certaine inquiétude que 49 m’annonce qu’il faut que j’me dépêche, parce que, et je cite “la verveine commence à faire moins effet.”
“Bon, Darling, comment tu veux qu’on fasse ça? Tu parles maintenant, ou après que j’aille pris mon morceau de côte? Personnellement, ça serait plus facile travailler après ta mort, parce que là, franchement, t’arrêtes pas de saigner partout et c’est encombrant, mais dans un cas comme dans l’autre, moi j’veux mon morceau, Honey veut ses infos et toi tu vas mourir. La question est vraiment juste de savoir dans quel ordre ça va s’passer. Fac là, franchement on attend juste après toi, là. Est-ce qu’il faut que je sorte mon lighter tout de suite?”
Les yeux de 77 s’écartillent un peu plus et je vois sa tentative de se réhumidifier la bouche qui doit être sèche de peur, mais aucun son n’en sort. Comme j’ai pu trop de patience, j’décide de m’occuper pendant que son cerveau essaie de se remettre en marche. “Bon, ben, prends le temps d’y réfléchir, moi pendant c’temps-là, j’vas commencer. Là par contre, j’t’averti, si tu bouges, j’risque d’accrocher tes poumons. C’est pas mon intention, mais le bout d’la scie est quand même pointue, pis j’avoue que j’sais pas à quel point la pleure est fragile, fac bouge pas, ok?” Oui, moi aussi j’adore l’ironie du fait de dire à quelqu'un de paralysé de ne pas bouger!
Sans attendre de réponse, je reporte ma concentration sur ma petite scie et la ligne que j’avais indiquée plus tôt sur mon futur bout de côte et commence à faire des mouvements de va-et-vient. Les premiers glissent et dévient un peu, enfonçant la pointe de la scie dans la chair autour ou éclaboussant un peu partout. En plus, la côte bouge. Clairement, les muscles autour ne sont pas fait pour empêcher ce genre de mouvement. Alors, me rappelant les leçons de sciage que mes parents m'avaient données; je met mon autre main sur la côte pour la tenir en place (pas trop proche de la lame, quand même!) et je reprends les mouvements, mais en mettant plus de pression et en y allant plus lentement. La côte renfonce dans la cavité thoracique, alors j’essaie d’enrouler mes doigts en-dessous, pour mieux pouvoir l’immobiliser. Il faut que je force un peu à travers les muscles et tissus conjonctifs, mais j’fini par avoir une assez bonne grip et reprends mes mouvements de sciage, lents et forts. Lents et forts. Tranquillement pas vite, je fini par créer une belle tranchée droite et assez profonde. Comme ça, ma scie peut pus trop dévier. Et là, j’me met à scier comme du monde.
"Arrête, j'ai dit.”, mon cerveau fini par réaliser que c'est la voix de 49 que j'entends, “C'est correct, on a toutes les infos, tu peux arrêter”, mais ça me prend un peu plus de temps avant de réaliser que c'est à moi que 49 parle, “y faut qu’on s’en aille, de toutes façons, ça commence à être risqué d’rester ici.” Finalement, j’arrête. Ma main figée, la scie maintenant à mi-chemin dans la côte de 77. J’espère qu’elle va pas rester coincée dedans... Hey, pourquoi il faut que j’arrête, au juste? J’veux pas arrêter, moi! J’avais presque fini!
Je relève la tête pour faire des p'tits yeux de chien battu à 49 et supplier une prolongation, “Oui, mais, moi j’ai pas fini. Come on! J’y ai promis que j’prendrais un morceau!”. 49 a tellement l’air d’hésiter, le cœur déchiré entre le danger de rester et le goût de me faire plaisir. Sérieusement, j’pari que j’pourrais y faire faire presque n’importe quoi. À croire que Poor Honey a tombé en amour avec moi! “Ouin, scuse, mais c’est trop risqué, faut partir...”, peut-être que 49 est pas si stupidement en amour après tout. Ce qui est probablement une bonne chose. 49 continue, presqu’en suppliant, “La prochaine fois, ok? La prochaine fois, j’te l’promet, j’vas m’arranger pour que ça soit assez safe pour que tu puisse prendre ton temps, ok?”
“La prochaine fois?!” Oh nice!! “Ostie que j’t’aime toi!”
La face surprise et béate de 49 me fait réaliser ce que j’viens de dire. Shit, 49 va penser que moi aussi j’suis en amour avec... Bof, si ça peut me permettre de découper plus de monde; ça marche. Et puis, j’avoue qu’après c’que j’ai vu de son corps, j’dirais pas non à coucher avec non plus!
D’ailleurs, mon regards suit ma pensée et descend vers son cou, ses épaules musclées, sa poitrine, ses mamelons, dont un qui est traversé par une belle grande cicatrice... Mmmm. J’ai tellement juste le goût de lécher c’te p’tit chemin du bonheur là; suivre toutes les p’tites bosses avec ma langue...
"Hey, attention!" C’est le cri de 49 qui me fait réaliser que j’suis maintenant à quatre pattes par-dessus 77, le cou allongé vers 49, la langue à moitié sortie. Oh, subtile! J’peux pas croire que j’ai autant perdu l’contrôle. Mais, attends. Pourquoi il faut que je fasse attention? J’lève les yeux vers 49 pour y poser la question, mais 49 m’explique sans que j’ai à dire quoique soit. “Tasse-toé su’l’coté. Reste pas par-dessus Morgan, c’est trop dangereux. La verveine pourrait arrêter de faire effet n’importe quand.” À ces mots, je penche la tête pour regarder la face de 77 qui est juste en-dessous de moi. Un mélange de honte, probablement causé par le fait d’avoir cracher le morceau, de peur et de douleur se met à bouillonner dans sa face et se transformer en rage et soif de vengeance. Fuck. J’ai effectivement intérêt à pas être là quand la verveine va arrêter de marcher. La peur que 77 me retrouve et réussisse à se venger me fait presque regretter ce que j’viens d’y faire.
Les mains de 49 sur mes épaules me sortent juste assez de ma torpeur pour réaliser sa tentative de me tasser sur le côté. Mes jambes et mes bras suivent plus ou moins jusqu’à ce que j’me ramasse à genoux à côté de 77, perpendiculaire à son corps, les yeux rivés sur ce qui n’est maintenant qu’un grand flou rouge foncé. J’ai beau regarder, plus rien de ce que je vois ne fait de sens. Même mon canif est tout rouge. Mon canif! J’fini par réussir à l’identifier à travers le carnage et tend la main pour le ramasser. Je sais pas si c’est l’angle qui est mauvais ou si c’est juste normal vu qu’il est à moitié dans la côte, mais la scie est effectivement pognée dans l’os. Une seconde de panique me fais secouer brusquement le canif dans toutes les directions, faisant même revoler l'sang un peu partout, mais le cri de 77 me fige aussitôt. “Fucking shite! I talked, now piss off, nutters!” Nutters? C'est moi ou ça sonne comme nut? J’me vire la tête vers 77 avec une indignation toute fraîche qui nettoie la peur qui m’avait offusqué l’esprit pendant un instant. Ça fait tellement plus du bien d’être en colère que d’avoir peur! “Did you just call me crazy?!” (Voyez, moi aussi j'peux parler en anglais pour rendre les choses plus drammatiques!) J’y fais mes yeux méchants et sans y donner le temps de répondre, la main toujours sur mon canif, je donne un coup de plus; autant pour y faire mal que pour peut-être réussir à déprendre la lame. Joindre l’utile à l’agréable. Ça marche pas, le canif est encore pogné, mais cette fois, au lieu de me faire sentir faible et sans défense, son sifflement de félin enragé me donne l’impression d’être féroce et redoutable. J’aime ça.
Mais la main de 49 sur la mienne m’empêche de poursuivre mon power trip. D’une main, 49 me fait lâcher mon canif et de l’autre retire mon canif de la côte de 77 comme si de rien n’était. Sûrement, c’est parce que je l’avais loussé moi-même juste avant! Aussitôt que j’me revire vers 49, mon regard reste pogné sur sa face. Tout ce à quoi je réussi à penser c’est à admirer 49. Comme si c’était tout ce qui comptait; être avec 49. J’me rends à peine compte que, ma main toujours dans la sienne, 49 nous met lentement debout, face-à-face. Je suis toujours en trance et enregistre vaguement que 49 a mis sa deuxième main aussi sur moi, quelque part dans mon dos. Puis, 49 se met comme à danser et à me guider jusqu’à ce qu’on ait fait quelques pas sur le côté. Puis finalement, on arrête de bouger et toute mon attention reste sur son visage et je me permet enfin de mettre ma main libre sur sa joue.
Avec mon pouce je caresse doucement une cicatrice qui semble courir tout le long de sa mâchoire et la douceur soyeuse de la marque me chatouille le bout du doigt et me fait frissonner le corps au complet. Je passe de la cicatrice à sa lèvre inférieure et un gémissement m’échappe à l’idée de l’embrasser. Je sers un peu sa main que je tenais encore avant de la lâcher puis passe ma main autour de sa taille pour l’approcher de moi encore plus. Le contact de nos corps déclenche des feux d’artifices dans mon corps et, pendant une seconde, me coupe la respiration. Les yeux écartillés et la bouche entrouverte de 49 trahissent sa surprise et son excitation. Un mélange d’incrédulité, de désir et d’inquiétude. Apparemment, 49 n’a pas l’habitude d’être l’objet d’autant de désir. Lentement, histoire de lui donner tout le temps du monde de se retirer ou de dire non, je m’approche de ses lèvres, mon intention claire de l’embrasser. Je m’arrête à quelques millimètres de sa bouche. Ma main qui était sur sa joue se faufile derrière sa tête à la base de son crâne où j’aurai une meilleure pogne. Mon autre main, à la base de son dos, exerce un peu plus de pression, juste pour y rappeler que je suis là. I got you, babe. Avec ma langue, je trace sensuellement sa lèvre inférieure et attends de voir sa réaction. Un gémissement presque inaudible sort de sa bouche et son bassin se colle aussitôt sur le mien. Prenant ça comme un accueil enthousiaste, je continue à agacer 49 en frôlant à peine mes lèvres sur les siennes, mais le contact n’affecte pas juste 49 et on se retrouve à haleter ensemble autour du courant électrifiant qui nous lie. Shit, j’aurais jamais pensé pouvoir être autant turned on! Fuck le reste, j’me laisse aller pis j’y saute dessus!
2.4 - PdV externe de ?
Lorsque ses yeux aperçurent le corps ensanglanté et inconfortablement immobile sur l'asphalte craquelée et franchement insalubre de la ruelle anonyme, son cœur s'est arrêté. Ou plutôt, son cœur se serait arrêté s'il avait été en train de battre. C'est une chance que les vampires n'ont pas besoin de respirer ou leur cœur de battre. Bien que l'identité des deux jeunes adultes insouciamment debout à côté de Morgan lui était inconnue, leur nature était évidente. Même à cette distance, de sa cachette sur le toit de l'immeuble voisin, sa vue pouvait déchiffrer les signes et même mémoriser les traits. L'impitoyable lycanthrope, au corps couvert de cicatrices et à l'allure guerrière, sans doute l'artiste du crime commis contre sa chère création, se tenait debout, quoique sans aucune animosité, devant l'insipide être humain à la physionomie négligeable. Curieusement, en effet, l'énergie de leur moment semblait plus romantique que dangereuse, plus tendre qu'animale. Une pointe au cœur lui rappela que ses doux moments passés avec Morgan étaient maintenant choses du passé. À moins que... Peut-être qu’en l’aidant… Mais au-delà de l'espoir, l'émotion qui lui tordait les entrailles en était une rarement vécue dans sa vie; celle du désir de vengeance. Voir le couple se permettre cette tendresse, se penser digne de ce sentiment magique alors que le sang de sa création coulait toujours, goutte à goutte sur le sol. Comme si l'horreur commise, de sang froid certainement, méritait célébrations et réjouissements. Comme si le fracas assourdissant causé par le bris de son cœur qui, dans sa tête, résonnait plus fort encore que l'aurait fait le tonnerre, ne pouvait atteindre l'oreille de ces tourtereaux ou pire encore, ne pouvait leur en causer le moindre désagrément.
L'indignation et la nécessité de se faire justice lui permirent de concevoir un plan de vengeance à l'exquise simplicité et sadique ingéniosité. Pour une fraction de seconde, ces pensées l'inquiétèrent légèrement, n'ayant jamais eu une once de méchanceté en soi; sentir tant d'engouement à l'idée de faire souffrir quelqu'un était, il va sans dire, préoccupant. Mais au combien excitant. Et justifié! Surtout, justifié! Évidemment, sa nature vampirique l'obligeait à régulièrement s'abreuver à la veine d'un être vivant, mais malgré tout, ses intentions étaient chaque fois magnanimes, ne prenant que le nécessaire, et s'assurant de conclure le tout sans peur ni douleur. Et pourtant, en cette nuit fatidique, une toute nouvelle soif de sang s'était emparée de son être. Et la peur et la douleur allaient justement s’avérer les épices les plus recherchées dans ce nouveau cocktail du jour.
Grâce à sa vitesse surhumaine et à la passion aveugle des jeunes en amour, la récupération du corps de Morgan pu passer plus ou moins inaperçue, ou du moins, jusqu'à alors, personne ne semblait être sur ses traces. Ce ne fut que plusieurs coins de rue plus loin, lors d'une pause nécessaire à la reconnaissance des lieux et à la confirmation de liberté de la voie, que la faible respiration, mais respiration tout de même, fut finalement perçue. Les vampires n'ont pas besoin de respirer, autrement que pour parler ou lors d’émotions intenses ou d'efforts notables, qu'ils soient physiques ou physiologiques, comme la copulation ou la guérison d'une plaie majeure... Si Morgan était bel et bien en train de respirer, c'est qu'il y avait espoir que Morgan s'en sorte. À cette pensée, une tension jusque-là passée inaperçue se dissipa de sa poitrine lui faisant réaliser son ignorance face à l’étendu des dégâts. En effet, si le coeur de Morgan avait été arraché… Refocusant son esprit sur le fait que Morgan respirait et que sa vie n’était donc pas ultimement en jeu, un regain d'énergie l'encouragea à poursuivre sa route à toutes vitesses vers ses appartements. Plus vite Morgan serait en sécurité, plus vite il lui serait possible de recenser les dégâts, planifier la suite et peut-être même convaincre Morgan de lui laisser une seconde chance... Du sang. Morgan aura avant tout besoin de se nourrir. Aussitôt sa sombre et machiavélique fantaisie lui réillumina l'esprit; celle d'utiliser le sang de l'être humain auquel la bête semblait tant tenir. Partenaire pour partenaire. La symétrie lui plu chaudement et un froid sourire lui assombrit le visage alors que ses yeux avaient cette lueur d'anticipation dont il faut généralement se méfier.
2.5 - PdV d’Alex
No means no.
Au moment même où je m’apprêtais à sauter sur 49, une bourrasque de vent s’est insinuée dans la ruelle. Je sais que c’est pas normal; il n’y a pas de vent comme ça d’habitude dans les ruelles, et j’ai définitivement l’intention de m’en crisser et de continuer à embrasser 49, mais dès que je renouvelle le contact entre nos lèvres, je réalise que 49 a figé. Après avoir pris une grande inspiration par le nez, 49 écartille les yeux, mais pas de surprise sensuelle, plutôt de surprise effrayée. Oh shit. Qu’est-ce qui s’est passé. C’était quoi c’te vent-là coudonc? Voyant que 49 a arrêté de me regarder, je suis son regard et remarque que le corps de 77, que j’avais complètement oublié, est disparu. Tout ce qui reste sur l'asphalte sont quelques flaques de sang et le motton imbibé du chandail de 49. Mon couteau. Où est mon couteau? Je ramène mes mains devant moi, vois qu’elles sont vides, tâte mes poches puis finit par voir du coin de l'œil, mon couteau dans la main de 49. Je reprends mon souffle que j’avais apparemment arrêté et récupère mon canif de la main de 49 qui n’offre aucune résistance. Je me dépêche à ranger la scie qui est encore sortie du canif, mais au même moment, la main de 49 qui voulait probablement juste retenir mon attention, apparaît entre la scie et le reste du canif. Le mauvais timing fait que la scie qui était déjà sur son air d’aller se referme sur les doigts de 49. Par expérience, je sais que c’est juste assez fort pour percer la peau, mais pas ben ben plus que ça. Même la lame du couteau ne pourrait pas couper des doigts, alors la scie ne peut vraiment faire que quelques petits trous. Quand même, 49 ne réagit même pas. Ou plutôt, n’a pas l’air d’avoir mal. Tout ce que 49 fait est de m’enlever le canif des mains, comme si de rien n’était, retirer ses doigts de leur position compromettante, refermer la scie comme il faut et finalement me tendre mon canif. Comme si de rien n’était! Si l’autre se plaint pas, j’imagine que ça veut dire que j’ai pas besoin de m’sentir mal, right?
Dès que j’ai repris mon couteau, 49 me prend les épaules pour attirer mon attention et lorsque mon regard retourne finalement sur son visage, m’indique avec urgence “Y faut que j’cours après. J’peux pas laisser Morgan s’en sortir comme ça, mais toi tu peux pas rester ici. Vas-t’en, sauves-toi et trouve une place avec plein de monde. Ta seule chance d’être en sécurité est de t’entourer de gens. Plus y’a de témoins, mieux c’est.” Me donnant une petite poussée, 49 me dirige vers la sortie de la ruelle la plus proche, “Envoye, dépêche! Vas-y!” J’me retourne la tête vers 49 et avant même que je puisse formuler une quelconque question ou objection, 49 continue “Inquiètes-toi pas, j’vas t’r’trouver! Envoie, cours!”
Alors j’me met à courir. J’cours jusqu’à la sortie de la ruelle et j’m’arrête. De un, depuis quand que j’obéis facile de même?! J’aime pas qu’on m’dise quoi faire! Ben, sauf quand j’suis à poils, là. Mais, de deux, veut-veut-pas, j’ai aucun cardio et, comme de fait, j’ai déjà besoin d’une pause pour reprendre mon souffle. J’en profite pour me retourner, mais j’reste bête quand j’vois que la ruelle est vide. Je distingue à peine les flaques de sang, qui de toutes façons, pourraient très bien, de loin, être confondues avec des tâches de n’importe quoi d’autres qu’on trouve habituellement dans les ruelles. Le chandails de 49, par contre, je réussi à le voir. L’urgence de 49 me revient en tête et je décide de me remettre en route. J’accepte de laisser mon sac à dos là, estimant que les boîtes devraient le garder caché au moins jusqu’au jour du ramassage du recyclage. Mais je refuse de courir, ou plutôt mon corps refuse. De toutes façons, j’vais beaucoup moins attirer l’attention en marchant comme si de rien n’était, qu’en courant comme si j’avais l’yâble au cul! Tout en marchant, je range mon canif dans ma poche de pantalon et espère que le sang qui, si je me fie aux sensations, a imbibé la moitié de mes pantalons, puisse passer inaperçu dans la noirceur de la nuit. L’avantage de vivre dans la grande ville, c’est qu’il y a tellement de diversité, que les gens ne portent plus trop attention aux différences de style.
L’inconvénient de vivre dans la grande ville, par contre, c’est qu’il y a tellement d’affaires qui s’y passent, que les gens ne réagissent plus vraiment à la violence. J’pourrais me faire attaquer en plein trottoir et j’pari que personne ne viendrait m’aider...
Avec cette rassurante pensée, j’me met à marcher un peu plus vite. Qu’est-ce qui est encore ouvert à soir, à cette heure-là? En cas de doute, les fast-foods 24h!
L’idée de devoir passer le reste de la nuit dans un fast-food juste pour avoir du monde autour de moi me donne un soudain coup d’fatigue. Et v’la une nuit de sommeil gâchée pour de bon! Veut-veut-pas, à mon âge, les nuits blanches c’est pus une bonne idée! Encore moins sur une chaise de plastique de fast-food. Ça va m’prendre des jours pour m’en remettre, ostie! Mais bon, si c’est pour ma sécurité... Attends, depuis quand que ma sécurité est plus importante que mon sommeil? Nah, on va dire qu’on va au resto pour manger. D’ailleurs, j’avoue que tout ça m’a creusé l’appétit! J’viens quand même de réaliser un de mes plus fucked up rêves! Le genre de rêve que tu gardes secret, que tu sais qu’il faut pas que t’en parle à personne, parce que sinon c’est sûr qu’on va t’enfermer; en prison ou en camisole de force. J’ai finalement pu découper dans quelqu’un! Et tout ça, grâce à 49! Une chaleur confortable envahit mon corps et un sourire s’accroche dans ma face sans même que j’y pense. Bizarre. J’mets de côté les sentiments et me met à débriefer ma première séance de torture. J’ai pas réussi à avoir mon bout de côte. Est-ce que c’est parce que j’ai pas été assez rapide, ou parce que j’ai été trop efficace et la victime a parlé trop vite? Oui, la victime a parlé avant que j’aille fini, mais c’est la situation qui a fait que j’ai pas pu continuer après. Après tout, je crois pas qu’il y ait une loi qui t’oblige à arrêter la torture une fois que la victime a parlé. C’est pas comme si on allait faire allusion à la morale ou l’éthique! Alors, prochaine fois, ça va prendre...
“Ciao, sexy!”
La voix derrière moi interrompt mes pensées, mais vu à quel point la chaude sensualité de l’accent italien me fait d’l’effet, mettons que j’ai déjà oublié à quoi j’essayais d’penser!
Je sais que c’est rarement une bonne idée de se laisser approcher comme ça, en pleine nuit, quand y’a personne d’autre autour, mais c’est 49 qui a insisté pour que je m’entoure de gens... Comme ça, au moins, j’pourrai au moins m’entourer des bras qui vont avec la voix sexy...
Alors j'me retourne et mon cerveau arrête le temps pendant quelques secondes. Heureusement, parce que mon cœur et ma respiration aussi semblent avoir arrêté. Tsé quand tu fantasme et que tu t'imagine la personne de tes rêves, mais pas genre ton crush du secondaire là, non, une personne tellement sexy, au corps tellement parfait, que la personne peut pas réellement exister? Ou en tout cas, pas sans truquage. L'image de ton wet dream suprême. La face, le corps, le look, la voix, criss même ses oreilles sont sexy. Bref, c’est définitivement un 2. Surtout que 2 est bleu pâle, alors ça fitte avec son teint pâle du genre j’vas jamais au soleil parce que j’veux pas risquer d’avoir des tan lines. Mais même si l’ensemble dégouline de sensualité, y’a quelque chose de louche, de fake; alors c’est vraiment plus un 3 qu’un 8. 3, c'est orange, la couleur du feu; c'est la personnalité aguicheuse (un côté rond et sensuel qui cache un côté vide et obscure). L'attitude aussi allumeuse que dangereuse. Wow, quand même : deux wet dreams en une soirée?! C'est mon jour de chance! Considérant que 49 m'a offert ma première torture, j'ai bien hâte de voir ce que 23 va m'apporter!
“Buona sera... bon soir.” Damn. Comment est-ce que quelqu’un peut faire l’équivalent d’une heure de préliminaire avec juste... 4 mots? Si j’me contrôle pas j’vas finir par y sauter dessus. Ou me laisser me faire sauter dessus. “Caspita, quanto hai un buon profumo! [Bon sang, comme tu sens bon!] Guardami. Regardes-moi dans les yeux.” Dans les yeux? Coudonc, y’a un thème à soir, ou quoi?! Mais, sérieusement, comment est-ce que les gens font pour se regarder dans les yeux, mais genre, les deux yeux en même temps?! Moi, s’cusez, mais j’suis juste capable d’en regarder un à fois; pis alterner entre les deux me donne juste mal à tête; pis en fixer rien qu’un des deux, ben ça a juste l’air bizarre tant qu’à moi. Mais bon, j’avoue que j’devrais au moins regarder sa face plutôt que juste son corps. Alors j’remonte mes yeux vers sa bouche. Comme ça, en plus, je sais que je vais mieux entendre ses prochaines paroles. “Viens avec moi, chez moi.”. Ah ben, shit. Comment est-ce que j’peux dire non à ça?! Sexe avec une divinité et, avec un peu de chance, un lit pour dormir après, une douche... Oh fuck! J’viens d’me rappeler pourquoi ça m’prend une douche! J’peux pas croire que j’avais oublié tout le sang qui est même pas encore complètement sèche sur moi, mon linge, mes mains. Ostie, si ça s'trouve j'en ai même dans face! J’peux pas aller chez 23 comme ça! Dans le noir de la rue, ça peut passer, mais une fois dans son salon, la lumière allumée, ça va être pas mal plus dure à expliquer!
“Euh, écoute Sweetie, c’est pas que j’aimerais pas ça, mais à soir c’est vraiment pas un bon temps pour moi. Alors pourquoi tu vas pas trouver quelqu’un d’autre pour à soir et, toi et moi, on se réessayera une autre fois, ok?”
Pendant une seconde, 23 a l’air complètement en état de choc, puis ses sourcils se froncent de confusion. “Wow, à t’voir, on dirait que c’est la première fois que quelqu’un t’dit non! Reviens-en Sweetie, c’est pas la fin du monde. Promis, c’est pas parce que tu m’attires pas; c’est juste vraiment pas une bonne soirée pour moi, c’est tout.” Comme 23 a toujours pas l’air de comprendre ce qui se passe, j’décide que j’y ai assez tenu la main comme ça et qu’il est temps que j’reprenne mon chemin, “Anyway, là y faut que j’y aille, fac j’te souhaite une bonne soirée, ok. Bye!” Sur ce, même si ça m’prends tout mon p’tit change (j’espère vraiment avoir une deuxième chance avec 23), j’me retourne vers là où je m’en allais.
Mais j’ai même pas le temps de faire un 180 au complet qu’une main sur mon épaule me ramène face à face avec 23 et sa main sous mon menton aligne nos regards. Pendant une seconde un peu trop longue à mon goût, nos yeux sont les uns dans les autres et 23, après avoir fermé les yeux une demi-seconde comme pour se retenir de m’sauter dessus, me fait un regard fucking intense en répétant “Viens avec moi.”
Là, j’avoue que, même si 23 est fucking sexy et que son attirance pour moi est plus qu’évidente, ça sonne quand même un peu trop comme un ordre… et on est pas à poils... Fac anyway, là, c’est trop. J’me recule d’un coup en y battant la main pour me libérer et j’m’écris “What the Fuck, ostie! Pour qui tu t’prends, câlisse! T’as beau être sexy à mort, ça t’donne pas plus le droit de m’toucher sans mon consentement! J’ai dis non, c’est non. T’as pas d’affaire à insister!” Surtout que j’ai horreur qu’on me touche la face, mais ça, j’le garde pour moi. Ne jamais donner de munitions à l’adversaire.
Cette fois, le choc dans la face de 23 est plus agaçant que satisfaisant. Câliboire. À quel point faut que tu t’penses irrésistible pour avoir autant d’misère à croire que quelqu’un veuille pas coucher avec toi?!
Là, ça fait. Avant de commencer à faire des plans sur comment j’pourrais attacher et torturer 23 (J’me demande si la verveine fonctionnerait sur 23 comme ça a marcher sur 77?), j’me recule encore plus tout en gardant mon regard tueur sur 23 jusqu’à ce que j’estime être assez loin (et que j’commence à m’inquiéter de m’enfarger dans quelque chose. Mettons que ça fait pas super badass quand tu t’plantes en reculant). Puis j’me retourne et part en marche rapide. Y’é pas question que j’me mette à courir, quand même. De toutes façons, j’tofferais pas deux coins de rue.
Tout d’un coup, une douleur intense résonne du derrière de ma tête jusqu’à l’avant. Fuck.
Et tout devient noir.
Chapitre 3 - Réaliser son erreur
3.1 - PdV de Chose/49/Honey
Vendredi soir, suite,
Cher journal,
j’étais dans la merde!
Plus ta proie court vite, plus elle est difficile à traquer, parce que son odeur n’a pas le temps de s’imprégner dans l’air et sur les surfaces. Alors traquer des vampires qui peuvent aller plus vite qu’un char; c’est vraiment difficile! Mais les lycanthropes ont un bon odorat, alors même si ça allait me prendre plus de temps, je savais que j’aurais quand même réussi à retrouver Morgan et l’autre vampire. Le fait que la piste finissait au Rossi, par contre, ça c’était plutôt surprenant.
Mais pas aussi surprenant que mon premier baiser… Juste d’y penser j’en avais des frissons et le coeur qui s’débattait. Ça a peut-être l’air bizarre, mais même si j’avais déjà baisé avec la majorité d’ma meute, j’avais encore jamais embrasser quelqu’un. J’imagine qu’embrasser c’est trop personnel, trop intime pour faire ça avec un vieux jouet sexuel sur-utilisé. Qu’est-ce que ma moitié penserait si j’y racontais mon rôle dans la meute? Est-ce que mon âme-soeur voudrait quand même m’embrasser ou préfèrerait juste me crisser là, comme la vieille affaire usée que j’étais? “Baiser, encore!” Vic avait raison, moi aussi je voulais avoir une autre de chance d’embrasser notre Partenaire. Le baiser avait été si magique, mais en même temps, si stressant! D’un côté, je trippais ben raide, la tête perdue dans toutes les sensations, mais de l’autre côté, j’avais tellement peur de pas être à la hauteur, de pas faire ça comme du monde! J’espérais tellement avoir une autre chance, une occasion de m’améliorer et de prouver à ma moitié que j’pouvais apprendre et satisfaire ses besoins. C’est en me souvenant de qu’est-ce qui avait interrompu mon premier baiser que mon focus et ma détermination sont revenus. Déjà que laisser mon âme-soeur sans protection avait été la chose la plus dure que j’avais jamais faite, il fallait au moins que ça aille servi à quelque chose! Il fallait que je retrouve Morgan et finisse ma job.
J’ai donc décidé de rester dans l’ombre, de l’autre côté de la rue, face au club, pour attendre que mon coeur arrête de battre en malade, et tant qu’à y être pour essayer de comprendre ce qui pouvait bien s’passer entre Rossi et Masevas. Tout le monde connaissait le Rossi et son artiste activiste qui essayait de créer un monde meilleur où les dignes et les indignes pourraient vivre en harmonie. Les êtres humains croyaient que son club était juste un club, célèbre pour ses spectacles et ses partys, mais nous on savait que c’était aussi la cave d’un clan de vampires. Mais pourquoi un clan de vampires pacifistes aurait voulu protéger quelqu’un comme Morgan qui avait fait parti de Masevas et décimé la moitié d’une meute?
La porte du club s’est ouverte et une silhouette est sortie, a refermé la porte derrière elle et s’est installée dans l’ombre près de la porte d’entrée. La silhouette avait la position typique des bouncers: les pieds largeur des épaules, les mains dans le dos, la tête haute et intimidante, mais les épaules au repos comme si y’avait rien là. La présence de la sécurité à l’entrée d’un club est normale, mais c’est quand le vent a tourné et que j’ai senti son odeur que j’ai commencé à trouver la situation encore plus bizarre. Que Gab travaille pour le Rossi, c’était une chose, mais si le Rossi protégeait les vampires de Masevas, est-ce que ça voulait dire que Gab était de mèche avec Masevas? Est-ce que Gab en savait plus qu’on pensait?
Ou peut-être que Gab était sous couverture, que sa job de bouncer lui permettait de ramasser des informations sur Masevas? Ben oui! Ça devait être ça! Tout d’un coup, Gab m’impressionnait encore plus avec son ingéniosité et sa dédication. Ça faisait quand même longtemps qu’on travaillait à éliminer Masevas… Bref, ayant retrouvé confiance en Gab et en notre mission, j’ai conclu que non seulement j’pouvais sortir de ma cachette et me diriger vers la porte d’entrée du club, mais qu’en plus, Gab allait pouvoir me faire entrer et m’aider à retrouver Morgan.
Au même moment où je m’apprêtais à traverser la rue et que mes premiers mouvements avaient attiré l’attention de Gab, la porte du club s’est réouverte et la personne qui en est sortie s’est mise à lui chuchoter à l’oreille. J’ai aussitôt figé et tendu l’oreille. La personne chuchotait juste assez fort pour couvrir la musique forte du club qui passait par la porte entrouverte, mais pas assez pour que les êtres humains puissent l’entendre. Heureusement, les lycanthropes ont une meilleure ouïe que les êtres humains: “Bibi a dit que si on voit quelqu’un avec plein de cicatrices dans face, qu’y faut l’empêcher d’entrer; apparemment, c’est un danger publique.” Sans me quitter du regard, Gab lui a fait un hochement de tête et l’autre personne est retournée à l’intérieur du club.
Bibi?! C’était pas un des noms que Morgan avait donnés? Est-ce que c’était Bibi qui avait emporté le corps de Morgan? Si Bibi ET Morgan faisaient partie de Masevas, comment est-ce que le Rossi pouvait les héberger?! Au moins, ça expliquait pourquoi Bibi aurait averti les bouncers de ne pas me laisser entrer. Bibi devait avoir vu ma face et deviner que je voudrais achever Morgan. Oh non! Si Bibi avait vu ma face, alors ma moitié était sûrement aussi en danger!
Cette pensée-là m’a glacé le sang ben raide, et tout mon corps, Vic y comprit, voulait retourner à la ruelle et retrouver mon âme-sœur, m’assurer de sa sécurité.
“Hey, Chose,” même si j’étais de l’autre côté de la rue, Gab savait que je pouvais l’entendre chuchoter et comme de fait, son interpellation a ramené mon attention sur la mission, “t’as entendu, j’peux pas t’laisser entrer… par ici. Fac, passe par en arrière pis dépêche.”
Toute une vie d’esclavage m’a fait obéir par réflexe et j’ai commencé à courir dans les ombres jusqu’à ce que j’aille trouvé l’entrée de la ruelle qui devait donner à l’arrière du club. Parcourant la ruelle en zigzag, me camouflant à travers les bennes à ordure, les buissons et les poteaux, j’ai fini par apercevoir ce qui devait être la porte arrière du club. Disons que la présence des deux bouncers était un gros indice. {Dom et Steph devrait avoir appercu quelque chose bouger dans la ruelle et au moins marmonner entre eux; 49 les entends et les apercois et se cache} Tout en restant à une distance sécuritaire, derrière un gros poteau, j’ai pris une grande inspiration pour pouvoir analyser la situation comme du monde. Sous les odeurs de vidanges et les marquages de chats de ruelle, j’ai pu identifier les deux bouncers comme étant des vampires. Au moins, j’allais être capable de me battre. Si ça avait été des lycanthropes, ça aurait été perdu d’avance! Mais juste en dessous de toutes les puanteurs, plus faible parce que la source avait surement passer trop vite, j’ai aussi trouver le parfum de ma moitié. Mais qu’est-ce que ma moitié aurait pu faire là? Si ma moitié avait décidé de se cacher dans le club (après tout, j’y avais bien dit de s’entourer de témoins), j’aurais senti son odeur à l’avant du club… À moins que l’autre vampire ait ramener mon âme-sœur aussi?! Juste l’idée m’a fait bouillir de rage. Quelqu’un avait osé toucher à mon âme-sœur! Aussitôt, Vic a prit le contrôle et, je l’avoue, j’ai pas eu le goût de m’y opposer. Alors que mon corps commençait à se transformer, par contre, y fallait que j’me dépêche à me déshabiller.
Ma peau s’est mise à vibrer pour laisser sortir ma fourrure et j’étais pour enlever mon chandail quand j’ai réalisé que j'en avais pas. Le souvenir de ma moitié qui essayait d'éponger minutieusement le sang de Morgan m’a donné un étrange mélange de nostalgie, d'admiration et d'inquiétude. {The pure hapiness in their face while they were cutting the vampire out mad eme want to offer them a new body every night and made me vow to put this look on their face as often as possible} En même temps, j’ai réalisé que même si Bibi n’avait rien dit à ses bouncers à propos de moi, Gab aurait pas pu me laisser entrer dans le club sans chandail. Pas fort, Chose, pas fort! Quand mes ligaments, muscles et articulations ont commencé à se réarranger, j’ai vite détacher mes pantalons pour pouvoir les baisser le plus possible avant de tomber à quatre pattes. Mon nez et ma bouche se sont allongés pour former mon museau et mon coccyx s’est multiplié pour créer ma queue. Même si ça fait plein de bruits bizarres, la transformation fait pas trop mal; c’est plus comme quand tu t’étires après avoir été dans la même position pendant longtemps et que ça craque de partout.
D’habitude, ça me prenait jusqu’à une minute complète pour finir ma transformation. Plus tu le fais, plus tu deviens rapide, mais les indignes n’ont pas le droit de se transformer à la maison-mère, et c’est risqué de le faire n’importe où ailleurs parce qu’il y a toujours le risque que quelqu’un te voit. Alors bref, j’avais pas souvent eu l’occasion de me pratiquer. Mais, là, avec la rage dans l’sang et le besoin intense de sauver notre partenaire, Vic a réussi à faire que notre transformation prenne la moitié du temps habituel.
Heureusement, il n’y avait pas personne d’autre que les deux vampires dans la ruelle, mais sur le coup, je m’en foutais complètement; même s’il y avait eu une foule autour de moi, j’crois que j’aurais laissé Vic nous transformer quand même, tellement j’étais hors de moi par la colère. Mon instinct protecteur piqué à vif.
Tout de même, j’ai réussi à reprendre un semblant de contrôle juste avant que Vic nous fasse attaquer les deux vampires. C’étaient quand même des vampires; on devait faire preuve d’un minimum d’intelligence si on voulait avoir une chance; surtout considérant leur super vitesse. De toute façon, il fallait qu'on commence par nous débarrasser de nos pantalons qui étaient encore enroulés autour de nos pattes arrières. Une chance que personne a vu ça…
Une fois libre, il a fallu que je convaincs Vic de pas grogner et, à place, d’utiliser l’élément de surprise en s’approchant le plus possible avant de révéler notre présence. On a pensé nous faufiler d’un racoin à l’autre en essayant de rester dans l’ombre, mais ça aurait juste eu l’air encore plus bizarre et suspect. Mais avant même de pouvoir nous décider sur comment approcher les vampires…
“Hey, ostie d’chien sale, dégage, on veut pas d’toé dans not’ ruelle!”
Vrai, les vampires ont une fichue bonne vision de nuit.
“Lol, c’est quoi, Dom, t’as peur de t’faire mordre?!”
“Ha ha, très drôle Stef. Très drôle! Non, j’aime juste pas les sacs à puces; ça pue toujours l’chien mouillé!”
Vic voulait grogner à l’idée de se faire traiter d’chien, mais je lui ai fait comprendre qu’on pourrait s’approcher ben plus si les deux imbéciles pensaient réellement qu’on était yink un chien. Il faut dire que les lycanthropes sous forme animale sont juste un peu plus larges que la version sauvage. Ça aide à ne pas trop se faire remarquer (et à ne pas ruiner nos vêtements quand on se transforme dedans). Alors on a fait quelque chose qu’on n'avait jamais fait avant et que je nierai jusqu’à la fin de mes jours… On a joué au “beau chien-chien”. J’pense que c’est la chose la plus dégradante qu’on ait jamais faite dans notre vie, et je me faisais battre et violer sans me défendre sur une base régulière… En tout cas, on a continué à s’approcher des vampires, mais en trottant en plein milieu de la ruelle, comme si de rien n’était, avec joie et entrain, la queue battante, la gueule ouverte, la langue pendante, etc. C’était dégradant et humiliant, mais les deux sangsues ne se doutaient de rien. Tellement que, malgré l’air bête et les sacres de Dom, Stef à commencer à se taper les genoux et nous appeler “Heille, pitou, pitou, viens ici que j’te flatte; t’as tellement l’air toutte doux!”.
Il a fallu qu’on se retienne pour pas frissonner de dégoût, mais l’humiliation en avait valu la peine parce qu’on a réussi à s’approcher assez qu’à la fin, Stef nous flattait la tête. Toujours avec nos aires de boule de poils enjouée et affectueuse, on a mit nos deux pattes avant sur le torse de Stef qui a commencé à tripper ben raide et a intensifié son flattage. Et c’est là que d’un coup de mâchoire, on y a arraché la gorge. C’est l’avantage d’avoir un long museau; tu peux en arracher plus à la fois.
La surprise et l’incompréhension ont figé Dom pendant quelques secondes; secondes qu’on devait utiliser intelligemment. Suivant le corps de Stef au sol, on a atterrit à quatre pattes, les deux de devant encore sur le torse de Stef. Aussitôt, on a tourné notre attention vers Dom et ont lui a sauté à la gorge. Mais Dom a reprit s’est esprit plus vite que j’aurais voulu et avec sa vitesse de vampire a réussit à se tasser et à lever son bras juste à temps pour que ce soit son avant-bras qui nous arrive dans la gueule tout en s’assurant de ne plus être dans notre trajectoire. On aurait pu lui couper le bras avec notre mâchoire, mais Dom a utilisé notre élan et l’angle de son corps pour nous faire continuer notre mouvement, nous faire lâcher son bras et nous faire revoler dans le mur du club, juste à côté d’la porte. L’impact nous a fait voir noir pendant une seconde, mais le temps que notre cage thoracique recommence à fonctionner et qu’on puisse respirer à nouveau, Dom était déjà sur nous à nous sacrer des coups de griffes. Malheureusement, des années à être le punching bag de ma meute sans jamais pouvoir me défendre m’avaient donné le réflexe de me laisser faire et d’encaisser. Les vampires ont des griffes presque aussi longues que les nôtres; alors ça fait du dommage. Au moins, les griffes de vampires c’est pas comme de l’argent, ça guérit assez vite. N’empêche; la pluie, non le torrent, de coups, de gifles et de graffignes commençait à être déstabilisante. Et veut-veut-pas, on avait notre Partenaire à sauver! Dès que la face de notre âme-sœur nous est revenue en tête, on a réussit à sortir de notre torpeur et, au lieu de nous laisser nous faire déchiqueter par le moustique, on a fini par réussir à riposter. Avec nos deux pattes arrières, vu qu’on était plus ou moins sur le dos, on a réussi à y donner une assez grande poussée pour y faire perdre équilibre. Dom devait avoir cru qu’on n’aurait pas été capable de nous défendre et encore moins d’attaquer, parce que sa surprise était évidente et nous a même permis de nous relever juste assez vite pour y sacrer un coup de patte de devant dans la face. Finalement, on y a mis les deux pattes d’en avant sur la poitrine et on l’a fait tomber sur le dos pour y arracher la gorge. Pas de temps à perdre.
À ce moment-là, j’pense qu’il y avait juste l’adrénaline qui me tenait encore debout et me permettait de combattre la fatigue et la perte de sang causée par tous les combats de cette nuit qui finissait pu. D’abord Morgan, puis Stef et Dom. Mais vraiment c’était notre instinct de protéger notre Partenaire qui nous donnait la force de continuer. Mais comme de fait, en arrivant devant la porte du club, on a réalisé qu’on aurait besoin de mains pour l’ouvrir. Alors on a repris notre forme humaine. Bon, là, il faut que vous compreniez quelque chose. Dans la vraie vie, c’est pas comme dans les films classés Général. Les lycanthropes peuvent pas se transformer magiquement avec des vêtements sur l’dos… Et comme mes vêtements étaient vraiment trop loin comparé à mon urgence de sauver ma moitié… Bref, j’ai rentrer dans l’arrière du club, à poils. Au moins, la télépathie c’est une affaire de lycanthropes et pas de vampires; alors les deux gardes avaient pas eu le moyen d’avertir qui que ce soit du club. Dès que j’étais à l’intérieur, j’ai tout de suite chercher le coin le plus sombre pour pouvoir m’y cacher. J’ai pris quelques secondes pour inspirer à fond et analyser les odeurs. Retrouver la piste de ma moitié était pas mal plus facile à l’intérieur; moins de courant d’air. M’empêcher de grogner trop fort pour pas me faire entendre en sentant l’odeur de son sang; ça, par contre, c’était pas mal plus difficile. Si l’ostie d’maringouin avait vraiment fait saigner ma moitié; j’allais y arracher la tête!
3.2 - PdV d’Alex
Your first mistake was thinking I was one of the sheep.
Ouch. J’suis encore à mi-chemin entre l’endormitoire et l’éveil et déjà je sens que j’veux pas m’réveiller. Ma tête résonne comme si on l’avait vidée à cuillère comme une citrouille pour y mettre un speaker qui joue du death metal dans l’tapis pis qu’après on avait mis l’feu d’dans. Dans l’espoir d’estomper la douleur, j’garde les yeux fermés et j’me mets à focusser sur le reste de mon corps. Je gigotte un peu et réalise que j’suis sur une chaise. Sans coussin. Pas confortable pour deux cennes. Oh, et apparemment, mes poignets et mes chevilles sont attachés. Shit. Où est-ce que j’suis? Qu’est-cé qui s’est passé pour que j’me ramasse de même? Oh. 23! Fuck, si 23 voulait à c’point-là coucher avec moi, un souper au resto aurait fait l’affaire. J’suis plus facile que j’en ai l’air! Ah, non, c’est vrai, j’avais refusé parce que j’avais encore le sang de 77 d’imprégné su’ l’corps. Ah ben, j’imagine que là il est trop tard pour s’inquiéter de t’ça. Clairement, 23 a eu l’temps de s’en rendre compte.
Bon ben d’abord, revenons à la première question. Où est-ce que j’suis? Je tends l’oreille et réalise que le bourdonnement dans ma tête vient probablement de la base qui résonne dans le plafond. Comme si on était dans la cave et qu’il y a avait un méga party juste au-dessus. Fac j’imagine que crier servirait à rien. Remarque, j’suis pas du genre à crier anyway. Comme mes oreilles me donnent pas plus d’information que ça, j’me décide à m’ouvrir lentement les yeux. Ok, ça ça va, mais c’est quand j’viens pour lever la tête que la douleur me prend d’court et j’abandonne aussitôt l’idée. Fac pour l’instant, j’vas m’contenter de juste regarder vers le bas. J’peux quand même conclure que un, mes poignets sont effectivement attachés à la chaise (fucking belle job de DuctTape, en passant!), deux, j’ai encore mon linge su’l’dos (yay!), mais trois, mes pantalons sont encore bel et bien couverts de sang (ah ben) et finalement, le plancher est vraiment dégueulasse. J’vas assumer que le plancher était en béton gris, mais vu la couche de j’sais-pas-quoi qui le recouvre, j'parierais pas ma vie (des places, c’est juste des mottons de poussière, mais d’autres spots, ça a juste l’air inidentifiablement gluant). Silver lining: j’suis sur une chaise et pas par terre! Finalement, mon cerveau finit par enregistrer l’odeur et je remercie mes années de travail comme PAB pour ma capacité à ignorer les “parfums organiques". Ça sent comme si quelqu’un avait vécu ici pendant longtemps, sans toilette ni ventilation... Oh fuck! Dis-moi pas que c’est moi?! Criss, ça fait combien de temps que j’suis là, coudonc? J’bouge les fesses un peu... et un immense soulagement me relaxe quand je confirme que mes pantalons sont vides et secs. Autrement dit, j’me suis pas chié d’sus! Fiou! Thank god for small favors.
“Ora basta! Arrêtes de danser, je sais que tu as repris conscience.”
Fuck! Apparemment, y’a pas juste moi ici! Comment ça s’fait que j’ai rien entendu? Au moins la voix à l’accent italien confirme que c’est bel et bien 23 qui est ici avec moi. J’peux pas m’empêcher de marmonner “Comme si j’étais en état d’danser!”. Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre? J’prends une chance et essaie de relever ma tête pour regarder autour. DOUCEMENT! Ok, une fois que ma tête est en position verticale et que j’arrête de la bouger, la douleur redevient plus soutenable. Good. Sauf que j’abandonne l’idée de tourner la tête et de regarder autour de moi; s’il y a quelqu’un d’autre, tant pis. Ou tant mieux; dépendamment c’est qui.
J’peux pas croire que la situation, autrement dit, le fait de m’être fait assommer, kidnapper et attacher à une chaise dans une cave insalubre sans fenêtre, avec une porte qui a l’air un peu trop solide à mon goût; n’ait pas réussi à rendre 23 moins sexy. J’dois être en manque en ostie pour encore avoir le goût d’y sauter dessus quand même! Remarque tant qu’à se faire kidnapper, aussi bien que ça soit par quelqu’un de hot!
“Si tu avais accepté de me suivre; je n’aurais pas eu à t'assommer!”
Décidément; 23 à l’habitude de se faire obéir! Mais au lieu d’y faire la moral, j’prends ma voix sexy en faisant mes sourcils de pickup line, “Oh, Sweetie, si tu voulais coucher avec moi à c’point-là, t’avais juste à m’inviter au resto; j’suis plus facile que j’en ai l’air!”
Un mélange de confusion et de frustration recouvre la face de 23, “Ma, t’avais dit non. Personne ne me dit non.”. J’peux pas m’empêcher de presque me sentir mal de pas avoir succombé à ses pickup line de marde; clairement, toute sa foi et son orgueil étaient placés là! Heureusement, ça y prend pas de temps avant de changer de ton et de continuer plus sérieusement, “Poi, c’est pas pour coucher avec toi que je voulais que tu sois ici. C’est pour sauver et venger Morgan.”
Morgan? C’est qui ça? Ça m’dit quelque chose, mais moi les noms...
“Venger? Venger de quoi? J'ai tu couché avec pis oublier de l’appeler le lendemain?” Ça serait pas la première fois…
“Coucher avec?! Cavolo, connaissant Morgan, sûrement pas! Non, toi tu ne lui a rien fait. Après tout, tu n’es qu’un être humain; même si tu avais voulu, tu n’aurais pas pu lui faire de mal. Mais la bête qui était avec toi a massacré Morgan pour je ne sais quelle raison.”. Au fur et à mesure que 23 parle, la colère prend de plus en plus de place dans sa face; tellement que je laisse passer le commentaire sur le fait que j’suis ‘juste un être humain’ et continue d’écouter sa tirade alors que sa bouche se met quasiment à cracher et grogner, les dents serrées, “Ma non me ne frega un cazzo, mais je m’en balance!”, (c'est moi ou son regard est surnaturellement plus sombre et lugubre?), “L’animal a massacré quelqu’un qui m’est cher, alors je vais faire la même chose à quelqu’un qui lui est cher!”
Shit, 77! 23 veut se venger pour ce que j’ai fait à 77?! Bon, que 23 croit pas que ça ait pu être moi qui ai découpé 77, ça m’offense un peu, j’avoue. C’est quoi, 49 a l’air plus psychopathe que moi? Ostie d’préjugés! Fac moi j’avais l’air de quoi, a embrasser 49 au-dessus d’un corps en sang? De la victime aveuglée par son amour pour la bête sauvage?! Stéréotypes de marde! Mais bon, si 23 savait que c’était moi qui a torturé 77, est-ce que sa vengeance se ferait sur 49? Être cher pour être cher. Consciemment, je sais que 49 aurait beaucoup plus de facilité à se sortir de c’te genre de situation-là, mais étrangement, ça me soulage que ce soit moi qui soit sur le point de se faire torturer. J’ai l’impression que 49 a déjà eu sa part de souffrance dans la vie… Wait a minute; depuis quand que j'me sacrifie pour les autres?!
Remarque, ça reste que c’est quand même moi qui ait découpé l’autre; et j’suis pas mal du genre à accepter les conséquences de mes actes et à payer pour mes erreurs. Après tout, c’est comme ça qu’on apprend! Prochaine fois, j’vais faire mieux! …Ça m’apprendra aussi, à m’faire kidnapper!
“Ok ok, fac partenaire pour partenaire; ok, ouin, ça fait du sens. Cool. Mais, euh, la partie vengeance, j’comprends, mais la partie sauvetage; comment est-ce que le fait que toi tu sois ici à me torturer puisse aider l’autre à survivre?!”
“Semplice, je vais utiliser ton sang pour raviver Morgan.”
“Hun hun. En effet, c’est simple… fac quoi, tu vas y faire un genre de transfusion?”
“Qualcosa del genere; quelque chose du genre, oui.” sur ces mots, 23 lève ses mains à la hauteur de mes épaules comme l’artiste qui tente de saisir l’âme de sa toile blanche avant d’initier son chef-d'œuvre, “Ora basta; ferme-la et cesse de bouger que je me concentre.”
“Oh, ok cool.” J’me redresse dans ma chaise. J’espère que j’vas pouvoir assister; j’adore les aiguilles! “Have fun!” et je ferme ma bouche, reste immobile et lui fait ma face d'enfant sage qui s'attend à avoir un suçon en échange d'être tranquille.
23 fige, le regard ahuri. "Tu ne vas pas te débattre? Tu ne vas pas me supplier de ne pas te faire de mal?"
Je relâche mes épaules qui s’affaissent, "Ben là, décide! C'est toi qui a dit de m'la fermer pis d’pas bouger. Si tu veux que j'me débatte et te supplie, t'as juste à l’demander, mais décide-toi!”
“Ma certo! Tout d’un coup, tu vas te mettre à m’obéir?! Non ci credo! Je n’y crois pas! C’est parce que tu crois que je n’en serais pas capable, non è vero, n’est-ce pas?!”
"Oh, ben non, Sweetie, moi je l’sais que t’es capable, j'ai foi en toi! Envoie, vas-y, t'es capable!"
Ses yeux réfléchissent tout plein essayant de déceler un piège, mais 23 finit par se secouer la tête comme pour faire un reset et se remet à me fixer avec détermination. 23 grommelle un “Vaffanculo.” et, sur ces mots imagés (parce que même moi qui parle pas italien, j’sais c’que ça veut dire!), vient pour me mettre les mains au cou.
Mon réflexe, évidemment, est de me reculer la tête, mais aussitôt une douleur aiguë s’élance dans mon derrière de tête. J’t’avais dit d'pas bouger ta tête! J’ai juste le temps de ramener ma tête en position neutre et de réaliser que les mains de 23 ne sont pas exactement sur mon cou avant de sentir une pression au niveau du collet suivi d’un long bruit de déchirure et d’un inquiétant courant d’air. Un coup d’œil vers le bas me confirme que 23 a bel et bien réussi à exposer tout le devant de mon torse en moins d’une seconde. Mon premier réflexe est de rentrer mon ventre, parce que j’avoue, j’aime pas que mes bourrelets paraissent trop… Mais tout de suite après, je réalise ce que 23 vient de faire... Dire que moi ça m’avait pris tellement plus de temps avec mes p’tits ciseaux! Décidément, 23 a plus d’expérience que moi; ou juste vraiment beaucoup plus de force. Ce qui devrait être préoccupant. Pourtant, y’a une partie de moi qui est plus excitée qu’effrayée à l’idée d’être sans défense devant 23, de me faire déshabiller de force, et…
“Wo! Hey, c’était mon seul chandail pas encore déchiré! Pas cool!”
“Tu pleures pour ton chandail? Attends de voir ce que je vais te faire à toi!”
“Oh, ça j’m’en criss; tu peux ben m’découper autant qu’tu veux.” Pour vrai; la douleur me fait pas peur. J’suis pro dans la gestion de la douleur. “Mais dans ma vie à moi, un chandail pas déchiré égale d’la bouffe gratuite! Les gens t'amènent pas manger au resto si t’as l’air d’être sans-abri pour vrai! Fac là, en déchirant mon chandail, tu viens de me priver de bouffe gratuite…” là, j’suis en criss. Nobody messes with my food!. Alors je prends mon air le plus autoritaire, regrette de ne pas pouvoir croiser les bras (j’aurais eu l’air tellement plus badass!) et déclare “Fac, Sweetie, c’est officiel; tu m’dois au moins un repas au resto par semaine.” (ou un nouveau chandail; mais ça j’pas assez cave pour y dire!)
“Haha, Certo! Bien sûr, je vais t’amener manger au restaurant une fois par semaine…” puis son air devient lugubre, “... si tu survis à ce qui va suivre.”
Bah, c’était plus facile que c’que j’pensais! Yay, free food!
Avec un regard concentré et déterminé, 23 se met à genou devant moi, s’insinue entre mes cuisses et glisse sa main entre mon épaule et mon chandail, le faisant descendre un peu, jusqu’à ce que sa main soit derrière mon épaule comme pour la retenir en place. Ensuite, 23 accote un doigt de son autre main directe dans le creux de mon épaule, juste sous la clavicule… Ouaip, exactement là où j'avais commencé l'entaille sur 77… J’me demande si j’devrais y dire que ça prend une lame?
Quand j’me tourne la tête LENTEMENT pour regarder ce que 23 essaie de faire avec son doigt; j’reste bête en ostie. J’ai déjà vu des manucures freakante, mais ça c’est plus des fausses-griffes que des faux-ongles! Pis comment ça s’fait que j’avais pas remarqué ça avant?! Peut-être que c’est le genre que tu peux enlever pis r’mettre quand tu veux?
La pression du début ne fait pas trop mal, surtout que lorsque sa - griffe? - finit par ouvrir la peau, la pression disparaît; c'est comme une libération. À la microseconde que mon cerveau reçoit le message de douleur envoyé par ma peau maintenant déchirée, je lui dit fermement - oui, à mon cerveau - que cette sensation est en réalité quelque chose de merveilleusement agréable, comme si on s'ouvrait au bonheur et qu'on libérait tout ce qui était coincé en soi. J'accompagne cette pensée avec une inspiration rapide et profonde similaire à celle que tu fais quand l'autre commence à te caresser entre les jambes. Une inspiration d'excitation, comme si tu voulais inspirer toutes les douces sensations et les enfermer dans tes poumons. Je sonne poétique, mais c'est ça le truc, c'est de convaincre ton corps et ton cerveau que ce que tu ressens est agréable, voire excitant. Fake it until you make it.
Alors que 23 continu de sensuellement lacérer mon torse en diagonale, exactement comme j’avais fait à 77, j’observe ma peau se fendre si aisément sous la demande de son ongle incroyablement long et aiguisé. J’admire la fluidité du sang qui s’écoule presque timidement le long de l’entaille. Je m’intrigue sur la profondeur et les différentes couches dermiques visées par l’acte. J'essaie de ne pas penser au fait que ça va laisser une cicatrice et encore moins à la guérison, car, je vous le dit, le processus de guérison est souvent plus long, chiant et douloureux que la blessure comme telle!
Alors je continue à respirer sensuellement, de plus en plus intensément, et les sensations que mon cerveau traduit au fur et à mesure de la souffrance à la jouissance commencent à se répandre dans mon corps jusqu’à mon bassin qui se met à basculer lascivement. Un gémissement s’échappe de ma bouche et 23 fige, son doigt rendu au niveau de mon sternum, son ongle toujours dans ma peau, mais immobile. Alors je ferme les yeux et surfe sur cette dernière vague de plaisir jusqu’à ce que seul le léger picotement de la plaie ouverte, du contact de ma chair exposée avec l’air, reste en arrière-plan comme un bruit de fond négligeable. Les gouttes de sang qui coulent sur mon ventre chatouillent et laissent des traces humides derrière elles qui se refroidissent vite. Check ben si j'pogne pas une grippe parce que le sang me refroidit trop!
J’ouvre alors les yeux pour regarder 23 et lui demander de continuer, mais je bloque aussitôt. Confusion et excitation, incrédulité et fébrilité. Ses yeux font des va-et-vient entre mes lèvres, ma poitrine, mes yeux, sa main, mon sang. Sa respiration devient laborieuse comme quand tu te retiens de faire quelque chose que t’as vraiment vraiment l’goût de faire. J’ai pas besoin d’être empathe pour sentir son excitation. Sauf que 23 a l’air de vouloir me sauter dessus, mais de pas savoir si ça serait pour me torturer, pour me baiser ou pour me manger. Ha! Quand tu dis que tu fake tellement bien que tu réussi pas juste à convaincre ton propre corps et cerveau, mais l’autre aussi, et au point de l’exciter, en plus!
“Cavolo, tu sembles réellement aimer cela!” 23 dit ça comme si c'était la révélation du siècle. J'ose pas y dire que j’fake; des plans pour compliquer encore plus sa crise existentielle. Profitant de sa confusion, lorsque son regard reviens sur mon visage, j’y fais un sourire en coin et un haussement de sourcil suivi d’un clin d’œil, puis de ma voix la plus sensuelle, lui dit “Hey Sweetie, dis-moi de quoi t’as réellement envie, hein? De quoi t’as l’goût,…” je bombe le torse un peu pour ramener son focus sur sa main, et continue presqu’à souffle coupé, ”là,…”, je sers les jambes jusqu’à ce que mes cuisses frôlent ses hanches, “tout de suite,…” j’inspire puis expire comme si j’pouvais pu me retenir d’y sauter dessus et fini en chuchotant doucement “avec moi.”
Focussant sur ma plaie, 23 en retire doucement sa griffe, pose ses deux mains sur ma cage thoracique et se met à passer ses pouces autour de ma plaie et appuie juste assez pour que le sang qui avait juste commencer à figer se remette à couler encore plus. Ça fait un peu mal, mais pas tant que ça; c'est pas comme si ses doigts étaient direct dedans! 23 a l’air d’être en transe et après s’être léché les lèvres d’un air affamé, se penche lentement la tête jusqu’à avoir les lèvres à quelques centimètres de ma peau maintenant beurrée de sang, puis s’arrête, tremblant presque comme si ça y prenait toute sa force pour se retenir à quelques milimètres.
J’ai à peine le temps de réaliser que 23 à bel et bien sorti sa langue et lécher mon sang (WTF?) qu’aussitôt sa tête se recule comme si ma peau lui avait donné un choc électrique. 23 se laisse retomber sur ses talons; ses mains atterrissent sur mes cuisses et sa tête pend par en avant comme pour prier. Ou juste reprendre son souffle? Ou pleurer sans que j'm'en rende compte? Ou, à voir comment ses épaules sont tendues, probablement juste pour souffrir en silence.
3.3 - PdV externe de 23/Sweetie
O mio Dio! O cazzo! Ecco perché! Les fesses retombées sur ses talons, le corps tremblant de douleur et la tête penchée par en avant pour cacher ses yeux et ses crocs que la douleur avait transformés; son esprit tenta de faire le point, de comprendre comment un tel détail eût pu lui échapper. Le fait que l'être humain n’avait pas succombé à son contrôle mental et qu'il lui avait fallu l'assommer pour réussir à l'apporter dans ses appartements aurait dû lui mettre la puce à l'oreille; mais l'obsession de la vengeance et l'inquiétude pour Morgan, jumelées à cette inattendue envie irrésistible de mordre la créature pourtant basique, lui avaient fait ignorer le détail alors simplement embêtant. Puis, dans sa course effrénée pour ramener l’outil de sa vengeance à sa cave, ses pensées devaient être constamment retournées vers Morgan, qui jonchait entre la vie et la mort dans sa chambre, plutôt que sur l’odeur alléchante qui émanait de l’être vivant blotti dans ses bras. Autrement, la tentation de s’abreuver sur le champ aurait été trop forte, et ce sang, aussi irrésistible fut-il, devait être réservé pour Morgan. L’élan de possessivité qui s’était emparé de son être à l’idée de devoir partager le sang de cet individu au parfum exceptionnellement exquis l’avait aussitôt fait sentir coupable; le bien-être de sa création devait, après tout, passer avant son propre plaisir, n’est-ce pas?
Se remémorant la scène ensanglantée de la ruelle, son esprit ne réussissait point à en concevoir les fondements. L’idée que Morgan ait pu mériter un tel traitement ne lui avait passée par la tête qu’en un éclair; aussitôt rejetée par un dénie peut-être aveugle ou naïf. Après tout, la bête défigurée de cicatrice qui avait réduit Morgan en sang avait effectivement les yeux bleus. Puisque Morgan faisait également partie d’AVELCO; il était impossible que ce détail génétique ait pu être la cause d’une attaque de la part de Morgan. Tout de même, seuls des centaines d’années à combattre les habitus de l’Oudé lui avaient permis, pendant un instant, de ne pas s’enfoncer dans les préjugés, de ne pas associer la cruauté de la bête à la couleur de ses yeux et succomber à la rage collective contre les indignes. Étant à la tête de l’AVELCO, cela aurait été plus qu’aberrant, voire inadmissible.
Mais plus encore, son incrédulité et ses questionnements se redirigeaient sans cesse vers les dommages, à la fois déments et méticuleux, qui avaient été infligés à Morgan. Quelle personne, ayant toute sa tête, aurait réellement pu vouloir tenter de scier une côte à quelqu’un d’autre?! Le travail, temps et attention que cela requiert dénotait d’une folie contrôlée, d’un froid sadisme, et non d’une rage animale, aveugle et déchaînée. Une idée alors tout à fait incongrue lui avait traversé l’esprit: et si ce modèle de vulnérabilité avait été, inconsciemment de toutes évidences, en danger de subir semblable fatalité? Cet être au sang si précieux avait certainement été au programme sanglant de la bête en tant que prochaine victime. À cette optique, une rage protectrice s’était mêlée à un sentiment de vertu chevaleresque et lui avait donné la justification nécessaire à apaiser sa culpabilité face au kidnapping. Car, après tout, c’était pour son bien! Sûrement, le fait de l'enlever lui aurait sauvé la vie! Son sort en tant qu’outil de vengeance et potion de vie pour Morgan devait certainement être beaucoup moins atroce que ce que la bête lui avait prévu!
Lors de son arrivée au club, les deux sentinelles, Dom et Stef, avaient toujours leur position de garde-à-vous de chaque côté de la porte arrière de son club. Fronçant légèrement les sourcils, Dom lui avait ouvert la porte, mais n’avait dit mot. Stef, cependant, fidèle à soi-même, n’avait pu s’empêcher de commenter l’entité sans connaissance d’un jovial “Cute!”. Seulement, cette fois, le commentaire lui avait sonné plus que déplacé et un sifflement de chat enragé lui avait échappé des lèvres alors que son regard menaçant s’était brusquement tourné vers l’inacceptable impertinence. Seule la surprise effrayée qui était apparue dans le visage de Stef lui avait fait réaliser à quel point sa réaction avait été tout à fait inhabituelle et hors de caractère. Ne pouvant se résigner à analyser son tel comportement sur le moment, sa décision avait été de faire comme si de rien n’était, de se concentrer sur son objectif et de se diriger vers ses appartements. Ayant eu déjà avisé Bibi de ne pas faire entrer la bête couverte de cicatrices dans le club lors de son arrivée précédente, les bras chargés du corps de Morgan; il ne lui avait resté qu’une chose à mentionner aux deux gardes avant de disparaitre dans le sous-sol du club “Passez le mot: je vais être dans mes appartements; qu’on ne me dérange pas. Sous aucun prétexte! S’il y a quoique ce soit, allez voir Bibi.”
Deux “Oui, Capo!” à l’unisson lui avaient alors confirmé que son ordre allait être exécuté.
Puis lorsque sa griffe avait finalement commencé à faire perler le sang de l’objet de son sournois désir; son cerveau s’était éteint et seules les sensations semblaient encore s'enregistrer. La peau nue sous ses mains, entrouverte par sa griffe; le sang perlant d’un rouge vif; la respiration sensuellement saccadée,… Son objectif était supposé être la vengeance, faire payer la bête pour l’atrocité commise; venger et surtout, raviver Morgan. Mais le doux mélange de parfums sanguin et sexuel qui émanait du corps chaud et vivant lui avait fait vibrer le sien en entier, lui mettant l’eau à la bouche. Jamais fragrances ne lui avaient semblées si alléchantes, si incontrôlablement attirantes. Il va sans dire que l’attitude aguicheuse de l’insolente créature avait dangeureusement découpler l’attrait de son sang qui ruisselait déjà sensuellement le long de son torse. Le désir, non, le besoin, de goûter ce riche et chaud fluide avait été plus fort que tout et pendant cette seconde, toute idée de vengeance avait disparu, ne laissant place qu’à la faim et l’envie. Puis, le cerveau submergé par l’ardeur, incapable de réfléchir à quoi que ce soit d’autre; sa retenue s’eut effritée et sa langue avait succombé à la tentation se glissant hors de sa bouche pour finalement se complaire dans l’eau-de-vie vermeille s’écoulant de l’entaille.
Bref, son esprit avait été ailleurs. C’était là sa seule excuse. Même s’il est vrai que la verveine ne peut être discernée par l’odorat des vampires; l’immunité au contrôle mental est généralement un indice facile. Maintenant, le léger détail lui revenait en pleine face lui mordre le proverbial derrière. L'erreur était effectivement impossible; la brûlure sur le bout de sa langue était la caractéristique officielle de la verveine mêlée au sang humain. Avalée ou injectée directement, la verveine ne brûle pas, mais elle affaibli les vampires, au point même de les immobiliser. Cependant, si un être humain boit de la verveine, non seulement son esprit devient insensible au contrôle mental, mais son sang devient aussi brûlant que l’acide pour les vampires qui s'y abreuvent… et surtout, inutilisable pour sauver Morgan.
Son corps se retrouva donc déchiré entre le désir du sang et la brûlure de la verveine; son esprit, entre le désir de vengeance et la crainte de perdre Morgan. Au début, son excuse était qu’il était alors trop tard pour sauver Morgan, que la nuit était alors trop avancée pour avoir le temps de trouver une autre victime. Mais en réalité, cela n’était qu’un vide et lâche mensonge. Trouver une victime n’aurait pris que quelques minutes; le club juste au-dessus de sa tête était plein d’être humains facilement malléables et avides de sensations. Pourquoi alors son être entier refusait de bouger; de quitter ce spécimen pourtant inutile et de tout faire pour sauver Morgan, sa propre création? Malgré sa conscience qui voulait sauver Morgan; son corps était incapable de bouger. Quelque chose dans cet être, l’empêchait de raisonner. Quelque chose, dans son sang, au-delà de la verveine certainement, l’empêchait de partir.
Cependant, même en oubliant la vengeance, même en abandonnant sa création, le sang qui l'appelait, qui l'ensorcelait à un niveau primal, restait tout de même hors d’atteinte.
Relevant la tête, mais gardant le regard fixé sur les coulis sombres, la honte l’empêchant de regarder dans les yeux la source de son conflit intérieur; son dilemme lui échappa des lèvres, “Ma, tu as de la verveine dans le sang…”
“Euh… Ça s’peut… pis? Qu’est-ce ça fait?”
“C’est la raison pour laquelle je n’ai pas réussi à te convaincre de me suivre plus tôt. La verveine m’empêche de contrôler ton esprit.”
“Wait, attends, t’es en train d’me dire que la verveine immunise contre les pickup line? Criss qu’on pourrait faire une fortune avec c’te connerie-là!”
Préférant ne pas s’attarder sur le fait que, pour la première fois de sa longue vie, quelqu’un n’avait pas succombé à son charme, avec ou sans contrôle mental, son discours revint sur son vrai problème: “Cela m’empêche également de boire de ton sang...” Sa voix descendit d’une octave et poursuivi “Et j’ai davvero le goût de boire de ton sang.”
“Ooook, ben, voyons voir.” L’être humain marmonna ensuite un “J’peux pas croire que j’vas dire ça” avant de reprendre à voix haute d’une voix calme et analytique, “Tu veux boire mon sang, mais à cause de la verveine, tu peux pas, c’est ça?.” Le silence qui suivi l’exhorta à faire un hochement de la tête, qui apparemment était bel et bien ce que l’autre attendait avant de reprendre, “Mais tu peux pas parce que genre ça va t’tuer, ou tu veux pas parce que genre ça goûte pas bon?”.
Ne pouvant croire que cette créature était réellement en train d’analyser la situation, et de façon si rationnelle, il lui fallut quelques secondes pour répondre, “Ni l’un, ni l’autre. Ça goûte bon; buonissimo même, mais c’est plutôt que ça brûle, comme de l’acide; pero, pour répondre à ta question, non ça ne devrait pas me tuer, du moins, pas en petite quantité.”
“La question en fait, est: est-ce que tu peux en guérir ou est-ce que à chaque fois tu ferais juste aggraver ton cas? Genre, là tu parle normalement, alors j’imagine que ta langue est pas trop maganée, right?”
Parcourant sa langue à travers sa bouche, il lui fut évident que sa langue avait effectivement guérie, “En effet, ma langue est même déjà guérie.”
“Bon, ben c’est parfait d’abord! J’ai la solution à ton problème! T’as d’la chance ostie, apparemment à soir, c’est mon soir de B. A.! Fac, r’gardes ben, si tu m’détaches, j’peux t’montrer, non seulement à boire mon sang même si y’a d’la verveine dedans, mais en plus, j’peux t’montrer à aimer ça! Qu’est-ce que t’en penses? Deal?”
“Come scusa?! Mais de quoi parles-tu? Comment pourrais-je aimer me faire brûler la langue?!” N'était-ce pas une arnaque? Une ruse pour l’incapaciter puis se libérer?
L’énergumène haussa alors une épaule nonchalante et répondit d’un ton banal “Ben, d’la même façon que moi j’ai aimé que tu m’tranches la peau.”
Ses yeux s'écartillèrent à la banale rudesse de ces mots puis descendirent vers le torse encore couvert de sang comme s’il venait d’apparaître de nulle part. Mais qu’est-ce que la vengeance lui avait fait faire?! Ayant toujours prêché la paix et la tolérance; l’idée même de la violence lui avait toujours fait horreur. Alors, la vengeance… Jamais personne ne l’aurait cru capable de se rabaisser aussi bas… Et pourtant, pour Morgan, une exception avait été faite; mais à quel prix? Le choc de la réalisation de ses actes fut suivi de la culpabilité et de la honte. Cette absurde vengeance devait à tout prix être non seulement oubliée, mais surtout réparée. Son sang de vampire aurait guéri les dommages causés à la pauvre créature; il suffisait de lui en faire boire quelques gouttes. Pour ce qui était de sauver sa création; certainement Morgan aurait compris l’importance de l’absolution. Et puis, sûrement Morgan pouvait attendre jusqu’à demain soir pour se nourrir; sûrement le simple repos lui serait tout aussi favorable… Il était évident que toutes ces conclusions ne servaient qu’à apaiser sa conscience, car en réalité, en toute honnêteté, la seule chose qui l’importait en ce moment, était de pouvoir savourer le sang qui, malgré toute raison, continuait à l’interpeller. “Insegnami. Enseigne-moi. Per favore.”
3.4 - PdV d’Alex
*Make love, not war,
sex protections are cheaper than nuclear.*
Et c’est comme ça que 23 devint mon élève en Masochisme 101.
Y expliquer comment le système nerveux fonctionne par rapport à la douleur c’était une chose; le problème c’était de l’amener à me faire assez confiance pour actually essayer! Ça pis me faire détacher. Finalement, on a fait un compromis: j’ai juste une main de libre (ma main dominante, quand même), mais en échange, on a mis fin au plan de torture qui aurait fini par mettre une de mes côtes à l’air. Tu sais que t’as un bon compromis quand tu finis en meilleur état que c’qui était prévu. Surtout qu’à voir la facilité avec laquelle 23 a arraché le DuctTape de mon poignet, c’est probablement mieux pour ma santé de ne pas être à sa merci trop longtemps. Surtout que avec sa crise existentielle pis toute le placotage, ma plaie avait déjà commencé à se refermer et surtout, moi j’avais complètement perdu ma vague d’excitation; alors si la torture avait du recommencer, il aurait fallu que je recommence toute mon brainwash du début…
“Ok, va bene, que dois-je faire maintenant?” 23 est par terre, à genoux entre mes jambes qui, comme mon autre poignet, sont encore DuctTapées à la chaise et le fait que j’suis pour y dire de commencer à s’branler avant d’me lécher l’sang que sa fucking griffe a fait couler sur mon ventre me paraît… intéressant? Et dire qu’à matin, ma plus grande aventure était censée être d’aller prendre ma douche…
Pis en plus, j’ai perdu mon dernier chandail pas scrap… Quoique, en théorie, j’viens de gagner un repas au resto par semaine… et j’ai finalement réussi à découper quelqu’un… Ouin, ok, tout compte fait, ça va avoir été une bonne journée!
“Ben si tu veux convaincre ton cerveau et ton corps que la brûlure de la verveine est excitante plutôt que souffrante, le plus simple c’est de t’arranger pour que ton corps soit déjà excité… Fac, go Sweetie, à poils pis commence à t’branler!”
23 reste tellement bête que ça en est drôle, mais en même temps, j’ai pas toute la nuit moi là. Fac j’me décide à l’aider un peu et mets ma switch de phéromones à ON pour commencer à l’exciter. Je lève ma main libre à ma bouche et lèche mon index et mon majeur en essayant d’y mettre le plus de salive possible, puis j’les redescends près de ma plaie. Le sang ayant déjà eu le temps de sécher, je sais que ça va prendre ben d’la bave pour le réhumidifier; j’ai juste pas le goût de me réouvrir la plaie tout de suite. Au moins là j’suis capable de me pencher la tête assez pour voir ce que je fais. Un coup que j’ai assez de sang sur les doigts, je commence à me caresser un mamelon. D’habitude, ils sont pas si sensibles, mais c’est clairement pas une situation habituelle parce que comme de fait, le premier contact me donne un choc qui s’en va directement à mon entre-jambe et me cambre le dos. Fuck, le mouvement a réouvert la coupure. Heureusement, mon cerveau s’enclenche automatiquement et transforme la douleur en plaisir. C’est pas long que mon mamelon durcit et que ma respiration s’intensifie. Clairement, mon excitation de tantôt était juste cachée sous la surface. Tellement que j’ai vraiment l’impression que ça a même pas pris une minute pour que mon corps se réallume au complet. Et pourtant, quand j’rouvre les yeux, qu’apparemment j’avais fermés, 23 a déjà eu le temps de se déshabiller au complet! Toujours à genoux entre mes jambes, les yeux rivés sur mes doigts ensanglantés qui continuent à faire des cercles autour de mon mamelon, la respiration haletante à travers sa bouche entrouverte, la main déjà sur son sexe en train de se caresser... Juste à voir et sentir son excitation c’est assez pour doubler la mienne, mais ajoute à ça la vue de son corps parfait recouvert d’une peau parfaite dans une position parfaite qui me permet de tout voir sous son meilleur angle… Criss, c’est encore plus hot qu’un porno professionnel!
C’est son gémissement de supplication qui me ramène à l’ordre du jour et me fait réaliser que 23 a approché sa face au point où ses lèvres sont maintenant à quelques centimètres de ma peau. Sang et zone érogène. Douleur et plaisir. Beau mixte! Quand je sens que 23 en peut plus d’attendre mais qu’en même temps a l’air de pas oser, j’y donne un p’tit coup de pouce supplémentaire. J’prends ma voix la plus chaude et sensuelle et prépare son mental, "Mmmm, c'est ça que tu veux hein? T'as juste le goût d'y goûter, je l'sais. Tu l'sais que ça va brûler, mais ça en vaut tellement la peine. Et puis, ça fait juste rajouter du piquant, non? C'est comme un plat bien épicé; c'est juste plus savoureux, délectable. Je sais que t'as hâte d'y goûter, je l’sens. Tu veux sentir le feu sur ta langue, réchauffer ton corps déjà bouillant de désir." Voyant que 23 est au bord d’exploser, je décolle mes doigts encore un peu rouges de sang de ma peau et les approches de ses lèvres. "Savoure le feu." Un léger contact avec sa lèvre inférieure lui fait fermer les yeux et bloquer sa respiration. J'en profite pour gémir et faire des sons d'excitation pour l'encourager à rester sur la vague sexe. "Continue à te caresser, savoure les sensations, la chaleur est délicieuse, hein? T'en veux d'autres je l'sais.” Ayant senti le sang s’être remis à couler sur mon ventre - ça va avoir servi à quelque chose d’avoir bouger, finalement - j’en profite pour y passer mon index, histoire d’avoir du sang frais. “Sort ta langue." 23, les yeux toujours fermés, la main qui s'active de plus en plus entre ses jambes, la respiration de plus en plus travaillée, finit par ouvrir sa bouche un peu plus grand et sortir la langue. Je dépose une mini goutte sur sa langue; pas sur le bout parce que c'est la partie la plus sensible, mais pas non plus trop loin parce que c'est juste pu sensuel rendu là.
Je vous jure que j'ai entendu un grésillement! Comme quand t'éteins une allumette sur quelque chose de mouillé et que ça fait un p’tit bruit. Shit, un peu plus pis j’voyais d'la fumée montée de sa langue. C'est pas des jokes, je jurerais qu'il y a même une p'tite tache plus foncée là où j'ai mis la goutte. Mais j'ai pas le temps de l'étudier plus que ça que 23 referme sa bouche et grimace de douleur. "Non, relax into it. Analyse la sensation, accepte-la, welcome it. Dis à ton cerveau que cette sensation-là est agréable, chaude, et excitante. Continu à te masturber, laisse les sensations se mélanger." J'devrais peut-être attendre encore un peu, mais une pointe de sadisme me pousse à toucher ses lèvres tout de suite, sans l'avertir, le bout du doigt encore plein de sang. La brûlure prend 23 par surprise, mais au lieu de se recroqueviller, sa tête se jette par en arrière, son dos se cambre et sa main s'accélère sur son sexe. Oh, j'pense qu'on l'a eu. Je sais pas à quel point c'est fake, mais c'est assez pour me convaincre moi et mon propre sexe se met à se contracter.
Je repasse mes doigts tout près de ma plaie pour ramasser le plus de sang possible tout en savourant la douleur que ça crée puis entame une longue traînée rougeâtre sur son torse, de la clavicule au bas du sternum. 23 se met à frémir et gémir, à grogner et grinder son bassin comme si le plaisir était trop intense. 23 a réussi à trouver sa vague. Maintenant il lui suffit d'y rester.
Je test encore une coupe de fois en caressant différentes parties de son corps avec mes doigts recouverts de mon sang et 23 semble maintenir sa position au-dessus de la vague et réussir à transformer les brûlures en plaisir.
À un certain point, par arrogance ou ‘pu capable de s’faire teaser’, 23 s'élance vers ma plaie la bouche grande ouverte, mais s'arrête, à la dernière seconde, la langue à un respire de ma peau ensanglantée. Hésitation? Un dernier effort de retenu?
Je décide de l'encourager. Tant qu'à lui avoir tout appris, aussi bien finir l'entraînement comme du monde. Même si une petite partie de ma tête me dit que c'était peut-être pas une bonne idée finalement d'avoir aider mon adversaire à s'immuniser contre la seule défense que je possédais... Mais bon... Fac, pour l'encourager, je fais quelques gémissements sexy et me remets à caresser ma peau, jouant avec le sang, juste sous ses yeux.
Plus ça va, plus 23 a l'air d'en vouloir. Tripper autant sur le sang, ça s'appelle comment au juste? Hémophile? Attend, c'est pas la maladie ça? Y va falloir que j’me renseigne…
Tout d'un coup, 23 jette sa tête par en arrière et, comme un serpent attaquant sa proie, s'élance, la bouche grande ouverte sur ma plaie. C’est fou comment, avec l’angle, les canines de quelqu’un peuvent avoir l’air tellement plus longues que normal… Mais ça se passe tellement vite que j'ai à peine le temps de sentir quoique ce soit parce qu’aussitôt sa face est repoussée par en arrière, comme si sa tête avait rebondi sur mon ventre, propulsée par en arrière comme si je lui avait donné un choc électrique de courant alternatif super puissant. (Quand le courant est continu, comme pour une batterie de char, ton corps reste figé là, alors que quand c'est du courant alternatif, comme à la maison, ton corps est aussitôt repoussé. Now, you know.). Et comme de fait, son corps au complet suit sa tête et 23 se retrouve par terre, sur le dos, le corps nu et tordu de douleur. Apparemment, la quantité de verveine était au-dessus de sa limite et sa vague s'est effondrée.
Shit, qu'est-ce que j'fais là à l'observer comme ça, j'devrais en profiter pour me détacher à place! Avec ma main libre, je commence à chercher le bout du ruban de DuctTape. Croyez-moi, un être humain normal n'a pas la force de déchirer autant de couche de DuctTape avec une seule main, et moi encore moins! La meilleure façon, c’est de trouver le bout et de dérouler le tout. Vite vite vite, dépêche!! J'me dépêche le plus que j’peux, mais à force de dérouler le tape de mon poignet, j'me retrouve à l'enrouler sur mon autre main. Déroule déroule déroule! Heureusement, j'ai les mains assez moites pour pas qu’ma main libre se r’trouve prisonnière du DuctTape à son tour; ça aurait été fucking ironique! Oui, la sueur empêche le DuctTape de coller. Au cas où vous l’saviez pas déjà. Une main de faite! Yay!! C'est pour ça qu’tu veux faire le tour de c’que t’as à coller; pour que le DuctTape se retrouve à être collé sur lui-même plutôt que sur quelque chose qui pourrait être mouillé ou en sueur. Leçon du jour : le DuctTape c'est comme le sexe, c'est toujours plus efficace sur soi-même.
Fuck, il m’reste encore les deux pieds!! J’me penche vers mes chevilles et fini par grimacer de douleur parce que apparemment ma plaie aime pas trop se faire froisser de même. Mais de toute façon y’a mon chandail qui avait descendu de mes épaules et qui bloque mes bras et m’empêche de m’rendre jusqu’à mes chevilles. Une seconde de panique claustrophobique. ‘Alex, come on, t’as juste à r’monter ton chandail, ostie, calme-toé!’. Fac j’m’écoute, prends une grande respiration, me redresse (ostie qu’ça fait encore plus mal quand j’l’étire!) et remonte mon chandail sur mes épaules. Là j’avoue, j’commence à en avoir plein l’cul pis c’t’aussi ben parce que la colère m’fais oublier la douleur et j’replonge au plus criss vers mes chevilles. J’vous jure, j'veux même pas prendre une seconde pour voir si l'autre est encore en train de s’tordre de douleur, de partir en fumée ou juste de me r’garder en riant. Toute ma concentration reste sur l'ostie de DuctTape qui garde mes chevilles prisonnières à c'te criss de chaise-là!
Chapitre 4 - Réaliser qu’il y a un problème
4.1 - PdV de Chose/49/Honey
Vendredi soir, suite, (il était temps que cette soirée-là finisse!),
“Promis, c’est pas c’que tu penses!”, eh oui, cher journal, je te l’jure, c’est ce que ma moitié a crié en réalisant que c’était moi qui venait de défoncer la porte, tout de suite avant de se mettre à rigoler comme si c’était la meilleure joke au monde. Sur le coup, j’ai figé ben raide. À part sa réaction bizarre, ce que je voyais et sentait était juste impossible à comprendre. Juste avant d’entrer, j’avais pris une grande inspiration, histoire de sentir à quoi je devais m’attendre. Les odeurs de vieille piss pis d’marde m’avaient confirmé que c’te pièce-là avait souvent été utilisée pour enfermer du monde et, c’est clair, jamais lavée. L’odeur de vampire et celle du sang de mon âme-sœur continuaient à faire bouillir le mien de rage, mais ça j’m’y attendais. C’était l’odeur de sexe par contre que j’réussissait pas à comprendre. Surtout que c’était pas juste l’excitation du moustique que je pouvais sentir… Quand j’ai fini par réussir à défoncer la porte et à entrer dans la pièce, la vue avait été encore plus mêlante. Quand j’ai reconnu ma moitié, sur la chaise, j’ai compris que la chose nue et roulée en boule par terre devait être la sangsue. Pourtant, c’était mon âme-sœur qui avait le torse en sang et les chevilles attachées à une chaise; alors pourquoi c’était l’autre qui se tordait de douleur? Et surtout, pourquoi y’avait autant de phéromones dans l’air?!
Quand Vic a commencé à s’exciter dans ma tête, mais genre, sexuellement s’exciter, j’ai failli être malade. “Comment tu peux trouver ça excitant, ostie d’malade! Notre partenaire vient de se faire torturer à cause de nous, pis toi ça t’excite?!”
“Partenaire aimer ça!”
“Toi pis moi, plus que n’importe qui, on devrait savoir que c’est pas parce que le corps est excité que la personne aime ça pour vrai! Penses à Sad!”
“Oh…”
“Ouin: ‘Oh’!”
“Vampire à terre; Partenaire badass!”
Sur le coup, j’avoue, j’avais aucune idée de comment ma moitié avait pu avoir réussi ça; alors c’était, en effet, vraiment impressionnant.
Le temps que j’me sorte de mes pensées, le maringouin avait eu l’temps de s’enfuir, mais à c’point-là, j’m’en foutais pas mal. Tout ce qui comptait c’était ma moitié.
De retour dans la ruelle, les corps des deux gardes étaient encore là, en sang et tout croches. Dans pas long par contre, le soleil allait se lever et leur corps allaient être transformés en cendres. Les cendres, dans une ruelle sale, ça s’voit pas ben ben. Avec le vent pis la pluie, personne allait plus jamais les retrouver…
Serrant ma moitié un peu plus fort dans mes bras, j’ai couru jusqu’à mon linge qui était encore par terre, en tas, à côté des poubelles. Pendant que j’essayais de me rhabiller sans lâcher ma moitié, je réfléchissais à tout allure à où je devrais nous réfugier. Les esclaves apprennent vite à être multi-tâches!
J’pouvais pas l’amener chez moi, dans mon cabanon derrière la maison-mère. Mon excuse était qu’y aurait pas assez de place et/ou que ce serait trop risqué que les autres lycanthropes s’en rende compte et décident de nous chasser. Mais en réalité, la vrai raison était que j’avais honte; je voulais pas que ma moitié voit dans quel état je vivais, ou pire encore, puisse voir comment les autres me traitaient. Mon autre option m’a fait hésiter un peu, mais Vic répétait que le bien-être de notre âme-sœur devait passer avant ce genre de douleur. Mon autre option était l’ancien appart de mes parents qui, sans que je sache comment ni pourquoi, continuait d’être payé à chaque mois, années après années. Après leur mort, c’était trop dure d’y retourner; c’est pourquoi j’avais accepté de rester dans le cabanon que l’Alpha m’avait assigné en tant qu’enfant de traîtres. Des années plus tard, j’avais réussi à y retourner, mais seulement pour le vider du stock de mes parents, de tout ce qui aurait pu me rappeler ce que j’avais perdu. Mais même à ça, j’y allais jamais; la douleur des souvenirs était juste trop pénible. J’y avait quand même laissé le stricte nécessaire parce que je me doutais bien qu’un jour je pourrais en avoir de besoin. Comme c’te soir-là.
Une chance que les lycanthropes ont de la force en masse, parce que transporter mon âme-soeur dans mes bras aurait été encore plus dur. Le défi était surtout de pas trop bouger parce que à chaque pas que je faisais, ma moitié gémissait ou fronçait les sourcils, ou serrait des dents, et à chaque fois, Vic me chicanait d’y avoir fait mal! Mais en plus, il avait fallu que je prenne une coupe de détours juste pour faire sûr que personne puisse nous suivre; fac ça avait pris encore plus de temps. Si j’avais eu le char de mes parents avec moi, ça aurait été pas mal plus simple, et surtout plus rapide, mais j’avais pas pris le temps de passer à l’appart pour le prendre, pis de toutes façons, j’aurais pas pu tracker Morgan en étant dans un char… En tout cas…
Dès que j’ai atteint l’appartement, j’ai pas perdu de temps. J’ai étendu mon âme-sœur sur le lit et commencé tout de suite à y lécher la plaie. La salive de lycanthrope aide à guérir. Je sais pas trop comment ça marche, mais ça marche. J’étais… frénétique. J’avais eu tellement peur pour ma moitié pis j’me sentais tellement coupable que quelqu’un y ait fait du mal à cause de moi. Tout ce à quoi j’étais capable de penser c’était de réparer les dommages. Et ça voulait dire, avant tout, de guérir ses blessures. J’pouvais pas non plus supporter l’idée que mon âme-sœur finisse comme moi; avec des cicatrices. Bon j’avoue, y’avait aussi le fait que ça me permettait de remplacer l’odeur dégeulasse du moustique par la mienne. Vic était d’accord avec moi; cet être humain-là était à nous!
4.2 - PdV d’Alex
Torture is one thing, but when if comes to sex, I prefer my victims to be consenting!
{Peut-être pas diagnostiquer le PTSD tout suite…}
{Quand 49 donne oral à Alex: grognement= vibrations = orgasm}
{Alex réalise 49 a dissocié, pense que c'est parce que pas propre jusqu'à ce qui voit sa face Quand 49 mange Alex… criss, une chance que j’avais pris une douche aujourd’hui, mais encore, j’avoue qui s’en est passé des choses depuis ma douche… pauvre 49! j’aurai probablement pas du insister autant… Si Alex s'excuse de pas avoir été propre quand 49 l'a mangé, 49 répond avoir l'habitude et ou qu'Alex goûte bon peu importe Alex et 49 leur 1ere fois: mix de fluides biologiques collant lubrifiant passé date}
À force de m’faire ballotter d’gauche à droite, j’avais fini par fermer les yeux pour essayer de contrôler la douleur qui irradiait d’un peu partout à tout bout d’champ. C’est franchement plus difficile de gérer la douleur quand tu peux pas la prévoir. Tellement que ça m’a pris du temps avant de réaliser qu’on avait finalement arrêter de bouger. J’ai fini sur le dos, sur quelque chose de mou et doux. Un lit? Ça faisait tellement longtemps que j’avais pas été sur un vrai lit... Puis tout d’un coup, il a eu quelqu’un par dessus moi. J’espérais en ostie que c’était 49 parce que j’franchement, ça commençait à être intense comme soirée. Et out of nowhere (mais probablement plus parce qu’ayant les yeux fermés ben raide, j’avais juste rien vu venir), y’a eu une chaleur humide jumelée à une douleur chatouilleuse qui s’est fait sentir autour de ma plaie… Fac j’ai fini par ouvrir les yeux.
Et qu’est-ce que j’vois pas?! 49, la face et le corps couverts de sang, qui est entrain d’me lécher l’torse! Décidément, à soir, mon sang est appétissant en ostie! Sur le coup, la surprise puis la curiosité m’aident à oublier la douleur et j’fais juste étudier sa technique. Sa langue commence par de longue lampée en traçant les contours de la plaie. Puis refait la même chose un peu plus près de la plaie, à la frontière là où la peau arrête et la chair commence, puis recommence à lécher, mais un peu plus doucement, à l’intérieur de la plaie, toujours plus près du centre, en essayant de mettre le plus de salive possible.
Après quelques minutes de léchage, quelque chose change dans l’attitude de 49 et ça m’prends pas d’temps à réaliser que 49 est entrain de s’exciter. Criss que j’pogne à soir! Mais j’avoue que j’pas mieux. Je sais pas si c’est parce que la plaie fait beaucoup moins mal, ou à cause de toute le teasage que j’ai eu à soir, ou juste parce que 49 est fucking hot ET turned on, mais quand son corps bouge légèrement vers le bas et que sa langue commence à laver le sang qui avait coulé sur mon ventre… Toute l’excitation que j’avais ressentie quand j’ai embrassé 49, puis quand j’étais avec 23, pis toute la chaleur sensuelle et puissante que 49 dégage en ce moment, tout ça, se mêle au fait que 49 a vraiment l’air de tripper à lécher mon sang. Mon corps au complet est parcouru d’un frisson, un choc électrique qui réveille ma peau et concentre toutes mes sensations vers mon entre-jambe. J’pu capable. J’devrais peut-être m’inquiéter de tout le sang et les plaies qui recouvrent 49, mais sérieux, là j’ai juste le goût que 49 se mette à lécher d’autres choses, plus bas sur mon corps. Le fait que sa langue reste sur mon ventre fini par me faire perdre patience et le teasage accumulée tout au long de la soirée devient insupportable. Alors je met ma main sur sa tête et pousse doucement mais fermement sa tête vers le bas jusqu’à ce que sa bouche arrive à la hauteur de mon entre-jambe. Quand même, j’tiens pas sa tête assez fort pour l’empêcher de s’tasser si jamais ça y tente pas, mais vu que 49 a pas l’air d’essayer de s’enfuir, j’clarifie ma demande en basculant mon bassin juste assez pour créer un contact avec ses lèvres. Criss, juste ça pis j’ai des chocs partout dans l’corps. Avec ça, 49 a l’air d’avoir compris parce que sa bouche se met aussitôt à embrasser mon sexe à travers le tissus pendant que ses mains s’dépêchent à détacher mes pantalons. Dès que ces derniers sont hors du chemin, sa bouche se lance sur mon sexe et commence à l’embrasser, à lécher, sucer. Sacrifice, j'sais pas c'que 49 est entrain d’faire avec sa langue, mais criss que c'est bon! J'ai l’corps au complet qui s’contracte, le souffle qui coupe à chaque p'tit mouvement. Et chaque fois que sa langue ou ses lèvres ou je sais pas trop fait de quoi d’agréable, y’a un soupir ou un gémissement de contentement ou d’excitation qui s’échappe de ma bouche. Et aussitôt le même mouvement recommence, comme si 49 essayait vraiment d’apprendre c’que j’aime et c’que j’aime pas. Fac c’est pas long que mon orgasme commence à monter. J’peux pas croire que j’ai eu autant de chance de rencontrer quelqu’un avec autant de talent. Clairement, 49 a beaucoup d’expérience!
C’est au moment exacte où je pense à 49 plutôt qu’à sa langue que j’réalise qu’y a quelque chose qui cloche. 49 ne sent rien. D’habitude quand quelqu’un est excité, je l’sens, mais l’excitation que j’ai senti chez 49 juste avant, est maintenant complètement disparue. 49 est comme... vide, insensible. Oh fuck! L’horreur de la situation, l’idée que 49 soit entrain de m’faire jouir sans même en avoir le goût, sans que ça l’excite, que 49 puisse ne pas vouloir être entrain de faire ça, me pousse à l’arrêter au plus vite. Mais au même moment où j’m'apprête à y mettre fin, 49 se met à gronder et les vibrations se transmettent directement à mon sexe et, c’est automatique, mon orgasme me prend d’court et ma tête part par en arrière, mon dos s’arche et ma respiration s’arrête le temps que la vague de sensations se déferle en moi. L’orgasme est génial, un des meilleurs depuis longtemps, mais l’arrière-goût de culpabilité amère, j’aurais pu m’en passer, merci! La torture c’est une chose, mais pour le sexe, j’préfère que mes victimes soient consentantes!
{C’est vrai que j’ai pris ma douche aujourd’hui, mais quand même, y s’en est passé des choses à soir; mon entre-jambe doit pu être si frais qu’ça. Personnellement, j’ai déclaré, il y a quelques années, que j’avais atteint l’âge où je méritais du sexe propre. Non mais, criss, hygiène de base tout l’monde, come on! Fac, évidemment, si j’réclame que mes partenaires soient propre, c’est juste normal que j’m’arrange pour être moi aussi, tsé!}
Quand j’reviens à moi, 49 est entrain d’me laver l’entre-jambe avec sa langue, mais pas comme si le goût l’excitait au point de pas vouloir en perdre une goutte; plus comme si c’était sa job de tout nettoyer ben comme faut. Ayant assez repris mes esprits, j’fini par y mettre une main sur le front pour l’arrêter et y relever la tête. J’me nettoierai moi-même plus tard, c’pas grave. De toute façon, avec la quantité d’sang pis d’bave que j’ai su’ l’corps… C’qui est grave par contre c’est le regard de 49, ou plutôt l’absence de 49 dans son regard. Ses yeux fixent dans l’vide, sa face est neutre comme si peu importe c’que je décide de faire avec, ça n’a aucune importance. 49 est juste pu là et s’en criss ben raide. Mais qu’est-ce qui est arrivé à 49 pour que la dissociation soit sa première réponse au sexe?! Quelque chose d’horrible, clairement. Et probablement à répétition. Shit. J’avais senti la peur, l’incrédulité, le manque d’estime de soi, mais ça c’est un autre niveau de PTSD; j’parie qu’c’est du CPTSD.
Bon, première chose, il faut que j’ramène son esprit sur le moment présent. Lentement, je glisse ma main le long de sa joue (la beurrant encore plus de sang, mais bon) et caresse avec mon pouce la longue cicatrice près de son nez. Avec le bout de mes doigts dans sa nuque, je tire un peu pour y ramener la tête à la hauteur de ma poitrine jusqu’à ce que son corps recouvre le mien et qu’on soit face à face. Tout en continuant à caressant son visage et ses cicatrices (mais en essayant d’éviter les nouvelles plaies), je lui murmure des sweet nothings : “Honey, tout va bien, reviens avec moi, c’est fini, ça s’reproduira pu, c'est fini, t’es safe là, promis, j’le ferai pu, reviens avec moi, t’es chez toi là, avec Alex, l’imbécile qui a laissé l’autre l’assommer et kidnapper et que t’as du venir chercher et secourir. T’as sauvé ton imbécile, maintenant il faut que tu restes avec, ok? Reviens avec moi...” et ainsi de suite jusqu’à ce que son regard se fixe finalement sur moi et qu’une myriade d’émotions explose dans sa face.
Surprise et incrédulité, puis terreur et culpabilité, puis je vois sa langue se promener dans sa bouche et sa gorge avaler. J’imagine que le goût de sexe lui explique ce qui vient de se passer parce que ses yeux s’arrondissent de compréhension, mais aussitôt se remplissent à nouveau, d’incrédulité, de terreur, de culpabilité, puis de colère, mais cette colère-là n’est pas dirigée vers moi et fini par se transformer en honte juste avant que ses yeux se ferment et sa tête se laisse tomber par en avant. Quand 49 essaie de se relever comme pour s’en aller, je sers ma prise sur sa nuque pour l’empêcher de partir. À la quantité d’émotions que je viens de voir passer dans sa face, je comprends que ça va me prendre tous mes talents de composition faciale pour avoir la bonne expression:
- douceur pour calmer sa peur;
- mais sans pitié, parce que ça fait juste sentir les gens encore plus faibles;
- ouverture, pour y donner le goût de se confier;
- mais sans attente, pour pas y mettre de pression.
Sa tête fini par se relever et sa bouche s’ouvre comme pour s’excuser, mais aussitôt que ses yeux reviennent vers moi, 49 fige et me regarde sans dire un mot. Peu importe quelle était son intention, c’est clairement vite oublié. 49 me regarde bouche bée comme si c’était la première fois qu’on l’accueillait avec respect. Shit. Je garde ma face pareille et continu à y caresser doucement la joue et sa cicatrice. J’y donne le temps de comprendre que j’suis là pour l’aider. Parce que oui, je vais l’aider, j’ai beau être misanthrope, mon god complex aime beaucoup trop l’idée de sauver et libérer quelqu’un d’aussi scrap pour passer à côté des honneurs. Surtout si ça peut m'permettre de découper encore plus de monde!
Quand 49 fini par avoir l’air plus calme et d’avoir accepté, même silencieusement, limite inconsciemment, que j’pourrais l’aider et vouloir rester avec, j’y fait un p’tit sourire affectueux et lui passe la main derrière la tête pour l'amener doucement dans mon creux d’épaule et l’entourer de mes bras. Bon j’réussi pas à l’entourer complètement parce que mon chandail a encore redescendu sur mes bras, mais j’ose pas repousser 49 pour replacer mon chandail parce que j’ai comme l’impression que ça se traduirait comme un rejet dans sa tête. Fac à place j’y flatte doucement le dos en l’enserrant le plus possible de mes bras. Entre nos deux corps, le sang mi-séché-mi-gluant de 49, mêlé à sa salive sur mon torse déjà presque séchée, feel un peu comme un lubrifiant passé date, mais au point où on en est, j’décide de pas trop y penser et j’me concentre sur l’importance de calmer 49.
Une fois que son cœur se remet à battre plus lentement et que sa respiration est plus longue, je prend ma voix la plus douce “Tout va bien, Honey, quand tu t’sentiras capable d’en parler, tu m’raconteras tout ça” comme je sens son corps se raidir un peu, j’me dépêche d’ajouter “ou pas, mais au moins, avant qu’on recouche ensemble, tu m’diras c’que j’ai fait ou dit qui t’a fait cet effet-là. J’veux juste m’assurer de pas l’refaire, ok. Parce que si on couche ensemble, j’veux que tu sois là toi aussi, tsé.” la tension dans son corps se relâche peu à peu, mais j’estime qu’il est temps de conclure sans pression,“En attendant, j’vas juste replacer mon chandail pour être plus confortable au niveau des épaules”, j’fais juste tirer un peu sur les épaules du chandail et c’est assez pour me donner le lousse nécessaire pour pouvoir entourer 49 comme il faut, “pis j’vas juste te serrer dans mes bras et on va dormir, ok? J’pense qu’y est temps que j’dorme un peu là anyway.”
J’me doute ben que le sentiment de sécurité que je ressent présentement est juste dans ma tête. Après tout, il y a au moins 77 et 23 qui vont sûrement vouloir me revoir, et sûrement pas juste pour aller prendre un café. L’idée de revoir 23, j’avoue, m’excite un peu, mais l’idée que 77 puisse me retrouver est pas mal moins intéressante. Quelque chose me dit que j’pourrais pas séduire 77 pour me sauver. Mais bon, tout ça c’est Future Alex’s problems. À soir, ou plutôt, à matin, ostie, j’dors!
Je sais pas si c’est la chaleur de 49 qui est à moitié par dessus moi ou le mou du matelas sous mon dos, ou juste la fatigue de toute la torture et le sexe que j’ai eu en une soirée (quoique ça peut aussi être juste toute le sang qu’j’ai perdu), mais pour une fois j’m’endors assez vite merci.
{Quote: we're gonna live happily ever after even if I have to ev}
4.3 - PdV externe de 23/Sweetie
Ce ne fut que plusieurs minutes après que la bête eut emporté l'objet de sa nouvelle obsession que son esprit réussi finalement à se reprendre et son corps à se calmer. Les émotions vécues avaient été si intenses et si inattendues. Jamais une telle tournure n'aurait pu avoir été appréhendée. Pour ce qui semblait être la première fois de sa très longue vie, un membre de l’espèce humaine avait piqué sa curiosité, éveillé un intérêt et même surpris sa libido. L'enseignement du masochisme avait été intéressant, voir illuminant. Oh combien son corps voudrait avoir pu continuer leur séance.
La brûlure trop intense de la verveine jumelée à la douleur de l’égorgement de ses deux créations, Dom et Stef, avait empêcher toute forme de riposte lors que la bête avait fait irruption. N’ayant réussi qu’à se cacher, la honte et la culpabilité l’envahirent. Quelle lâcheté! Maintenant, son pauvre trésor était sûrement à la merci de la bête et de sa soif de sang. Si la bête avait pu faire une telle horreur à Morgan, qu’aurait-elle pu faire à un si petit être sans défense?! La soif et le désir de pouvoir goûter son sang pur et libre de verveine ainsi que le besoin viscéral de protéger ce qui lui appartenait devinrent vite une obsession qui ne put être dominée que par l'arrivée imminente de l'aube.
Puis c’est avec horreur et émerveillement que la réalisation fini par s’insinuer dans son esprit: pendant ces quelques instants, en compagnie de la divine créature, ces quelques instants où soif de sang et de sexe se sont embrouillées et alimentées l’une l’autre, son anxiété s’était évaporée. Pas une seule pensée ni inquiétude sur son apparence, sur le positionnement de ses vêtements, sur l’appropriétée d’une expression faciale plutôt qu’une autre, sur le choix des mots, des sons et intonations; rien. Que les sensations. Que les ressentis, la douleur, les odeurs, la chaleur, l’électricité... et l’être humain. D’aussi longtemps que sa mémoire pouvait reculer, jamais son cerveau n’eut réussi un tel exploit, un tel... laisser-aller. Le vide créé par l’absence des questionnements habituellement incessants aurait du être assourdissant, mais au contraire; le vide avait été, de toutes évidences, aussitôt comblé; la peur et le stress, aussitôt remplacés par le plaisir et la liberté. Quelle euphorique béatitude!
Mais sa félicité fut courte et vite remplacée par la honte lorsque la raison première de tout ce drame lui revint en mémoire. Sa première pensée fut celle de sa trahison adultrice envers Morgan. Sa culpabilité n'était cependant pas réellement justifiée puisque Morgan avait mis fin à leur relation depuis longtemps, mais dans son cœur, cette expérience à peine vécue lui semblait avoir le goût de l'infidélité. D'autant plus que Morgan se trouvait dans la chambre d’à côté. L'idée que Morgan ait pu entendre leur ébats raviva dangereusement la flamme de la culpabilité. Puis une réalisation encore plus douloureuse lui vint à l'esprit et la panique s'empara de tout son être au rappel de l’état dans lequel Morgan devait être: toujours en sang, le torse grotesquement ouvert, certainement à l'agonie. L'arrivée de l'aube signifiait qu'il ne lui resterait plus suffisamment de temps pour trouver la source sanguine dont Morgan avait tant besoin. Son engouement pour la vengeance puis pour toutes ces nouvelles sensations brûlantes de sensualité lui avait fait oublier ses responsabilités envers Morgan et renoncer à la procuration d'une veine adéquate, nécessaire à sa survie. À sa défense, le plan avait été de prendre le sang de ce spécimen en particulier. Partenaire pour partenaire. Mais dès que la présence de verveine dans ses veines fut noté, sa priorité aurait du changer et la vengeance passée en second plan, après l'approvisionnement. L'inquiétude et la culpabilité redoublèrent et l'amenèrent à retourner à la pièce d'à côté pour, à tout le moins, s'assurer du confort de Morgan.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque la pièce en question se révéla complètement vide. Une tournée précipitée de toutes les autres pièces de l'appartement ainsi qu’une inquisition rapide du club et de son personnel lui confirma la disparition de Morgan. Mais que lui était-il arrivé? Et si la bête avait kidnappé Morgan en même temps que l'être humain, avec l'intention sûrement de finir son travail initial? Ou, si Morgan avait préféré s'enfuir malgré les blessures plutôt que de rester dans son appartement? Ou, pire encore, si la jalousie avait convaincu Morgan de prendre sa propre vengeance en main et d’attaquer son nouveau trésor?! Contrairement à la bête aux yeux bleus, son être humain faisait partie de la classe des dignes; Morgan n’aurait donc pas autant de scrupule à l’attaquer. Hésitant entre l’angoisse de la première option, l’amertume de la seconde et la terreur de la troisième, sa panique redoubla et son cœur se mit à battre.
Une grande respiration ainsi qu’un minimum de concentration lui suffirent afin de pouvoir ressentir, dans sa poitrine, la douleur représentant Morgan qui s’amenuisait; lui permettant de supposer que Morgan avait réussi à se nourrir avant de s’enfuir, probablement d’un des êtres vivants entremêlés sur la piste de danse au-dessus. Dom et Stef allaient également survivre puisqu’il faut bien plus qu’un simple égorgement pour tuer des vampires; bien que vu leur jeune âge, ses sentinelles auront probablement besoin d’une nuit de repos afin de récupérer complétement. Une pointe d’angoisse lui fit maudire son incapacité à pouvoir faire de même avec sa nouvelle obsession. Si seulement il y avait eu un moyen d’au moins rassurer son cœur de l’indemnité de son doux trésor si fragile. Décidément, même si tout son monde aurait survécu à cette nuit fatidique, la bête aura dû payer pour tout le mal fait!
Tournant en rond dans sa tête et dans ses appartements, incapable de sortir dehors et ne sachant que faire; les entrailles grugées par la peur de perdre sa nouvelle créature préférée à la merci de la bête sanguinaire; ses pas revenaient constamment, malgré ses efforts, devant la chaise. Malgré les viles odeurs imprégnées dans la salle de torture, les doux parfums du sang et de l’excitation de son plaisir coupable qui flottaient encore autour de la fameuse chaise semblaient l’interpeller inconsciemment, l’apaisant et l’excitant à la fois. Les quelques gouttes de sang qui séchaient lentement au sol l’agaçaient furieusement et seules des décennies d’auto-contrôle lui permirent de se retenir de se mettre à quatre pattes et de lécher le sol insalubre. La nervosité porta machinalement ses mains vers ses vêtements dans le réflexe de redresser son apparence, mais deux détails se révélèrent aussitôt.
D’une part, son corps était nu. Le souvenir du fruit défendu l’ordonnant de se déshabiller et du besoin viscéral de lui obéir lui fit frémir le corps de frissons qui n’avaient rien à voir avec la fraîcheur habituelle du sous-sol. D’autre part, l’augmentation soudaine et furtive de l’odeur du sang lui permit de réaliser que sa griffe était encore recouverte du sang de sa nouvelle obsession. À ces réalisations un autre spasme lui parcourut le corps et un gémissement s’échappa de ses lèvres. La tentation devint trop forte. Tombant à genoux devant la chaise, le nez maintenant plus près encore du siège d’où émanait encore plus concentrée l’odeur de sexe de son être humain, le bout du doigt près de ses lèvres, jumelé au souvenir des sensations associées à cette exacte position, son autre main compléta le tableau et se dirigea directement, avidement même, sur son sexe déjà prêt. Seuls les souvenirs du moment passé et les sensations du moment présent se mélangèrent dans sa tête et dans son corps alors que sa main s’activa sur son sexe. Tout le reste disparu. Les paroles de son fantasme insolite lui revinrent en mémoire alors que, sans même y penser, sa griffe recouverte de sang maintenant séché s’approcha dangereusement de ses lèvres. "Mmmm, c'est ça que tu veux hein? T'as juste le goût d'y goûter, je l'sais. Tu l'sais que ça va brûler, mais ça en vaut tellement la peine. Tu veux sentir le feu sur ta langue, réchauffer ton corps déjà bouillant de désir.” La respiration haletante, la tête étourdie et le bassin déjà envahi d’une chaleur électrisante, la voix de sa profane fascination résonna une fois de plus dans tout son être “Sort ta langue.”. Et sa langue, incapable de ne pas obéir à cette voix ensorcelante, s’élança humide hors de sa bouche et glissa le long de sa griffe tentant de raviver le plus possible la source de sa nouvelle raison de vivre. Alors que la brûlure s’enregistra sur sa langue, la voix ajouta sensuellement "Savoure le feu.” et la chaleur de son bas ventre remonta dans son torse alors que celle de sa bouche y descendit et lorsque que les deux feux se rejoignirent au milieu, l’explosion de sensations se répandit dans son corps, le long de sa peau et dans ses veines. L’ardeur exaltante lui fit basculer la tête par en arrière, la bouche ouverte dans un cri sans voix alors que son sexe se gonfla, fiévreux de plaisir, si prêt de l’orgasme qu’une courte inspiration lui rappelant l’odeur d’excitation de son être humain, jumelé à quelques mouvements supplémentaires de sa main suffirent à faire basculer le tout vers l’orgasme le plus puissant de sa longue vie.
Pendant un temps, rien d’autre n’importait que de savourer la légèreté de son corps et de son esprit flottant doucement sur les vagues d’endorphines. Même la réalisation que son dos nu était allongé sur le sol répugnant de la salle de torture ne pu convaincre son corps de se relever. Petit à petit, cependant, la réalité revint en premier plan et la signification de ce qui venait tout juste de se passer commença à l’inquiéter. Était-ce la brûlure; du pure masochisme? Ou bien était-ce le sang de cet organisme en particulier? Et surtout, d’où lui venait, tout d’un coup, le désir d’obéir à qui que ce soit? Ayant été Capo, Boss, de sa famiglia depuis tellement longtemps, il semblait absurde qu’un tel désir de se soumettre aurait pu l’habiter. D’autant plus face à un être aussi basique.
Chapitre 5 - Réaliser c’qui vient de s’passer
5.1 - PdV d’Alex
This coffee better kick in before reality does.
Avant même que j’me réveille complètement, je sais qu’y a quelque chose qui cloche. Grâce à la fibromyalgie, j’ai l’habitude de m’réveiller le matin et de m’sentir comme si un autobus m’était passé su’l’corps la veille, mais à matin c’est différent. Les pieds gelés m’indiquent que j’ai dormi sans sleeping bag ni couverture (ça, c’est mal parce que le froid fait mal). Le corps engourdi et la chaleur m’indiquent que 49 a effectivement dormi par-dessus moi tout le long et qu’on a n’a bougé pantoute (ça, c’est mal parce qu’à mon âge, tu sais jamais si ton corps va pas juste rester bloqué d’même). Et j’ai envie d’pisser! (ça, c’est pire parce qu’à mon âge… non, c’pas vrai, j’fais pas encore d’incontinence, quand même!) Il faut dire que l’poids de 49 sur ma vessie aide pas pantoute. En parlant de 49; j’prends 30 secondes pour essayer de sentir si 49 dors encore. Vu la lenteur et la profondeur de sa respiration et le léger ronflement, j’en déduis que c’est le cas. Mais bref, il va quand même falloir que j’me sorte d’en dessous de 49 si j’veux pouvoir aller pisser et trouver du café! Mon espresso du matin est la seule chose qui calme les douleurs de la fibro le matin.
La fibromyalgie, en passant, c'est vraiment cool, c'est comme un coach de vie gratuit, mais sadique : genre, si tu prends pas soin de toi, manges bien, dors assez, exercices régulièrement, gères ton stresse et gardes une mentalité positive,… TU SOUFFRES! Simple! Ou plutôt, tu souffres plusse. Parce que l’arnaque c’est que même si tu fais tout ça, tu souffres quand même; juste moins. Bref, la vie est belle! …Tant que j’ai mon espresso du matin.
Dès que j’commence à bouger pour essayer de me relever, 49 se réveille en sursaut et se met à quatre patte au dessus de moi genre en mode full alert; j’ouvre les yeux juste à temps pour voir sa face paniquée et ses yeux qui regardent partout autour de nous comme pour essayer de voir où est le danger. Sacrifice, j’ai pas de patience pour dealer avec sa paranoïa à matin. De toutes façons, si quelqu’un voulait nous attaquer, ça aurait été fait pendant qu’on dormait!
Me concentrant sur mon propre corps, vu que clairement l’autre s’occupe de notre sécurité, j’essaie de me tourner sur le côté sans trop grogner de douleur pour pouvoir sortir du lit. ‘Everything's better after I've had my coffee. That's why the worst part of my day is the getting of said coffee.’ Contrairement aux gens normaux, c’est pas pour adoucir mon attitude ou faire fonctionner mon cerveau que j’ai besoin de caféine le matin, mais vraiment juste pour les douleurs. Comme si mes mouvements lui avaient fait réaliser que j’étais encore là, en même temps que j’essaie de m’tourner sur le côté, y’a 49 qui s’enfonce la face dans mon cou et qui s’met à renifler et s’frotter les joues sur moi comme un chat dans d’l’herbe à chat. Normalement, ça pourrait être cute, mais le matin avant mon café, c’te genre de conneries-là m’fait juste mal, fac j’perds patience, “Décolles ostie, pis laisse-moé me l’ver, câlisse!” …Bon ok, c’est peut-être aussi pour mon attitude...
Au moins, 49 comprend vite et se met aussitôt à côté de moi, à genoux, le front sur l’matelas. Comment est-ce que quelqu’un peut bouger aussi vite le matin en se levant?! Que ce soit sa prière du matin ou sa façon de s’faire pardonner, j’m’en criss ben raide, tant que j’l’ai pas dans les jambes pendant que, lentement, mais surement et surtout douloureusement, j’essaie de m’asseoir sur le bord du lit. En remontant mes pantalons le plus haut possible malgré ma position assise, j’réalise du coin d’l’esprit que ma peau est toute collante… divers fluides organiques non-identifiés… eurk, moi qui venait tout juste de prendre une douche! Fac en me relevant lentement debout, j’essaie, non seulement de bloquer les signaux de douleurs m’indiquant que mon sang s’est remis à circuler, mais aussi les sensations de ma peau qui tire et colle de partout pendant que je fini de monter mes pantalon. I hate mornings. D’une voix hésitante et inquiète, Honey derrière moi demande, “Ça va?”. I hate morning people. Je l’ignore et à la place attache mes pantalons pendant que je me concentre sur ce qui m’entoure. Plus vite j’sais où j’suis, plus vite j’peux trouver un espresso.
Ça a l’air d’un appart de location; genre y’a les meubles qu’un appart est sensé avoir, mais rien d’autre, rien de personnel. Ça donne l’impression que les tiroirs sont vides. Ça veut-tu dire qu’y a pas d’café ici?! Avec un mélange d’espoir et de peur, mais qui sort juste bête en ostie, parce que ‘pas encore eu mon café’, j’demande dans le vide, “Café?!”. ... Et pour faire des phrases complètes…
“Café? Tu veux du café?! Oh, scuse, j’en ai pas ici, j’ai pas grand chose ici en fait, c’est pas ici que j’vis d’habitude, mais si tu veux on peut aller en chercher! Ou j’peux aller t’en chercher! Tu peux rester ici et,...” À ce point-là, j’ai déjà arrêté de l’écouter. Tabarnak, messemblait que 49 parlait pas tant qu’ça hier soir?! Comment est-ce que quelqu’un peut parler autant et avec autant d’énergie le matin avant que j’ai eu mon café?! Fuck that, j’vas aller chercher mon café moi-même. De toutes façons, j’serais pas capable de tougher la joie de vivre et la dévotion de 49 dans c’t’état-là. Aussi ben m’en débarrasser, du moins, tant que j’ai pas eu mon espresso.
Apparemment, pendant que j’sacrais dans ma tête, j’ai eu le temps de m’rendre jusqu’à la porte de l’appart sans m’en rendre compte. Aussi ben d’même! Alors que j’suis sur le point d’ouvrir la porte pour sortir d’ici, 49 m’arrête “Attend, met au moins ça, stp.” J’ai à peine besoin de me retourner qu’une boule de tissus apparaît aussitôt dans mon champ de vision. J’enregistre à peine le fait que j’suis à moitié torse nu et au lieu de trop y réfléchir, j’fais juste enlever mon chandail scrap et mettre celui de 49 avant d’ouvrir la porte. “Attends, j’viens avec toi.” Nope! J’me retourne à moitié avec un puissant “NON,” et, en pointant ses pieds, j’ajoute, comme on dirait à un chien, “RESTE!”, puis me retourne vers la sortie et quitte.
Consciemment, je mets mon esprit dans un brouillard, histoire de pas trop avoir à sentir les signaux de douleur de mon corps et focus uniquement sur ma destination. Je me traînes les pieds, les épaules courbées, la tête basse et le regard vide. Voir que j’vais gaspiller d’l’énergie à essayer d’marcher la tête haute! Alex - café = zombie. ‘Not all who wander are lost. Most of them are just looking for coffee.’ En plus, j’viens d’réaliser que j’ai oublié d’pisser avant d’partir… ostie!
Accepter et être capable d’endurer quelqu’un d’autre avant d’avoir eu mon café requiert un niveau d’amour que j’ai encore jamais eu. Juste en dessous, il y a le niveau d’amour où je criss mon camps, exprès pour lui sauver l’enfer Alex-pré-café. Si j’me crissais complètement de 49, j’aurais resté et lui aurais fait vivre l’enfer jusqu’à que ce que j’ai eu mon espresso. Fac, apparemment 49 a gagné quelques coches dans mon échelle d’amour. Ben r’garde donc!
J’fini par trouver un café (c’est l’avantage des grandes villes; y’a du café presqu’à chaque coin de rue!) et réussir à ouvrir la porte d’entrée (oui, dans mon état, ouvrir une porte peut être tout un défi!). J’park mes pieds devant le comptoir et réussi tout juste à grogner un mot “Espresso”. Avec un peu de chance, ma face de zombie va excuser mon manque de courtoisie, mais à voir la face traumatisée d’la personne derrière le comptoir, il y a quelque chose dans ma face qui est plus perturbant que mon air bête. Mais j’ai pas encore assez de jus de cerveau pour réfléchir à ça alors j’fais juste répéter “Espresso”. Puis je fais un effort et ajoute “Stp”. Ça doit avoir été assez pour rallumer son cerveau parce que la personne a l’air de se reprendre et me demande “Simple ou double?” Fuck, pourquoi c’est si compliqué! Une chance que les habitudes fonctionnent mieux que le cerveau. “Simple.” “Court ou allongé?” Shit, ça fini pas hein?! “Court.” Oh, non, c’est vrai, là y va falloir que j’paie. La panique me fait me rappeler que pas plus tard que hier soir, j’me suis fait kidnapper et que j’ai même pas encore vérifier si j’ai encore mon portefeuille... Y’a des moments comme ça dans vie qui t’font sentir comme si tout l’reste existait pus. Ma main s’dirige d’elle-même vers ma poche et un demi-soupir de soulagement me libère d'une partie d’la panique. Maintenant, il faut juste vérifier si le dit-portefeuille est pas vide... Pourquoi est-ce qu’il faut absolument que j’aille payé avant de pouvoir avoir mon espresso? Ça aurait tellement facilité tout l’reste si j'pouvais l'boire AVANT! Comme de fait, quand j’viens pour payer, l’autre enchaîne d’une voix un peu trop enjouée “Est-ce que vous voudriez ajouter un super smoothie au kale désintoxicant, anti-oxydant et rééquilibrateur de pH, avec ça? C’est super bon pour la santé!” Bandes d’imbéciles! Ton foie désintoxie déjà ton corps sans que t’ai rien à faire, ton corps est capable d’équilibrer son pH tout seul, pis mon café est déjà plein d’antioxidants! Évidemment, j’y réponds juste un “Non merci”; quand j’vous disais que la politesse en engrainée en moi… Même sans café, j’réponds poliment! Dès que le paiement a été effectué et que j’ai finalement ma p’tite tasse devant moi, j’y rajoute plein d’sucre (j’sens que j’vas avoir besoin de l’énergie) et prends aussitôt ma première gorgée.
Si doux et crémeux, si chaud!
Je le garde dans ma bouche quelques instants, le temps d’en savourer toutes les particularités, mais l’ensemble est si enveloppant que mes sens ne peuvent que fermer les yeux et se laisser bercer.
Alors que ma langue, mes joues et ma mâchoire travaillent en cœur pour pousser cette potion puissante vers le fond de mon être, je sens, même vois, toute la chaude crémosité s’étendre et se répandre dans ma bouche, mon palais, ma gorge. Dans cette seconde délicieuse, exaltante, ma vie est remplie, comblée. C’est ce dont j’avais besoin, ce qui me manquait; la solution à mon vide intérieur.
Dans sa descente à travers mon corps; ce doux élixir de vie me réchauffe le corps et l’âme; une union sacrée tant attendue. Tout le travail pour en arriver là est aussitôt oublié, le monde entier disparait; remplacé par la chaleur vivifiante de cette essence divine. Voilà le bonheur pure, la substance même de l’amour. Comment pourrais-je vivre sans mon –
“Euh, svp, y’en a d’autre qui attendent.”
Je sais pas qui a dit ça, mais ça m’réveille juste assez pour réaliser que j’suis encore debout devant l’comptoir. Du coin de l’œil, je vois qu’il y a effectivement du monde derrière moi, alors j’prends mon précieux et me retourne pour trouver une place où finalement aller m’asseoir.
C’est juste une fois que mon espresso est fini et que mon cerveau a finalement accepté de se réveiller au complet que tous les souvenirs de la veille me reviennent en tête. La réalisation me coupe la respiration et aussitôt, sans même penser à où je suis, je tire sur mon collet et me regarde le torse. Ostie, j’ai à peine une p’tite ligne rose! Mais, what the fuck?! J’peux pas avoir dormi pendant aussi longtemps, ça s’peut pas! Et il n’y a aucune rougeur, enflure ou autre signe d’infection. J’me souviens même pas d’avoir désinfecter la plaie, et encore moins d’avoir mis des pansements. Fucking hell. Veux-tu ben m’dire qu’est-ce qui s’est passé?! L’image de 49 qui me lèche le torse comme si sa vie en dépendait me revient en tête. Non... depuis quand que de lécher une plaie puisse la faire guérir aussi vite?! Au contraire, la bouche est tellement pleine de bactérie; ça aurait pu causer une infection. Évidemment, sur le coup, mon esprit était ben trop distrait par les sensations que ça me donnait pour même penser à ça. Mais quand même. Sacrifice! Peut-être que 49 a des pouvoirs magiques?! Que sa salive guérit tout! Aussi fucked up que ça puisse sonner; j’avoue que ça serait pratique en ostie! Comment faire sentir une trousse de premiers soins inutile! Faudrait que j’demande à 49 si sa langue a vraiment des pouvoirs magiques. Ben, à part de pouvoir m’faire venir plus vite que moi-même pourrait l’faire, évidemment!
Bon, asteur que l’effet recherché du café m’a permis de récupérer l’usage de mon corps et de mon cerveau et que j’ai fini de freaker out par rapport à ma guérison miraculeuse; l’effet secondaire du café me rappelle que j’devais aller à la salle de bain.
Holy shit! C’est juste une fois devant le miroir au-dessus de l’évier, après avoir été à la toilette, que je comprends finalement la face de l’autre derrière le comptoir. Mais comment j’ai fait pour m’ramasser avec autant de sang dans face?! J’ai-tu gratté ma face avec mes mains pleines de sang sans m’en rende compte? Remarque, ça serait pas la première fois. Ben pas que j’me gratte la face avec des mains pleines de sang, mais que j’me gratte la face avec des mains sales sans m’en rendre compte, ça oui. Le souvenir de mon canif à moitié enfoncé dans la côté de 17 me revient en tête. J’imagine que le sang de 17 a revolé plus que c’que j’pensais. Damn! J’ai eu d’la chance que personne appelle la police! Quoique, c’est l’avantage des grandes villes: les gens s’en criss pas mal. Tout d’un coup, pendant que j’essaie de me laver la face sans me mettre de l’eau partout dessus, je m’imagine dans une ruelle avec 17 qui revient pour sa vengeance et réalise que même si j’criais, y’aurait probablement personne qui viendrait m’aider... un frisson pas l’fun me parcourt le dos et j’ai tout d’un coup vraiment l’goût de retrouver 49 et sa tendance surprotectrice... Ostie, j’aurais p’tête pas du l’envoyer chier aussi fort à matin. Shit, j’espère que 49 va me pardonner et vouloir me revoir quand même!
En attendant, j’ai intérêt à rester dans des lieux publiques; c’est ça que 49 avait dit, en plus. Pas que les autres viendraient à ma rescousse, mais avec un peu de chance, 77 aurait moins l’goût de m’attaquer devant des témoins! J’peux pas croire que j’penses réellement que 77 puisse être en état de s’venger. En tout cas, pas avant un ostie d’bout considérant les dommages que j’y ai faits! Quoique si la bave de 49 a pu guérir ma plaie aussi vite; qu’est-ce qui m’dit que 77 a pas quelqu’un avec une langue magique pour y lécher l’torse aussi!?
Le bruit de la porte des toilettes qui s’ouvre me fait sursauter et je réalises qu’il n’y avait personne d’autre avec moi dans les toilettes. Moi qui venait tout juste d’établir la nécessité des témoins! Et si c’était 77?!
Ma panique se relâche un peu quand je vois que ce n’est pas 77 et que la personne n’a même pas l’air de me voir. Au moins, ma face est plus ou moins propre, asteur. Mais je décide quand même de rester et de finir de me nettoyer avant de sortir d’ici. Quand t’habites dans la rue, il faut que tu profites de chaque toilette auxquelles t’as accès, parce que les toilettes gratuites ne sont pas toujours à porté d’main.
Fucking hell, pourquoi c’est aussi dure d’enlever l’sang en dessous des ongles?! J'aurais jamais pensé autant regretter de pas m’ronger les ongles; quand t'as pas d'ongles, tu peux pas t’ramasser avec du sang de pogné en-dessous! Des images du torse ouvert de 77 et de mes ongles qui agrippent sa chair recouverte de sang me reviennent en mémoire et la panique me reprend quand je pense au fait que 23 a passé proche de me faire la même chose. En théorie, j’pourrais ne pas être capable de guérir d’une plaie du genre, en tout cas, pas sans aller aux urgences au plus criss. 23 a été facile à dévier de son objectif, mais j’pense pas que 77 serait aussi facile à distraire. Est-ce que la salive de 49 aurait pu guérir une blessure aussi grave? Décidément, le sang est collé sous mes ongles. Des images de torses ouverts et ensanglantés se bouleversent dans ma tête au point où je sais pu si c’est le torse de 77 ou le mien que j’vois. J’ai beau frotter, j’suis pas capable de tout l’enlever. Ma respiration est de plus en plus difficile, mes yeux essayent de focusser sur tout et n’importe quoi en même temps. Sur mes ongles, sur le sang, sur les images dans ma tête... J’commence à manquer d’air. Y fait donc ben chaud ici! Fuck that, faut que j’sorte d’icitte! J’prends même pas la peine de m’essuyer les mains, et j’sors des toilettes.
Aussitôt dans le café, je prends une grande respiration et essaie d’avoir l’air calme. Comme si de rien n’était. Comme si je venais pas de me faire découper pour avoir découper quelqu’un d’autre. Comme si j’avais pas failli coucher avec deux personnes d’affilées juste parce que, apparemment, j’aime me faire saigner et lécher l’sang de su’ l’corps. Comme si y’avait pas quelqu’un d’assez fucked up pour être capable de se sauver après s’être presque fait scier une côte et qui est probablement entrain de planifier sa vengeance. Comme si j’avais pas assez de sang sous les ongles pour prouver ma culpabilité. Ostie. 49 a dit qu’y aurait aucun risque que j’me fasse pogner par la police, mais quelque chose me dit que 49 avait pas pensé au sang sous les ongles. C’est toujours ça qu’les détectives r’gardent en premier, ostie!
Ok ok, Alex, calme-toi! Reste pas là en plein milieu du café. Assieds-toi, pis calme-toé! On va y réfléchir tranquillement et trouver une solution. Tu l’sais, on trouve toujours des solutions! Respire, pis assied-toé!
Mais quand j’viens pour m’asseoir à ma table, j’vois que quelqu’un l’a déjà prise. Au lieu de penser que ma tasse pouvait être le signe que la table appartenait à quelqu’un, l’ostie d’sauvage a juste tasser ma tasse à l’autre bout d’la table. Comme si elle était dans ses jambes au lieu que ça soit l’inverse. Ostie que j’aurais l’goût d’y en sacrer une! Qu’est-ce qui a le plus de chance de briser entre une tasse à espresso en porcelaine et une tête vide?
Ostie Alex, respire! T’es déjà assez dans marde de même, fais pas une scène ici aussi!
J’regarde autour de moi et j’réalise qu’il y a des gens qui me regardent... Finalement, c’est p’t-être moi qui a l’air sauvage, après tout. Fuck, j’t’aussi ben de juste sortir d’ici. C’est pas l’moment d’attirer l’attention, certain!
J’essaie d’avoir l’air le plus calme possible en sortant du café, mais j’pense pas avoir réussi. Tanpis.
Une fois dehors, j’prends 2-3 grandes respirations pis j’commence à éplucher les places où j’pourrais aller m’asseoir pour faire le point. Tout d’un coup, y’a quelque chose qui me chicotte dans le fond d’ma tête… Oh non, 49! Ostie, est-ce que j’y ai dit que j’allais revenir? J’m’en souviens même pas. J’regarde à droite pis à gauche, pis j’réalise que non seulement, j’sais pas où j’suis, mais j’sais même pas c’est par où son appart! Mon chemin parcouru pré-café est un flou total. Ben, sacrifice, qu’est-c’est qu’tu veux que j’fasse, anyway?! C’pas comme si j’pouvais retrouver mon chemin à l’odeur, ostie! Remarque, hier soir, 49 a promis de me retrouver… juste avant de m’crisser dans rue… Et effectivement, 49 a réussi à me retrouver chez 23… Alors sûrement 49 va réussir à me rejoindre peu importe où j’atterri, right?! De toutes façons, là, j’avoue, j’ai pas trop l’choix d’y faire confiance, pis anyway j’ai même pas l’goût d’voir personne. J’ai besoin de temps avec moi-même pour faire le point et trouver des solutions. Franchement, si c’était rien qu’de moi, j’irais m’cacher dans une ruelle, mais aussitôt l’image de 17 qui me découpe, me fait changer d’idée. Ça pis on a dit qu’il fallait rester avec des témoins. Alors ça va m’prendre un lieu public. Ok, je sais pas encore lequel, mais j’t’aussi ben de commencer à marcher au lieu de rester là à avoir l’air sénile!
J’regarde une autre fois des deux côtés et comme y’a l’air d’avoir plus de monde et de commerces à droite, j’décide d’aller par là.
Je marche sur le trottoir. J’me sens dont ben ridicule. Est-ce que quelqu'un me regarde? Est-ce que je marche normalement? Messemble que j'marche bizarre, j'fais des trop petits pas, non? Ou ben trop grands? Est-ce que mes hanches bougent? Trop ou pas assez? J'ai-tu l'air de m'déhancher ou ben d'avoir envie d'chier? Aller Alex, marche NOR-MAL-MENT, sinon, c’est clair, les gens vont se rendre compte que t’as faite de quoi d’pas correct! Oh, est-ce que mes bras bougent? Oui, ben là ils bougent, mais, attend, là ils bougent en même temps. Les bras sont pas supposés balancer en alternance? Ok allez, fais balancer tes bras en alternance. Oui, mais, quand un bras va en avant, il faut que ce soit celui de la jambe d'en avant ou celui de la jambe opposée? Oh shit, j'ai oublié comment balancer les bras, fuck, là c’est clair j'dois avoir l'air d'avoir perdu la tête. Alex, calme-toi! Quoique t’as encore du sang sur tes pantalons, sous tes ongles… bonne idée, mets tes mains dans tes poches! Ostie, c'est clair que quelqu'un me regarde. Si ça s’trouve, j’ai du sang ailleurs que j’ai juste pas encore vue, pis les gens vont le voir, pis ils vont ben s’douter que j’ai torturer quelqu’un hier dans ruelle! C’est évident! Shit, ok, continue de marcher, ‘comme ça t’vient naturellement’; c'est ce que l'autre aurait dit. Oui, mais ça a l'air de quoi quelqu'un qui marche normalement?! Ostie qu’j'ai horreur de marcher!!
5.2 - PdV de Chose/49/Honey
Samedi,
Cher journal,
Mon âme-soeur est encore plus bizarre que c’que j’pensais, mais je l’adore tellement!
On a débattu longtemps Vic et moi sur si je devrais partir à la recherche de ma moitié ou pas. D’un côté, l’ordre avait été assez clair merci, mais de l’autre, je pouvais pas risquer que mon âme-soeur revienne pas et que les choses restent comme ça. Il fallait au moins que je m’excuse. Fac, j’ai fini par sortir et traquer sa piste. Je sais pas pourquoi, mais ça avait été super facile de retrouver son odeur, comme si sa marche avait été super lente. Reste que Vic et moi on était aux anges chaque fois qu’on inspirait et pognait l’odeur de notre Partenaire mêlée à la nôtre. Avoir pu laisser notre odeur partout sur son corps satisfaisait notre côté territorial de lycanthrope.
Quand j’ai vu que sa piste passait par un café, j’en ai profité pour leur demander qu’est-ce que sa commande avait été; comme ça, la prochaine fois, j’allais savoir quoi y donner le matin en se levant!
Par contre, ça a pas été facile d’avoir des réponses. La personne derrière le comptoir a regardé mes yeux, ou mes cicatrices {les cicatrices lui donne un air de victime; ça serait plutôt son physique de combat qui fait peur, mais on va assumer que c’est juste son indignité}, et a tout de suite conclu que c’était moi qui avait (que j’allais) maltraité mon âme-sœur. Il a fallu que je les convaincs que je voulais vraiment juste connaître sa commande et pas y courir après. J’ai acheté deux sandwichs me disant qu’un coup que j’aurais retrouvé ma moitié, on pourrait les manger ensemble. Je sais que les lycanthropes mangent plus que les êtres humains, mais sûrement les être humains non plus peuvent pas passer autant de temps et dépenser autant d’énergie sans avoir faim! J’ai aussi pris un smoothie de j’sais-pas-quoi-super-bon-pour-la-santé; d’un côté, ça a fait plaisir à la personne derrière le comptoir, pis de l’autre, j’me suis dit que ça pouvait juste être bon pour la santé de ma moitié. Vic aussi aimait beaucoup l’idée qu’on prenne soin de notre Partenaire. Même si ce qu’on y avait fait la veille avait pas été correct pantoute.
Ouin, je me doutais ben que c’était pas correct de commencer le processus de liaison avec son âme-soeur sans y demander la permission avant, pis sans y avoir expliquer c’est quoi pis qu’est-ce que ça fait… Déjà il allait falloir que je trouve un moyen d’y expliquer que les lycanthropes existent. Pis qu’on est des Partenaires, des âmes-soeurs. Pis ce qui allait arriver un coup qu’on aurait fini le lien. Malheureusement, l’Alpha nous avait interdit de dévoiler notre existence aux être humains…
{Ajouter à quel point ça avait été magique de s'endormir dans les bras de leur partenaire la veille!}
“Un: trouver Partenaire!”
“Oui, Vic, t’as raison.”
J’ai fini par trouver mon âme-sœur sous un arbre sur un banc de parc à 2 coins de rue du café. Sur le coup, le fait de voir ma moitié comme ça, sans protection, à découvert, m’avait fait paniquer, mais aussitôt Vic m’a fait remarquer qu’il faisait encore jour et alors j’ai pu relaxer. Les vampires peuvent pas sortir pendant le jour. Quand même, j’aurais du être avec, au cas où.
“Protéger Partenaire, tout le temps”
“Malheureusement, Vic, je penses pas que l’Alpha va vouloir nous libérer juste parce qu’on a trouvé notre Partenaire!”
“Mais, Partenaires, cadeau de la Lune!”
“Oui, je sais, mais l’Alpha s’en criss de moi, de toi et de notre Partenaire!” Sur ce, Vic a juste grogné et arrêté de parler, trop en colère pour continuer. Moi j’avais juste l’habitude de la déception.
Juste avant d’arriver à la hauteur du banc, mes propres mots m’ont fait douter de moi-même et j'ai failli retourner de bord. Si l’Alpha se foutait de moi, c’est parce que j’valais rien… Alors pourquoi mon âme-sœur voudrait de moi? Surtout que plus tôt, à l’appart, son attitude disait clairement que j’étais pas nécessaire. Sûrement, ce qui s’était passé la veille lui avait fait regretter d’avoir passé la nuit avec moi et espérer que je me tienne loin, pour lui permettre de tout oublier.
Là je me sentait encore plus mal, parce que le fait que j’avais avalé un peu de son sang avait commencé le processus de liaison… Et à cause de ça, rester loin de ma moitié allait être pas mal impossible à faire. D’un côté, je m’en voulais d’avoir fait ça, d’avoir commencer le lien, sans y avoir demandé avant, mais de l’autre côté, j’avais pas ben ben eu le choix: de un, la Lune avait déjà décidé qu’on allait finir ensemble de toutes façons, pis de deux, y fallait quand même que j’y sauve la vie! Je pouvais pas rester là à regarder mon âme-soeur mourir au bout de son sang!
“Hey! J’sais pas comment t’as fait, mais j’savais que tu m’r’trouverais!” la voix de ma moitié a mit fin à mes débats intérieurs et a ramené mon attention sur le moment présent. Wow. Même dans son état de ‘j’ai-pas-pris-d’douche-depuis-qu’j’ai-torturé-pis-que-j’me-suis-fait-torturer’, le café, le soleil ou je sais pas quoi lui faisait rayonner la face. À moins que c’était son sourire et la lueur d’affection dans ses yeux? Mais tout d’un coup, plus rien m’inquiétait, plus rien me faisait peur. Mon âme-sœur était là, près de moi et me souriait. Tout allait bien aller!
En m’asseyant à ses côtés, j’y ai répondu, “J’vas toujours t’r’trouver.”, pis j’y ai demandé la question la plus importante, “Comment ça va?!”.
Avec une grimace de dégoût ou de déception (mais qu’est-ce que j’avais fait de mal encore?!), ma moitié a répondu “Oh Honey, par pitié, poses-moi jamais c’te question-là! C’est la pire de toutes!”
“Comment ça?!”
“Parce que ça m’oblige à demander à mon corps comme il se sent et j’aime pas faire ça, parce que mon corps fait toujours juste se plaindre; alors j’préfère juste l’ignorer, c’est plus facile. Alors si tu m’poses une question du genre “Ça va?”, tout c’que j’vas t’répondre c’est “Ça va.” pis t’auras rien appris d’utile parce qu'en plus ça sera probablement même pas vrai. Alors, à place, poses-moi des questions plus précises, du genre ”Est-ce que ta plaie a bien guérie? Est-ce que t’es en train de freaker out pour c’qui s’est passé hier soir? Qu’est-ce que tu comptes faire aujourd’hui? Est-ce que j’peux faire quelque chose pour t’aider? Quand est-ce que t’es libre pour notre prochaine date? Qu’est-ce que tu veux manger?”, etc.”
“Euh…”
“Ok, t’as d’la chance, t’es cute, fac j’vas t’aider...” Cute?! Mon âme-soeur me trouvait cute! “Bon, de un, oui, ma plaie a inexplicablement bien guérie; c’est pas normal, pis j’aimerais vraiment savoir si c’est parce que j’ai dormi pendant deux semaines d’affilées sans m'en rendre compte ou si c'est parce que ta bave est effectivement magique, mais en même temps, j’veux pas non plus regarder la bride du cheval donné! De deux, non, j’suis pas entrain de freaker out pour hier, ou plutôt, j’ai déjà fini; y’a pas grand chose qui m’fait freaker out ben ben longtemps d’habitude, mettons que j’en r’viens vite. Et oui, même du fait d’avoir découpé quelqu’un ou de m’être fait découper. Par contre, j’ai pu mon sac à dos, pis ça ça m’énerve, fac aujourd’hui, mon premier objectif c’est de retrouver mon sac à dos pis c’que tu peux faire pour m’aider c’est de venir avec moi, parce que franchement, j’sais pas où j’suis, donc j’sais pas comment me rendre à ma ruelle… Pour ce qui est de notre prochaine date, j’suis libre pas mal n’importe quand, alors dès que t’auras notre prochaine victime, t’auras juste à venir m’chercher! Apparemment, t’as effectivement pas trop d’misère à m’trouver! Pour ce qui est de manger; on verra ben ce qu’on trouvera en chemin. Voilà! Tu vois, c’est plus efficace que ‘Comment ça va?’, hein?!”, et fini avec un clin d’oeil.
Dans ma tête, Vic m’a enlevé les mots de la bouche en lâchant un "Wow!" plein d'admiration et d'affection. J'avoue que je savais pas quoi dire d'autre. Surtout que son odeur n’avait pas changer tout le long de son discours. Quand les êtres humains mentent, leur odeur change. Le mensonge sent un genre de viande pourri, mais tsé, quand ça sent presque doux, mais dégeux en même temps…. douceâtre! Alors j'me suis dit que j'étais aussi ben de me concentrer sur l'essentiel, comme d'aider ma moitié à remplir sa mission du jour. Surtout que j'aimais beaucoup plus l'idée de pouvoir l'accompagner plutôt que de l'envoyer par soi-même dans cette fichue ruelle-là! J’avoue, j’ai pas osé parler de ma salive et de sa guérison miraculeuse; j’avais un peu trop peur que ça l’enrage ou l’effraie ou y donne le goût de s’en aller pis de pas revenir.
“J’t’ai pris un sandwich. Je savais pas qu’est-ce que t’aime, fac j’en ai pris deux différents pour que tu puisses choisir. Si tu veux, on peut les manger en se rendant à ta ruelle.”
“Food!? Oh Honey, t’es un amour!”
En entendant ça, mon être au complet s’est rempli de chaleur, de rayons de soleil, de cotton, ou je sais pas quoi, mais c’était une des plus belles sensations que j’avais jamais eu. J’avais probablement un sourire niaiseux dans face, mais j’pouvais pas m’empêcher. Puis j’y ai tendu le verre rempli de bouette verte “J’t’ai pris un smoothie aussi. Je savais pas si t’étais du genre à aimer ça, mais la personne a dit que c’est genre super bon pour la santé, plein de anti-quequechose pis d’équilibre de queque chose pis de j’sais pu quoi.”
“Oh Honey…”, ça, j’avoue, ça sonnait plutôt condescendant, presque déçu, “Il faut pas que tu crois toutes les conneries que les gens racontent. Les histoires de désintoxication du foie et de rééquilibre du pH, c’est rien qu’d’la marde qui a pas rapport. Ton foie désintoxie déjà ton corps sans que t’ai rien à faire pis ton corps est capable d’équilibrer son pH tout seul. C’est comme la connerie qui dit que tu peux perdre plein d’poids en buvant juste de l’eau citronnée; c’est sûr que tu vas perdre du poids si tu bois juste de l’eau; mais tu vas aussi perdre toute ta santé, ostie!” puis son visage s’est radouci, “Mais j’vois que tu m’acheté ça plus par bonne intention que par conviction, fac c’est correct, j’te juge pas là. J’veux juste pas que tu t’fasses avoir par leurs conneries, ok?”
Mon âme-sœur s'inquiètait pour moi et voulait me protéger?! Oh Lune, merci! Là, il fallait juste que je réussisse à me faire pardonner d’avoir commencer le lien sans y demander avant!
Même si je me sentais en amour par dessus la tête et que j’avais juste le goût de me coller dessus le plus possible, j’ai quand même essayer de faire comme si de rien n’était et, une fois debout, j’y ai juste tendu la mains, comme si on était un couple normal qui marchait tout le temps main dans la main. Après quelques secondes d'hésitation pendant lesquelles j'ai pas été capable de respirer, ma moitié à finalement décidé de me prendre la main et de se lever. Par contre, après 5 pas un peu bizarres, j'avoue, sa main a fini par lâcher la mienne et s'essuyer sur ses pantalons. "J'ai essayé! Mais clairement, j’suis juste pas capable de marcher en tenant la main à quelqu'un d'autre. Trop compliqué!"
J’ai pas pu m’empêcher de demander, “Trop compliqué?!”
Me lançant un bref regard juste avant de retourner son focus sur le sol devant ses pieds, ma moitié a expliqué “Ça a rien à voir avec toi; j’ai déjà pas assez de coordination pour faire bouger mes deux jambes et mes deux bras en même temps, si y faut en plus que je prennes en compte un autre bras; ça devient juste trop compliqué pour mon cerveau!” Puis son sourire est revenu vers moi me réchauffer “Fais juste te rappeler que c’est pas parce que j’ai pas l’goût de te toucher, mais vraiment juste parce que sinon j’risque de m’enfarger!”, et un clin d’oeil a conclu le tout.
“Euh, ok.”
Alors qu’on approchait du trottoir qui délimitait la fin du parc, marchant côte-à-côte, à défaut de main-dans-la-main, j’ai réalisé qu’il me manquait un détail important, quelque chose que j’aurais peut-être du avoir demandé avant, “Hey, en passant, comment tu t’appelles?”
“Dans ma tête ou dans vraie vie?”
“Hein, quoi?”
“J’te niaise, laisse faire. Alex. Tu peux m’appeler Alex.”
Pendant un moment, alors qu’on avançait sur le trottoir vers le coin de la rue où je savais qu’on devrait tourner, je disais rien, m’attendant à ce qu’Alex me pose la même question… D’habitude c’est ce que les gens font, non? Finalement, avant de me fâcher, j’ai demandé, tout simplement, “Tu me demandes pas comment moi j’m’appelle?”
“Non.”
“Comment ça?!”
Après avoir fait un soupir presqu’exaspéré, “Parce que si j’te l’demande pis que tu me l’dis, tu vas t’attendre à c’que j'm’en souvienne, pis le jour où tu vas t’rendre compte que j’m’en souviens pas, ça va t’insulter pis tu vas penser que j’t’aime pas assez. Alors qu’en fait, j’me souviens juste jamais des noms d’personne, mais ça veut pas dire que j’me souviens pas du monde; juste que les noms me passent 6 pieds par-dessus la tête. Fac pour éviter qu’un jour tu t’sentes mal; j’te demanderai pas ton nom, mais inquiètes-toi pas, toi, j’t’oublierai jamais!”
“Ça veut-tu dire que tu m’aimes ça?” J’pouvais pas croire que j’avais osé demander ça!
“Lol, bonne question. Ben, considérant que j’ai quitté ton appart ce matin juste pour t’épargner l’enfer ‘Alex-pré-café’, j’dirais que t’as nécessairement gravi quelques échelons dans l’échelle de mon affection. Félicitations. Le jour où j’vas être capable de te sourire le matin AVANT d’avoir eu mon café, là tu vas savoir que c’est d’l’amour pour vrai; mais r’tiens pas ton souffle, y’a pas grand monde qui s’rendent là. C’est pas pour rien que j’vis en solitaire!”
N’ayant jamais été sur aucun échelon d’affection de personne depuis mes parents; j’étais déjà extatique à l’idée d’être sur l’échelle de ma moitié! Un sourire s’est étampé dans ma face sans même que je puisse y faire quoique ce soit.
Une fois au coin de la rue, j’ai glissé une main autour de sa taille, le bras accoté dans le bas de son dos. Je me doutais bien que ma moitié ne voudrait pas marcher de même pendant bien longtemps, mais je voulais juste y indiquer le virement qu’on devait prendre. Mais après avoir tourné, au lieu de continuer à marcher dans la nouvelle direction, ma tendre moitié a blottie son corps contre moi, pris une grande inspiration suivi d’un soupir assouvi. Le tout a duré 2 secondes et quart avant qu’Alex se décolle et qu’on reprennent notre chemin, comme si de rien n'était. Mais ce court moment de tendresse et de chaleur, ajouté à son odeur rassurante, avait été si intense, si significatif que j’en ai eu presque les larmes aux yeux. Depuis mes parents, personne m’avait donné de câlin. Mon coeur s’est rempli d’amour pour mon âme-soeur et j’ai remercié encore une fois la Lune pour sa générosité. Mais aussitôt, comme de fait, l’angoisse est revenue, la peur de pas être assez, de pas mériter son affection, surtout de pas réussir à satisfaire ses besoins… Non seulement, tout ce que j’avais réussi à faire était de me déconnecter dès que sa main avait poussé ma tête entre ses jambes, mais en plus, considérant mon statu dans la meute, je pouvais même pas lui promettre fidélité… J’ai donc décidé de m’attaquer au problème le plus évident, “Euh, en passant, à propos de hier soir…”
“Quelle partie?" Son air non-chalant faisait semblé notre soirée comme s’il s’agissait de resto et de film plutôt que de torture et de kidnapping. J’en rev’nais pas.
“La partie juste avant qu’on s’endorme, quand j’ai… déconnecté…”
“Ah ouin, en effet, si jamais on veut coucher ensemble, il va falloir que tu m’en parles, mais seulement quand tu vas te sentir à l’aise de l’faire, ok? Pis même si j’aimerais vraiment l’entendre; j’te demanderai pas de tout me compter; tu pourras me raconter autant ou aussi peu que tu veux de ce qui t’es arrivé, mais au minimum, il faut que tu me dises ce que moi j’ai fait qui a causé c’te réaction-là et quoi faire ou quoi pas faire pour pas que ça se reproduise, ok?”
“Oook… Mais, ça t’fâche pas? Ça t’dérange pas? Qu’est-ce qu’on fait si jamais ça marche pas, pis que j’réussi pas à… rester là?”
“Honey,” en disant ça, ma moitié a arrêté de marcher et m’a fait face (de toute façon, la lumière était rouge), “y’a juste 3 choses auxquelles je tiens vraiment dans la vie et pour lesquelles j’pourrais réellement m’fâcher.’, a levé sa main, montrant un doigt, “ma bouffe,”, un deuxième doigt, “mon sommeil”, puis un troisième, “et les gens à qui j’tiens.”, puis agitant ces trois doigts, à continué, “Comme tu vois, le sexe en fait pas partie.”, puis a laissé sa mainretomber, “Alors si y’a quelque chose dans tout ça qui me frustre, c’est pas le sexe ou l’absence de sexe; c’est le fait que quelqu’un t’as fait assez de mal pour qu’aujourd’hui tu déconnecte quand y’a du sexe. Si tu veux, il y a plein de manières différentes pour surmonter ce genre de trauma-là et on peut y travailler ensemble. Mais si jamais ça marche pas pantoute, ben c’est pas plus grave que ça; de toutes façons, j’suis pas avec toi pour le sexe. J’s’rais plus du genre à t’aider à t’venger pis faire souffrir les osties qui t’ont fait ça!”
C’est moi, ou mon âme-soeur venait de m’inclure dans la catégorie “gens à qui j’tiens”?! Encore une fois, mon coeur s’est gonflé de chaleur. En plus, je pouvais arrêter de m’en faire pour la partie sexe… pour ce qui était de la fidèlité, quelque chose me disait que j’étais aussi bien d’attendre que ce soit ma moitié qui approche le sujet en premier. Puis la fin de son discours m’est revenue en tête et j’ai commencé à m’inquiéter, “Attends, ça veut-tu dire que t’es avec moi plus pour torturer des gens que pour le sexe, ça?” J’aurais pas du poser cette question-là; j’avais pas réellement envie d’entendre la réponse. D’habitude, quand les gens s’approchent de moi, c’est soit pour me violer, me battre ou me faire tuer quelqu’un d’autre…
Se remettant à marcher puisque la lumière venait de virer verte, ma moitié m’a répondu, “Yep! Ben ça pis ma protection, parce que j’me dis que tant que t’es là, y’a moins d’chance que Darling revienne se venger.” sur ce, Alex a tournée la tête vers moi et m’a fait son plus grand sourir, “Merci d’être là!”.
Protéger mon âme-soeur faisait partie de mon instinct de lycanthrope, c’était ancré en moi, alors ça ça m’allait, mais une pointe de jalousie s’est emparé de moi quand j’ai entendu le p’tit nom d’amour…
“Darling?”
“La personne que tu voulais faire parler dans la ruelle et à qui j’ai voulu couper une côte, mais que j’ai pas eu l’temps parce qu’il fallait partir. D’ailleurs, tu m’as promis que la prochaine fois j’aurais plus de temps. Alors, comme j’ai dit tantôt, dès que t’auras trouvé notre prochaine victime, t’auras juste à venir me chercher et je pourrai enfin m’amuser et toi tu pourras avoir plus de réponses. À moins que tu crois réellement que Darling t’ai donné tous les noms de ses complices!?”
Comprenant qu’il s’agissait de Morgan, j’ai failli lui rappeler son nom, mais vu qu’Alex se foutait bien des noms, j’ai laissé tomber ça et j’ai juste regardé autour de nous pour m’assurer qu’on était toujours dans la bonne direction. Mais en repensant à sa réponse, j’avoue que je pouvais pas m’empêcher de me sentir un peu mal-à-l’aise à l’idée que ma moitié voulait surtout torturer plus de monde. Est-ce que ça lui donnait vraiment du plaisir de faire mal aux gens? Est-ce que j’avais créé un monstre? Et surtout, est-ce que c’était correct que j’en profite, que j’utilise la soif de sang de mon âme-soeur pour arriver à mes fins? Parce que, en effet, Morgan ne m’avait pas donné grand chose d'utile et j’me doutais bien que j’aurais besoin de l’aide de ma moitié, aussi terrifiante qu’utile qu’elle était. Ce qui m’a fait réaliser qu’une fois de plus, ma moitié n’allait pas réciproquer… “et toi tu me demandes pas pourquoi moi je suis avec toi?”
“Honey, tout le monde veut être avec moi. Personnellement, j’me fou pas mal d’la raison tant que ça affecte rien de mes 3 priorités. De toutes façons, ce qui compte c’est pas pourquoi tu veux être avec moi; mais le fait que t’aille assez de chance pour que MOI j’veuille que tu sois avec moi.” À ces mots, j’ai arrêter de regarder autour de nous et j’ai pas pu m’empêcher de juste l’observer intense, espérant comprendre quelque chose. Pis son clin d’oeil a juste rendu le tout encore plus mêlant. Ça m’apprendra peut-être à pas poser des questions du genre.
Alors j’ai décidé de laisser faire et de juste focuser sur la dernière partie de sa réponse, sur le fait que ma moitié avait le goût d’être moi et j’ai laisssé le doux sentiment d’affection me remplir à nouveau. Quelque chose me disait que j’étais aussi ben de juste faire ça, à place d’essayer d’analyser toutes les contradictions et les sous-entendus de la conversation. Sérieux, c’était un peu trop mêlant pour moi tout ça.
Après quelques coins de rues, Alex a presque crié “Oh shit, on est ben plus loin que c’que j’pensais! J’sais où est-ce qu’on est là, pis fuck that, moi j’marche pas jusqu’à ma ruelle à partir d’ici. Viens, on va prendre le bus!” Et aussitôt, ma moitié alla s’asseoir sur le banc de l’arrêt d’autobus le plus proche. Étant lycanthrope, j’aurais pu marcher pendant encore des heures sans problèmes ou même prendre Alex dans mes bras et l’amener jusque là-bas, mais ça ça aurait trop attiré l’attention. Alors je m’assis à ses côtés. La petite boîte de verre autour de nous me donnant un semblant d’impression d’intimité; ça pis le fait qu’il n’y avait personne d’autre avec nous à l’arrêt.
“En passant, qu’est-ce qui s’est passé au juste, avec l’autre, hier soir? Quand j’ai rentré dans la pièce, t’as dit que c’était pas c’que j’pensais, mais en réalité, j’avais aucune idée de quoi penser: c’est toi qui était en sang et sur la chaise, et c’est l’autre qui était par terre à se tordre de douleur…”
“Ha! Bonne question! J’avoue que ça pas du avoir l’air ben clair! Même pour moi, c’est pas clair, mais de ce que j’ai compris, c’est la verveine dans mon sang qui y a fait mal à c’point-là. Pauvre Sweetie voulait tellement lécher mon sang, mais apparemment ça y faisait trop mal, fac j’y ai enseigné l’art du masochisme pour l’aider à s'immuniser à la douleur, pour lui permettre de lécher mon sang, mais à la fin, juste avant que t’arrives, j’imagine que son arrogance lui en a fait prendre trop à la fois et la douleur a été trop intense pour pouvoir être transformée en plaisir. C’est comme dans n’importe quoi, tsé; c’est pas parce que t’es capable de marcher que tu vas pas t’enfarger quand tu vas t’mettre à courir!"
“Euh… j’ai l’impression de comprendre encore moins… Quoique, le bout de la verveine, ça ça fait du sens; j’avoue que j’avais oublié c’te détail-là. Mais pourquoi t’as voulu l’aider à s’immuniser contre la verveine et à boire ton sang?”
“…Bonne question! Mais faut que tu t’mettes à ma place; c’était ça ou la torture. Au moins, comme ça, j’ai réussi à l’arrêter de m’découper! Tsé, son plan était de me faire la même chose que ce que j’avais faite à l’autre, dans la ruelle… J’ai beau être masochiste, mais j’aime bien l’idée de garder mes côtes là et comme elles sont présentement!”
À entendre ça, j’ai pas été capable de m’empêcher de grogner. Si j’avais pu, j’aurais sacrer et maudit la sangsue.
“Oui, mais attend, c’est pas ça l’pire!”
Quand j’ai entendu ça, mon coeur a arrêté d’battre! “Sweetie a pas vu la scène au complet; juste que toi pis moi on était ensemble, genre en couple, pis que Darling était en sang; fac comme de fait, sa conclusion était que toi t’avais torturer l’autre. Fac son idée d’vengeance était du genre “T’as torturé mon amour, fac j’vas torturer l’tient!” fac c’est pour ça que c’est moi qui s’est fait ramasser. Non, mais! Ostie d’préjugés d’marde! Voir que j’ai l’air moins psychopathe que toi! Comme si quelqu'un comme moi pouvait pas être capable de torturer quelqu’un d’autre, non mais!”
Encore une fois, ça m’a pris quelque seconde pour comprendre ce que ma moitié voulait dire; pis le fait que son odeur n’avait toujours pas changé pour celle du mensonge, était un peu… inquiétant. Par chance, l’arrivée de l’autobus à ce moment-là à fait que j’ai pas eu à trouver quelque chose à répondre à ça; parce que, sérieux, j’avais aucune idée de quoi penser de sa dernière remarque.
{On n’a pas parler qu’ils mangent leur sandwich!}
Aprés quelques arrêts en silence, ma moitié a penché sa tête vers moi et a chuchoté, “Coudonc, j’ai-tu encore du sang dans face? J’ai l’impression que tout le monde dans l’autobus me r’garde de travers?!”
“C’est pas toi, c’est moi.”
En reculant la tête avec un air indigné, “Quoi? Pourquoi tout le monde te regarderais toi au lieu de moi?!”
“C’est mes cicatrices ou bien mes yeux d’indignes. Mais inquiètes-toi pas, j’ai l’habitude.”
En faisaint un geste de la main comme si y’avait rien là, “Ha, Honey, j’m’inquiètes pas pour toi! Je l’sais que tu s’rais capable de crisser tout c’te monde-là à terre si tu voulais!” puis en fronçant les sourcils, “Non, c’est juste que d’habitude c’est moi, l’centre de l’attention…”, puis tout d’un coup, ses sourcils se sont relevés, les yeux grands ouverts, “Wait! T’as les yeux bleus?!”. Et comme si c’était la première fois, mon âme-soeur a tourné la tête vers moi et a fixer mes yeux, mais vraiment mes yeux, pas mon regard. J’avoue que je savais pas quoi dire, quoi faire. J’pouvais pas croire que ma moitié n’avait pas encore remarqué la couleur de mes yeux. Qu’est-ce que ça voulait dire?! Si mon âme-soeur était vraiment juste avec moi pour pouvoir torturer du monde, est-ce que mon statut d’indigne allait être un problème; est-ce que la couleur de mes yeux étaient une assez grosse insulte pour y enlever l’goût d’être avec moi?
{49 autobus ça te gêne pas qu'on te voit avec moi en public t'as pas peur de cque les autres pourrait penser
Comment tu te sens par rapport aux PDA?
Aux quoi?
Piblic Displays of affection, demonstration public d'affection. Genre si jtembrassais là, comment ça te ferait sentir?!
Wow... Jdirais que ça serait le plus beau jour de ma vie... mais, tu ferais ça pour vrai?! T'aurais pas peur de cque les autres pourrait penser? Parce que c'est clair que tout l'monde ici a remarqué que j'suis indigne pis pas toi, qu'on est pas d'la même classe.
Oh Honey, au cas où t'aurais pas encore remarqué, j'me câlisse ben raide de c'que les gens pensent de moi, de toutes façons c'est rien qu'des caves. On s'en criss de c'que les autres pensent! {Reprendre la même formulation que l'alpha... Et faire dire à l'Alpha qu'il s'en criss de c'que les indignes/chose pensent)
Envoie, viens ici" et avant que jpuisse décidé si j'y croyais vraiment ou pas, Alex a pris mon collet et a tiré fermement mais doucement jusqu'à ce que nos lèvres se touchent. C'était tendre et passionné, chaud et frais, magique et perturbant. Notre deuxième baisé, mon premier baisé en public... Vic était au septième ciel. Moi j'ai juste au cinquième parce qu'une partie de moi avait quand même peur de c'que les autres pourraient nous faire. Oui j'aurais protégé mon âme-sœur avec ma vie, mais j'pouvais pas non plus utiliser ma force de lycanthrope en public...
Quand Alex a mis fin au baiser, j'ai réalisé que j'en avais profité autant que j'aurais dû, que j'avais passé trop de temps dans ma tête à m'inquièter des autres. Mais que voulez-vous, quand t'es indigne, y faut que t'apprenne à être sur tes gardes si tu veux survivre.}
“Hey, regarde moé pas d’même! De un, tes yeux sont fucking beau! Pis, de deux, j’porte pas attention à ça moi, la couleur des yeux, ostie! Digne, pas digne, j’m’en câlisse! Moi quand j’juge les gens c’est sur leur regard, pas la couleur d’leurs yeux!” Ma moitié a regarder dehors comme pour voir à quelle rue l’autobus était rendu, puis a balayer du regard tout le monde qui était autour de nous dans l’autobus et a commencé à pointer des personnes dignes et à parler d’une voix assez forte pour se faire entendre par les gens autour. “Tu vois c’te personne-là? Son regard frustré d’la vie comme si on avait ENCORE oublié d’changer l’rouleau d’papier d’toilette?! Son énergie est entrain de pourrir la journée de tout l’monde autour… ça c’est c’que j’appelle indigne!”, a pointé une autre personne digne, “Ostie d’regard hautain et arrogant qui juge tout l’monde comme si on était yink d’la marde; rabaisser les autres juste pour se sentir mieux, ça c’est c’que j’appelle indigne!”, puis une autre personne digne, “pis l’autre qui r’garde pas personne, le nez dans ses affaires, trop égocentrique pour r’garder c’qui passe autour; ça c’est c’que j’appelle indigne!”, puis, la main ouverte, paume vers le haut, a désigné une personne digne qui était un peu plus loin dans l’autobus et qui venait de se lever, “pis l’autre avec son regard furieux pis son attitude de “j’va t’en crisser une”; moi l’monde qui est pas capable de contrôler ses émotions pis de s’crisser d’leurs affaires; des ostie d’danger publique; ça c’est que j’appelle indigne!” Pendant qu’Alex disait tout ça, la personne en question a continuer de s’approcher d’Alex, le regard vissé dessus et de plus en plus fâché, la face presque rouge, les poings et la mâchoire serrés… Déjà, je me préparais à me lever pour pouvoir me mettre en position de combat et protéger ma moitié, quite à me mettre entre les deux comme un bouclier vu que je voulais pas risquer de frapper trop fort. Oui, j’me pratiquais, au dojo, à contrôler ma force avec les êtres humains, mais c’te personne-là était entrain de menacer mon âme-soeur, j’pouvais pas garantir que j’allais être capable de me retenir. “Tu vois? Ça a rien à voir avec la couleur des yeux!” Mais au moment où il aurait fallu que j’intervienne, l’autobus a freiner sec et la personne qui était maintenant debout au milieu de l’allée a perdu l’équilibre et a du se rattraper sur un poteau. Reste que ça a donné juste assez de temps à Alex pour se lever et se diriger comme si de rien n’était vers la sortie en finissant son speech un peu plus fort, “Ostie d’bande de caves!”. Au moins, là, ça me mettait entre ma moitié et l’autre. J’ai lancé un regard menaçant à l’autre, et ça se peut que mes yeux aient changé un peu, parce que Vic grognait pas mal fort dans ma tête. En tout cas, ça a eu l’air d’y faire assez peur pour y faire décider que c’était pas son arrêt.
J’ai rattrapé ma moitié et j’ai pas pu m’empêcher d’y demander “Fac, ça t’dérange pas que j’ai les yeux bleux? Et toutes mes cicatrices?!”
Mon âme-soeur a viré sa tête une seconde pour me regarder avec surprise, puis a recommencer à fixer devant ses pieds qui marchaient sur le trottoir, “Tu m’niaises?! T’es yeux sont fucking beaux, j’te l’ai déjà dit. Pis tes cicatrices, c’est c’que j’trouve le plus hot chez toi; pis t’as un ostie d’body, fac imagine!” Son bras atterrie autour de mes épaules “Bon là, arrête de t’inquiéter; j’suis pas là pour flatter ton égo; on est là pour récupérer mon sac à dos! Après ça, il faut que j’aille à la pharmacie pour acheter des gants pour notre prochaine soirée romantique!"
Le cerveau qui flottait dans les nuages à l’idée que mon âme-soeur pouvait m’aimer même avec mes cicatrices pis mes yeux bleux, j’ai pas été capable de rien dire pendant un bout. C’est quand qu’on a tourné dans une ruelle que mon cerveau s’est rallumé. J’dois avouer que c’est plus les odeurs des affaires de mon âme-soeur et de mon sang qui m’ont permis de reconnaître la ruelle dans laquelle on avait torturé Morgan. Le sang des vampires s’évapore ou brûle au soleil, et comme de fait, j’pouvais confirmer qu’y’avait vraiment pu d’trace d’la sangsue. Même à ça, mes sens se sont mis en alerte, en tout cas, encore plus que d’habitude. Vu ma vie à la maison-mère, j’ai déjà l’habitude de sentir, écouter et regarder autour de moi quand je marche, mais avec notre Partenaire à nos côtés, Vic et moi on s’entendait sur la priorité: la sécurité de notre Partenaire! Puis un détail de ce qu’Alex venait de dire m’est revenu en tête, “Des gants?”.
“Ouin, j’ai appris que le sang qui reste pogné en dessous des ongles est fucking tough à enlever. Fac j’me dis qu’avec des gants, ça devrait régler le problème! Tu vois, j’suis full solution-oriented!”. Sans même avoir l’air d’avoir besoin que je réponde, ma moitié m’a fait un clin d’oeil et m’a pris la main pour me tirer vers une pile de boîte de carton. Aussitôt devant, en p’tit-bonhomme, ses mains ont fait revoler les boîtes d’un bord pis de l’autre jusqu’à ce qu’on puisse voir son sac.
Partageans mon attention entre nos alentours, autant pour m’assurer qu’il n’y avait toujours personne pour nous attaquer que pour étudier les environs, et ce que faisait mon âme-soeur, j’ai remarqué le sac de couchage et l’oreillé et j’ai pas pu m’empêcher d’y demander “C'est-tu vraiment ici que t'habites?”
Aussitôt que le sac a été extirpé, ma moitié a commencé à faire le tour des poches, à toutes les ouvrirs, fouiller puis refermer unes après l’autres en me répondant “Oui et non. J'habite dans la rue, mais pas dans une rue en particulier.”
Après avoir fait le tour du sac et un soupir de soulagement, ma moitié a ramassé le reste de son stock qui était par terre, un genre de couverte ou de sleeping bag, un p’tit oreiller, un genre de tapis d’yoga et a réussi, je sais pas comment, à tout mettre ça dans son sac. Le sac sur le dos, ça y a pris du temps à se relever, comme si c’était pas facile, mais avant que j’puisse y proposer mon aide, mon âme-soeur était debout et m’a lancé un sourir rayonnant qui m’a coupé l’souffle et a déclaré, “Bon! Là on peut aller manger!”
“T’as encore faim?! Tu viens pas juste de manger un sandwich?”
“Oh Honey, moi j’ai pas besoin d’avoir faim pour avoir le goût d’manger! Le jour où j’aurais pu l’goût d’manger, là, tu vas savoir qu’y’a de quoi qui va pas pantoute! Envoye, on va parler de bouffe, comme ça tu vas savoir quoi m’nourrir pour notre prochaine date.” Avec son bras autour de mes épaules, ma moitié m’a fait faire un u-turn et on a commencé à marcher vers la rue.
“Notre prochaine date?!”
Comme de fait, l’affaire du bras autour des épaules a pas duré longtemps, parce que après deux-trois pas, déjà ma moitié avait failli me piler sur le pied. Je me serais fait piler sur les pieds toute une journée juste pour pouvoir sentir la chaleur de son bras autour de mes épaules juste 5 min! Au moins, comme mon âme-soeur avait dit plus tôt, je pouvais me satisfaire de savoir qu’on était ensemble, même si nos corps se touchaient pas.
“Ben, quand t’auras trouvé quelqu’un d’autre à découper. J’te l’ai dit, t’auras juste à venir m’chercher, pis ça va m’faire plaisir de t’aider!”
“…Fac pour toi, une date idéale c’est vraiment genre resto et torture au lieu de resto et cinéma?!”
“Oh oui, exactement! Ostie que j’t’adore toi, tu comprends vite, j’aime ça!”
À ce moment-là, tout ce à quoi je réussissait à penser c’était que mon âme-soeur m’adorait. Une chance, parce que, encore une fois, si j’avais pris le temps de réfléchir à ce qu’Alex venait réellement d’avouer et de réaliser que son odeur n’avait toujours pas changé, j’aurais probablement paniqué…
5.3 - PdV externe de 23/Sweetie
“No, Bibi, stasera non farò uno spettacolo. Dovrai farne a meno, pero so che puoi farcela. Mi fido di te. [Non, Bibi, ce soir je ne ferai pas de spectacle. Tu devras te débrouiller sans moi, mais je sais que tu vas en être capable, j’ai confiance en toi.]”
Heureusement, Bibi n’avait pas une nature curieuse et avait le réflexe utile d’obéir sans poser trop de questions. Le choc et l’incrédulité (étampé) dans le visage de Bibi, cependant, exprimaient bien à quel point il était inusité, voir effarant, que quoi ou qui que ce soit puisse prendre précédence (ou préséance?) devant ses spectacles. Il faut dire que depuis l’ouverture du Rossi, jamais un de ses spectacles n’avait été annulé. À part bien sûr celui de la vieille qui avait du être coupé au beau milieu pour cause de “blessure” de la vedette principale. D’ailleurs, alors que cette pensée lui donna une idée, Bibi lui enleva, une fois de plus, les mots de la bouche “Très bien, Capo, je dirai au public que vous êtes encore entrain de vous remettre de votre chute de la veille.” “Ottima idea! Sapevo di poter contare su di te. [Excellente idée! Je savais que je pouvais compter sur toi.]” Bien que Bibi ne soit pas une de ses créations, son esprit vif et sa jeune énergie (après tout, avoir moins de cent ans était considéré jeune chez les vampires), lui avait vite fait gagner son affection presque parentale ainsi que la position de bras droit. Bibi était en fait une des créations de Morgan. La réalisation que l’ancêtre de Bibi avait passé près de mourir la veille lui serra la gorge l’espace d’un instant. Bien que la mort de l’ancêtre n’entraîne pas celle de ses créations, il n’en reste pas moins que le coeur d’or de Bibi en aurait été dévasté.
S’assurant de ne rien laisser paraître de ses sombres pensées, son visage continua d’exprimer la fierté et la reconnaissance face à son unique Bibi. De toutes façons, il n’y avait pas lieu de s’en faire car, considérant l’absence de douleur, Morgan était encore en vie et même de nouveau en parfaite santé. Ne se doutant de rien et tout sourire à l’idée de lui avoir plu, Bibi fit un hochement de la tête et prit congé se dirigeant sans doute à l’étage du club pour retrouver le personnel et leur donner les directives nécessaires pour la soirée.
Son sourire, cependant, s’effaça douloureusement lorsque son regard retourna vers son miroir plein pied et qu’une anxiété plus forte encore que jamais manqua de lui faire perdre la tête. Son obsession face à la perfection de son image devenait incontrôlable alors que ses mains volaient ici et là au dessus de son corps tentant inutilement de parfaire son apparence. Un atroce sentiment de ne pas être à la hauteur lui fit courber les épaules et la peur du rejet fut presque assez forte pour lui donner le goût de tout oublier et de retourner à sa mission originelle, sauver la société des préjugés. Qu’était-il entrain de lui arriver? Jamais, quoi ou qui que ce soit n’avait passé avant sa mission contre l’Oudé, et pourtant, ce soir-là, son désir, non, son besoin de retrouver l’être humain avait été plus fort encore que toute culpabilité ou tout doute possible face à l’idée d’annuler son spectacle.
Son excuse officielle, quoique non dite, était qu’il en était de sa responsabilité que de s’assurer que l’être humain ne puisse divulguer ce qui s’était passé la veille. L’existence des êtres paranormaux devait à tout prix être maintenue secrête. Même si l’être humain n’avait réellement eu aucune preuve ni même l’hypothèse de sa réelle nature, trop d’indices avaient été échapés, et il ne s’agissait que d’un détails lancé ici ou là, pour que l’oreille de la mauvaise personne l’entende… Bref, son devoir lui dictait de retrouver l’être humain et de lui faire oublié sa soirée d’hier.
Mais en toute honnêteté, il ne s’agissait que du besoin viscéral, de l’espoir déjanté, de simplement pouvoir revivre l’extase de la veille. Naturellement, aussitôt que la veille lui revint en tête, son corps, son estomac et surtout son entre-jambe lui rappelèrent le souvenir de son être humain, de la chaleur de sa peau si douce, de la couleur de son sang si alléchant, de l’odeur de son sexe si enivrant… L’eau à la bouche et l’entre-jambe en feu, son besoin viscéral de retrouver l’être humain en question lui revint plus fort encore, l’empêchant à tout le moins de se questionner davantage.
Dès que la tombée du jour fut complète et signala sa libération, ses pieds, de leur propre accords se
mirent à courir vers l’extérieur. D’habitude, sa nuit commençait par un “déjeuner” à la veine, mais pour la
première fois, l’idée de se nourrir d’une personne quelconque lui semblait fade et inintéressante; en fait, la
pensée même de se nourrir d’une personne autre que son être humain lui donna un arrière-goût d’infidélité et lui
créa un malaise difficile à expliquer par son intensité; presqu’un pressentiment de mauvaise augure. Bien qu’on
conseillait aux jeunes vampires de se nourrir au moins une fois par jour; à son âge, un repas manqué n’aurait pas
trop de conséquences néfastes.
Ses pas ralentirent juste à temps pour passer la porte donnant vers la ruelle à une vitesse normale afin de saluer d’un hochement de tête les deux gardes lycanthropes qui lui répondirent de la sorte. Bientôt ces deux gardes auront fini leur tour, deux vampires, autres que Dom et Steph, prendront leur poste pour la nuit. Serait-ce suffisant? La bête avait pourtant réussi à passer outre les deux vampires. Bien que jeunes, ces sentinelles avaient tout de même plusieurs décennies d’expérience; comment alors la bête, à elle seule, auvait pu les prendre de court et les mettre hors d’état de nuire si facilement? Évidemment, si les seules cibles de l’animal étaient Morgan et son être humain, le club devrait être épargné de toute autre attaque, du moins tant que son besoin obsessionnel ne l’obligerait à ramener l’être humain dans ses appartements. Mais, et si l’animal visait plutôt les membres de l’AVELCO? Dans ce cas, personne dans le club ne pourrait réellement être à l’abri… Un poids incommensurable s’affaissa alors sur ses épaules; le poids des responsabilités, du devoir de protéger sa famiglia; le poids de l’impuissance face au bilan des ravages; le poids de la culpabilité, de chaque membre de l’AVELCO qui avait perdu la vie, définitivement, dans les dernières années. Parce que même si les meutres avaient été aléatoirement espacés dans le temps, espérant probablement réfléter les hasards de la vie, le constat était devenu évident: quelqu’un tentait d’anéantir l’AVELCO, membre après membre. Le fait que Morgan ait survécu était, en fait, la donnée abérrante. À moins qu’il ne s’agissait que d’une exception? Que la bête n’ait rien à voir avec tous les meutres commis contre l’AVELCO? Ce qui expliquerait pourquoi, cette fois seulement, son arrivée sur les lieux ne fut point vaine... L’ignorance et la confusion s’ajoutèrent au désespoir et à la lourdeur de la situation et bien vite son seul désir fut de tout oublier, de tout abandonner et de ne se concentrer que sur son nouveau trésor.
Aussitôt, la peur et l’angoisse retrouvèrent leur place dans ses entrailles à l’idée que sa perle rare (mais qqch de délicat!) ait du passer la journée avec l’animal sauvage et sanguinaire. Que sa mission soit l’anéatissement de l’AVELCO ou non, cette bête était clairement capable des pires atrocités!
Une fois à l’extérieur, déambulant dans les rues, son ridicule lui sauta finalement aux yeux. Comment retrouver l’être humain dans une si grande ville, sans lien de sang ni même son nom?! Les vampires développent un lien de sang avec leurs victimes qui se renforci au fil des repas. Le même type de lien d’ailleurs qui permet à l’ancêtre de retrouver ses créations. Malheureusement, la vervaine avait exclue toute tentative d’abreuvement et ainsi empêcher la création d’un tel lien. La traque n’étant pas sa force, son seul espoir, ou plutôt, sa seule idée valable, fut d’aller voir Jo. Après tout, Chez Jo était non seulement l’épicentre de la communauté paranormale et donc la source officielle des ragauds et potins, mais c’était également le seul endroit où l’on pouvait se procurer de la vervaine. Puisque l’être humain en avait bu, certainement que Jo se souviendrait de lui en avoir vendu, non? Évidemment, le fait que l’être humain n’avait même pas eu l’air de savoir ce que la vervaine était et encore moins à quoi elle servait, supposait que la vervaine lui avait été offerte à son insu, probablement par la bête même. Tout de même, Jo lui semblait être sa seule option viable.
Aussitôt son idée faite, son empressement l’amena à grimper le mur de l’immeuble le plus proche, à l’abris des ombres de la ruelle adjacente, bien évidemment, et, une fois sur le toit, à parcourir à toute vitesse les toits l’isolant de son être humain. Tout au long de sa course éfrénée, ses prières furent, d’une part, pour une chance de pouvoir revivre avec son être humain les fantasmes délicieusement désaxés de la veille et, d’autre part, pour que son allure et ses vêtements ne soient pas trop ébouriffés à son arrivée. Toutes ses heures devant son miroir auraient été vaines face au vent créé par cette course déchaînée. Mais le désir ne peut attendre. Fanculo il mio aspetto, non ne posso piu di aspettare. [Fuck mon apparence, je n’en peux plus d’attendre.]
Aussitôt à l’intérieur, son regard fébrile se posa sur la table du fond, là où son être humain semblait maintenant plus relaxe. Le soulagement constatant le bien-être de son être humain fut (teinté/empoisonné) d’une pointe de jalousie à l’idée de ne pas en avoir été la cause. Décidément, il y avait quelque chose de spécial en cet être humain pour que tous ses instincts soient autant dirigés vers son bien-être. D’habitude, normalement, ses plans de sauver le monde servent davantage à parfaire sa réputation plutôt qu’à satisfaire un quelconque élan de sympathie.}
Parce que 23 s’inquiète aussi un peu à l’idée que Morgan puisse lui aussi vouloir se venger sur l’être humain. 23 entre sent le plus doux parfum du monde qui déjà fait réagir son entre-jambe; l’odeur est encore plus forte et intense que la veille, probablement parce que la verveine a fini par être excrétée de son organisme. 23 voit qu’Alex est seul à sa table et s’approche de sa table. Alex, tout normal, “Hey, Salut! Heille, t’arrives juste à temps; moi, j’ai faim! On y va-tu? (/Mais on va-tu ailleurs) Ici, y’a pas trop d’choix, côté bouffe.”
23 reste bête quelques secondes “Hai fame? Tu n'as pas encore souper?!” {Vu la saison estivale, le soleil se couche assez tard et bien qu’en Italie, les gens ont l’habitude de souper après 21h; ici les gens soupent habituellement beaucoup plus tôt. La surprise se transforma vite en inquiétude à la réalisation que son être humain n’avait pas encore mangé et en culpabilité. 23 s'inquiète que son être humain ne soit pas en mesure de subvenir à ses propres besoins et se sent responsable de ne pas lui avoir offert a manger avant}
Alex répond “Ben oui, j'ai soupé, mais ça rien à voir; c'est pas ça qui va m'empêcher d'avoir l’goût d’manger! Surtout que, si tu t’souviens bien, tu m’dois un resto; au moins un par semaine, même!”
“Mi ricordo… (Mais franchement, je ne pensais pas que tu voudrais me revoir après tout ce que je t’ai fait) Mais, tu veux vraiment aller au restaurant avec moi?” regarde tout autour, “ailleurs qu’ici?” reviens sur Alex “tu n’as pas peur que je te fasse du mal?” 23 essaie de lire dans la tête d’Alex pour comprendre si Alex n’a réellement pas peur de lui, mais ne réussi pas à pénétrer; sa perplexité est interrompu par la réponse d’Alex
“Oh, Sweetie! De un, c’est clair que j’veux y aller avec toi, tu vas m’payer d’la bouffe! De deux,
inquiètes-toi pas, moi j’ai pas peur de rien! À moins que t’aille effectivement l’intention de m’faire mal pour
vrai? (un sourcils inquisiteur) Mais, ok, j’vas t’poser la question, par principe:” prend un air solennel,
“Sweetie, est-ce que t’as l’intention de me faire du mal?”
Utilisant cette occasion pour prouver ses bonnes intentions, Secouant énergétiquement la tête, surprise, indignation, mais ardeur “No, no per niente!” [Non, non, pas du tout!] À part peut-être pour boire son sang enchanteur, mais encore là, 23 va s’assurer que ça soit agréable!
Alex se leva alors marmonnant un “dommage” suffisament bas pour lui faire croire que des oreilles humaines n’auraient pas du être capable de l’entendre, et prit son sac à dos pour se le mettre sur les épaules et disant à voix haute et avec entraint, “Bon ben tu vois, c’est réglé! Asteur, allons-y, j’ai faim!” contournant la table pour se rendre vers la sortie, l’être humain continua sur un ton inquisiteur “D’ailleurs, comment ça, t’arrive aussi tard au juste? Honey a réussi à me retrouver en genre pas long, pis toi ça t’as pris toute la journée?!”
{Alex arrive proche de 23; est-ce que Alex a encore le chandail de 49? (il a surement été lavé avec le lavage, vu qu’il devait quand même avoir encore un peu sang un peu partout) Si oui ou non, à quel point Alex sent l’odeur de 49? Surment beaucoup s’ils ont fait des câlins… est-ce qu’ils ont fait des câlins? Si oui, 23 va sentir l’odeur de 49 sur Alex…}
“Mi ‘spiace [Je m’excuse], le jour, je… je ne suis pas disponible pendant le jour… trop de travail au club, tu vois.”
“Hmhm, whatever, c’est correct; une chance que j’avais déjà mangé par contre, sinon, t’aurais pas survécu. Crois-moi, tu veux pas voir Alex-qui-a-faim!”
La mondanité de la conversation et l’attitude décontracté de l’être humain jurèrent tant et tellement avec les craintes qui avaient assailli ses entrailles quelques minutes auparavant que la confusion l’immobilisa un instant. Avec la proximité de l’être humain, un autre détail perturbant se révéla: l’odeur de la bête. “Aspetta! [Attends!]” Avant qu’Alex ne puisse franchir la porte, sa main atterit sur l’épaule de l’être humain et en fit tourner le corps afin que leurs regards puissent se croiser, “come mai… comment se fait-il que tu es ici, en un seul morceau, et que l’autre n’est plus dans les parages? Comment as-tu fais pour t’enfuir, échapper aux griffes de la bête?” Malgré toutes tentatives, son esprits ne réussit point à connecter avec celui de l’être humain…
“Quoi?! Attends, tu penses quoi que j’ai passer la journée à me faire torturer par Honey?!” un fou rire s’empara de l’être humain ce qui ne fit qu’aggraver sa confusion. “Sweetie, inquiètes-toi pas, voyons, t’es la seule personne qui a essayer de me torturer pour vrai; personne d’autre, ok? De toutes façons, même si j’y demandais, Honey serait clairement pas capable de m’faire mal.” Était-ce son imagination, ou une pointe de déception teintait cette dernière remarque?
Avant même que son esprit puisse réaliser et analyser ces étranges affirmations contradictoires, l’être humain lui mit une main dans le bas du dos pour l’entraîner à marcher à ses côtés, les dirigeant vers la sortie de l’établissement. Une fois sur le trottoir, sa curiosité prit le dessus et tenta une fois de plus de lire les pensées de l’être humain, mais cette fois encore, ce fut un échec. “Dimmi, dis-moi, as-tu pris de la verveine aujourd’hui?”
D’un air coquin, l’être humain souleva un sourcil et répondi, “Pourquoi? Tu veux qu’on reprenne là où ont a laissé la dernière fois?”, un clin d’oeil accompagna sa remarque suivante, “Avoue que t’as aimé ça!” et ses sourcils se mirent à danser, pleins de sous-entendus. L’être humain se remit à marcher lui demandant d’un ton nonchalant “En passant, t’as tu eu des séquelles de la verveine d’hier? Rien de permanent; ça a toutte guéri?”
L’étrange mélange de déception et d’excitation à l’idée que la verveine courrait certainement dans les veines de cet être au parfum de plus en plus enivrant fut toutefois moins surprenant que l’idée que cet être puisse s’inquiéter pour son idemnité.
“Tu t'inquiètes pour moi? Alors que c’est moi qui t’ai entaillé le torse! D’ailleurs, ne devrais-tu pas être encore en train de guérir? Di solito [D’habitude], les êtres humains prennent du temps à guérir, non è vero [n’est-ce pas]?”
“Être humain… Sweetie, stp, arrêtes de m’insulter! Pis non, inquiètes-toi pas, c’est déjà toutte guéri; Honey a d’la bave magique.” continuant d’un ton de plus en plus autoritaire, “Pis anyway, quand j’te pose une question, tu m’réponds, compris?! Alors, est-ce que tu as bien guéri, oui ou non?”
Son ton avait été tellement autoritaire et dominant qu’un réflexe, oublié depuis aussi longtemps que la création de sa propre famiglia, l’incita à répondre “Si, Capo.” et se repri même en ajoutant “Oui, Boss”, avant de réaliser son implicite soumission. Ayant été Capo de sa famiglia depuis maintenant des centaines d’années/tellement longtemps/tant d’années; l’idée de se soumettre à un être humain donnait carrément dans l’absurde, voir l’impensable et même la honte. Et pourtant,... Un subtil frisson lui avait chuchoté que, malgré tout, en toute honnêteté, l’idée l’excitait peut-être, mais aussitôt, le sujet fut rejeté et ses épaules redressées, la tête haute, espérant que son lapsus ait passé inaperçu.
“Mmm, j’aime comment ça sonne! Capo, ça veut dire boss, en italien, c’est ça?” 23 hocha la tête, incapable de dire quoique ce soit de peur de réitirer sa soumission, mais l’être humain eut arrêté de marcher et ne faisait que fixer son regard, un sourcil relevé, de toutes évidence expectant une réponse de vive voix. Un combat intérieur entre son désir d’obéir la demande silencieuse de l’être humain à l’odeur alléchante et son orgeuil refusant d’avouer le dit désir fit rage dans sa tête et dans son coeur pour un total de 30 secondes pendant lesquelles, graduellement, l’excitation traître monta dangereusement à l’idée de se mettre à genoux devant l’autre. “Si,… Capo.” Aussitôt que les mots furent sorti de sa bouche, aussi bas eurent-ils été soufflés, une vague d’appréhension se confronta au soudain sentiment de bien-être et de contentement, comme si, pour la première fois, tout était réellement, finalement et malgré toutes attentes, à sa place.
5.4 - PdV d’Alex
*Rule #1 Never say no to free food.
Rule #2 Always carry a knife in case there are strings attached to it.*
{Une chance que mon resto préféré est 24h! (parce qu’il est genre 10h du soir}
Voyant son désir de soumission, se battre avec son orgueil et confuser le tout, j’prends 23 en pitié et décide d’y aller doucement. De toutes évidences, 23 n’a pas encore accepté son désir de se soumettre. Peut-être que dans la vie de tout les jours, 23 est un genre de Big Boss et que l’idée de se mettre volontairement au bas de l’échelle clash avec le reste de sa personne? C’est pas un cliché pour rien.
J’y met une main sur l’épaule “Relax Sweetie! C’est correct, on est en public, tu peux m’appeler Alex. Tu m’appellera Capo quand on sera en privé.” et j’y fais un clin d’oeil. J’me doute bien que son frisson est un mix d’excitation et d’inquiétude. Pauvre Sweetie!
Pendant qu’on marche sur le trottoir, j’repense à comment ma vie a changée en si peu de temps. Aujourd’hui, après avoir récupéré mon sac à dos, j’ai pu retourner chez 49 pis en profiter pour faire du lavage, prendre ma douche et même manger un repas cuisiné. Ça faisait tellement longtemps que j’avais pas mangé un repas cuisiné maison! Et turns out 49 sait cuisiner! Ostie que ça a faite du bien! D’ailleurs, 49 a passer le test: y’a du savon à mains dans sa salle de bain. C’est une de mes quelques règles de vie: ne pas coucher avec quelqu’un qui n’a pas de savon à mains dans sa salle de bain. C’est le minimum de l’hygiène de base, ostie! Mais criss que ça été tough en ostie de m'r'tenir d'y sauter dessus toute la journée; surtout en sortant d'la douche quand j'avais juste une serviette pis que 49 me regardait comme si j'étais un filet mignon après 3 mois sur une diète végane... Mais j’nous avais promis de rien faire tant que j’saurais pas son histoire ou au moins quoi faire ou quoi pas faire pour l'empêcher de dissocier pendant le sexe... Quand même, ostie que ça été tough! Remarque, pour le temps qu’on a passé à faire des câlins sur son divan, ça a valu la peine de me retenir. Ça faisait encore plus longtemps que j’avais pas eu quelqu’un pour me faire des câlins platoniques. D’habitude, les gens veulent juste baiser…
Après ça on a passé à la pharmacie pour acheter des gants de latex/vynile/nitrile/whatever (parce que clairement, ça en prends pour tout les goûts! Quoique j’vous conseillerais pas des manger, mais bon), mais y’avait tellement de sortes, pis de tailles, pis de couleurs, pis de prix, pis de quantité, pis de qualités, pis d… j’en ai presque fait une attaque de panique. Heureusement, 49 a réagi avant que j’aille besoin de m’coucher par terre en position foetale… Riez pas! Y’a quelqu’un un jour qui m’a dit “Qui choisit, prend pire.” et depuis, j’ai d’la misère à choisir, et surtout, je suis incapable de magasiner! Pourquoi vous pensez que j’porte le même modèle de pantalon depuis 10 ans! Moi un coup que j’trouve quelque chose qui marche, j’me casse pu la tête à essayer d’en trouver un autre! Bref, 49 a acheter une boîte de gants pour moi. Probablement le geste le plus héroique que quelqu’un ait pu faire pour moi. Ah, 49, toujours là pour me sauver!
Alors qu’on tourne un coin de rue, j’aperçois quelqu’un qui marche devant nous sur notre trottoir. Pour l’instant, c’est correct, la personne est presque à l’autre bout, fac elle est pas encore dans nos jambes. J’réalise que c’est genre la deuxième fois que j’marche dehors avec quelqu’un d’autre… Bizarre. J’repense à l’escargot de l’autre jour qui marchait au beau milieu du trottoir alors que j’essayais désespérément de m’rendre à ma douche. Quand t’es deux à marcher, t’as besoin d’encore plus de place en largeur. Qu’est-ce qu’on fait si jamais l’autre là-bas avance pas assez vite? J’me demande comment 23 réagirait. Remarque si l’autre a pas pris d’verveine, 23 devrait pas avoir de misère à utiliser son pseudo-charme-magique, right?
D’ailleurs, ça m’rappelle la verveine que 49 m’a donnée avant de me reconduire chez Jo. La petite fiole bleue avait l’air de n’importe quelle autre petite fiole bleue, et l’étiquette principale était cute, avec un dessin de fleur pis toute pis disait quelque chose du genre :
Chez Jo Verveine Ingrédient: infusion de verveine (Verbena officinalis) Valeur nutritive: 0 Dosage: avaler 2.5 ml (moitié de la bouteille) chaque 12 heures (deux fois par jour) Quantité: 5 ml
Mais c’est quand j’ai vu l’autre étiquette collée à côté, un peu croche, clairement rajoutée par après, y’avait même un coin qui embarquait sur l’étiquette principale… J’ai tellement rit!
C’était écrit en gros pis en rouge néon:
GARANTIE sans OGM, sans gluten, sans lactose, sans cholestérol, sans saveur ni couleur articifielle, sans trace d’arrachide!
{Voir photos des vrais produits}
Oh, et l’prix était genre fucking cher! Ou ben c’est une plante fucking rare, ou ben Jo a le monopole et peut mettre n’importe quel prix, ou ben Jo a compris que les gens sont prêts à payer plus cher juste pour que leur stock soit ‘sans whatever’. Bandes de caves; y’a juste les animaux qui peuvent produire du cholestérol; fac c’est clair que t’en aura pas dans un produit où y’a juste des plantes! Pis les caves paient quand même plus cher pour des marques qui promettent leurs trucs de plantes ‘sans cholestérol’. Remarque, tant que c’est pas moi qui doit payer pour! Je sais pas si 49 est riche, mais entre la bouteille et le genre d’injecteur de verveine que 49 m’a acheté, ça a du y coûter cher en ostie. Remarque, n’importe qui qui a un char dans une grande ville comme la nôtre a nécessairement pas mal d’argent. Mais bon, c’était apparemment surtout la seule façon que 49 réussisse à partir. Pas qu’on voulait se séparer (d’ailleurs depuis quand j’aime passer autant de temps avec quelqu’un d’autre que moi-même?!), mais c’était évident que 49 avait pas vraiment le choix de partir. Si j’ai bien compris, il y avait quelque chose d’organisé dans sa communauté, un genre de party à toué samedi soir pis 49 devait absolument être là pour les aider ou quelque chose du genre. Anyway, 49 avait clairement pas l’choix d’être là, mais en même temps, l’idée de me laisser à moi-même avait l’air de l’énnerver pas à peu près. Fac on a convenu que, de un, j’allais toujours garder la bouteille pis l’injecteur de verveine sur moi. J’y ai fait remarquer que la seule fois où je m’était fait kidnapper et torturer c’était justement la fois où j’avais pris d’la verveine… Mais bon, ça reste un excellent remède contre les pick-up lines. Pis l’injecteur, je sais pas si ça marche sur n’importe qui, mais 49 a dit que si quelqu’un m’attaquait à soir, c’est que ça serait probablement le genre de personne sur qui la verveine fonctionnerait et que ça les immobiliserait, comme ça avait fait à 77. Ouin, c’est bizarre comme histoire. J’me d’mande si ça a rapport avec la couleur des yeux? 77 avait les yeux de quelle couleur au juste? Anyway. De deux, 49 m’a fait promettre de passer le plus de temps possible Chez Jo, parce que apparemment c’est un bar magique où personne peut faire mal à personne. Je sais pas si c’est vrai, mais j’avoue que j’ai trouvé ça bizarre, la pancarte à côté d’la porte d’entrée du bar qui dit “Ici, aucune violence n’est possible.”, au lieu de l’habituelle “Ici, aucune violence n’est permise.” Mais bon, whatever. Reste que j’avais pas vraiment l’goût de passer la nuit dans un bar. Veut-veut-pas, à mon âge, ça m’prend plus qu’une nuit pour récupérer d’une aventure comme j’ai eu hier! Fac mettons que ça m’arrangeait pas mal quand j’ai vu 23 arriver. Au moins je sais que 23 me ferait pas d’mal, ou en tout cas, pas le genre de mal que j’aime pas.
Comme de fait, la personne en avant de nous marche moins vite que nous pis on fini par la rattraper. Ostie. Mais moi j’fais rien, j’continue à avancer à ma vitesse. Y’é pas question que j’ralentisse; quitte à y foncer d’dans. J’réalise avec satisfaction que 23 non plus ralenti pas. Good, 2 contre 1! On est a genre 4 mètres de la personne et comme par magie, la personne se tasse sur le côté, s’arrête et se tourne perpendiculaire au trottoir et baisse la tête comme si on était d’la royauté! What the fuck?! Mais j’prends exemple sur 23 pis on continu à marcher la tête haute comme si de rien n’était. I like that!
“A proposito [D’ailleurs], Est-ce que Honey est réellement son nom?”
“HA! Ostie, j’espère pas, ça s’rait une ostie d’coïncidence!”
“Che vuoi dire? Tu ne sais pas son nom?”
“Ben non! Moi les noms, ça m’passe six par-dessus la tête pis la majorité du temps, anyway, j’m’en souviens même pas, fac à place j’leur donne des surnoms” (pis des numéros). “Toi t’es Sweetie! L’autre c’est Honey. C’est tout!”
“Quindi… Toi et Honey êtes…. ensemble?”
On fini par arriver au resto et je rentre comme d’habitude, c’est à dire comme si la place m’appartenait, et me dirige aussitôt vers ma banquette préférée, c’est-à-dire, celle dans le fond. J’m’en fou que les banquettes soient pour les groupes de 4 pis qu’on est juste 2, y’é pas question que j’me fasse mal au cul à m’asseoir sur ces criss de p’tites chaises de marde-là! mes fesses de fibromyalgique ont besoin d'un maximum de padding!
Fac anyway, on s’asseoit face-à-face et
{en attendant qu’on vienne nous servir, j’observe 23 qui de toutes façons ne parle pas non plus.
Alex regarde 23, réévalu son numéro et remarque que 23 est habillé full chic et sexy, genre date!
23 est plus insécure que "3", mais c'est probablement parce qu'il pense que j'ai pris d'la Verveine et sait que son peusocharme marche pas sur moi. Les "3" se retrouvent désemparées quand ils rencontrent qqun qui peut voir à travers leurs trucs.
sa face et son corps parfait et reconfirme le 2, mais le 3, le côté agace et sexy est comme disparu sous le stress. Mais en général, une fois que j'ai donné un numéro, j'le change pas. Quelque chose à propos des premières impressions. (Ça pis que ça deviendrait vraiment mêlant pour vous!) À l'observer davantage, je devine ses mains se tordre de nervosité sous la table et je me rappelle soudainement qu'en réalité, j'ai pas pris ma vervaine à soir... En fait d'habitude c'est 49 qui m'y fais penser... Et pourtant, le pouvoir de séduction légendaire de 23 a toujours pas l'air de fonctionner. Peut-être que 23 a réellement un problème et que la vervaine c'est juste son excuse? Ou bien, si ça se trouve son problème c'est juste avec moi, ou bien juste à soir...
} 23 met sa main sur la-mienne et commence à caresser doucement. Aussitôt, ça m’envoie un choc pas l’fun alors j’retire sa main comme si j’l’avais oubliée sur l’feu et la frotte avec mon autre main pour enlever la sensation désagréable. Quand mon regard retourne vers 23, sa face aurait pas pu avoir l’air plus effrayée, un mixte entre ‘j’espère que j’y ai pas fait mal’ et ‘Oh non, j’y plait pu!/Alex m’aime pu!’. Pauvre p’tit chose! Mais quand j’y fait une face de consolation sa face passe d’effrayée, du genre ‘Oh non, j’y ai fait mal, Alex m’aimera pu!’ à fâchée et comme de fait 23 prend un ton insulté (bitch) et hautain, “Cosa c’è? Qu’est-ce qu’il y a? Tu ne veux plus me toucher?! Je ne suis plus assez pour toi?! Tu préfères l’autre alors tu m’amène ici pour me dire que tu ne veux plus jamais me revoir, è cosi?![c’est bien ça]” Wow, insecure much! “Wo, Sweetie, ben non, voyons! Ça a même pas rapport avec toi; n’importe qui qui me flatte la main de même, ça m’fait mal! C’est les joies d’la fibromyalgie! Tu peux mettre ta mains sur la mienne, mais y faut pas que tu flattes.” “J’ai pas flatté! J’ai juste mis ma main sur la tienne et tu l’as aussitôt retirée comme si je te dégoûtais!” “… non, comme si ça me brûlait. Parce que ça me faisait effectivement mal. Et quand je dis flatter, je parle de n’importe quel mouvement latéral peu importe la distance parcourue! Même un milimètre! Mais en fait ce qui fait surtout mal, c’est quand c’est trop doux, trop léger; ça c’est le pire.” “Mais c’est quoi cette histoire-là?! Ça ne fait pas de sens; se faire flatter fait du bien à tout le monde; en plus, c’est une façon de montrer son affection; si je ne peux pas te flatter, comme je pourrais te montrer mon affection?!” Ben, commence par m’écouter pis me croire quand j’te parle, criss! “Ben, mon language d’amour numéro un est la bouffe; alors si tu m’nourri, j’vas l’prendre comme une preuve d’affection, c’est clair!” “Quindi, je ne peux pas te toucher du tout?!”
avant que j’ai besoin de penser à quelque chose à dire, 38 arrive tout sourir. Good!
Le physique 3, c’est le genre de personne médicalement obèse, mais qui n’a pas l’air d’en souffrir. Genre surplus de poids, mais ça y va bien et ça a pas l’air de l’empêcher de bouger. La personnalité 8, c’est la personnalité enjouées et souriante, qui aime la vie et tout le monde. En effet, c’est une des personnalités qui me tappent le plus sur les nerfs, mais c’est gens-là sont d’habitude tellement plus facile à manipuler!
“Hey, Salut Alex! T’as d’la compagnie, à soir?! J’t’apporte un menu ou tu vas prendre la même chose que d’habitude?”
Attends un peu?! Heille c'est vrai ça, qu'est-ce qui m’prend? D'habitude j'amène jamais personne ici. Quand j’trouve quelqu’un qui veut m'inviter au resto, j'vas à celui à l'autre coin de rue, pas ici. Ici c'est mon comfort resto, la place que j'vas quand j’feel pas pis que j'ai besoin de comfort food. Veux-tu ben m’dire pourquoi j'aurais invité quelqu’un ici; surtout quelqu’un que non seulement j’connais à peine mais qui surtout a essayer de m’torturer la veille?!
Mais avant que j’aille le temps d’en rev’nir pis d’y répondre, 38 s’exclame d’une voix trois coches plus gossante que d’habitude “Oh wow! Rossi! Oh mon dieu, c’est vous! Oh, wow! Vous êtes mon idole! Vos spectacles sont tellement… magiques!” Sacrifice, qu’est-ce qui s’passe? Comment ça, j’suis pu l’centre de l’attention?! “À chaque fois que j’y vais, j’me sens tellement mieux après, vous me redonner espoir en l’humanité, merci! Merci pour tout c’que vous faites contre le dignisme; c’est tellement important, merci!” Sacrifice, à croire que c’est l’nouveau Messie! R’viens-en criss! “Oh mon dieu, Y faut que j’vous demande un autographe, par pitié; sinon ma famille croira jamais que vous étiez ici pour vrai!” Câlisse, kill me now!, non, plutôt, feed me now! J’veux ma bouffe ostie!
Dès que 23 voit la fureur et l’impatience dans ma face, ça y prend pas d’temps avant de retourner son regard sur 38 et lui marmonner quelque chose. Et comme par magie, 38 se la ferme! 38 a pas juste arrêter de s’énerver, mais a même commencer à traiter 23 comme si c’était n’importe qui. Ben criss, apparemment, son pseudo-charme-magique marche pour vrai! Pratique, ça!
Quand 23 chuchotte à 38, oh! Revoilà le 3! Ah ben garde donc, ça marche pour vrai!?
Fac 38 se revire vers moi, ignorant presque 23, et me redemande “Alors, comme d’habitude?” et pour récompenser sa mémoire, je lui fait un sourire fier "Yep! Comme d'habitude, stp!", puis je vais même jusqu'à me tourner vers 23, tout en montrant 38 du pouce, pour en faire les louanges "On a d'la chance à soir, on a la crème de la crème!" et fini avec un clin d'oeil aux profits de 38. Qu'est-ce que j'ferais pas juste pour pas avoir à répéter ma commande à chaque fois! Sacrifice! En tout cas, ça marche parce que là 38 a l'air d’avoir gagné une médaille! Mais, professionnalisme oblige, 38 fini par se tourner vers 23 "Et pour vous?".
"Oh, non merci, j'ai déjà mangé; je n'avais pas prévu venir ici; je suis juste ici pour l'accompagner."
"Quelque chose à boire?"
"Non, merci.”
Quand 18 se retourne vers moi, je vois bien que ça y fait pas plaisir que 23 commande rien, après tout, moins la facture est grande, moins ça va y faire de pourboire! Que 23 veuille mourir de faim ou d’soif, j'm'en fou pas mal, mais tant que ça fasse pas que 18 m'aime moins! J'ai besoin que 18 m'aime si j’veux pas avoir à répéter ma commande à chaque fois! Fac j’y offre un roulement des yeux complice “Inquiètes-toi pas, j’vas m’arranger pour que t’aille un bon pourboire quand même” puis fini avec un clin d'oeil. 38 me fait un sourire en coin et un subtile hochement de tête en remerciement. Fiou, encore une fois, mon charme sauve la situation!
Mais juste avant de quitter notre table, 38 s’exclame “Oh, j’ai presque oublié! Est-ce que vous voudriez essayer notre nouveau super smoothie au kale et jus d’lime désintoxicant, anti-oxydant et rééquilibrateur de pH, avec ça? C’est super bon pour la santé!” Sacrifice! Coudonc, décidément l’imbécilité c’est contagieux! C’est moi où y’a de plus en plus de cave qui croient à ces conneries-là?!
Comme de fait, j’me retiens de faire une face condescendante et réponds avec ma voix gentille et polie “Non merci, mais p’tête la prochaine fois!” et y fais un beau sourire.
38 se décourage pas pour deux cennes et avec son entrain habituel conclut rapidement l’affaire “Ok, pas d’problème! J’reviens avec ta commande!”. Sur ce, 38 s’en va faire sa job ailleurs et je décide de me concentrer sur un détail important à clarifier. Alors je m’évache un peu dans mon banc me tournant vers 23, les bras croisés, avec une face du genre pas impressionnée pantoute pis un sourcil relevé, “Fac c’est quoi, t’es un genre de méga vedette qui essaie de faire la paix dans l’monde avec ses spectacles?”
“Qualcosa del genere. Quelque chose du genre, oui.”
J’pars à rire, j'peux pas m'en empêcher.
“Pourquoi tu ris? C’est une mission très honorable!”
“Pourquoi?! Sérieusement, tu me d’mande pourquoi j’trouve ça hilarant? Tu vas essayer d’me faire à croire que tu promouvois la paix dans l'monde alors que pas plus tard que hier t'as essayé d’me torturer juste parce que t'avais assumé que l'autre avait torturer ton amour?! Remarque, si c'est ta définition de paix dans l'monde, moi j’suis pas contre, mais là... J'avoue qu’en terme d'hypocrisie, tu m’bats, bravo!”
23 à les yeux ronds par le choc.
“Oh mio dio, no! Ti giuro, je te jure qu'en réalité je suis totalement pacifiste. Ce qui s'est passé hier était... Vraiment hors de mes habitudes.”
“Yeah right, essaie pas, t’as fucking aimé ça!” 23 a les yeux ronds, un mix de surprise, gène, honte, inquiétude, “Mais inquiète-toi pas Sweetie, moi aussi j’ai aimé ça.” clin d’oeil “J’avoue que toi pis moi, on a du potentiel ensemble et que ça pourrait effectivement être intéressant à explorer… Quoique si tu veux qu’on rejoue ensemble, il faut que tu saches que moi j’suis pas du genre à m’enfermer dans une relation monogame en jurant fidélité à une seule personne. Mettons que j’préfère garder mes options ouvertes. D’ailleurs, comme tu l’as déjà si bien remarqué, Honey et moi, on est déjà plus ou moins ensemble aussi. Remarque, j’te demanderai pas non plus d’me promettre fidélité ou rien du genre; c’est important que ça soit ouvert des deux bords. Mais j’veux juste pas que tu penses que si j’couche avec toi que ça veut dire qu’on va s’marier pis être monogames juste nous deux ensemble jusqu’à c’que la mort nous sépare, genre.”
Sur ce, 38 arrive avec mon breuvage habituel, vérifie que 23 ne veut toujours rien et repart avec la promesse de revenir avec ma bouffe.
“Va bene, capisco… je comprends, j’ai moi-même eu plusieurs relations en même temps dans ma jeunesse, mais dimmi [dis-moi], combien de relations as-tu déjà, présentement?”
J’reste bouche bée deux secondes parce que franchement j’m’attendais pas à c’que ça soit aussi facile… J’prends une gorgée et y réponds, “Euh, ben en fait, pour l’instant j’ai juste une autre relation qui elle aussi en est à ses débuts. Avant ça, j’étais plutôt du genre one-night stand vu que les gens en général me tappent vite sur les nerfs… D’ailleurs j’me d’mande ben combien d’temps ça pourrait durer notre affaire… Mais ça reste que j’sais reconnaître le potentiel et que toi pis moi, on en a!”
“Ma certo [Mais certainement]! En effet, toi et moi avons une chimie… intriguante! Mais dimmi, ton autre partenaire, qui est-ce? Qu’elle genre de personne est-ce?”
“Mon autre partenaire? Ben c’est Honey!”
“Honey?” puis 23 fait la math dans sa tête et réalise de qui je parle et continue en criant tout bas, les dents serrées et la face mi-enragée-mi-effrayée, “Honey, la bête psychopathe qui a torturé Morgan?! Ma stai scherzando, vero?! [Mais tu me niaises, non?!]”
“Tout va bien?!” Apparemment, la réaction de 23 était pas assez subtile pour passer inapperçue, mais j’rassure rapidement 38 “Oh oui, c’est juste que Sweetie ici pense que mon autre partenaire est une bête sauvage et psychopathe, alors qu’en réalité, j’suis ben plus pire que l’autre, fac imagine!” J’y fais un roulement des yeux pour y faire comprendre à quel point 23 se trompe ben raide et j’enchaîne en pointant le plus important “…C’est mon assiette?” Criss, réveille!
“Oh, oui! Scuse! Tiens,”38 dépose enfin l’assiette devant moi l’air encore un peu dans les vapes, puis fake un sourire en disant, “bonne appétit!” et se retourne sans même nous regarder, la tête perdue dans ses pensées. Avant même que j’puisse regarder mon assiette et me mettre à l’attaque, j’entends un léger grognement en face de moi et reporte mon attention sur l’autre problème à gérer.
“Ma di che cazzo stai parlando?! [Mais de quoi tu parles, ostie?!]” Apparemment, l’interlude à pas réduit la frustration et l’inquiétude de 23, “Non dirmi… Ne me dis pas que tu comptes réellement développer une relation avec cette bête sauvage?!”
“Wo! Sweetie, calmes-toi, là! Relax! Premièrement, Honey est pas une bête, et encore moins psychopathe ou sauvage, fac arrête de l’appeller d’même, ostie. Deuxièmement, non seulement, Honey me ferait jamais d’mal,” (malheureusement) “mais en plus, Honey tient probablement encore plus à ma sécurité que toi, parce que Honey, j’te ferai remarqué, a passé toute la journée avec moi à me protéger, pendant que toi t’étais je sais pas où. Troisièmement, tu devrais pas assumer des choses de même rien qu’en regardant les gens parce que j’peux te garantir que c’est pas Honey qui a torturé ton amour, fac pour ça, va chier.” Ostie, comme si à me r’garder on pourrait pas croire que j’suis capable de torturer quelqu’un, ostie d’préjugés! “Pis…” À combien j’étais déjà? Ah oui, “Pis quatrièmement, ostie, tu peux ben parler, câlisse! C’est toi qui as essayé d’me torturer hier soir, pas Honey! Et pourtant, moi j’t’ai pardonné ça pis j’suis même ici, à soir, à t’amener dans mon resto préféré comme si de rien n’était.” Bon, c’est surtout pour la bouffe gratuite, mais bon, “Fac tabarnak, t’as pas un ostie d’mot à dire, à part “merci”!”.
23 reste bête pendant un bout, fac j’en profite pour me concentrer sur ma bouffe. Enfin!
Ostie! 38 a encore oublié la mayonnaise, câlisse!
“Ma! Mais alors, si ce n’était pas Honey, qui est-ce que ça aurait pu être?! As-tu pu voir qui a torturer Morgan?”
“Non, malheureusement, moi j’ai pas pu voir personne torturer Morgan”, j’avais pas d’mirroir. Ostie, ça aurait été trop génial si j’avais pu me voir aller!
“Mais tu étais là, et tes vêtements étaient couverts du sang de Morgan! Que s’est-il passé?”
“En effet, d’ailleurs ça a pas toute parti, ostie.” Un autre morceau de linge scrapé par c’t’histoire-là! Décidemment, No good deed goes unpunished. “Mais, ok, j’vas t’compter c’qui s’est passé: fac en gros, moi j’étais sur l’point d’me coucher pour la nuit, dans mon trou, à faire mes p’tites affaires à moi comme d’habitude, pis un m’ment d’né j’ai entendu Honey qui passait par là et qui, j’imagine, a tombé sur Darling. Au début, j'entendais rien qu’Honey qui avait juste l'air d’essayer de faire parler Darling. Mais c’est quand j’ai réalisé que Darling était pas capable d’y répondre que j’ai compris qu’y’avait quelque chose qui marchait pas. Pis là j’me suis dit: criss, y faut que j’les aide, sinon j’pourrai jamais dormir! Comme de fait, quand j’ai fini par sortir de mon trou, j’ai vu l’corps de Darling par terre genre complètement paralysé, pis Honey par-dessus qui essayait juste de l’éveiller à la réalité. Pauvre p’tite chose! Mais criss, j’ai beau avoir l’air d’la perfection incarnée, y’a quand même des limites aux miracles que j’peux accomplir, tsé! Y faut dire aussi que les conditions étaient pas les meilleures non plus, mais pour vrai, j’ai fait de mon mieux pour les aider, moi-là!”
“…. Vuoi dire… tu veux dire que toi et… Honey, avez essayer d’aider Morgan mais sans succès?” 23 marmone quelque chose du genre “Imagino che Morgan avrebbe potutto sembrare senza vita considerando la verbena e l’assenza di respiro e di battito.”, mais j’ai pas compris c’que ça voulait dire, mais de toutes façons 23 a continuer, “Mais alors, qui aurait pu avoir fait ça à Morgan?! E poi, pourquoi étiez-vous entrain de vous embrasser lors de mon arrivée? Vous célébriez sa mort?!”
“Quoi? Ben non, franchement.” Du coin de l’oeil j’appercoit 38 qui revient dans notre section et je lève la main avec un sourir inquisiteur pour y signifier que j’vais avoir besoin de quelque chose. J’veux ma mayo! Et en attendant, je continu “De un, y’était déjà trop tard pour Darling quand on a décider de s’embrasser, anyway. De deux, tu peux ben parler, toi tu y aurais probablement juste lécher l’sang de su l’torse, ostie! Mais de trois, qu’est-ce que tu veux que j’te dise, ça doit être pour la même raison que quand Honey a voulu me libérer de chez vous, toi t’étais déjà en boule, à terre, et complètement à poils.” Et je conclus avec un haussement d'épaules “Qu’est-ce tu veux, j’ai un charme irrésistible!”
Et 38 arrive au parfait moment, “Oui? Qu’est-ce que j’peux faire pour vous?”
J’y fait une face de j’fais-pitié, “D’la mayo, stp, tu peux-tu m’ammener d’la mayo?” et fini avec l’entrain de cheerleaders, autrement dit, un grand smile pis un ou deux thumbs up, “C’est tout c’qui m’manque, le reste est parfait, comme d’habitude!”
“Oh, zut, c’est vrai, j’ai oublié ta mayo! Ok, oui, j’reviens tout d’suite; j’vas t’chercher ça, c’s’ra pas long!”
J’me retourne vers 23 et prends un air sérieux, “Bon, normalement, j’m’en mêlerais pas, mais, j’vois que c’qui est arrivé à Darling te perturbe pas mal pis j’avoue que c’t’histoire-là m’intrigue un peu; fac vu que j’t’aime ben pis que j'veux que tu continues à m’payer d’la bouffe, c’est correct, j’vas t’aider. Fac, dis-moi, qu’est-ce qui s’est passé avant c’te soir-là; aviez-vous reçu des menaces ou quelque chose du genre? Est-ce que c’était la première fois que ça arrivait? Y’a-tu des gens qui vous haïssent à s’point-là que vous connaissez? Parce que j’peux pas croire que c’était juste un cas de ‘être à bonne place au bon moment’!”
“In fatti [En effet], Morgan n’est pas la première victime. J’ai effectivement l’impression que quelqu’un s’en prenne à mon association. Pero… cependant, c’était la première fois dont il s’agissait de torture. Les victimes précédentes avaient simplement et rapidement été… assassinées.”
“Ok, intéressant. Donc, si j’comprends bien, t’as un cas de serial killer qui est entrain de dégénérer en serial torturer. Ben ça, Sweetie, c’est une bonne chose pour toi! Mais, quand même, avant que j’me lance dans ces explications-là, dis-moi, Darling a pas été capable de t’dire qui c’est qui y a fait ça? J’veux dire, en général, quand tu torture quelqu’un, tu veux que ta victime reste consciente; c’est pour ça que les spécialistes en torture portent un masque ou quelque chose du genre parce que si la victime survit et s’échappe, tu veux pas qu’on puisse t’identifier!” Ostie, r’garde qui c’est qui parle asteur! Note à moi-même: prochaine fois, porte un criss de masque! “Fac si Darling a survécu, surement que tu peux obtenir une description physique!” J’peux pas croire qu’on pourrait m’oublier aussi vite!
“Magari! [Si seulement!] Malheureusement, même si je peux me conforter dans la certitude de sa survie et de son imminent rétablissement, le fait que Morgan ait préféré s’enfuire de chez moi plutôt que de me laisser m’occuper de ses blessures, non seulement, me brise le coeur, mais me prive également de tout indice face à ce qui lui est arrivé.” Sacrifice que 23 parle fancy! Remarque, ça explique pourquoi 23 pense encore que c’est Honey qui a fait toute la job. Mais comment est-ce que 23 fait pour savoir que 77 a effectivement survécu et même déjà presque guéri sans avoir pu y parler? Et surtout, comment est-ce que 77 a déjà pu avoir presque guéri?! À moins que 77 aussi connaisse quelqu’un avec d’la bave magique?! Est-ce que la bave magique peut aussi guérir les os? Parce que c’est pas tout à fait pareil guérir un os versus guérir la peau; j’veux dire, oui ça reste une question de mitose, mais les cellules osseuses prennent quand même plus de temps à se multiplier que celles de la peau… À moins que t’ai juste besoin de t’faire lécher pendant plus longtemps? Après combien de temps que ça arrête d’être excitant pis que ça devient juste awkward de s’faire lécher une côte à moitié sciée en deux?
“Tiens, voilà la mayo. Le reste est toute correct?”
“Hey!” Criss j’étais loin dans mes pensées; j’ai même pas vu 38 arriver, “Oui oui, merci, asteur, tout est parfait! Merci!” et j’y fait un magnifique sourire an ajoutant plein de bonheur et de satisfaction de la vie dans mes yeux. Qu’est-ce qu’on f’rait pas pour faire bonne impression!?
Dès que 38 s’en retourne à ses affaires, j’relaxe ma face et reviens à 23, “Ok, bon, r’garde, le fait que Darling s’en soit sortie, c’est cool; comme ça t’as pu à t’inquiéter.” Moi, par contre, faudrait que j’m’inquiète en ostie, fuck! “Le fait que t’aies pas pu y demander d’information, c’est pas la fin du monde, c’est correct. On peut s’arranger autrement. Le fait que Darling a pas voulu rester avec toi; ça veut pas nécessairement dire que Darling t’aime pu; ça l’a p’tête juste faite chier que tu passes toute ton temps avec moi au lieu de t’occuper de ses blessures… Mais de toutes façons, saute pas aux conclusions tant que tu y auras pas parler, ok? En attendant, revenons à ton plus gros problème… Donc, comme j’disais, le fait qu’asteur y’a d’la torture au lieu de juste du meutre, ça reste que c’est une bonne chose pour toi! De un, ton monde a plus de chance de survivre plus longtemps à d’la torture qu’à du meurtre; c’est scientifiquement prouvé. De deux, ça veut dire aussi que ça va te donner plus de temps pour arriver sur la prochaine scène de crime pis pogner les coupables; parce que, crois-moi, la torture, ça prend pas mal plus de temps que le meutre! Fac, écoute bien c’que tu vas faire: tu vas mettre toute ta gang sur alerte; faites des check up plus fréquents entre vous pour vous assurer que tout l’monde est toujours là où y faut; oblige-les à toujours être au moins 2 ensemble, etc. Pis dès que quelqu’un manque à l’appel ou disparait, tu cours après! Comme ça, t’as plus de chance de pogner les coupables la main dans l’sac… ou, plutôt, dans l’corps d’la victime.”
“…Courir après? Va bene, si, pero,… mais moi je ne suis pas toujours disponible, malheureusement. Qu’est-ce que je fais si les coupables attaquent pendant le jour ou pendant mon spectacle?”
“Sweetie, la débrouillardise est l’intelligence d’utiliser les ressources à sa disposition. T’es une vedette dans un club, surement que t’as des fans ou du personnel ou des collègues, ou j’sais pas quoi; utilises-les! C’est à ça que ça sert les gens. Si toi t’es pas capable de courir après les coupables, trouve quelqu’un qui est capable et demandes-y de l’faire à ta place. Sweetie, moi j’dis toujours: si t’as des gens; sers-toi s’en!” (Criss que j’sonne smart! En plus, ostie, ça rime!)
23 reste bête, l’air de processer le tout.
“Bon, ben asteur que ça c’est réglé, moi j’vas manger avant que ça refroidisse trop. Fac penses-y pis quand t’auras réaliser que j’ai raison” comme toujours, “tu pourras m’compter le reste de ta vie; si tu veux. Honnêtement les seuls moments où j’peux m’intéresser à quelque chose d’autre que moi-même, c’est pas mal juste quand j’mange, fac profites-en!”
Après ça on a placotté de tout et de rien et franchement c’était pas mal cool, surtout que 23 a dit que j’pouvais commander autant de bouffe que j’voulais. Alors, pas cave, juste avant qu’on parte pour son appart, j’en ai profiter pour prendre quelque chose pour emporter. Quelque chose qui se garde assez bien dans un sac à dos, à température extérieure, mais quand même. Veut-veut-pas, ça va quand même m’avoir fait deux repas pour le prix d’une date! Criss, à c’prix-là, j’ai déjà hâte à la prochaine!
Food is my love language
Chapitre 6 - Réaliser qu’la vie continue
6.1 - PdV de Chose/49/Honey
Samedi soir, (comme d’habitude)
“Chose! Viens ici!”
Eh oui, cher journal, encore une fois, l’Alpha avait besoin d’aide... Mais cette fois, c’était pas dans ma tête que l’Alpha avait crié mon nom. L'aréna était plein et même si le combat était déjà commencé et que tout le monde criait pour encourager leur pari, c'est clair que tout le monde avait entendu l’Alpha m'appeler. Et pourtant, pendant que j’montais les estrades pour me rendre jusqu'au balcon VIP, tout en haut, personne me regardait. Tout le monde se doutait très bien du pourquoi que l’Alpha avait besoin de moi; après tout, je servais pas à grand chose d’autre qu’à ses caprices sexuels. Mais ce qui était le plus dur c’était de savoir que les gens m’ignoraient pas par gêne ou par pitié, mais vraiment juste parce qu’ils s'en foutait. Tout le monde s’en foutait de moi.
{Laisser ma moitié, sans défense, juste pour revenir à la maison-mère et faire l’esclave avait été la chose la plus dure que j’ai jamais eu à faire. Même le fait d'y avoir donné plein de verveine; même le fait d'y avoir fait m’promettre de rester chez Jo avaient pas eu l'air assez pour nous convaincre, Vic et moi, que notre Partenaire pourrait être en sécurité. C'est sûr que chez Jo, n'importe qui est en sécurité vu que Jo a mis un genre de sortilège anti-violence dans le bar qui fait que personne peut ni dire ni faire de quoi de méchant, mais quand même. J'aurais tellement préféré rester avec. Mais si j’avais pas été là pour les combats, les conséquences auraient été encore pire: comment j'aurais pu protéger mon âme-sœur en étant 6 pieds sous terre?!
Un pied est apparu de nul part devant les miens et a manqué de me faire tomber. C'est pas pour rien que je regardais toujours mes pieds quand je marchais dans la maison-mère. Bon, ça pis que de toutes façons, j'avais pas vraiment le droit de lever la tête, et encore moins de regarder quelqu'un d'autre dans les yeux. Bref, tout ce qui me restait à faire à ce moment-là était de m’immobiliser et d’attendre que la personne me dise ce qu'elle voulait de moi. Parce que, vous le savez, je pouvais pas non plus parler, de toutes façons.
“Quand t'auras fini ton combat, tu viendras me voir; j'vas être dans ma chambre. Pis souviens-toi: pas d’douche!”
J’ai fait un oui rapide de la tête, les yeux fermés pour essayer de cacher le frisson qui venait de me parcourir puis j’ai repris mon chemin en joggant presque parce que je savais que j’avais pas intérêt à faire attendre l’Alpha.
Oh que j'avais pas hâte. Déjà que je devais aller satisfaire l’Alpha avant mon combat, ce qui racouricissait mon temps de réchauffement; ensuite, le combat comme tel qui allait me massacrer ben raide; si en plus, après ça, il fallait que je rejoigne Beta Sad à sa chambre… pas d’douche! Ça ça voulait pas juste dire que j'allais avoir du sang partout, mais aussi que toutes mes plaies, mes bleus et mes os cassés auraient pas eu le temps de commencer à guérir. C'est pas pour rien qu'on l'appelait Sad; pour sadique. Avec un peu de chance, j’aurais pas survécu pas à c'te soirée-là pis mon calvaire aurait finalement pu finir là. “Partenaire!” “Oui Vic, t’as raison, on peut pas laisser notre Partenaire sans protection!” Tout d'un coup, on avait une raison de vivre, mais, j’sais pas pourquoi, ça m’donnait pas plus le goût d'la vivre c'te soirée-là!
L’Alpha était dans son fauteuil en cuir, les jambes écartées et sans aucun vêtements en dessous d’la ceinture. Très subtil. J'avais même pas besoin de me faire dire quoi faire; non seulement c'est évident, mais c'est aussi quasiment ma job. Jouet sexuel au service de la meute. Ben, quand on avait pas juste besoin de se défouler en me tabassant, ou que j’étais pas entrain de combattre pour ma vie et leur divertissement... Une job même pas payée, en plus.
“Partenaire, tromper, non!” Vic qui se rebellait dans ma tête m’a fait arrêter à deux pas de l’Alpha. C’était la première fois depuis longtemps que Vic refusait qu’on obéisse à un ordre de l’Alpha. “Je sais Vic, mais tu sais aussi qu’on a pas le choix et qu’on peut juste espérer que notre Partenaire le comprenne!”. “Maaaalll!”
“Qu’est-ce que t’attends?!” La demande de l’Alpha, avec sa voix forte et menaçante était plus un ordre qu’une demande. J’avais intérêt à me dépêcher. Au moins, ça avait mis fin à l’obstinage de Vic. Fac, sans attendre, j’ai pris ma position à genoux entre les jambes de l’Alpha et j’ai commencé à travailler.
Avec l’Alpha, je savais jamais trop comment m'y prendre; des fois il fallait que ça soit doux et lent pis des fois il fallait que ça soit vite et fort. J’ai commencé par caresser du bout des doigts l'intérieur de ses cuisses en remontant lentement vers les aines. J’préférais toujours commencer doucement; au cas où. Une fois au centre, j’ai commence à caresser autour de son sexe. Si jamais je l’entendais gémir, ça aurait voulu dire “continue doucement”; les grognements, c’était pour “vas-y plus fort”. J'ai approché ma tête pour appuyer doucement mes lèvres déjà humidifiées sur son sexe. Dans les deux cas, j’suis assez habile pour être capable de lui donner son orgasme assez vite. J’ai bougé lentement les lèvres sur la partie la plus sensible. Alors avec un peu de chance j’allais avoir le temps d'aller me réchauffer avant mon combat. J’ai mis le plus possible de salive pour tout bien lubrifier. Par contre, j'essayais de respirer le moins possible parce que, comme d'habitude, l’Alpha était pas propre. Je savais qu'il allait falloir que je sorte la langue et lèche, alors je me préparais mentalement à pas vomir. Mon truc c'est de tout licher et avaler les cochonneries le plus vite possible au début, sans respirer pour pas trop goûter, pour que le reste de la job soit pas trop pire. Mettons que ça donne un autre sens au titre de “lèche-cul”. Quand tout était assez propre et goûtait plus ma salive que sa journée, j’ai commencé à mettre un peu plus d'entrain et de sensualité à mes mouvements. Non, ça m’excitait pas; mais oui, j’avais vraiment l’tour pour faker. Ça faisait longtemps que j’avais appris que plus t’as l’air d’aimer ça; plus l’autre aime ça; plus ça vient vite; plus vite j’suis libre de retourner à mes affaires. Fac j’ai liché, sucé et frenché son sexe comme si ma vie en dépendait; ce qui était presque vrai vu la punition qui m'attendait si je faisais pas bien ça. J’ai ajouté mes mains et ses gémissements ont commencé. Bon, on allait y arriver. Mettons qu'avec le temps, j'avais fini par être pas mal habile à faire venir le monde rapidement. J'ai augmenté graduellement la cadence au rythme de sa respiration qui s'intensifiait tout en restant de plus en plus sur le point sensible. T'apprends vite quand ta vie en dépend. À l’entendre, on était proche; 5, 4, 3... Sa mains sur mon front a tout arrêté tout d'un coup. Non! Pourquoi tu m'arrêtes! T'étais si proche!
“J'veux tougher aussi longtemps que le match, fac continue mais fait moi pas venir tant que j'te l’dirai pas.”
Oh non! Là j’étais vraiment dans marde! J’aurais jamais le temps de me réchauffer avant le combat.
La mains derrière ma tête m’a remis la face entre ses jambes. Le message était clair, alors j'ai repris mon travail. Sauf que là en plus il allait falloir que je fasse preuve de créativité pis que j’alterne les techniques pour faire sûr que l’Alpha vienne pas tout suite.
Fac là j’ai fait des ronds; je tournais autour comme si c'était d’la crème glacée pis qui faisait plus 30.
J'me demandais c'que Alex aurait fait à ma place. Pas en terme de techniques, mais plus: est-ce que Alex aurait accepté de se faire faire ça? Pour les lycanthropes, toute attaque envers l’Alpha était impossible (mais genre vraiment impossible), et dans mon cas, envers la meute au grand complet (bon, sauf quand j’étais dans le ring; parce que sinon il paraît que c'était pas aussi l’fun). Mais pour les êtres humains?
En haut, en bas, en haut, en bas.
J’me demandais aussi qu'est-ce que Alex aurait penser de moi. On a pas encore discuté de fidélité, mais pour les lycanthropes, d'habitude quand t'as ton âme-sœur, tu restes avec pis ça fini là.
Gauche, droite, gauche, droite.
De ce que j’avais entendu, les êtres humains sont moins intenses côté fidélité, mais quand même; est-ce que ça compte comme d'la tromperie si t’as juste pas le choix?
Plus de salive. Beaucoup de salive. Oh non, j'commençais à manquer de salive...
Reste que j'me sentais mal par rapport à notre moitié. Avant j'men crissais pas mal de c’qu’on me faisait ou me faisait faire, mais là, j'avais peur que ça gâcherais tout avec mon âme-sœur; qu’Alex me sacre là en apprenant tout ce que ma meute me faisait faire.
Et tout d’un coup, j’ai pogné une crampe dans mâchoire! Ok, lâche pas, continue avec juste tes mains pour un peu.
Surtout que mon âme-sœur devait pas ressentir le lien de Partenaires autant que moi. Il parait que c’est plus facile pour l’être humain de mettre fin à la relation ou en tout cas, que ça gâche pas autant sa vie. Les lycanthropes qui perdent leur Partenaire finissent par perdre la tête ou la vie; c'est pas trop long.
Plus de salive, ça prend plus de salive.
Coudonc, il dure dont ben longtemps le match! J'commençais à avoir mal aux genoux. D'habitude, j’m’arrangeais pour les faire venir assez vite pour justement pas avoir de crampe ou me scrapper les genoux. J'ai beau être lycanthrope et guérir vite; ça empêche pas d'avoir mal!
“Ok, Chose, le match est à veille de finir,” Finalement! “rends-toi utile pis fais-moé v’nir. Là là!”
Fac, dans ma tête, j’était genre:
Oui boss! Non mais, un chausson avec ça? Criss, une chance que j'ai l’tour. Bon, concentre-toi Sam, on va faire ça vite!
Deux doigts bien placés...
L’Alpha gémit; c'est bon signe.
Un peu plus vite. Lèvres, langue.
Sa respiration est plus rapide; on lâche pas!
Un peu plus fort. Salive, salive.
Son bassin commence à basculer; on y est presque!
Plus vite. Succion.
Sa main sur ma tête; ça y est!
Plus fort. Dents!
“Aaaaaah!” On a réussi! Avale! Avale!
Ostie, j'oubliais toujours à quel point l’Alpha pouvait être... Prolifique!
Comme si de rien n'était, l’Alpha a crié, d'une voix assez forte pour que tout le monde l'entende, “STOP! Le combat est fini!”
Pendant que l’Alpha finissait de reprendre son souffle et savourer son orgasme ou la fin du match; j'me dépêchais pour tout lécher, tout bien nettoyer, parce que j'avais appris assez vite que si il restait une seule goutte d'autre chose que ma salive, j'allais l’regretter en ostie.
Dès que j’ai eu fini de nettoyer, l’Alpha m’a repoussé la tête au point où j’ai presque manqué de tomber par terre. Mon travail ici était terminé.
“Envoye, dépêche, met qu’on ai fini d’nettoyer l’ring, ça va être ton tour de t’battre.”
6.2 - PdV d’Alex
And by the way, if asking for consent "ruins the mood" it's because you were the only one in the fucking mood. Literally.
Pour la deuxième fois en deux nuits, j’acceptais d’aller chez quelqu’un que j’connaissais pas. Décidément, j’m’en viens sociale en ostie! C’est pas rare que j’ramasse quelqu’un dans un bar ou un club juste pour avoir un lit où dormir, mais d’habitude après une nuit avec quelqu’un, ça m’prend au moins une ou deux nuit sans personne. Trop d’interaction humaine me tappent sur les nerfs. Là, ça faisait déjà une nuit et une journée complète que j’étais avec quelqu’un d’autre et j’m’enlignais pour une autre nuit… Y’a définitivement quelque chose de spécial avec ces deux-là…
Le sous-sol du Rossi est pas mal plus grand, plus beau et surtout plus propre que le bout que j’avais vu la veille. J’peux pas croire que j’revienne me jeter dans la gueule du loup. Une chance que mon intuition me trompe vraiment rarement et qu’elle me dit que 23 essayerait pas d’me refaire du mal, sinon j’me trouverais cave en ostie.
23 fini par s’arrêter devant la porte au bout du couloir, et une main sur la poignée, se retourne vers moi comme pour vérifier que j’suis encore là ou pour pouvoir voir ma réaction quand j’vas voir c’qui a derrière la porte. Ostie j’hais ça quand les gens me regardent comme ça pis qu’il faut que j’fasse les bonnes faces aux bons moments. Parce que clairement si j’fais pas une face estomaquée ou en pamoison ou j’sais pas quoi, 23 va s’sentir poche, right? Mais, sais-tu, à soir ça m’tente pas; fuck that. De toutes façons, 23 est clairement déjà à moitié en amour avec moi; j’vois pas pourquoi j’me forcerais à faire des faces. Surtout que si 23 veut quelque chose de steady, j’ai intérêt à rester le plus authentique possible, sinon j’vas devoir continuer à faker ad vitam eternam! Wait! Veux-tu ben m’dire depuis quand j’envisage quelque chose de steady, tout court?!
Avant que j’puisse trouver une réponse à ma nouvelle question existentielle, 23 fini par ouvrir la porte et entre dans la pièce en faisant un beau grand geste du bras pour m’inviter à entrer et admirer l’intérieur.
J’avoue que c’est pas pire. Le lit est énorme et pourtant y’aurait d’la place pour en mettre 2-3 autres. C’est rare que tu vois un aménagement qui a l’air autant genre designer que riche que confortable; d’habitude c’est juste un ou l’autre. Pis en plus ça a tellement l’air propre… Ou ben 23 est acroc du ménage ou ben y’a quelqu’un qui fait juste ça à temps plein. Ostie, une chance que j’ai pris ma douche pis fait mon lavage aujourd’hui! Merci 49! Y’a juste mes souliers par contre… Fac j’commence à les enlever; criss j’ai quasiment l’goût des laisser dans l’couloir tellement j’ai peur qu’ils salissent la chambre juste en étant dedans!
Du coin de l’oeil j’vois 23 qui m’indique un rack à soulier juste à côté du cadre de porte, à l’Intérieur d’la chambre. Tant que ça y dérange pas d’avoir mes odeurs de p’tits pieds qui puent dans sa chambre…
Un coup que j’suis en pieds d’bas, que j’ai déposé mon sac à dos par terre pis que j’suis assez dans la chambre, 23 ferme la porte derrière moi.
J’ai à peine le temps d’enregistrer ses mains sur mes épaules que j’sens mon dos pis ma tête s’étamper dans porte
derrière moi. Aussitôt après l’impact, y’a 23 qui a l’air de vouloir m’enfoncer encore plus dans porte en
m’écrasant de tout son corps, ses lèvres sur les miennes, nos dents qui s’cognent par la force de l’impact. J’ai
du avoir ouvert la bouche en surprise parce que sa langue me rentre aussitôt dans bouche pis commence à faire des
wheely. Une chance que j’avais pas mangé d’ail pis que j’m’étais brossées les dents avant d’partir du
resto. Quand t’as pas d’salle de bain chez vous, t’apprends à profiter de toutes les salles de bain qu’tu croises.
/J'ai dû ouvrir la bouche par la surprise parce que aussitôt sa langue s'est retrouvée dans lfond dma bouche à
faire des wheely. Sa langue est partout dans ma bouche. Ses mains aussi ont commencé à m’flatter un
peu partout; tellement que j’même pus capable des suivre. Sa jambe vient d’s’installer entre les miennes pour
m’écraser l’entre-jambe pis son bassin s’frotte déjà sur moi…
{Quand 23 embrasse Alex : criss une chance que j'ai pas mangé d'oignon ou d'ail, j'ai même pas eu ltemps de mbrosser les dents!
(Ou bien alex s'est brossé les dents au resto parce qu'il faut toujours profiter au maximum des toilettes qu'on rencontre parce qu'on sait jamais quand on va pouvoir accès à une autre!}
What the fuck?!
Par réflexe, j’y met les deux mains sur les épaules pour pousser, mais j’aurais aussi ben pu essayer de passer à
travers la porte qu’y’a derrière moi! Ou bien 23 est plus solide que c’que j’pensais ou ben y va falloir que
j’fasse plus que juste prendre ma douche, la prochaine fois que j’vas au gym! Comment ça c’fait que 23 est
solide de même?! J’essaie de m’tourner la tête pour pouvoir respirer mon propre air, mais une de ses mains
m’attérie aussitôt sur la mâchoire et me penche un peu la tête pour que nos bouches s’alignent encore mieux pis
que j’puisse encore moins respirer m’empêche de bouger la tête. J’ai une seconde de panique en réalisant
que j’m’en sortirai p’tête pas. Et si j’y mordais la langue assez fort pour l’arracher ou quelque chose du genre?
Ben non, oublie ça, ça va juste l’exciter encore plus, ostie, c’est clair!
La seconde où j’arrêtes de me débattre et commence à respirer par le nez et faire comme si 23 était pas entrain d’me manger la face en m’étampant dans porte (oui, c’est juste une façon d’parler), mon cerveau fini par réussir à avoir une idée brillante. Bon, je sais réellement pas si ça va marcher, mais à c’point-ci, j’essayerais n’importe quoi. Surtout que l’autre main de 23 est déjà rendue en dessous d’mon chandail…
Fac j’sors l’injecteur de verveine de ma poche, enlève le cap avec mon pouce et la plante direct dans sa cuisse.
Shit, pourquoi 23 réagit pas? Ostie, clairement faut que j’figure out c’est quoi qui fait qu’avec des gens ça marche pis d’autres non! Messemble que 77 avait réagi vite, non? Quoique 77 bougeait déjà pas ben ben quand on y a donné une deuxième dose… Criss, faites que ça marche, j’suis pu capable de toute la bave; j’ai mal au coeur!
Oh, attends un peu, c’est moi où ses mains ralentissent? Ah ben, r’gardes dont ça; y’a p’t-être effectivement juste un temps d’attente, finalement. Dès que j’confirme que ses mouvements ont effectivement ramolis, j’y remet mes deux mains sur les épaules et pousse! Voir 23, les yeux pis la bouche grands ouverts genre What the fuck?! qui tombe par en arrière sans pouvoir rien faire pour se rattrapper pour finir par s’écraser le corps tout croche sur le tapis comme une marionnette pu d’fils… ça a pas d’prix!
La panique, l’adrénaline et l’indignation se transforment vite en outrage et j’profite de son inerçie pour me défouler. “Ostie d’tabarnak!” j’y sacre un coup de pied sur la jambe la plus croche. Tant qu’à y être, j’vas essayer d’la redresser. “Pour quelqu’un qui veut la paix dans l’monde, ostie, tu devrais ptete commencer par apprendre le consentement, tabarnak!”, un autre coup d’pied sur l’autre jambe pour la ramener au centre. “Câlisse de tabarnack, KEEP CALM AND ASK BEFORE TOUCHING!” Je tourne autour, et y donne un autre coup de pied sur le bras qui a atterri par en haut, “Ça veut dire, calme-toé pis demande avant d’toucher, câlisse!” un autre petit coup d’pied parce que le premier a ramener le bras juste à 90 degrés, “Si tu laisse pas la chance à l’autre de dire non, t’as pas son consentement!” Un dernier p’tit coup pour que le bras soit vraiment parallèle au corps. “AVANT de toucher quelqu’un, ça te prends des oui RÉELS! Le L, c’est pour Libre!” un coup de pied sur le deuxième bras qui lui était tombé sur le ventre pour le renvoyer de son bord. “Si la personne peut pas ou a pas l’temps de dire non, son oui est pas libre! Fac tu peux pas y toucher, tabarnak!” Un coup que les membres de 23 sont plus ou moins enlignés, j’m’arrête au dessus de son corps, un pied de chaque côté de ses hanches, les poings sur les miennes et y regarde la face avec mon air le plus frustré possible.
L’horreur et la culpabilité dans la face de 23 sont palpables. Au moins 23 a l’air de comprendre d’avoir fait une gaffe!
Vu que j’ai arrêté d’parler, 23 ouvre la bouche comme pour s’expliquer, mais la referme presque aussitôt comme si l’idée de dire un mot sans permission pourrait être dangereux pour sa santé… en effet! Fac quand le désespoir et la peur commencent à prendre plus de place dans sa face, j’décide d’y donner une chance, “tu peux parler.”
“Mi dispiace! Mi dispiace tanto! Par pitié, Capo, pardonnez-moi! Je vous en supplie! Plus jamais je ne le ferai! Promis, chaque fois, je demanderai! Vous avez raison, je n’aurais pas du vous toucher sans votre consentement! Le fait que vous êtes irresistible et que je suis si faible face à la tentation que votre grandeur exerce sur moi chaque seconde que je passe en votre compagnie ne peut, je le sais, être une excuse valable à mon manque de contrôle déplorable! Toutes mes excuses, Capo! Punissez-moi, svp, c’est tout ce dont je mérite!”
Bon j’avoue qu’y a une partie de moi qui aime bien se faire chanter ses louanges… et 23 a vraiment un talent pour la prosternation verbale. Physique aussi surement, si ses muscles pouvaient bouger. L’ironie est que sa punition risque d’y faire tellement plaisir… C’est ça le problème avec les masochistes, tu peux pas vraiment les punir juste en leur faisant mal…
“Tu veux une chance de te faire pardonner?”
“Si, per favore! Par pitié, oui!”
“OK” et je laisse planer le silence pendant que j’ai l’air de réfléchir à ce que je vais y faire, mais en vrai, je sais déjà ce que je vais y faire.
“La confiance, ça se gagne, ça se bati. Fac j’vais te mettre à l’épreuve, te soumettre à la tentation, te teaser et t’exciter jusqu’à c’que tu sois pu capable, et si, quand la verveine va arrêter de faire effet et que tu vas pouvoir recommencer à bouger, si tu réussi à te retenir, à rester immobile et à demander avant de bouger quoique ce soit pour me toucher, tu vas pouvoir regagner ma confiance. Te sens-tu apte à relever le défi?”
“Assolutamente si! Je vous promet, je relèverai le défi, maintiendrai le contrôle et demanderai votre permission avant d’entreprendre quelque contact que ce soit! Mettez-moi au défi et permettez-moi de regagner votre confiance, par pitié!”
Toujours se méfier des gens qui promettent des choses trop vite et trop absolu. De un, plus la promesse est faite rapidement, moins il y a de réelle réflexion derrière. De deux, plus la promesse est absolue, tu genre “plus jamais”, moins la personne a de chance d’être capable de réussir pour vrai. Après tout, les seuls vrais absolues sont ceux issues des mathématiques. En tout cas, le teasage est ma torture sexuelle préférée, alors j’vas faire comme si sa promesse avait une quelconque valeur et j’vas juste en profiter.
Première étape: enlever son linge.
Avez-vous déjà essayer de déshabiller un corps mort, inconscient ou paralysé? Moi oui. En fait, déshabiller des gens qui sont presque morts fait partie intégrante de la définition de tâches des PAB! Bon, j’avoue, c'est ptete pas la façon la plus romantique de déshabiller ses partenaires... Surtout si ça t’fais penser à tes bénéficiaires…
Mais un coup que 23 est finalement à poils, j’me remet debout au dessus de son corps pis j’prends une minute pour admirer l’ensemble. J’avoue que ça va être dure en ostie de m’retenir pis d’prendre mon temps… Criss que 23 est hot!
Mais avant de commencer, j’y fais les demandes d’usage, “C’est quoi ton safeword?”.
“Cosa?” Là dessus, pas besoin de traduction, 23 a clairement aucune idée de quoi je parle.
“Ton safeword. C’est un mot que tu dis pour arrêter. Genre si jamais j’fais quelque chose que t’aime vraiment pas ou qui fait vraiment trop mal, tu dis c’te mot-là, pis j’vas arrêter. Idéalement, tu prends un mot que tu dirais pas normalement pendant l’sexe, histoire de pas toute mélanger.”
“Vous arrêteriez tout à un simple mot de ma part?! Perché mai?!”
“Ben là, Sweetie, c’est pas d’la vraie torture qu’on fait là; c’est du BDSM. De un, Sweetie, il faut que tu comprennes que c'est pas parce que tu te soumets que tu perds tous tes droits humains! Au contraire, même! Dans une relation D/S, c'est la personne soumise qui a le dernier mot! Et de deux, moi j’ai besoin de savoir que c’est consentie. Et pour que ce soit consentie, il faut que les oui soient RÉELS, et le R c’est pour Réversible, fac il faut que tu soit capable de m’arrêter à n’importe quel moment, dès que t’aimes pu ça. J’ai l’goût de t’faire souffrir, mais juste si toi aussi t’as l’goût. Sinon c’est d’la torture, pis à soir, j’suis pas dans l’mood pour ça. Fac choisi un safeword.”
“… xxx”
“Ok, cool, xxx. Parfait, maintenant dis-moi quelles sont tes limites. Ça c’est les choses que tu sais déjà que tu voudrais pas que j’te fasse ou que j’te fasse faire.”
“Con voi, Capo, non ho limite. Lorsque je suis sous votre emprise, Capo, j’ai l’impression que plus rien n’existe et que vous pourriez me faire ou me faire faire n’importe quoi. Pour vous, je n’ai pas de limite.”
“Oh Sweetie, non, fais pas ça. Non seulement, c’est pas vrai et c’est très insécurisant pour moi, mais surtout, c’est pas sain. Tu vois, c'est justement pour ça que ça prend des limites! Pendant que t'es, comme tu dis si bien, sous mon emprise, je pourrais effectivement sûrement te faire ou te faire faire n'importe quoi, mais par après, par contre, tu le regretterais clairement! L'idée est de faire rien qu’des choses que tu vas aimer faire ET aimer avoir faites… même après les avoir faites! Fac penses-y comme faut, y’a surement des choses que t’aimes pas.” Là j’avoue, je m’inquiète un peu pour ses autres partenaires. Voyant que 23 a toujours pas l’air d’avoir d’idée, j’décide d’y aller avec quelque chose de généralement évident, “Ok, mettons, v’la un exemple extrême: est-ce que t’aimerais que j’te chie dans face?”
“Cosa?! Mais, non, par pitié, mais pourquoi feriez-vous une chose pareille?!”
“Ah! Ben voilà, tu vois, t’en as au moins une limite! La scatophilie, hard limit. Noted! Bon, t’en as tu d’autres des limites de même?”
“… Suppongo di si… Je présume que oui, mais pour l’instant rien ne me vient en tête.”
“Ok, ben d’abord, il faut que tu me promettre que si jamais j’fais quelque chose ou j’te fais faire quelque chose que t’aime vraiment pas ou qui t’fait vraiment trop mal, tu vas utiliser ton safeword pis m’arrêter, ok? Tu promets?”
“Vi lo prometto! Je vous le promet!”
“Bon, parfait. Maintenant, comment te sens-tu par rapport au sexe? Pénétration, sexe oral, masturbation, etc. Des préférences, des… c'est quoi l'inverse de préférence? En tout cas. Sexe?”
“Mi piace moltissimo il sesso. J'aime énormément le sexe. Oral, manuel, pénétratif, donner et recevoir, avec ou sans jouet, une ou plusieurs personnes... J'aime beaucoup le sexe.”
“Ooook. Pis côté maladies; en as-tu, si oui lesquelles, sinon c’est quand la dernière fois que tu t’es fait tester et combien de partenaire as-tu eu depuis?”
“Maladies? Je n’ai pas de maladies! Ne vous inquiétez-pas, jamais je ne metterais consciemment votre vie ou votre santé en danger.”
Ben au moins là 23 a ajouté consciemment; ça fait moins absolu comme promesse, j’aime ça. Pis de toutes façons, j’avoue que j’m’en fou pas mal d’attraper des maladies; j’ai déjà l’habitude d’avoir mal partout anyway grâce à la fibromyalgie, fac des douleurs de plus ou de moins…!
“Oooook, bon ben tant mieux, merci.” Qu’est-cé que tu veux que j’réponde à ça anyway?! “Euh, au cas où toi ça t’inquiéterais, moi aussi j’suis propre, ou en tout cas, autant que j’puisse le savoir. J’me fais tester régulièrement et j’me protège le plus possible, mais j’avoue que j’ai eu des partenaires depuis la dernière fois que j’ai passé mes tests. Quoique ces partenaires-là ont dit être propres aussi, mais inquiètes-toi pas, on va s’protéger quand même, pour faire sûr.”.
“Va bene, ça ne me dérange pas, je ne tombe jamais malade, alors même si vous aviez quelque chose et qu’on ne se protégeait pas, cela ne m’inquiéterait pas.”
Ah ben, y’en a qui ont d’la chance en ostie… et une foi aveugle! Mais bon, j’veux pas pêter sa bulle à soir.
“Oook, cool. Ben on essayera quand même de se protéger un minimum, au cas où, ok?”
23 dit juste “Va bene.”, mais en même temps hoche la tête comme pour dire ‘ok’, alors j’assume que c’est ça que ça veut dire. Décidément, j’vas finir par apprendre l’italien à rester avec 23.
“Bon, ok, parfait, fac ça c’est réglé. Maintenant, j’dois j’t’avertir, à soir, ça va être de l’orgasm denial. Ça veut dire que j’vas tout faire pour t’exciter le plus possible, te rendre le plus proche possible de l’orgasme, mais sans te laisser venir. Après, quand moi j’aurai fini de jouer avec toi, tu pourras ben te masturber et te faire venir toi-même si tu y tiens, mais ça sera pas moi ni avec mon aide. Est-ce que tu comprends, et si oui, es-tu d’accord avec ça?”
“Ma perché? Mais pourquoi tant de cruauté?!”
“Ben, de un, c’est ta punition pour m’avoir sauté dessus sans mon consentement. Pis de deux, ben c’est ta chance pour regagner ma confiance. Le but est de te rendre le plus proche possible de pu être capable de t’contrôler pis de voir si tu vas quand même te souvenir de demander la permission avant de me toucher ou de m’sauter dessus. Qu’est-ce que t’en penses? Est-ce que tu veux essayer de regagner ma confiance?”
“Per questo, farei di tutto. Pour gagner votre confiance, je ferais n’importe quoi, Capo. Alors, si, va bene, j’accepte.”
Encore une fois, 23 reste dans les absolus. C’est pas fiable ça.
“Ok, mettons. Maintenant dis-moi, comment tu te sens par rapport à la douleur? En veux-tu? Est-ce qu'il ya un genre de douleur que tu préfères, un que t'aime pas pantoute?”
“Questo non lo so. Ça je ne sais pas, je ne passe pas mon temps à répertorier les douleurs! Je sais que je n'aime pas me faire transpercer par une épée ni me faire tirer dessus...”
Ben, c'est un début…
“…Però, jusqu'à récemment, j'aurais aussi dit ne pas aimer la brûlure de la verveine, et pourtant vous me l'avez fait aimer et maintenant je ne veux plus m'en passer!”
“Ha! Ben y'a effectivement des douleurs qui peuvent être plus facilement associées au plaisir. Est-ce que tu voudrais que je prenne de la verveine à soir aussi?”
“Aspetta! Non ne avete ancora bevuto?! Ecco perché il vostro profumo è così intenso sta sera! Ma allora, perché non vi posso soggiogare?!”
“Euh scuse Sweetie, mais y va falloir que tu t’calme un peu et que tu répète tout ça, mais en français, ok.”
“Scusa! Pardon! Je suis perplexe. Que vous n’ayez pas pris de verveine ce soir, expliquerait pourquoi votre odeur est encore plus irressistible que la dernière fois.” Par chez nous, on appelle ça ‘se laver’, mais bon. “Mais cela n’explique pas pourquoi je ne peux toujours pas contrôler ni même lire vos pensées, ce qui n’est pas normal et même, je dois avouer, très embêtant, voir problématique...” Attends; 23 se plaint de pas pouvoir lire et contrôler mes pensées, pis c’est moi qui est problématique (/a un problème)?! Voir!
“Ben, qu'est-ce tu veux, mes parents m'ont toujours dit que j'étais quelqu'un de spécial!”
“Vi potrei assaggiare, per favore? Est-ce que je pourrais goûter à votre sang…s’il-vous-plait? Per favore!”
“Tu veux goûter mon sang…” des souvenirs de la veille me reviennent en tête; notamment 23 à poils à genoux devant moi qui s’branle en s’faisant brûler par mon sang… “Avec ou sans la verveine?”
Souffrir ou ne pas souffrir, là est la question!
6.3 - PdV de Chose/49/Honey
Samedi soir, suite,
Cher journal,
Ça a été le combat, le plus pas rapport que j’ai eu à faire à date!
C’était l’heure du combat, mais mon adversaire était pas encore là alors y’avait juste moi dans le ring et la foule hurlait déjà. La meute avait comme une relation amour-haine avec moi pendant les combats. Parce que le reste du temps, j’étais la pire marde au monde, mais dans le ring, j’étais le défi ultime. Ça devait ben faire une coupe d’année que j’avais pas perdu un combat, alors tout l’monde était déchiré entre m’admirer ou me détester. Yink des victoires, mais pas une cenne.
Parce que oui, tu te faisais payer pour les combats. Les indignes recevait une paie juste en cas de victoire,
mais les dignes avaient juste besoin de participer pour recevoir une récompense. Moi, comme de fait, j’faisais pas
une cenne. Mais si tu t’battais contre moi, pis que tu gagnais, c’qui était pas arrivé depuis un bon bout,
tu ramassais le double. Fac la récompense était tentante, mais le risque était tellement élevé qu’y’avait pas mal
juste des dignes qui voulaient se battre contre moi, parce que même en cas de perte, ça leur donnait le double
“pour leur participation”. Vu que les dignes étaient les seules personnes qui avaient le temps, les installations
et la permission de s’entrainer à la maison-mère, c’était encore plus impressionnant, et insultant j’imagine, que
je les batte à chaque fois. Si au moins leurs petits esprits fermés avaient accepté d’apprendre les arts martiaux
avec les êtres humains; ça leur aurait donner une chance de m’batte.
J’me suis fait craquer le cou et rouler les épaules, j’ai même fait quelques squats; j’avais peut-être l’air d’essayer d’intimider, mais en réalité j’essayais juste de m’débarasser de toutes les tensions que l’Alpha m’avait fait accumuler. La crampe à la mâchoire était partie, mais j’avais encore le goût dans la bouche. J’aurais peut-être pas du avoir mangé autant c’te journée-là; ça m’aurait moins donné le goût d’vomir. Mais ma moitié avait eu faim et lui procurer un repas cuisiné et voir la joie dans ses yeux en le mangeant m’avait fait sentir comme si j’avais accompli ma vie. Alors quand ma moitié a insisté pour que moi aussi je mange, j’ai pas pu résister.
Juste d’y penser, j’avais l’eau qui me revennait à la bouche, mais quand j’ai avalé, c’est le goût de l’Alpha qui est revenu. D’habitude, ça m’faisait rien; pas que j’aimais ça, juste que ça m’écoeurait pu. Avec les années, ça devient une habitude, pis après un bout c'est juste normal. Mais là, en repensant à mon âme-soeur, l’arrière-goût de l’Alpha me faisait comme un noeud à l’estomac. Fac j’ai pris une grande respiration pour essayer de me calmer et comme de fait, c’est l’odeur de l’Alpha qui m’a remonté au nez. Décidémment.
Quand mon adversaire a fini par monter dans le ring, avec le couteau à lame en argent officiel dans la main; j’ai figé ben raide. J’pouvais pas croire que Gab voulait réellement m’affronter.
Quand on étaient jeunes, Gab et moi on était inséparables, mais après Masevas, après que la trahison de mes parents ait été découverte, Gab a pus voulu se tenir avec moi et faisait tout pour m’éviter. C’est sur que j’aurais préféré avoir son amitié et son support pendant toutes c’tes années-là, mais en même temps, j’comprends que c’était pour son bien. Si la meute avait pensé que Gab était de mêche avec moi; sa vie aurait été aussi pire que la mienne. Au moins, Gab a jamais essayé de me tabasser ou de me violer comme les autres. J’imagine que c’était sa façon de me montrer son amitié.
Gab participait régulièrement aux combats du samedi soir, mais avait encore jamais demandé à se battre contre moi. Pour que Gab veuille m’affronter, c’est qu’y avait quelque chose de changé. Je l’ai regardé avec une question dans la face, en espérant recevoir une explication, mais tout ce que Gab a fait a été de me faire une face désolée, presque désespérée et de la remplacer aussitôt par un air déterminé, presque féroce. Alors j’ai compris que Gab voulait pas vraiment m’faire mal, mais avait juste pas l’choix. Vu que l’Alpha avait encore jamais forcé personne à m’affronter, ça pouvait pas être ça qui obligeait Gab à se battre contre moi. L’argent? Est-ce que Gab avait autant besoin d’argent, au point de trahir notre peuso-amitié et surtout, de risquer de se faire tabasser en se battant contre l’adversaire suprème?
D’habitude, j’profitais de ces combats-là pour me défouler, faire sortir la rage accumulée et me venger de toute la marde qu’on me faisait subir, mais une partie d’moi voulait pas faire de mal à Gab. De l’autre côté, j’pouvais pas m’faire trop tabasser non plus parce qu’il fallait que j’aille voir Sad juste après (et tu veux vraiment pas risquer de perdre connaissance en présence de Sad, parce que non, c’est pas ça qui va l’arrêter…), mais surtout, il fallait que je reste en état de protéger mon âme-soeur.
J’me souvenais pas de la dernière fois qu’un combat m’avait fait autant battre le coeur. J’avais les mains qui shakaient. Pour la première fois, c’était pas juste moi qui était en jeu. Pour la première fois, j’avais une bonne raison de vouloir perdre et une bonne raison de vouloir gagner. J’savais pu quoi faire.
Le poing de Gab m’est arrivé dans face avant même que j’m’en rende compte. Mon crâne s’est mis à bourdonner. Mon hésitation venait d’me coûter une commotion. Le punch d’après, je l’ai à peine venu venir, mais mes réflexes étaient revenu et j’ai réussi à le bloquer. Après ça, j’ai juste continuer à bloquer ses coups. Je savais juste pas encore si j’voulais vraiment me battre contre la seule personne d’la meute qui m’avait encore jamais rien fait.
À un certain point, j’ai vu une ouverture dans sa garde et j’y ai rentré d’dans pour l’envoyer au sol et y atterrir dessus à quatre pattes. N’importe qui qui fait du juitjitsu aurait pu se sortir d’une prise aussi basique, mais Gab, comme les autres lycanthropes, avait jamais fait d’art martiaux fac faisait juste se tordre dans tout les sens. Gab avait encore son couteau à lame d’argent dans la main, mais j’y tenais les deux poignets ben serré, pis avec tout mon poids, fac ça y donnait rien. Après un bout à se débattre, Gab a fini par se calmer pis me regarder pour vrai. Pendant que la foule retenait son souffle, moi je fixait Gab pour essayer d’y faire comprendre que moi non plus j’voulais pas y faire de mal, mais que j’pouvais pas non plus m’laisser tabasser. La peur pis le désespoir dans sa face m’ont coupé le souffle. Pis Gab a chuchoter, juste assez bas pour que personne d’autre l’entende, la seule chose qui pouvait faire pencher la balance.
“Mon âme-soeur veut des enfants.”
Sauf dans de très rares cas, genre si l’Alpha vous aime vraiment vraiment beaucoup, les couples d’indignes ont pas le droit de se reproduire. ‘Ça ferait juste empirer la génétique d’la meute.’ Alors si un couple d’indignes veut des enfants, vu que c’est genre presque impossible d’avoir l’accord de l’Alpha, leur seule option est de quitter la meute. Et quitter la meute veut dire payer pour son propre appart, sa propre bouffe, etc. Fac oui, Gab allait avoir besoin d’argent; de beaucoup d’argent.
Gab avait besoin de gagner.
Mais Gab pourrait pas gagner sans me massacrer.
Mais j’pouvais pas non plus laisser Gab trop de maganer.
J’ai regardé le couteau dans la main de Gab et pris une grande respiration. J’ai légèrement changé ma prise de sur son poignet, pour pouvoir diriger la lame moi-même pis j’ai alterner mon regard entre Gab, sa lame et mon épaule jusqu’à ce que Gab ait l’air d’avoir compris. Puis j’ai fait comme si Gab avait été capable de me faire chavirer et j’nous ait fait virer d’bord pour que ça soit moi qui soit sur le dos et Gab par-dessus, avec son couteau déjà rentré sous ma clavicule. Notre petite conversation avait pris juste assez de temps pour que mon adrénaline redescende, c’qui fait que la douleur était pas mal plus intense que d’habitude quand j’me bat. Pendant que la foule restait bête et sans voix, moi j’criais dans ma tête, mais comme de fait, y’avait pas un son qui sortait d’ma gorge. Pendant c’te seconde-là, le silence était assourdissant. C’était la première fois que j’faisais exprès pour me faire mal; la première fois que j’me sacrifiais pour quelqu’un d’autre.
J’m’étais dit que la clavicule serait un bon compromis, qu’en étant assez haut sur le corps, ça mettrait du sang un peu partout et donnerait encore plus l’impression que Gab puisse gagner, pis en même temps, y’a rien de vital dans l’épaule fac ça aurait pas été trop grave.
Alors que la foule s’était remise à hurler plus fort que jamais, Gab m’a fait une face incrédule, genre ‘J’peux pas croire que tu ferais ça pour moi, t’es la meilleure personne au monde, j’te mérite pas, etc.’ Mais on avait un show à donner, alors Gab a repris son air déterminé et a recommencer à m’frapper.
Après une coupe de coups dans face, qui j’espérais allaient me faire saigner assez, j'ai ramené le combat à une position debout, histoire de mieux tout contrôler.
Mon bras était inutile et pendait et faisait mal à chaque fois, mais plus il bougeait, plus le sang coulait et plus ça ajoutait au drame. En plus, ça donnait l’impression que Gab aurait une chance pour vrai vu que j’avais un bras en moins pour me défendre.
La foule était en furie, pour la première fois, quelqu’un avait l’air d’avoir une chance de pouvoir gagner contre la Chose.
J'ai du laisser Gab m'atteindre une coupe de fois de plus pour que ça ait l'air vrai, mais je m'arrangeais quand même pour limiter les dégâts. Comme quand son couteau a faillit m'arriver dans les côtes et que j'ai sauté pour qu'il m’arrive juste dans l’ventre. La douleur a failli me faire vomir et le fait que mes abdos étaient atteints, allait rendre tout le reste plus douloureux, parce que, je sais pas si vous savez, mais la majorité des mouvements impliquent les abdos. Mais c’était quand même moins pire que si la lame m’avait percé un poumon ou l’coeur. Je sais pas à quel point Gab se rendait compte que je contrôlais notre combat, mais sa face alternait entre la détermination en me frappant, et la culpabilité en voyant les dégâts causés.
Mais il fallait aussi que j'aille l'air de me battre, sinon l'Alpha aurait compris l'arnaque. Fac je frappais Gab aussi souvent que possible, mais toujours genre à moitié de ma force, juste pour dire que ça avait l'air vrai, mais sans y faire trop de dégâts.
Le fait que y’avait à peu près juste mon sang qu’on pouvait sentir dans l’air étouffant du stade moi j'étais
en sang et que Gab était encore presque propre rendait ma défaite encore plus crédible, mais c'était clair
que les autres allaient se poser des questions. Mes adversaires finissaient jamais indemnes, d'habitude. Sur le
coup, j’voulais pas trop penser aux conséquences que ça pourrait avoir sur ma réputation, mes prochains combats,
ou la façon que les autres allaient me traiter. Sur le coup, je pensais juste à limiter les dommages.
Quand Gab a essayé de me casser la jambe, j’ai fait en sorte que l’os fasse juste craquer un peu, juste assez pour que les premiers rangs l’entendent, mais pas assez pour une fracture complète qui aurait pris beaucoup trop de temps à guérir. J’en ai quand même ajouté en me laissant tomber sur le côté pour leur faire accroire que ma jambe était vraiment scrape. Voir autant de mon propre sang sur le tapis du ring m’a rappelé mes premiers combats, quand j’savais pas encore me battre. Devant moi, la foule s’est levée debout, extatique de me voir me faire massacrer. Au moins, avec autant de mon sang dans l’air et dans ma bouche, y’avait pu rien pour me rappeler l’Alpha.
6.4 - PdV d’Alex
Sadism is refusing to make a masochist suffer.
Sans verveine)
Alex se déshabille sensuellement et laisse 23 le dévorer des yeux.
“Sweetie, tu peux m’dévorer des yeux autant qu’tu veux, tant qu’tu t’gardes d’la place pour l’dessert.”
{Alex enlève son chandail, est-ce qu’il pense à la dernière fois que 23 l’a vue sans chandail? Est-ce qu’on voit encore la cicatrice ou y’en a pu? (revoir la scène dans le café), est-ce que 23 réagi? Si oui, ça l’excite ou il se sent coupable?}
Y’en a qui préfèrent dominer en gardant leurs vêtements et j’peux comprendre que tu t’sentes plus vulnérable à poils et que donc tu peux te sentir moins en contrôle sans ton linge pis que ça soit plus dure de dominer. Mais moi, de un, après avoir vécu dans la rue pendant aussi longtemps, y’a pu grand chose qui m’fait sentir vulnérable. De deux, moi pour dominer, j’ai pas besoin d’aide ou de props ou de quoique ce soit; la domination c’est avant tout une question de vibe que tu dégage, d’attitude. Pis avec mon ‘god complexe’, la domination me vient naturellement! Et de trois, surtout, moi quand je domine, j’peux être autant top (la personne qui fait quelque chose à l’autre) que bottom (la personne qui se fait faire quelque chose par l’autre); comment tu veux que l’autre me fasse v’nir avec sa bouche, si j’y donne pas un accès directe?! Bon Alex, là, arrête de faire ton speech pis concentre-toi sur ton striptease!
Un coup d’oeil sur la face de 23 me rassure que j’ai pas encore perdu son attention. Good, j’aime pouvoir prendre mon temps.
Alors, tranquillement, j’enlève mon linge, commençant par le haut et une fois mon torse nu, j’en profite pour m’étirer un peu, les bras au dessus de la tête, le dos arché. Ça fait du bien, mais surtout, je sais que ça met mon corps en valeur. {On voit la cicatrice que 23 a faite!} En redescendant mes mains, j’en profite pour me caresser le cou, la poitrine, les mamelons, puis je descend le long de mon ventre jusqu’à mes pantalons. Là je prends une pause. J’ai l’air de vouloir faire durer le suspense, mais en réalité, j’me demande juste comment j’vas faire pour enlever mes pantalons sans m’planter. On est au beau milieu du plancher, pas de meubles ou de murs proches pis j’ai un pied de chaque bord de son bassin. Avec mon équilibre légendaire, c’est clair que j’vas m’planter! Qu’est-ce que j’fais… qu’est-ce que j’fais?
Oh, bonne idée! Faisons d’une pierre deux coups!
J’me tasse sur le côté et me dirige vers la porte de la chambre.
{Alex les enlèves quand ses pantalons?!}
“Dove… Où allez-vous?!” J’me retourne à moitié et vois l’inquiétude dans la face de 23, ses sourcils relevés en question et sa bouche ouverte d’incrédulité. Alors j’mets mon index devant mes lèvres et y fais “chhhhuuuuut”, avec le même doigt je pointe son corps immobile au milieu de la chambre et ajoutes aussitôt “Bouge pas, j’r’viens, c’s’ra pas long!”. Dès que sa bouche se referme, les lèvres serrées ben dur et que ses yeux se rapetissent de frustration, les sourcils froncés; j’repars vers la porte en partant à rire dans ma tête.
Je sais que c’est cruel comme blague, mais c’était juste plus fort que moi!
Bref, le sourir étampé dans face parce que j’me trouve évidemment drôle en ostie, je sort de la chambre sans pudeur et pars à la recherche de la salle de bain que 23 m’avait montrée juste avant. {Est-ce qu’il y a plusieurs portes? Est-ce qu’elles sont toutes pareilles? Est-ce qu’on revoit celle de la salle de torture? Si oui, est-elle déjà réparée?} Y’a pas un chat.
Un coup dans la salle de bain, j’en profite pour pisser et, en me lavant les mains, pour me faire un clin d’oeil
dans l’mirroir. Ostie, qu’j’suis hot! Bon, là on passe aux choses sérieuses: trouver une débarbouillette pour
me laver l’entre-jambe. ‘Fais pas aux autres c’que tu voudrais pas qu’on t’fasse.’ Moi à mon âge, j’mérite
du sexe propre, fac si j’veux que mes partenaires soient propres, j’ai intérêt à être propre moi aussi. C’est
juste (du gros bon sens/logique/décent/savoir vivre). Fac pendant que j’laisse l’eau couler pour qu’à
s’réchauffe, les pantalons encore à mi-cuisses et les jambes un peu écartées pour les garder à
c’t’hauteur-là, j’ouvre les armoires jusqu’à c’que j’trouve une débarbouillette pis j’reviens devant l’évier pour
la mouiller un peu, ou plutôt j’l’imbibe pis j’la tord. J’me lave les zones essentielles, rince la débarbouillette
puis la tord pour pas dégoutter partout. J’utilise la serviette à mains pour m’essuyer et la raccroche. En
passant, oui, 23 a du savon à main dans sa salle de bain. Deux en un jour; y’a p’tête d’l’espoir pour l’humanité,
finalement!
Bref, j’reviens à la chambre de 23 avec la débarbouillette humide, entre et referme la porte derrière moi. J’me retourne et prends la peine de barrer la porte. Y’a beau pas avoir un chat,… Évidemment, si 49 était de l’autre côté d’la porte, quelque chose me dit que barrée ou pas, 49 trouverait un moyen d’entrer quand même…
Je me retourne vers 23 qui est toujours immobile au beau milieu du plancher et vois sa face qui hésite entre l’excitation et l’inquiétude. Clairement 23 a aucune idée de c’que j’vas faire. J’peux pas m’empêcher d’murmurer tout bas, “Ostie qu'c'est hot”. Apparemment, 23 m’entends et lève un sourcil avec un p'tit sourire en coin. J'avoue que j'm'attendais pas à c'que 23 mentende, mais c'est correct. De toutes façons, c'est clair que 23 est déjà au courant de son sexapeal! D'ailleurs... "Ah ouin, hein, tu lsais qu’t’es hot, hein? (Ostie d'agace, haissable, )" mais genre dit avec amour. Mais avant de me remettre au-dessus de 23, j’enlève mes pantalons tout en essayant de pas trop les mouillés avec la débarbouillette.
Une fois complètement libre de mes vêtements, je dépose mes pantalons près de mon sac à dos et en profite pour sortir du lube et des protections. On sait jamais! (Expect Nothing, Anticipate Everything). Là j’reviens au dessus de 23, un pied de chaque bord de ses hanches et donne le temps à 23 de m’admirer dans toute ma splendeur. J’ai même pas besoin de rien faire et 23 a déjà l’air hors de soi. Whether it’s torture or sex, anticipation is everything!
Mais avant de reprendre le show, j’vas préparer la scène.
Bon, là j’veux m’mettre à genoux au-dessus de 23, fac y faut que j’fasse attention et y aille lentement parce que sinon c’est des plans pour que j’me plante face première dans sa face! Surtout que 23 pourra pas m’rattraper si j’tombe.
Un coup que j’suis à genoux, et donc beaucoup plus stable (physiquement en tout cas), j’me met à passer doucement la débarbouillette dans son cou, et savoure les frissons que ça donne. Je sais bien que l’eau est pu trop chaude et se refroidit vite. Mixer le plaisir des caresses avec les frissons du froids. Descendant la débarbouillette vers ses mamelons, je remarque qu’ils sont justement déjà durçis et entourés d’une peau tendues par la chair de poule. Même si je voulais sentir les reliefs avec ma langue, j’décide de pas trop m’y attarder et recule jusqu’à ce que j’arrive au niveau de ses jambes. En les écartant un peu, je m’installe à genoux entre les deux et passe la débarbouillette partout sur son sexe, dans chaque recoin, puis le plus possible entre ses fesses. C’est moins facile quand la personne est sur le dos, mais si tu y lèves les genoux, ça aide. Le vrai truc officiel des PAB c’est de mettre la personne sur le côté, là t’as un bon accès à l’entre-fesse! Mais là franchement, y’a des limites; de toutes façons, c’est pas comme si j’avais l’intention d’y lêcher l’cul à soir… de un, c'est sensé être la job à 23, ça, et, de deux, I don’t eat ass on a first date (because attempted torture shouldn’t count as a first date, no matter how it ends up)! Bref, ça aurait aussi été mieux avec du savon, mais c’est quand même mieux que rien; alors une fois que 23 est relativement propre, j’essaie de pitcher la débarbouillette sur le rack à soulier près de la porte, histoire de pas mouiller l’plancher… Ouin… Au moins a mouillera pas mes souliers… Pis anyway, est juste un peu humide; c’est pas ça qui va faire pourrir le plancher à soir, ostie!
Fac j’décide d’oublier la fichue débarbouillette et me retourne vers 23 pour ensuite me remettre en selle, chevaucher son bassin et reprendre mon p’tit show. J'ai p’t-êt’e pas assez de coordination pour marcher en tenant la main de quelqu'un d'autre, mais j’suis quand même capable de m’faire aller l’bassin de façon sexy… Quoique c’est surtout agace mon affaire parce que même si j’suis directement au dessus de son bassin, j’fais exprès pour pas y toucher. En fait, c'est moi que je touche. Je repasse mes doigts, maintenant presque froids à cause de la débarbouillette, doucement sur mon cou et frissonne malgré moi. Je les descend et fais une pause sur mes mamelons qui durçissent aussitôt, puis continu à descendre lentement sur mon ventre qui se contracte, puis mon bas-ventre. J'en profite pour me masturber un peu, prenant mon temps, me faisant plaisir, parce que je sais que ça va prendre du temps avant que 23 puisse le faire pour moi. Quand je reouvre mes yeux que j’avais apparemment fermés, j’ai la confirmation que peu importe ce que je fais, 23 continu à être en pamoison, les yeux qui me dévorent, la bouche entrouverte; d'en pas long, ça va s’mettre à baver.
J’mets mes mains par terre, de chaque bord de ses épaules, et me penche lentement jusqu’à ce que ma face soit à genre 2 pouces de la sienne. À c’distance-là j’peux y regarder juste un oeil à fois, fac à place, j’quante un peu la tête pour que nos nez s’écrasent pas et approche mes lèvres des siennes, mais sans leur toucher, mais tellement près que c’est comme si… Juste l’idée de pouvoir y toucher, d’être si proche… Ma propre respiration commence à s’approfondir et je sens mon air chatouiller ses lèvres. Mon bassin cambre tout seul, juste un peu, comme une mini suplication, pour un contact, un peu d’friction, n’importe quoi. Ostie, j’t’entrain d’me teaser moi-même!
Un p’tit gémissement. Sur le coup j’peux même pas dire si ça vient d’moi ou de 23, alors j’essaie quelque chose: je sors la langue et la passe tout doucement sur sa lèvre inférieure. Ah oui, les gémissements viennent bel et bien de 23! Sa bouche s’ouvre et se ferme subtilement, et je devine l’envie de sa langue de sortir et de joindre la mienne, mais 23 sait que c’est pas permis. Good toy!
J’décide d’y donner un peu de répit et me met à explorer le reste, mes lèvres frôlant à peine sa mâchoire, j’me rends sensuellement jusqu’à son oreille. Je fais attention pour pas avoir mon nez directe dans son oreille parce que même si je veux y faire entendre à quelque point ça m’excite, je sais que c’est pas agréable de s’faire respirer directe dans l’oreille! Je donne quelques petits coups de langues à son lobe avant de l’entourer de ma bouche et le sucer au même rythme que mon bassin bascule, lui aussi frôlant à peine le sien. 23 continue à gémir. J’adore quand mes jouets réagissent aussi bien! Combien de réactions différentes est-ce que j’peux obtenir? Qu’est-ce que 23 va faire si… doucement, j’accote les dents sur son lobe d’oreille et commence à mordre graduellement jusqu’à ce que je sente son cou se tendre et entende le grogrement le plus sexy que j’ai encore jamais entendu. Nice!
Mais j’abuse pas du hot spot et continu à explorer. Je me mets donc à descendre avec ma bouche le long de son cou, parfois en frôlant avec mes lèvres, parfois juste en lichant doucement puis en souflant de l’air chaud par dessus, et avant même que j’arrive à l’épaule, 23 se met à marmoner “O per favore, Capo, per favore!”
Alors pendant que je continue lentement ma descente vers son torse, j'en profite pour demander, “Ça veut dire quoi ça?”
Ma question a l'air de sortir 23 de transe juste assez pour demander, "Cosa?!", mais clairement pas assez pour avoir compris ma question.
J’arrive à un de ses mamelons et j’y donne un, deux, petits coups d’langue puis, avant de faire le tour une coupe de fois, je repose ma question, “Ça veut dire quoi père favoré?”.
Haletant comme si réfléchir y demandait trop d'énergie - à moins que ça soit ma langue qui l’excite trop? -, 23 essaie d’expliquer "S'il-vous-plaît, ça veut dire s'il-vous-plaît, argh!" Oh pauvre Sweetie, j'y en demande beaucoup là! Clairement, c’est pas facile de se concentrer… Alors je continue, "Pis coza? Ça veut dire quoi?"
"Oui, ...oh!" Décidément, 23 a les mamelons sensibles! Alors entre deux coups de langue, je continue la conversation, "Coza veut dire oui?".
"Cosa? No, cosa veut dire quoi.” 23 tremble de tension répressée pendant que sa respiration s’arrête une seconde, puis comme si son cerveau venait de s’rallumer, ajoute “...ou chose." Ou chose? Oh, donc coza veut dire ‘quoi’ ou ‘chose’; ok. On va ben finir par y arriver!
J’recommence à sucer et même mordiller son mamelon, mais avant que je puisse penser au prochain mot que j’veux apprendre, 23 s’écrie en suppliant, “O Capo, per favore!”. Alors j’fais comme si de rien n’était, lâche son mamelon et y demande “Coza?”. Héhé, check moi qui parle italien asteur!
Mais j’vois bien que 23 est pu en état de faire des phrases complètes, alors j’attends pas sa réponse et accote mes lèvres autour de son autre mamelon tout aussi alléchant. Pis, avec ma main et en aspirant, j’essaie de mettre le plus possible de chair dans ma bouche et en profite pour y donner des ptits coups d’langue. 23 braille quasiment. Une chance que la verveine l’empêche de bouger, parce que sinon, j’me f’rais brasser certain. Je l’imagine dans des chaînes plutôt que sous la verveine avec son dos arché, le torse bombé suppliant… Qu’est-ce que 23 voudrait? Pour l’instant j’y penses pu et décide de me laisser me perdre dans l’plaisir. J’ai toujours rêvé… jamais osé… Après même pas 3 secondes, à hésiter, à essayer de me retenir, j’en peux pus. J’accote les dents. Pas assez pour faire mal, mais assez pour y faire sentir que mes dents sont là. 23 gémit encore plus fort. Alors, j’prends ça pour de l’enthousiasme et, graduellement, de plus en plus fort, je serre la mâchoire, enfoncant mes dents dans la chair entourant son mamelon. Pas assez fort pour percer la peau, mais surtout assez lentement pour que 23 ait le temps de s’habituer à la douleur et me laisser le temps d’arrêter si jamais j’entends son safeword. Quand tu connais pas les limites de l’autre, tu commences graduellement. Quand je sens mes dents tendre la peau, quand je commence à sentir la texture de la chair sous mes dents, l’hypoderme, la graisse, les muscles, je sais pu, mais j’veux pu arrêter! J’ai jamais eu la chance de mordre quelqu’un aussi fort! À travers la chair, un gémissement s’échappe de ma bouche et je sens mon sexe qui se contracte. Ostie, j’pari que j’pourrais v’nir rien qu’en accotant mon entre-jambe sur quelque chose; n’importe quoi, ostie!
Fac aussitôt, j’relève les fesses pour éviter tout contact et non seulement j’arrête d’augmenter la pression,mais, à la place, je désserre lentement les dents, relâchant le tout. J’peux pas croire que 23 ait pas encore dit son safeword. J’étais à ‘ça’ d’y percer la peau, c’est clair! Juste pour faire sûr, j’jette un coup d’oeil à son visage, mais quand j’vois l’extase et l’abandon total dans sa face, j’arrête de m’inquiéter. C’est clair que j’vas vouloir, et apparemment pouvoir, refaire ça souvent! Coudonc, Alex, depuis quand t’as l’goût de coucher avec quelqu’un plus qu’une fois? Ta gueule pis concentres-toi sur 23 et sur maintenant, là!
Essayant de reprendre mon souffle et de calmer mon battement cardiaque, je m’étends sur le côté, à côté de 23, son bras entre nos corps, ma tête accoté dans ma paume, le coude au sol près de sa tête. Je garde une jambe par-dessus ses cuisses et avec ma main du dessus, je caresse légèrement son torse en essayant de ramener mon focus sur son corps parfait et ses sensations. Je fais des ronds autour de la magnifique trace de morsure qui entoure presque parfaitement son mamelon humide et durcit. Ostie qu’c’est hot. J’entends 23 qui a aussi l’air d’essayer de reprendre son souffle, mais même les effleurement du bout de mes doigts lui causent assez de sensations pour l’empêcher de se calmer complètement. Pauvre Sweetie!
Alors je décide d’y donner un semblant de break et descend le long de son corps pour aller m’alonger, encore sur le côté, mais là, direct entre ses jambes, la tête accotée sur sa cuisse, la face à 2 pouces de son sexe, la main du dessus nonchalamment déposée sur l’autre cuisse. Et je reste là sans bouger. Je sais que l’attente et l’anticipation sont presqu’encore plus efficaces que l’action comme telle. Pas savoir c’que l’autre va faire, ni quand, ni comment.
En partant de juste au dessus du genou, je glisse le bout de mes doigts, le long de sa cuisse, zigzagant entre le dessus et l’intérieur de la cuisse, montant toujours un peu plus haut, petit à petit. Je sens 23 frissonner et retenir sa respiration lorsque mes doigts arrivent finalement près de l’aine. J’aggripe la chair de l’intérieur de sa cuisse à la jonction de son aine et accote le peu d’ongle que j’ai dans sa chair et me met à serrer de plus en plus fort, graduellement. En même temps, je me tourne la tête et fais juste accoter mes lèvres sur son sexe, sans les bouger plus que ça. Son bassin se contract, tendu ben raide, mais réussi pas à canter. Même limité par la verveine, son pauvre bassin est assez désespéré pour essayer de basculer quand même. Sous mes lèvres, je sens son sexe aussi se contracter et se mettre à danser, à me supplier en silence.
Alors je relâche la pression dans mes doigts et pendant que la sensation de chaleur causée par la circulation sanguine qui reprend se répend dans son entre-jambe et sa cuisse, je sors la langue et commence à lécher tranquillement autour de son sexe comme si j’avais toute la nuit pour le savourer. Pendant que je masse doucement son aine et sa cuisse pour multiplier les sensations, je me remonte un peu sur mon coude pour que ma tête soit mieux alignée et prends le temps de juste admirer. {description?} J’fini par lâcher sa cuisse et prends une des protections pour l’installer sur (son sexe/{autre expression}) puis me mets à jouer avec. Évidemment, je fais exprès pour toucher au minimum les points les plus sensibles, gardant ma langue le plus possible autour, ou trop légère ou trop lente pour que 23 puisse vraiment venir. Pendant que je lèche, suce et mordille tout doucement, {est-ce qu’on mentionne le goût de cahoutchouc?} j’entends 23 qui crie, marmonne, supplie, gémit. Oh, que je suis horrible! Quelle cruauté! Héhé!
Quand j’sens que 23 est pus capable et à approximativement deux coups de langue de venir, j’arrête sec et me
décolle, me mettant à genoux entre ses jambes. J’attends un peu, le temps que 23 puisse se calmer, au moins juste
assez pour pas exploser au moindre contact. Après tout, mon but est de l’agacer, pas d’y donner un orgasme. Dès
que je sens que c’est safe, je m’allonge au-dessus de 23, mes jambes toujours entre les siennes, nos
bassins qui se touchent presque et mes mains de chaque côté de ses épaules. Un genre de position de
push-up, mais avec mes genoux au sol parce que j’suis pas si en forme que ça pour faire la
planche, quand même. 23 a la tête par en arrière, le cou tendu, les yeux fermés et la bouche entreouverte.
Je regarde 23 et, en attendant que ses yeux s’ouvrent et se rendent compte que je suis là, je m’étonne encore de
la perfection de sa face, de son corps… En parlant de son corps, j’fini par me décider à descendre mon bassin sur
le sien et le contact nous fait réagir toué deux. Mais après avoir archer le dos, 23 se redresse aussitôt et
pendant une seconde, le temps s’arrête ou bouge au ralenti, ou ben mon cerveau devient tout d’un coup plus rapide,
parce que j’ai comme le temps de noter que ses épaules touchent pus à terre, que ses mains sont sur mes épaules,
que son regard est fixé sur mon cou avec une avidité maniaque, et que ses yeux sont clairement plus rouges que
d’habitude. Après ça, le temps reprend et j’ai même pas l’temps d’y dire de s’calmer que ses lèvres se retroussent
donnant l’impression que ses canines sont vraiment plus longues que normal et que sa tête se jette par avant plus
vite que j’aurais cru possible et aussitôt une douleur aigu apparait dans mon cou.
Aussitôt, plus par réflexe que d’autre chose, mes yeux se ferment et ma respiration se bloque le temps que mon cerveau travaille à traduire les signaux de douleur en signaux de plaisir. En même temps, la douleur active ma switch et je tombe dans en subspace, un genre de trance où mon corps devient tout mou, mon coeur et ma respiration ralentissent, tout est calme à l’intérieur de moi, plus rien n’a d’importance; la vie est belle, le ciel est bleu, la mer est calme… Mais, holy shit, quand 23 se met à aspirer… c’est comme si la suction était directement sur mon sexe! Avec tout le teasage qu’on vient d’faire, le thrill de la morsure pis mon subspace, ça m’prend vraiment juste un mini-mouvement d’bassin, une once de friction, et j’explose! J’réussi même pas à m’empêcher d’crier. Mais la seconde où j’viens pour archer l’dos ou m’envoyer la tête par en arrière, j’sens les crocs de 23 qui s’accotent dans les tendons de mon cou et la sensation est assez bizarre que ça m’ramène sur terre assez vite merci. Et c’est là que j’réalise que 23 est réellement entrain de boire mon sang. Et à grande gorgée apparemment. J’vous jure, c’est un feeling vraiment bizarre, la suction qui tire sur ton sang… J’me d’mande si 23 est dans une veine ou une artère? Alex! C’est pas l’temps d’faire un cours d’anatomie, 23 est entrain d’te vider d’ton sang, criss! Shit, combien de gorgée de sang est-ce qu’un être humain peut donner avant que ça soit trop? Quelque chose me dit que j’ai intérêt à récupérer le contrôle d’la situation, pis vite. Surtout qu’avec 23 qui se pend pratiquement à moi, j’ai beau avoir les coudes bloqués, mes bras vont quand même finir par s’fatiguer vite...
Fac comment tu fais pour arrêter quelqu’un de boire tout ton sang? Si j’l’empêchais d’avaler, ça marcherait-tu? La minute que j’essaie de faufiler un bras entre nos deux gorges, mon autre bras lâche et je m’affale sur 23. Asteur que mon avant-bras est presqu’écrasé sur sa gorge, j’peux sentir ses déglutitions… weird! Mais au moins ça m’donne une idée. Fac j’perds pas plus de temps qu’ça pis j’essaies de mettre le plus de poids possible sur mon avant-bras pour y écrasser la gorge ben comme faut. Avec un peu de chance, ça va au moins l’empêcher de continuer à avaler… après beaucoup trop de secondes à mon goût 23 se met à faire des bruits d’étranglement et des soubresauts et fini par finalement retirer ses ostie d’crocs d’mon cou.
{Alex se relève sur ses coudes, puis sur ses mains pour mieux voir la face de 23 au complet, et mettre un peu plus de distance entre les deux}
{Après que 23 a mordu Alex; ça va saigner parce que la salive a un anticoagulant, alors 23, quand il s'en rend compte (après la convo d'oeil), il s'ouvre la paume de la main avec sa griffe et l'appui sur la morsure faisant semblant de faire une pression. Alex se rend pas compte de la moitié de ça, à part que 23 a l’air d’y flatter la morsure et qu’au lieu d’y faire plus mal, ça y fait moins mal et le fait sentir plus relaxe…}
J’oublie vite la sensation bizarre que ça fait de sentir ses dents sortir de ma peau parce que aussitôt que 23
réalise son geste, sa face se transforme. Quelque chose de féroce… les yeux presque déments, le regard focusé sur
mon cou, les lèvres retroussées, les canines un peu trop aiguisées, les traits tirés; on dirait une bête enragée
qui vient de s’faire enlever sa bouffe. Non, mieux encore, on dirait un genre de vampire qui a succombé à la soif
de sang. Mais j'me laisse pas intimider, surtout que c’est là que j’réalise que 23 est en train d’me donner une
chance, que ça soit conscienmment ou pas, j’en sais rien, mais c’est clair que si 23 voulait recommencer à me
mordre, ma main sur sa gorge pourrait pas l’arrêter. Il faut juste que je l'aide à sortir de c'te frénésie-là, que
j’attire son attention sur la réalité . D’un ton le plus autoritaire, mais doux que j’peux, j’y lance un “Hey!”
tout en essayant d’y tourner la tête juste assez pour que son regard arrive sur moi plutôt que sur mon cou. Ma
voix prend 23 par surprise et ses yeux s’écartillent et se fixent aussitôt dans les miens. Finalement. Quoique 23
a pas ben ben l’air d’être plus là... Alors je me fige, me détache. Mon corps est calme et relâché, mes émotions
sont à part, déconnectées, je suis sur mon trône, tout en haut de la montagne et observe mon jouet avec
indifférence. Après 2 secondes de statu quo, ses yeux se remettent à bouger comme s'ils essayaient de voir tout le
reste de ma face tout en même temps. 23 ne dit toujours rien, mais je sais que son cerveau est tranquillement
entrain de se reconnecter. Alors je reste immobile et en silence comme si je pouvais attendre indéfiniment puis je
fais juste lever légèrement un sourcil 3/4 inquisiteur, 1/4 réprobateur, du genre, ‘Oh Sweetie, mais qu'est-ce que
tu penses que t'es en train de faire, là?’ J’dis toujours rien et attend et regarde 23 qui visiblement commence à
réaliser ce qui vient de se passer. Quand toute une panoplie d'émotions traversent son regard, je me contente d'y
faire un regard plus doux, conciliant, tolérant; une face de ‘C'est correct Sweetie, j'te pardonne’. Toujours sans
rien dire, on continue à se fixer et la tension qui s'était accumulée dans le corps de 23 fini par s'estomper
tranquillement alors qu'une lueur d'espoir et d’absolution, de soulagement et d'admiration s'allume doucement dans
ses yeux devenus tendres… Oh shit. 23 est en train d’tomber en amour avec moi!
Voyez à quel point mon charme est puissant?! J'ai même pas besoin de parler et les gens tombent en amour avec moi!
I’m clearly not responsible enough to have powers that great!
6.5 - PdV de Chose/49/Honey
Samedi soir, suite (encore),
Cher journal,
J’avais tellement hâte que la soirée finisse!
Pendant que je marchais en boitant et en me tenant sur le mur du couloir, je faisais le ressencement des dégats. Avec le fémur fêlé et un ligament déchiré, ma jambe était pas mal scrape, mais devrais guérir en dedans de 24 h. J’imagine que la lame de Gab avait pogné des nerfs importants dans mon épaule parce que mon bras droit était toujours inutile et pendant. Au moins, y faisait pas trop mal non plus. D’habitude, c’te genre de plaie-là prend pas trop de temps à guérir, mais vu que la lame était en argent… La commotion cérébrale me donnait encore le goût d’vomir, quoique ça aurait aussi juste pu être le fait que j’m’en allais voir Sad dans un état pire que d’habitude. Avec mon autre bras, je faisais une pression sur le gros trou dans mon ventre. C’était clair que Gab avait tourner sa lame en l’enfoncant. À chaque mouvement, je sentais des choses bouger dans mon ventre; des choses qui devraient pas bouger d’habitude ou que au moins ta main devrait pas sentir bouger. Au moins, à l’odeur, j’pouvais confirmer que les intestins avaient pas été déchirés. Les lycanthropes peuvent pas vraiment attraper d’infection, mais ça reste que tu veux pas non plus sentir ta marde se promener dans ton corps. Quoique l’odeur aurait peut-être enlevé le goût à Sad de jouer avec moi à soir…
Avec mon bras dominant inutilisable et ma mâchoire qui me faisait voir des étoiles chaque fois que j’ouvrais la bouche, ça allait être dur de satisfaire Sad. Dure et pénible. Quoique juste de me voir souffrir à ce point-là; en plus de voir mon oeil au beurre noir, toutes mes coupures un peu partout et mon corps couvert de sang, j’imagine que ça allait y faire plaisir quand même. C'est pas pour rien que Sad voulait pas que je prenne le temps de guérir au moins un peu avant d'aller à sa chambre.
J’ai entendu quelqu’un courrir derrière moi, mais j’y pas fait attention; mettons que j’avais d’autres choses à m’inquiéter. Mais quand une main m’a aggriper le bras et m’a fait tourner de bord pour m’accoté le dos dans le mur; j’ai comme pas eu l’choix de revenir au moment présent. Par réflexe, mes yeux sont tombés au sol aussitôt, mais mon nez m’a dit que c’était Gab qui me tenait.
“…”
Si Gab attendait que j’dise quelque chose, ça allait être long!
“Normalement, j’t’en aurais sacré une pour avoir massacré Dom pis Stef en plus d’avoir laissé Morgan s’échappé. Parce que oui, Morgan est encore en vie. Sérieux, t’as fait une job de marde hier! J’espêre que t’as au moins réussi à y faire dire quelque chose d’utile histoire qu’on puisse retrouver les autres! Mais j’t’averti, j’peux pas m’permettre de traquer Morgan une deuxième fois parce que je sais que l’Alpha voudra m’payer pour faire deux fois la même job, fac y va falloir que tu t’débrouille sans moi. Mais vu c’que t’as fait pour moi à soir, j’dirai rien à l’Alpha. Avec un peu d’chance ça va te donner une coupe de jours de plus pour pouvoir arranger tout ça. …Bonne chance. …Merci.”
“Oh, mais regarde-toi! Pauvre petite chose toute maganée!”, a lancé Sad avec un sourire hypocrite et une lueur dans les yeux en me voyant entrer dans sa chambre, “Ça doit faire mal tout ça! Viens ici que j'm'occupe de toi comme il faut!” Ses canines étaient déjà à moitié sorties, signe de son excitation à l'idée de me voir souffrir encore plus.
Parce que j'avais pas le choix. Parce que plus vite on commençait, plus vite ça allait finir, plus vite j'allais pouvoir retourner voir mon âme-soeur… Parce que j’avais pas le choix, j’ai avancé en boitant jusqu’au milieu de la pièce. Mais c’était l'espoir de pouvoir sentir l’odeur de ma moitié à nouveau qui me donnait la force de rester debout.
Sad a quitté son fauteuil pour me rejoindre au centre de la pièce et a commencé à répertorier mes blessures du
bout des doigts “Voyons voir...” Quand la pression de ses doigts ont augmenté au point de pénétrer dans la plaie
ouverte sous ma clavicule, la douleur m’a fait réagir. J'ai essayer de pas le montrer, mais évidemment, même une
légère contraction peut pas échapper aux lycanthropes et Sad a gémi d'un air satisfait (avec appréciation, de
plaisir). D'un geste rapide, Sad m’a pris la mâchoire d'une main et mes yeux ont vu noir pendant une seconde.
“Mâchoire fracturée. Dommage. Ça va te faire tellement plus mal!”. Ben oui, c’était clair que ça y faisait d’la
peine! Sadique! Avec un peu de chance la douleur allait m’faire perdre connaissance... “Donc on va attendre un peu
avant de s’en servir, lui donner le temps de guérir un peu; j’voudrais pas non plus que tu perde connaissance.
C'est vraiment pas aussi amusant quand t'es sans connaissance.” Ça doit être parce que, sans connaissance, j’ai
pu l’air de souffrir, non mais! C’est sure, je souffre ben moins quand j’suis pas là!
Sad à lâché ma mâchoire pour agripper la main que je tenais sur mon ventre et l’éloigner. En se lichant les
lèvres et fixant ma plaie ouverte, Sad a passé son autre main dans mon cou pis la fait descendre sensuellement le
long de mon torse pour finir par faire des rond autour de ma plaie au ventre, de plus en plus près. La plaie
est pas ben grosse, le coup de couteau a été assez net et la lame assez aiguisée pour ne pas trop déchirer la
peau autour. Les dommages sont surtout à l’intérieur, invisible. CRISS! La douleur était encore pire
que quand c’était le couteau qui était entré. Les doigts de Sad étaient pas juste à moité enfouis dans mon ventre;
ils étaient entrain d’explorer mes trippes! La douleur m’a fait contracter les abdos, ce qui a juste tout empirer
et, en bout de compte, j’ai vraiment failli y vomir dessus. Remarque, j’aurais peut-être du. Mais quand les doigts
de Sad se sont mis à faire des aller-retour dans ma plaie; les nausées ont été remplacées par les sueurs froides
et ma jambe qui me tenait encore debout est devenue toute molle. Mais avant que j’puisse tomber, Sad a lâcher ma
main et a agripper mes fesses pour me coller à son corps. Juste assez pour me soutenir et que nos corps se
touchent, mais assez en angle pour que sa main puisse continuer à me jouer dans mon ventre. Ses doigts rentraient
et sortaient de façon tellement sensuelle que j’avais la nette impression que Sad pourrait en venir. Se faire
violer c’est une chose, mais se faire violer les trippes, c’en est une autre!
Au moins, après un bout, le mouvement devient assez répétitif que la douleur commence à être plus gérable.
Comme Alex disait, après un certain point, ton cerveau se tanne de tout le temps recevoir les mêmes
nouvelles. Sad a mis sa face dans mon cou et a pris une grande inspiration, comme si l’odeur de ma douleur
l’excitait encore plus que les mouvements suggestifs de ses doigts. Puis, comme si on était entrain de faire
l’amour, genre full romantique, Sad a commencé à me donner des becs dans le cou. Sa langue m’a léché le derrière
d’oreille, puis mon lobe d’oreille s’est fait sucer de façon très suggestive. En descendant le long de mon cou,
Sad a continué de lécher ma peau jusqu’à ma clavicule, puis, j’vous jure, à frencher la plaie juste en dessous.
Pour vrai, un vrai frenche, avec les lèvres qui massent autour et la langue qui entre et qui sort et qui tourne
dans la plaie. Tout c’que j’réussissais à faire était de fermer les yeux et de me concentrer pour pas vomir.
Vic, stp, aide-moi!
Ici!
Presque aussitôt, les sensations ont diminuées comme si tout ce qui se passait était à l’arrière-plan, ou plutôt, comme si moi j’étais à l’arrière-plan. Au cours des années, Vic avait développé ce truc-là où sa conscience prenait la place de la mienne, mais sans que notre corps se transforme. Je sentais presque pu rien. À un certain point, je pense que Sad a fini par enlever ses doigts de mon ventre, mais tout de suite après j’ai eu une vague impression de l’entendre sacrer et de me faire tourner de bord, puis j’ai tombé par terre à quattre patte. Sad était derrière moi et m’embarquait dessus, doggy-style. Sad avait probablement senti que l’odeur de Vic était plus forte et ça avait fait ressortir son animal un peu aussi. La pénétration devait faire mal vu qu’y avait pas eu aucune préparation (ou en tout cas, aucun préliminaire à mon goût), mais j’m’en foutais, j’m’en rendais à peine compte. Tout ce que je sentais c’était le mouvement de mon corps qui se faisait balotter d’avant en arrière au rytme de ses poussées. Sad devait être en train de me lécher toutes les plaies que j’avais dans le dos. Sad adorait lécher mes plaies, surtout après les avoir mordu ou les avoir rendu encore pire. C’est le prix à payer. Sad savait que sa salive allait aider mes plaies à guérir, alors avant de m’offrir ce “cadeau”, Sad tenait à avoir sa “livre de chair” et à en retirer le plus de douleur possible. Je regardais la flaque de liquide rouge foncé qui se répendait lentement sur le sol en dessous de moi. C’était comme si j’étais entrain de regarder un film. Je voyais le sang, je savais que ça venait de la plaie sur mon ventre que Sad avait agrandi et agravé avec ses doigts et qui saignait encore plus qu’avant. Mais, c’était comme si c’était pas mon ventre, pas mon sang. Mon épaule devait avoir commencé à guérir parce que mon bras réussissait, non seulement, à me tenir à quattre patte, mais aussi à soutenir le poids de Sad sur mon dos. Mais j’ai pas eu le temps d’y penser plus que ça, parce que Sad m’a aussitôt fait chavirer sur le dos comme si je pesais rien pantoute. Plus les lycanthropes ont une position élevée dans la hiérarchie, plus leur force, vitesse et pouvoir sont intenses. Tout de suite après, Sad a viré de bord, genre 69, et m’a mis son entre-jambe dans la face. Sad est Beta. C’est pour ça que sa salive peut guérir même les plaies faites par l’argent. Ma mâchoire me faisait encore mal parce que les fractures internes peuvent pas être guérie par la bave de lycanthrope, mais des années de conditionnement m’avaient donné le réflexe d’ouvrir la bouche et de lécher et sucer dès qu’on me mettait un sexe dans la face. Pathétique. Pendant ce temps-là, Sad faisait tout son possible pour m’exciter avec ce qui était peut-être le meilleur sexe oral que j’avais reçu de ma vie. Mais tout était flou, comme si mon corps était enveloppé dans du cotton, alors ça me faisait pas grand chose. Le fait que ses doigts avaient recommencé à pénétrer mes trippes, gâchait aussi un peu l’effet érotique. Je savais même pas si mon corps avait fini par être excité ou pas; j’me concentrais juste sur ma job, sur ma technique buccale et espérais que le supplice finisse assez vite, et surtout que Sad se décide à lècher plutôt que fourrer ma plaie, parce que sinon, ça aurait vraiment pas eu valu la peine d’endurer tout ça (j’vas avoir enduré tout ça pour rien). Pas que j’avais vraiment le choix, remarque.
Quand Sad en a finalement eu assez de moi, j’ai pu quitter sa chambre. Malgré mon corps pas encore complètement guéri et ma tête encore un peu dans les vappes, j’ai couru le plus vite possible et en faisant de mon mieux pour pas me faire voir, parce que je ne voulais vraiment pas risquer que quelqu’un d’autre réclame mes services avant que je puisse m’enfermer dans ma chambre et me cacher en boule sous les couvertures. C’était toujours juste après que j’me mettais à pleurer. J’imagine que j’avais encore un peu de fierté après tout. Remarque, ça faisait longtemps que j’avais pas autant pleurer, mais le fait que j’avais finalement trouvé mon âme-soeur, qu’il y avait quelqu’un quelque part qui pourrait se soucier de moi, rendait tout ça beaucoup plus atroce. Qu’est-ce que Alex aurait penser de tout ça? De la pitié, du dégoût? L’idée qu’Alex puisse avoir pitié de moi ou vouloir me rejeter comme un vieux bas sale, me faisait sentir encore plus misérable. De la frustration? Par contre, l’idée qu’Alex veuille me protéger me faisait une p’tite chaleur au coeur. Même si Alex aurait été incapable de changer quoique ce soit à ma situation; le fait que sa tête de cochon aurait tenu assez à moi pour vouloir m’aider me réconfortait.
Je me suis donné quelques minutes pour pleurer et me réconforter avant de me donner un coup d’pied au cul pour
me lever, prendre une douche et partir à la recherche de mon âme-sœur.
Après quelques minutes ou quelques heures à m’apitoyer sur mon sort, Vic a fini par me botter l’cul pour que j'me lève, prenne une douche et me dépêche à sortir. Même si le soleil allait se lever bientôt, on pouvait pas laisser notre âme-sœur sans protection plus que ça.
6.6 - PdV de Rossi/23/Sweetie
Ne pas pouvoir ajuster son apparence, la position de son corps, bref, ne pas pouvoir se mettre à son avantage avait été une des pires tortures de sa vie. Jusqu’à ce que le regard avide et affamé de l’être humain lui fit comprendre l’inutilité d’une telle préoccupation; que de toutes évidences, cette créature enflammée était déjà en pamoison devant son corps, peu importe son positionnement ou l’angle d’éclairage.
Puis l’attention, les frôlements, les caresses et les coups de langues; ne pas connaître la suite, ne rien pouvoir faire d’autre que de ressentir; être complétement sans défense, à la merci de la sadique retenue de… Capo. Abandonner, ou plutôt reléguer, tout contrôle, mais aussi toute responsabilité. Se laisser aller, volontairement, au bas de l’échelle et y choir pigrement, libre de tout poids, flottant allègrement, euphoriquement sous l’exquise torture de cette impérieuse divinité. Quelle délicieuse souffrance!
Puis la pression monta, s’éleva dangeureusement, douloureusement. L’affluence des diverses sensations toutes plus éblouissantes les unes que les autres s’agglomérant, s’amplifiant les unes les autres, ne faisait qu’intensifier la sourde pulsion, l’impétueuse nécessité qui inondait et saturait son être entier. Et malgré que l’indéniable désir charnel s’enflammait, menaçant d’exploser au moindre glissement additionnel, uniquement et faiblement contraint par la verveine et la morale, toute son attention n’était concentrée que sur une chose… le riche fluide vermeil, source de vie, de cette perle rare, de ce trésor divin dont l’odeur ne faisait que gorger sa bouche de salive et tourmenter ses canines qui ne demandaient que de finalement pouvoir s’enfoncer dans cette chaire tendre et juteuse, afin d’y trouver une artère généreuse et se laisser submerger.
Évidemment, dès que l’effet de la verveine s’eut estompé suffisamment, rien, ni toute la retenue et le contrôle cultivés au long de sa longue existence, ni même la solonnelle promesse faite seulement quelques instants plus tôt, ne purent l’aider à voir au-delà de l’envie et de la tentation et l’empêcher d’assouvir aussitôt ce fantasme alors devenu irrépressible.
L’afflut du divin élexir glissant sur sa langue et enduisant sa bouche et sa gorge du plus onctueux des nectars, bien que jumelé au cataclisme déclenché par la libération imparable de toute la tension sexuelle périlleusement accumulée se révélant l’orgasme le plus intense de sa longue vie, ne put rivaliser avec l’exquise et ensorcellante saveur du sang le plus riche et délectable jamais savouré. Son être entier n’étant qu’aveugles sensations s’entremêlant, l’éblouissant et l’obscurcissant à la fois, son esprit ne put que se laisser supplanter et, pendant un instant inconçu, sa conscience avait effectivement finalement laissé place aux simples plaisirs charnels.
Le retour à la réalité fut pour le moins, perturbant. Venir à terme avec ce qui venait tout juste de se passer, non seulement d’avoir probablement irréparablement gâcher sa chance à la rédemption en brisant sa parole et ignorant une fois de plus le consentement de son trésor, mais surtout et par-dessus, d’avoir finalement et incroyablement trouver son accaldante. La seule autre personne sur cette terre avec laquelle sa vie pourrait être jointe. Le seul être humain qui, pour le reste de sa vie, pourrait non seulement, l’alimenter, mais surtout, réchauffer, revigorer son corps relativement mort et continuellement froid depuis si longtemps. Les vampires reconnaissent leur accaldante à l’odeur, mais surtout à la saveur de leur sang, étant simplement la meilleure jamais goûtée. Son immunité au control mental est également un indice parlant… tant que, bien sûr, la verveine n’entre en jeu.
Suite à ces deux réalisations successives, la troisième, la conclusion logique, fut celle qui déclencha la panique: son manque de retenu venait fort probablement de lui enlever toute chance de pouvoir un jour se lier à son accaldante. Après tout, la confiance était décidémment un enjeu important, n’est-ce pas? Alors que la peur menaçait de l’imobiliser encore plus efficacement que la verveine ne l’avait fait, son cerveau fini par comprendre ce que son âme-soeur tentait de lui transmettre silencieusement à travers son regard. Le pardon. L’acceptation, la résignation peut-être, mais un pardon néanmoins.
Même si la verveine ne faisait plus effet, son corps ne semblait toujours pas en état de se mouvoir de lui-même; un effet conjoint de tous les plaisirs sensuelles accumulés suivis de l’orgasme le plus intense de son existence, de la plénitude assouvie par son repas probablement trop copieux du sang le plus exquis jamais goûté et le choc d’avoir, non seulement, finalement trouvé son accaldante, après tant d’années, mais surtout du fait que sa nouvelle raison de vivre lui ait réellement offert un pardon.
{Ils son enccore sur le sol…} L’être en question, une fois sur le dos, n’eut donc aucun problème à manipuler son corps, à l’étendre sur son côté et y mettre la tête sur son épaule pour finalement l’entourer de ses bras. Normalement, en raison de sa position de pouvoir, personne n’aurait osé et n’aurait eu la permission d’ailleurs, de l’arranger de la sorte. Mais son accaldante pouvait définitivement l’enserrer comme bon lui semblait. D’ailleurs, bien vite, le sentiment de laisser-aller, de sécurité, aussi illogique qu’il fut, et, osant espérer, d’affection, lui réchauffa l’être entier et l’appaisa au point de lui donner l’impression de flotter sur un nuage. Dans cet état de béatitude parfaite et comblante, l’assouppissement ne pu que suivre et l’entrainer.
Un léger mais familier fourmillement se faisant sentir dans le bas de son dos lui fit réaliser que sa sieste avait durer plus longtemps que prévu. Le soleil allait bientôt se lever. Avec ce dur retour à la réalité, une conclusion encore plus dramatique se présenta: si rien n’était fait, son accaldante allait être témoin de la preuve indéniable de sa vraie nature. Mais serait-ce une nouvelle inattendue ou est-ce que son âme-soeur était déjà au courant de l’existence des vampires? Après-tout, Alex avait su utiliser la verveine pour l’immobiliser; sûrement la signification d’un tel résultat lui était déjà connu…
“Dimmi, dis-moi, comment as-tu su que la verveine allait m’immobiliser? Qu’est-ce que Honey t’as expliqué sur moi?” Les secondes qui suivirent furent les plus angoissantes. Jusqu’à ce qu’il devint évident qu’aucune réponse n’arriverait. En effet, une simple vérification lui indiqua que l’objet de son anxiété dormait, tout simplement. Ne pouvant attendre davantage avant d’en avoir le coeur net, sa solution était claire: réveiller cette source d’intrigue déstabilisante. Alors une main sur l’épaule et un léger brassement furent tentés, mais ce ne fut qu’après maints essaies, qu’un “Non” grogné fini par se faire entendre, suivi d’un “t’es pas entrain d’essayer d’me réveiller, là, hein?”
Craignant d’avoir commis un autre faux-pas irréparable, son ton se fit des plus suppliants, “Si, purtroppo, oui, malheureusement, j’ai besoin que tu te réveilles et réponde à une question, svp.”
“Ostie d’tabarnak, tu m’niaises, là!? Une criss de question? Tu vas m’réveiller pour une crisse de question? Câlisse, t’as intérêt à c’que ça soit une question d’vie ou d’mort, ostie!”
Malgré la précarité de sa situation, son anxiété devait plus que tout être rassurée, “Quasi, presque, j’ai besoin que tu me dise comment tu as su que la verveine allait m’immobiliser? Qu’est-ce que Honey t’as expliqué sur moi?”
“Quoi? Tabarnak, mon cerveau marche pas quand j’viens tout juste de m’réveiller, pis tu m’pose une question compliquée d’même?! Attends, donnes-moi une minute, là.” La culpabilité d’avoir enragé son âme-soeur à ce point se joint à l’angoisse de l’attente d’une réponse et ensemble créèrent un pénible noeud dans son estomac. “De un, Honey, m’a pas parlé de toi, ou en tout cas, m’a pas rien dit sur toi. De deux, je l’savais pas si ça allait t’immobiliser ou te brûler par en d’dans comme quand t’avais lécher mon sang l’autre fois; j’ai juste pris une chance. Criss, t’étais pratiquement entrain d’me violer; fallait ben qu’j’essaie de m’défendre!”
Sans oser s’attarder sur l’accusation décisive, sa curiosité l’obligea à enchaîner, “Quindi, donc, tu savais qu’il y avait une chance que ça m’immobilise… pourquoi? Comment savais-tu cela?”
“Quoi? Ostie, toi pis tes questions existentielles, à matin, tabarnak… Attends… Tu veux savoir comment j’savais qu’y avait une chance que ça t’immobilise? Ah, ok, ouin. Ça, c’est quand Honey m’a donné l’injecteur de verveine et que j’y ai demandé si c’était pour moi. Honey m’a dit que si quelqu’un m’attaquait, j’pouvais y injecter ça et qu’y aurait ben des chances que ça l’immobilise. Fac franchement, je sais pas si c’est parce que c’est une verveine différente que celle que j’ai bu l’autre fois, parce que moi ça m’avait rien faite, a part m’immuniser contre tes pick-up lines à 5 cennes, ou ben si c’est la même pis ça immobilise juste tout l’monde sauf moi. Remarque, ça s’peut ben; mes parents m’ont toujours dit que j’étais pas du monde!” Sur ce, Alex lui aggripa une épaule et poussa sur l’autre tout en se tournant de façon à ce que leurs corps se retrouvèrent sur le côté, faisant face au mur et donc dos au reste de la chambre {est-ce qu’ils sont encore par terre ou dans le lit, est-ce que le lit est dans le milieu ou le coin de la chambre?}, en position de la cuillère, son dos plaqué sur le torse de son accaldante. Cependant, la chaleur et l’affection des bras qui l’entourait une fois de plus contrasta paradoxalement avec la réplique suivante, “Bon asteur, dors si tu veux pas que j’te donne d’autre verveine. Tu vas apprendre que m’réveiller c’est très dangereux pour ta santé, fac j’te conseille de pas l’r’faire, ostie.”. Sans attendre une quelconque réplique, son âme-soeur se colla davantage sur son corps, presque fusionnant, puis, enfouissant son nez dans sa nuque, marmonna, “Ostie qu’tu sens bon.”.
Une partie de son être ne demandait qu’à rester dans ce doux cocon pour l’éternité et de savourer toute cette chaleur tant attendue, mais l’autre partie sentait toujours le fourmillement se répandre dans son corps et se souvint de l’épineux dilemme. De toutes évidences, la source indéniable (imminente) de son bonheur n’était pas encore au courant de l’existence des vampires.
L’idée de prendre le risque de révéler sa vraie nature à son accaldante, malgré le peu de temps à leur disposition, lui traversa l’esprit. Puis bien vite, les ‘et si…?’, les ‘oui, mais…’ et les ‘mais alors…’ se mirent à s’enchaîner, s’alterner puis s’embrancher créant une arborescence de scénarios tous plus inquiétants les uns des autres qui se mirent à tournoyer, tourbillonner puis tornader comme un ouragan déchaîné entraînant chaos, destruction et noirceur sur son passage à travers ses pensées et son esprit créant alors l’anxiété et les sueurs froides, la panique et l’ironique sensation d’étouffer, de manquer d’air… Non, cela était trop risqué. Amener un être humain à l’étrange et effrayante réalité de l’existence des vampires, lycanthropes et autres demandait finesse et surtout du temps et de la patience. Ce processus complexe de deuil et de découverte ne pouvait absolument pas être dépêché/brusqué. D’autant plus, et bien qu’empirant le tout, ce détails lui fut plus difficile à s’avouer, l’idée même que cet être parfait puisse l’entrevoir dans cet état absurde et embarassant dont le soleil l’affligeait, lui parut une honte des plus complexantes; insurmontable même.
L’intensification du fourmillement lui rappella l’imminence de son échéance et la conclusion logique et inévitable lui apparut clairement; son accaldante devait partir au plus vite, avant que le soleil ne se lève, que le coma ne l’emporte et que la vérité ne soit révélée.
“Mi dispiace tanto amore mio, pero… Toutes mes excuses mon amour, mais je dois te demander de partir; tu ne peux rester ici. La nuit achève et avec le soleil bientôt de retour, tu seras en sécurité, mais je ne peux te permettre de rester ici. Pas encore. J’ai trop de chose à t’expliquer avant que l’on puisse passer une journée ensemble. Sache que de te voir partir me brisera le coeur, mais qu’il en va de beaucoup plus que toi et moi… Par pitié, ne m’en veut pas.”
“Attends, non seulement t’as attendu que j’m’endorme pour me réveiller avec des questions bâtards, mais en plus là tu m’empêche de m’rendormir pour me crisser dehors aux p’tites heures du matin?! … Décidémment t’as pas compris… Fac laisses-moi t’expliquer autrement: la dernière personne qui m’a gâché mon sommeil… mettons juste qu’a l’a r’gretter en ostie. Crois-moi, tu veux pas m’faire ça…”
“Non ne dubito. Je n’en doute pas, cependant, je n’ai vraiment pas le choix; si tu restes, je devrai te dévoiler un secret très personnel que je ne suis malheureusement pas encore à l’aise à partager. Par pitié, comprends-moi et pardonnes-moi, j’aurais tellement préféré pouvoir passer la journée avec toi, mais pour aujourd’hui c’est impossible, toutes mes excuses. Par pitié, ne m’en veut pas.”
Les secondes s’étirèrent et, n’osant se retourner, fixant le mur, son esprit était divisé entre l’angoisse débilisante et la focalisation de tous ses autres sens dans la désespérante tentative de déceler les émotions, pensées et intentions de sa désormais indispensable et toujours impénétrable source de vie qui semblait si inattégnable alors que si proche, juste là, dans son dos.
Une hésitation puis une inspiration comme si un argument se préparait à être lancé avec l’intention de plaidoyer se firent sentir,… mais rien de vint.
Puis finalement un grand soupir précéda le verdict sur un ton étonnamment calme et compréhensif, “Ok, t’as besoin de dire non et tu dis non; tu établies et respectes tes boundaries, c’est bien, j’comprends ça; même que j’respecte ça, bravo.” Un autre soupir puis, sur un ton moins conciliant, “Mais j’avoue que j’aurais préféré que tu me l’dise avant, histoire que j’puisse me préparer en conséquence. À dernière minute de même, c’est franchement chiant… Fac j’vas t’pardonner pour cette fois, mais j’t’avertis, j’risque pas d’oublier par contre. Fac prochaine fois, averti-moi à l’avance, ok?”
Heureusement, car son cerveau ne semblait plus être en état d’analyser ce qui venait de se passer, sa réponse se fit par réflexe, “Si Capo, grazie mille! Oui, Capo, merci infinimment!”.
Sur ce, tout de même et tout simplement, son accaldante se décolla, plongeant son corps dans les froides
ténèbres de l’abandonnement, et sorti du lit. Étant dos au reste de la chambre, et n’osant bouger de peur {…}
seuls les sons et bruits de vêtements, de pas puis depurent lui indiquer se rhabilla et, sans plus cérémonie,
sorti de la chambre. sans dernier regard ni salutation, et probablement sans dernire regard, sans donc
remarquer que déjà sur le lit, dans un dernier long soupir, le corps étendu s’était figé et l’esprit l’habitant,
doucement s’estompait.
Chapitre 7 - Réaliser qu’c’est l’temps de s’confier
7.1 - PdV d’Alex
Dimanche,
Cher journal,
on a passé l’avant-midi en cuillère avec notre Partenaire! Au début, ben après qu’on ait fait de notre mieux pour enlever l’odeur de sangsue qui était partout sur son corps… on pouvait pas croire que le moustique y avait mordu le cou! Les vampires mettent un peu de leur sang sur leurs morsures pour les faire guérir et que les humains puissent pas les voir, mais nous les lycanthropes on est capables de les sentir quand même… Après avoir lêché la morsure, on était un peu plus calmes, mais savoir que notre moitié avait été intime avec la sangsue qui, la veille, avait essayé d’y faire du mal… Même si je savais que je méritais pas de ressentir de la jalousie, je pouvais pas non plus m’en empêcher, c’était plus fort que moi. Vic voulait retrouver le moustique et l’achever pour de bon. Donc, bref, au début pendant que notre moitié dormait tranquille, nous on hésitait entre s’endormir et profiter de sa chaleur qui était comme la chose la plus belle et réconfortante au monde et rester alerte pour monter la garde et protéger notre précieuse moitié. Mais après les évènements de la veille, notre corps était magané et la fatigue a fini par gagner. J’avoue qu’on dors toujours mieux sous notre forme lupine. Ça doit être à cause qu’on a moins de chance de se faire violer comme ça…
On a dormi juste quelques heures, mais ça a été les meilleures heures de sommeil de notre vie. Son ronflement, une douce berceuse. En plus, on savait que plus on restait proche longtemps, plus notre odeur allait s’imprégner dans ses vêtements, sa peau, et on se disait que, comme ça, la prochaine fois, la sangsue allait peut-être comprendre que cet être humain-là est à nous! Une chance par contre que nos côtes avaient fini par guérir assez vite, parce que notre Partenaire bouge pas mal dans son sommeil…
À notre réveil, notre partenaire dormait encore, mais on avait un pressentiment que ça ne durerait pas longtemps et le souvenir du matin de la veille, celui de notre partenaire sans café, nous faisait encore peur. On voulait tellement pas revoir ça qu’on a décidé que c’était plus safe de laisser notre partenaire sans protection pour quelques minutes, le temps d’aller chercher un café, que d’attendre son réveil. De toutes façons, il faisait jour.
Alors on a sorti tout doucement de sous son bras, puis de la cachette et aussitôt sa chaleur nous a manqué. Les lycanthropes ont le sang chaud, alors c’est rare qu’on a froid, mais là c’était un autre genre de froid. Un froid que juste notre partenaire pouvait réchauffer.
On a boîté le plus vite possible jusqu’au café le plus proche qu’on a pu trouver, puis on a continué jusqu’à une cachette la plus proche qu’on connaissait. La meute a des cachettes partout en ville avec des vêtements “one size fits all” et un peu d’argent, justement pour quand on a besoin de reprendre notre forme humaine. Bref, marché jusqu’au café a été pénible parce que là j’avais juste une jambe pour compenser ma jambe fêlée, contrairement à quand j’en avais 3. Au café, j’ai demandé un espresso et j’ai mis tout plein de sucre dedans; comme l’autre barista m’avait dit que ma moitié avait pris. Une chance qu’on était dans un quartier plus indigne que digne, autrement ça aurait pu être plus compliqué que ça. Mais quand j’ai réalisé qu’il faudrait que je ramène le café à ma moitié sous forme lupine, j’ai dû demandé un des cabarets de transport. Et c’est là, comme de fait, que la personne derrière le comptoir a commencé à me regarder de travers. Sans y laisser le temps de me rappeler que j’avais juste unpetit café, j’ai rajouté “S.V.P.” et la personne a fini par me donner un cabaret à contre-coeur. Pour pas me sentir mal, j’ai ajouter deux sandwichs et deux jus à ma commande. J’allais avoir besoin d’énergie pour finir de guérir mes blessures d’hier et nourrir ma moitié était si gratifiant.
Après réflexion, j’ai décidé de retourner vers la cachette de ma moitié sous forme humaine, même si ça faisait
plus mal à ma jambe, au moins le temps de manger mon sandwich et de boire mon jus, mais dès que j’ai eu fini de
tout avaler, j’étais déjà tellement en sueur à force de boîter et de souffrir que j’ai fini par laisser faire pis
trouver une autre cachette pour me transformer et on a fini le trajet à 3 pattes, le sac et le cabaret dans la
gueule. J’ai hésité entre me transformer plus près du café et revenir à la cachette en transportant tout dans
ma gueule, ou retourner en boitant intense et me transformer tout près. De retour près de la cachette de mon
âme-soeur, j’ai trouvé un buisson assez gros et épais pour pouvoir me transformer derrière. J’y ai laissé les
vêtements derrière un buisson et mis le cabaret avec le café par terre avant de me transformer. Le sandwich et
le jus étaient déjà histoire ancienne. Une fois dans notre forme lupine, on a pris le cabaret dans notre
gueule et on l’a soulevé tout doucement. J’avoue, ça nous a pris au moins 3 essaies avant qu’on réussisse à
comprendre comment tenir le cabaret entre nos dents pour pas qu’il chavire. Une chance que le café avait un
couvercle! Une chance aussi qu’on n’avait pas long à marcher jusqu’à notre moitié parce que le coin du cabaret
était vraiment pas confortable dans le palais!
Glisser le cabaret avec le café sous les buissons, à la hauteur de sa tête, a été une opération beaucoup plus délicate que j’aurais pensé. Les p’tites branches, les p’tites roches, tout avait l’air de vouloir m’empêcher de faire glisser le cabaret en douceur. Un fois le cabaret tout près de la face de notre partenaire, on a rentrer dans la cachette pis mis le sac de bouffe à côté. Au moins cette fois-là, vu qu’on savait un peu mieux l’arrangement de l’espace, on a réussi à pas y piler de dessus. On savait qu’on avait pas intérêt à réveiller notre âme-soeur! Alors on a repris notre position couchée-collée près de notre partenaire, mais un peu plus bas pour laisser la place de choix au café. Et on a attendu.
{On pourrait couper la première partie et commencer drette ici (quite à ajouter qq détails par rapport au dignisme}
Voir la joie dans la face de notre Partenaire à sa première gorgée de café a été la plus belle récompense de notre vie. On aurait traverser l’enfer juste pour pouvoir y mettre c’te sourir-là dans face!
Après avoir bu son café, notre Partenaire a commencé à ramasser ses choses et tout mettre dans son fameux sac à dos. Son sac à dos avait l’air tellement lourd qu’on voulait le transporter à sa place; même si notre patte arrière faisait encore mal. Mais on pouvait pas se permettre de se tranformer devant notre Partenaire alors on a juste transporter le sac de bouffe. D’ailleurs, quand on le lui a montrer, notre Partenaire a simplement expliqué qu’après son café, venait la toilette, pis après, la nourriture.
Fac on a accompagné notre Partenaire jusqu’au café le plus proche, justement celui où on avait acheté son café. On n’a pas pu s’empêcher de gémir quand on a réalisé que notre Partenaire allait devoir entrer dans le café sans nous.
“Braille pas Vic, reste ici, j’vas revenir.” Une partie de nous voulait y faire confiance, mais l’autre partie avait tellement peur de se faire abandonner. Notre Partenaire nous a mis une main sur la joue et a ajouter “J’te l’promets, j’vas revenir, ok, inquiètes-toi pas. R’garde, si ça peut t’rassurer, j’vas t’laisser ma bouffe; comme ça t’as la garantie que j’vas rev’nir!” Je sais pas trop quoi en penser, mais j’avoue que ça, ça avait été assez pour nous rassurer.
Toute le reste de la journée on a suivi notre Partenaire à travers les rues de la ville. On a arrêté un bon
bout au parc pour que notre Partenaire puisse manger confortablement et tout le long
Après avoir manger son sandwich et bu son jus, notre Partenaire s’est accoté la tête sur le tronc de l’arbre au pied duquel on avait décidé de s’évacher. Sa main nous caressait pensivement allant de notre tête qui était sur ses cuisses, au reste de notre corps qui était allongé dans l’herbe du parc. Sa main a peser quelques fois sur nos côtes, mais elles ne faisaient déjà pu mal, alors c’était correct. Le souvenir de notre Partenaire qui avait l’air d’avoir du plaisir à nous faire souffrir la veille nous perturbait encore. D’un côté, on espérait que Alex ne soit pas comme Sad, mais de l’autre côté, faire plaisir à notre Partenaire était tellement engrainé en nous que ça nous avait presque fait plaisir de pouvoir y faire autant plaisir…
Un long soupir de notre Partenaire a ramener notre attention sur le moment présent, juste à temps pour entendre son monologue.
“J’peux pas croire… Bon, récapitulons: j’ai rencontré deux wet dreams en une nuit. D’un côté, on a 49 avec qui j’ai finalement eu la chance de découper quelqu’un, qui est apparemment capable de me retrouver peu importe où j’atterris, qui a d’la bave magique qui guéri les plaies et qui a clairement un CPTSD lié au sexe qui serait vraiment trop intéressant à démonter, mais qui a même pas d’café dans son appart. Quoique, à sa défense, 49 est vraiment cool, smart, et sexy à mort… pis en plus, j’m’entends super ben avec, genre j’peux être moi-même pis ça a même pas l’air d’y faire peur!”
Quand on a entendu tout ça, on a ben compris que c’était moi, 49, mais j’avoue que je savais pas trop comment je me sentais face à sa description. CPTSD? C’est quoi ça?! Mais Vic accrochait juste sur les mots qui l’arrangeait comme “Wet dreams! Magique! Sexe!”, tellement qu’on a du avoir l’air d’avoir une crise schizophrénique en alternant à chaque mot entre des faces confuses ou insultées et des battements de queue excités! Mais peu importe, Alex a juste continué à parler,
“De l’autre côté, on a 23 qui est apparemment une méga vedette full anti-dignisme et supposémment full pacifiste, avec des pouvoirs mentaux utiles pour se débarrasser des fans en pamoison, qui a commencé par me kidnapper et me torturer à cause d’ostie d’préjugés d’marde, parce que apparemment j’ai pas l’air assez psychopathe pour être capable de torturer quelqu’un, mais qui a fini par s’avérer plus sub et masochiste qu’autre chose, ce qui est aussi fucking hot, j’avoue.” 23?! Ça, ça devait être la sangsue du Rossi qui avait sauvé Morgan… Alex l’appellait aussi Sweetie… Une vedette? Est-ce que ça pourrait être Rossi en personne? La seule fois où j’avais pu l’apercevoir, le moustique était en boule par terre pendant genre une seconde avant de disparaître en se sauvant à vitesse vampirique. Mettons que ça m’avait pas donné grand temps pour l’identifier. {Alex en avait bien l’odeur, ça cette odeur-là, j’aurais pu la reconnaître n’importe où! Mais ça ne me donne pas pour autant le nom de la personne. C’est pas comme si j’avais pu avoir eu la chance de sentir Rossi d’assez près pour connaître son odeur!}
“Criss, tu dois trouver que j’parle pas mal, hein? Remarque, moi j’parle toujours autant, c’est juste que d’habitude j’parle juste à mon public cible, qui est pas mal juste dans ma tête, mais là j’trouvais ça un peu impoli de pas t’inclure dans conversation; des plans pour que tu penses que j'te parle dans l’dos! En même temps, moi j’t’oblige pas à rien tsé, c’est toi qui reste là depuis tantôt à m’écouter! Quand tu s’ras pu capable de m’entendre déblatérer, t’auras rien qu’à t’en aller; j’t’en voudrai pas!” Après genre 5 secondes de silence pendant lesquelles on a pas osé bouger, Alex a recommencé à parler comme si de rien était.
“Alors, voyons voir… Côté bouffe, les deux me nourrissent alors c’est bien.” Oui, ça on avait déjà compris que nourrir notre Partenaire était primordial… plus genre, vital! “23 est plus du genre resto, alors que 49 est peut-être plus du genre sandwich, mais 49 cuisine, alors ça c’est un gros plus. Par contre, 49 a pas de café dans son appart, ce qui est un fichu malus, mais en même temps, j’peux pas parler, moi j’ai même pas d’appart. 23, par contre, a osé m’empêcher de dormir… ça… ça c’est un gros gros gros malus. 49 au moins me laisse dormir, ça c’est un gros gros bonus.” Après avoir vu ce qu’Alex avait fait à Morgan pour y avoir gâcher sa nuit de sommeil, on avait presque peur de voir ce qui arriverait à l’autre sangsue la prochaine fois qu’Alex serait avec…
“Côté présence, 49 a passé une journée entière avec moi et j’avoue que j’ai vraiment aimé ça, mais aujourd’hui 49 est toujours pas là, fac c’est un peu plate, mais en même temps, j’comprends que 49 a surement des choses à faire. Même chose pour 23 qui dit que ses seuls temps libres sont pendant la nuit.
Côté sexe, avec 49, si je réussi à régler son CPTSD, c’est clair que ça va être génial; alors franchement, j’m’inquiète pas de c’côté-là. Avec 23, c’est déjà bon, quoique sa capacité à respecter les limites laisse à travailler. D’ailleurs,” là, notre Partenaire a bougé pour se mettre dans notre champ de vision et retenir notre attention, “fais-moi pensé à demander plus de verveine à 49, stp.” Là, j’avoue, le fait qu’Alex nous parle comme si on était une personne nous a fait paniquer. Une chance que notre Partenaire a tout de suite recommencer à regarder dans le vide et à parler comme si de rien était, parce qu’on devait avoir un air effrayé, certain! La règle numéro un des êtres paranormaux est de jamais dévoiler notre existence aux êtres humains… Me semblait que j’avait vraiment fait attention à rien dire de bizarre… Est-ce qu’Alex aurait deviné quand même? J’ai eu tellement peur que l’Alpha l’apprenne pis pense que c’était d’ma faute… Fac c’est juste après ça qu’on a compris ce qu’Alex avait demandé… plus de verveine?! Mais qu’est-ce qui s’était passé pour qu’Alex ait eu besoin de la vervein qu’on y avait achetée?!
“En fait, les deux me donnent des papillons dans l’ventre. Les deux me mettent plus confortable que c’que j’ai jamais été avec qui qu’ce soit. Les deux ont du potentiel pour du plus long-terme ou plus profond. Pis en plus, les deux sont hot en ostie! Mais surtout, les deux ont déjà l’air à moitié en amour avec moi sans même que j’aille eu besoin de faker; fac franchement, ça c’est reposant en ostie!”
C’est à ce moment-là, qu’on a réalisé deux choses qui marchaient pas notre tête: notre Partenaire aurait voulu avoir une relation avec nous, alors on était aux anges; mais aussi une relation avec la sangsue… Mais on n’a pas eu le temps, ni le moyen d’ailleurs, d’y poser la question parce que son monologue a continué.
“Ensuite, apparemement, j’ai hérité d’un ch- animal de compagnie. Moi qui avait déjà d’la misère à m’occuper d’moi-même… oui, j’parle de toi là, grosse boule de poils qui sent étrangement bon!” En entendant ça, Vic trippait ben raide. C’est à l’odeur qu’on reconnait nos Partenaires et si Alex aimait aussi notre odeur, c’était que le lien, l’attirance entre Partenaire, l’affectait aussi. “En plus, j’sais pas comment tu fais, mais non seulement tu m’as fait mieux dormir, mais en plus tu m’as amené mon espresso, drette comme j’les aimes, avant même que j’me réveille. Ostie qu’t’es cool! Pis tu m’as amené un sandwich aussi. J’avoue que ça m’inquiète un peu quand j’me demande comment t’as fait pour acheter ça, ou ben si tu l’as pas juste trouvé d’in poubelles, ou ben si t’as toi aussi un super pouvoir comme les deux autres; je sais pas, mais tant que tu m’ammène mon espresso du matin pis d’la bouffe, tu peux rester! … Shit, ça veut-tu dire qui va falloir que j’te nourrisse?! Ostie, d’habitude c’est les autres qui me nourrissent, pas l’inverse. Fuck, j’ai pas d’place dans mon sac à dos pour trainer un de ct’es ostie d’gros sac de bouffe à chien! …Ostie, pis qu’est-ce que j’vas faire le reste du temps? J’veux dire, prends-le pas personnel, mais j’ai pas vraiment l’goût d’dormir dehors à toué nuits. D’habitude, j’m’arrange pour me faire inviter quelque part de temps en temps, histoire de pouvoir prendre une douche, faire du lavage et dormir dans un lit… et quand j’dis ‘m’faire inviter’, oui, j’parle de one-night-stand. Mettons que ça m’surprendrait ben gros que des one-night-stands voudraient que j’traine une grosse boule de poils avec moi… Ostie.” Pendant c’te partie-là, je sais pas si c’était l’idée que notre Partenaire couche avec d’autre monde (il faut avouer, qu’on pouvait pas vraiment parler à ce sujet-là…) ou ben l’idée qu’on y causait du stress de plus à l’idée de devoir nous nourrir, mais Vic a grogné de plus en plus fort tout le long.
Jusqu’à ce que Alex se tanne pis nous chicane, “Heille, c’est quoi c’te grognage-là, là?! T’aime pas l’idée que j’couche avec du monde pendant que toi tu restes dehors?! Ouin, ben, de un, tu sauras qu’à mon âge, coucher dehors à toué nuit, c’est des plans pour que mon corps se révolte et fasse la grève. Pis de deux, j’t’averti tout suite, la jalousie pis la possessivité sont des red flags pour moi, fac j’vas t’inviter à travailler là-dessus au plus criss, parce que sinon tu pourras pas rester avec moi, certain!” Là-dessus, on a eu tellement peur qu’on voulait à tout prix se faire pardonner, rassurer notre Partenaire qu’on allait bien faire ça et y montrer à quel point qu’on l’aimait qu’on a commencé à se frotter la tête sur ses jambes et se coller jusqu’à presque y embarquer dessus…
Pis là Alex a crié “Oooook! OK Vic, calme-toi, là!” pis nous a mis les mains au cou pour nous faire descendre de sur ses jambes et se relever debout. “OK, s’correct, Vic, panique pas, on va s’arranger, ok?!” Les mains autour de notre tête, et la face tout près de la nôtre, notre Partenaire nous a fait un beau sourire et a fini avec, “Inquiètes-toi, avec moi, y’a toujours moyen d’s’arranger!”, et un clin d’oeil.
“J’peux pas croire que j’sois entrain d’faire tout un détour juste pour pouvoir nettoyer mon canif avec toi. J’veux dire, si y’avait rien qu’moi, normalement, j’aurais juste eu à aller dans la toilette d’un café ou d’un fastfood, mais vu que toi tu pourrais pas m’suivre jusque là, j’me donne la peine de trouver une source d’eau extérieure… sacrifice, j’dois t’aimer en ostie!”
Pour montrer à quel point ça nous faisait plaisir, on s’est collée la tête sur sa cuisse.
“Non, là par contre, pas en marchant! Criss, des plans pour que j’me plante! Je sais ben que tu m’aimes aussi, mais ma coordination me permet pas vraiment de marcher et d’me faire flatter la cuisse en même temps. Si tu veux me remercier de faire un détour juste pour passer plus de temps avec toi, aide-moi plutôt à trouver une source d’eau avant que j’me tanne de marcher.”
Ça on pouvait faire ça! On a regarder autour pour voir où on était (au lieu de juste regarder autour pour s’assurer qu’il y avait personne qui nous suivait) et on a tout de suite pensé à la place idéale. Alors on a continué à marcher jusqu’au coin de rue pis on a tourné à droite. On a fait quelques pas pis on a regardé derrière nous pour voir si notre Partenaire nous suivait et même si sa face avait pas l’air sûre, j’pense que sa surprise et sa curiosité avaient été assez pour l’amener à nous suivre quand même. Bref, on a guidé notre Partenaire jusqu’à une grosse fontaine avec des anges pis tout, genre la plus belle et romantique de la ville et on (s’est assis devant et on était tellement fière qu’on s’est mis à battre la queue)
“Nice, de l’eau bénite! lol J’avais oublié qu’y’avait une église pas loin. Décidémment, t’es utile, toi!” (en entendant ça par contre, on a figé pendant une seconde; ‘utile’, c’était le seul ‘compliment’ que l’Alpha nous faisait…)
“Quoi? T’as besoin de plus d’enthousiasme et de reconnaissance que ça?! Criss, tu veux tout d’même pas que j’fake des larmes de joie?! Pis, j’te l’dit tout suite, j’vas pas commencer à t’gratter derrière les oreilles pis t’sortir des conneries cute en voix d’bébé. J’pense que ça s’rait juste insultant pour toi comme pour moi. Si t’as besoin d’une preuve d’affection, souviens-toi que j’ai fait tout un ostie d’détour juste pour pouvoir passer plus de temps avec toi!”
En nettoyant son canif dans l’eau de la fontaine, l’Alex s’est tourné la tête vers nous et nous a demandé avec un air de question existentielle, “Vu que j’nettoie mon canif avec de l’eau d’église; tu penses-tu que ça compte comme ‘laver mes pêchers’?”
On a même pas eu le temps de penser à répondre que notre Partenaire a crié “Aouch!” et a sortie sa main de l’eau en laissant tomber le canif dedans. Pendant que notre Partenaire se plaignait, “Ostie, j’me suis encore coupé le doigt. Quand on parle d’un manque de proprioception! Même pas capable de savoir où sont mes doigts par rapport aux lames!” on pouvait pas s’empêcher de fixer la goutte de sang qui se formait au bout de son doigt, “Au moins, j’ai tellement l’habitude que ça m’fait pu mal. C’est plus les jours d’après que c’est gossant, parce que ça met du sang un peu partout pis tu l’sens à chaque —” on a pas été capable de se retenir plus longtemps que ça.
“Hey! Ouach, qu’est-ce tu fais là Vic?!”. Notre moitié a rammené son doigt vers sa poitrine, loin de nous, “C’est pas poli de lècher les doigts des gens sans leur consentement!”. On avait pas été capable de se retenir, le souvenir du goût de son sang de la veille nous avait mis l’eau à la bouche; en plus, on pouvait pas supporter de voir une autre plaie sur notre âme-soeur. Après avoir fini de nous lancer son regard réprimendeur, Alex a fini par retourner son attention sur son doigt, puis aussitôt après sur nous, avec une face… déconcertée? On avait juste voulu guérir son doigt; sur le coup, c’était juste de l’instinct, mais on pouvait pas non plus dévoiler notre secret, fac tout ce qu’on a trouvé à faire était de rester là, à essayer de pas avoir l’air trop bizarre; ‘comme si de rien n’était’… Puis son regard à recommencer à alterner entre son doigt et nous, son doigt, nous... “Coudonc, ostie, y’a-tu rien qu’moi qui bave pour rien, icit?! {voir autre version à la fin de ici (après l’Épilogue)}
7.2 - PdV de Chose/49/Honey et Vic
7.3 - PdV d’Alex ou de Chose/49/Honey
7.4 - PdV externe de Rossi/23/Sweetie
Chapitre 8 - Réaliser qu’les rêves en valent pas toujours la peine
8.1 - PdV d’Alex
8.2 - PdV externe de Rossi/23/Sweetie
8.3 - PdV de Chose/49/Honey
8.4 - PdV d’Alex
Chapitre 9 - Réaliser qu’c’est pas pantoute c’qu’on pensait
9.1 - PdV d’Alex
I do all my own stunts, but never intentionally
Un bruit de vitre brisée. Une main sur mon épaule. Le lit qui bouge à côté de moi. Les couvertes qui me déshabrillent. Une main qui taponne de plus en plus mon épaule. Ostie qu’49 va regretter d’avoir essayé d’me réveiller!
Je grogne, la face à moitié dans l’oreiller, “Quelle partie de ‘réveilles-moi pas’, t’as pas compris, ostie?!”, 49 fait juste sauter en bas du lit et prend même pas la peine de m’répondre. Clairement j’y ai fait peur! Fac j’considère me rendormir tout en procrastinant ma vengeance quand j’réalise que j’entends du bruit dans la chambre. Mais, genre, plus de bruits que ce que juste 49 devrait faire, normalement. Des coups pis des grognements pis des frottements. J’ai pas l’oreille des sound designers, fac j’peux pas dire qu’est-ce qui cogne quoi, mais j’sais que les grognements viennent pas de 49. Mettons que j’commence à les connaîtres les grognements de Honey! Fac quelqu’un d’autre est ici? Mais pourquoi personne parle?! Quelqu’un fait shaker l’lit. Un gros craquement retenti dans la chambre. Ostie d’niaisage! “Voulez-vous ben faire moins d’bruit, câlisse, j’essaie d’dormir, ostie!”. 2 secondes de silence. Good, les caves ont compris! J’remonte les couvertes par-dessus mes épaules et me remet confortable. Mais les bruits recommencent et continuent même encore plus fort. Y’a même un ostie d’gros bruit qui fait shaker un mur. Une chance qu’y a pas d’décoration ici! Mais surtout, ces imbéciles-là veulent vraiment pas m’laisser dormir… Fac là, j’sors ma voix la plus fâchée et j’les avertis pour la dernière fois, “Qu’est-cé qui s’passe, ostie?! J’vous avertie, si c’est pas une question d’vie ou d’mort, ça va finir avec la vôtre, câlisse!” Vu que c’est clair que j’pourrai pas m’rendormir, j’fini par me lever la tête et m’accoter à moitié sur les coudes, à moitié sur la tête de lit et j’ouvre lentement les yeux.
Fuck!
Ok, en gros, la chambre est scrap. Y’a des morceaux d’meuble un peu partout, une couple de trous dans les murs pis la fenêtre est effectivement rendue par terre, en morceaux. Mais l’action s’passe en face de moi, à l’autre bout d’la chambre. Y’a quelqu’un qui est dos à moi, à cheval par-dessus quelqu’un d’autre, et qui a l’air de crisser plein d’coups d’poing à l’autre qui est par terre près du mur. Vu que le dos que j’vois a pas d’cicatrices, j’en déduis que c’est pas 49 qui est entrain d’gagner. Fac l’ostie a non seulement interrompu mon sommeil, mais est aussi entrain de crisser une volée à mon amour?! Oh non, ça s’passera pas comme ça, certain!
Fac, j’fais comme si j’avais pas mal nul part même si mon corps s’obstine pis ma tête tourne un peu (L’insolence de m’attaquer avant que j’ai pu prendre mon café! Non mais!) et j’glisse vers le bord du lit pour ramasser mes pantalons et prendre mon canif. J’sors la plus grosse lame et prends le manche dans mon poing, la lame vers la bas. J’m’en va y enfoncer dans l’coeur, ostie! Fac j’traverse le lit à quatre pattes jusqu’au pied du lit, mets mes pieds parterre et me lève debout. Ou ben l’indésirable est pas à l’écoute, ou ben se crisse ben raide de moi parce que 5 fait juste continuer à massacrer 49. 5, c’est un corps de ninja, genre puissance compacte… Ben là, j’ai comme pas encore eu l’temps d’y parler, fac j’ai pas mal juste le premier chiffre pour l’instant. Anyway, j’prends une bonne respiration, autant pour laisser le temps à mon corps de s’habituer à être debout, que pour essayer de mettre de côté mon indignation à l’idée de pas être le centre de l’attention; non mais! J’fais un ou deux pas, me penche et stab 5 dans l’dos!
Évidemment, ça s’passe pas comme prévu. J’sens le bas de mon poing toucher son chandail, alors sur le
coup, j’me dit que j’ai réussi à enfoncer la lame au complet, mais pas long après, j’sens une p’tite chaleur aigu
dans la paume de ma main et réalise que ma pogne est plus lousse, autrement dit, c’que j’tiens dans mon poing est
plus mince que la poignée d’mon canif… Pis out of nowhere, y’a le coude de 5 qui m’arrive dessus et me fait
r’voler à travers la chambre jusqu’à c’que j’atterrisse dans l’mur perpendiculaire.
Un coup qu’ma tête à fini de résonner avec le mur et que ma cage thoracique a recommencé à vouloir respirer, y’a mon coccyx qui se réveille et me fait un rapport des dégâts. J’ignore le tout; de toute façon, j’ai l’habitude des douleurs physiques. La douleur à l’orgueil, par contre, j’avoue, est pas mal plus dure à avaler. Clairement, l’autre à juste eu ben d’la chance! Mais quand j’regarde devant moi, j’vois mon canif, couvert de sang, à mi-chemin par terre entre moi et les deux autres qui sont maintenant perpendiculaires à moi. J’vois 5 qui a une main autour du cou de 49 et l’autre pointée vers moi, “Mêles-toi pas de d’ça; c’est pas d’tes affaires!”. Juste avant que son attention retourne sur la face rouge de 49 qui dit toujours pas un mot et qui en fait essaies même pas de se défendre, j’réussi à voir dans les yeux de 5 tellement de douleurs émotionnelles, de désespoir et d’angoisse. Fac tiens, on va y donner un deuxième 5.
J’mets les mains par terre, pour entreprendre de me lever et c’est là que j’comprend c’qui s’est passé avec mon canif. J’ai du avoir pogné une des côtes de 55 et j’imagine que ma poigne était pas assez solide sur le manche parce que apparemment ma main a glissé le long de la lame. Bref, j’ai la paume en sang; une ostie d’coupure tout l’long. Ostie, c’est ma main pour manger, câlisse! Fac non seulement 55 a interrompu mon sommeil, fait mal à mon amour, mais là en plus a même pas eu la décence que s’laisser poignarder comme du monde pis a scraper ma main pour manger?! Là, j’t’en criss!
Mais j’réfléchi quand même. Clairement, 55 doit faire partie de la communauté {meute?} de 49, c’qui expliquerait sa force impressionnante et le fait que 49 soit pas capable de s’défendre ni d’dire un mot. Fac, clairement, c’est pas avec la violence que j’vas pouvoir régler ça…
Alors essayons l’inverse: à job, quand on a une personne sénile qui nous fait une crise, souvent la meilleure solution c’est de faire diversion… Alors, j’me lève debout et j’profite du fait que 55 a les deux mains occupées sur la gorge de 49 pour arriver sur son côté, et l’interpeller gentillement “Hey, Buddy, scuse,”; j’y met affectueusement ma main qui saigne pas sur son épaule, le corps plié en deux pour pas l’obliger à s’casse l’cou pour me regarder et continue à parler tout en lui tournant autour, “J’voulais juste te dire que j’adore ton style!”, pour finir face à face avec et à côté de la tête de 49, “Où est-ce que t’as trouvé c’te chandail-là?” ”Hein, quoi?!” 55 se lève enfin les yeux pour me regarder. J’y fait mon plus beau sourir, et serre affectueusement son épaule, “Allô! J’m’appelle Alex, j’suis poisson et j’aime les sorties au resto et les longues marches romantiques sur la plage.” je change pour un sourir plus séducteur en faisant danser mes sourcils, “Pis toi, tu viens souvent ici?”. Au moins la confusion va lui avoir fait relâcher assez sa prise parce que j’entend 49 qui se remet à respirer, avec difficulté, mais quand même. Du coin d’l’oeil, j’vois la confusion sur la face de 49, qui a presque l’air de paniquer, soit à l’idée que j’puisse cruiser quelqu’un d’autre, soit à l’idée que j’aille finalement, réellement, complètement perdu la tête. Idéalement, j’y aurais fait un clin d’oeil pour y faire comprendre que j’fais semblant, mais j’suis juste capable de faire des clins d’oeil avec l’autre oeil, fac ça s’rait pas ben ben subtile… ”Hein?! De quoi tu parles? Coudonc, t’es qui toi?!” ”Aaallleex, j’m’appelle Alex. Mais j’avoue, j’ai menti,” en parlant, je m’assis par terre à côté de la tête de 49, comme si de rien n’était, comme si on faisait juste placotter, “j’ai horreur des longues marches, et encore plus des longues marches sur la plage! Non seulement ça demande trop d’équilibre de marcher sur le sable, mais en plus, le sable c’est comme les mouches noires,” j’lâche son épaule pour gesticuler avec ma main et mettre d’l’emphase sur mon point, “ça s’ramasse toujours à des places où tu voudrais vraiment pas qu’ça s’ramasse! Right?!”. Ensuite je dépose ma main sur ma cuisse et met mon autre main sur la tête de 49 que je flatte doucement comme si c’était mon chien pis qu’on était sur le bord du trottoir à promener nos chiens pis qu’on placottait en leur flattant la tête, mine de rien. Sauf que 55 fait une face encore plus perplexe, sur le bord de douter de ma sanité mentale. Alors je continu, comme si de rien n’était, “Hey, en passant, j’me demandais, tu l’sais-tu toi, pourquoi Honey a pas encore répliqué?” pour clarifier de qui je parle, je pointe 49 du regard une ou deux fois, “Sérieux, j’aurais jamais cru voir un jour Honey se laisser faire comme ça, avoue qu’c’tait fucked up!” (remarquez que j’ai utilisé l’imparfait pour subconsciemment convaincre son cerveau que son attaque est belle et bien chose du passé). 55 a l’air de vivre un whiplash avec mon 180 degré de conversation, mais heureusement réussi à s’en remettre assez vite et fini par réellement avoir l’air d’y penser (réfléchir à ma question). ”J’avoue, c’est pas normal.” 55 se laisse quasiment tomber, les fesses sur les cuisses de 49, sans avoir l’air de s’rendre compte que 49 est encore à poils, “Même que normalement, Chose aurait pu me détruire en moins de 5 secondes. Alors pourquoi…?” 55 se retourne vers 49 “Pourquoi tu t’laisse faire comme ça?! Par amitié? Par pitié pour Xan et moi? Pour c’que j’t’ai dit l’autre jour?” Quoi?! ”Câlisse, tu peux-tu être plus égocentrique que ça, stp?! Non mais, tu penses-tu vraiment que c’est parce que c’est toi?! Criss, penses-y, tu viens d’me crisser dans l’mur, moi, l’amour de sa vie, pis Honey a même pas l’ver le p’tit doigt pour te l’faire payer ou même juste t’enlever de d’là pour pouvoir venir s’occuper d’moi. R’gardes-y la face! Honey a juste le goût de t’faire r’voler pour pouvoir m’lécher la main pi m’guérir… Oh fuck, Honey, scuse, j’viens d’te mettre du sang partout su’a tête!”
“Mais d’abord, pourquoi Chose se défend pas?”
“Parce que quelqu’un y a enlever l’droit de parler et de se défendre en présence des autres membres de sa… communauté.”
“Quoi?!” 55 me regarde les yeux trop grands, “T’es entrain de me dire que les rumeurs étaient vraies?!”, 55 se tourne vers 49 avec l’horreur dans les yeux et la voix, “Oh, non…”.
“Fac dis-moi, si tu fais partie d’sa communauté, c’est qu’tu dois avoir d’la bave magique toi aussi, right?! Fac répares donc tes pots cassés, pis lèches-y l’corps,… stp.”
“Quoi?! Euh, oui, j’pourrais, quoique les plaies faites avec ma lame en argent, j’pourrais pas. Y’a pas mal juste Béta Sad pis l’Alpha qui pourraient guérir ça avec leur salive. Mais même à ça, j’peux pas guérir Chose parce que ma job est justement de l’affaiblir le plus possible avant l’arrivée de l’autre.” 55 prend une intonation presque implorante en continuant, “Pis mettons que j’ai vraiment besoin de c’t’argent-là!”
J’regarde 49 avec un sourcil levé pour y demander son avis sur c’t’histoire-là et 49 me fait une face avec les coins de sa bouche descendu en guise de compréhension/résignation et ses yeux lentement acquiescent. “Honey est aparemment d’accord que t’ai vraiment besoin de c’t’argent-là, fac aparemment, t’as pas besoin d’y lécher l’corps, mais moi j’aimerais bien savoir c’est pour qui qu’tu fais ça.” J’regarde 49 qui hoche la tête légèrement avec un froncement d’sourcils (inquisiteur, disbelieving, louche), “Pis Honey aussi.”
“Pour vrai?! J’veux dire, t’es vraiment capable de comprendre c’que Chose veut dire juste en y regardant la face?! À moins que vous soyez—” 49 agite la tête de gauche à droite super vite avec des yeux grands ouverts comme pour dire à 55 de s’la fermer au plus criss. “—Oh…”
“Ouin, Honey veut pas que tu parles de ça apparemment, peu importe de quoi t’allait parler.”
55 regarde 49 avec un air surpris,“Tu y en a pas encore parlé?”.
49 plisse des yeux menaçant vers 55, “Honey t’envoie chier, juste au cas où tu l’aurais pas catché.”
Inquiétez-vous pas, j’vas m’arranger pour savoir de quoi 55 parle, mais là pour l’instant, moi pis 49 on doit faire front commun.
“Oook… fac t’es vraiment capable, genre naturellement, de comprendre c’que Chose dit juste en y regardant la face?!”
“Ben oui. T’es pas capable, toi?!”
“Euh, ben, mettons que j’me f’rais pas autant confiance… J’aurais trop peur de m’tromper.”
“Eh ben!” Clairement, j’suis aussi awesome que c’que j’pensais! Quoique mon expérience comme PAB y est peut-être pour quelque chose, à moins que ce soit grâce à ce talent-là que j’ai autant le tour avec mes bénéficiaires!? Bref, dans un cas comme dans l’autre, j’suis juste awesome! “Pauvre Honey! Asteur j’comprends pourquoi Honey a l’air de pas avoir eu d’affection ou de conversation depuis un criss de bout! Si personne chez vous s’donne la peine d’essayer de comprendre…” Criss que c’est triste! “Mais anyway, asteur dis-nous pour qui tu fais c’te job-là, là?”
“Je sais pas si j’ai l’droit de l’dire… je sais que la personne en question est sensée arrivée bientôt, mais j’peux pas m’permettre que vous vous enfuyiez avant son arrivée juste parce que j’vous ai dit son nom, tu comprends?” jette un coup d’oeil à 49 et se reprend, “vous comprenez?”.
“Ooosssttiie…” j’fais un méga soupir, “Whatever, c’est pas comme si j’pouvais t’obliger à nous l’dire en te torturant avec mon p’tit canif, right?!”. Sur ce, 49 brasse subtilement la tête me faisant des gros yeux paniqués qui me suplient d’oublier ça. Ouin ben, j’pas cave, j’me doute ben que sans 49, j’s’rais jamais capable d’attacher 55 assez solidement pour pouvoir jouer avec! J’y fais un roulement d’yeux, pis revient à 55. “Fac c’correct, on règlera tout ça quand l’autre arrivera,… y’a pas d’problème,.. j’ai clairement rien qu’ça à faire, ostie!” Et c’est là que j’réalise que moi j’en ai un problème.
Fac j’me lève et, avant de sortir d’la chambre, j’me retourne vers les deux qui sont encore par terre à me fixer avec des regards de chevreuil en spotlight, “Bougez pas, là, j’reviens c’s’ra pas long.”, j’pointe 55 du doigt, “Pis toi, arrête de tabasser Honey, t’en a assez faite de même!”, puis je sort de la chambre avec toutes les douleurs d’la fibro (et probablement du vol plané que j’ai fait dans l’mur) qui me reviennent en même temps à gueuler dans mon corps et dans ma tête.
…Café!!
You know it’s a dire situation when “instant coffee” sounds good.
En revenant dans la chambre avec un ‘café’ et un sourire, j’reste dans le cadre de porte et j’pointe en arrière de moi, “En passant, on fais quoi avec Cutie?”
Et comme si on était dans un film, drette après que j’ai dit ça, on entend quelqu’un qui a l’air d’être sur le bord de s’noyer dans l’salon. “Ah ben, en parlant du loup!”
55 marmone “Non, pas tout à fait…”, avant de se lever complètement et de s’mettre à quelques pas devant moi pour essayer de voir c’qu’y’a derrière moi. Voyant que j’bloque une bonne partie du cadre de porte, 55 prend une grande respiration, a l’air de réfléchir 1 seconde, pis fini par écartiller les yeux, “Bibi?! Oh non! J’avais oublié Bibi!” 55 s’élance vers moi, mais s’arrête juste avant de m’rentrer d’dans et regarde derrière moi, “Oh, non, mais qu’est-ce que vous y avez faite?!”.
9.2 - PdV externe de Rossi/23/Sweetie
9.3 - PdV d’Alex
9.4 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
Chapitre 10 - Réaliser qu’la vie devrait peut-être juste pas continuer
10.1 - PdV d’Alex
10.2 - PdV externe de Max Rossi/23/Sweetie
10.3 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
10.4 - PdV d’Alex
Chapitre 11 - Réaliser qu’la vie est pas sensée être tough de même
11.1 - PdV d’Alex
11.2 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
“Chose, j’ai soif!”
Ça, ça m’a fait sortir de mon rêve assez sec merci. La voix de l’Alpha dans ma tête alors que je dormais si bien… À part avec Alex, j’avais rarement aussi bien dormi qu’avec Max… Max. J’aurais jamais pensé avoir le droit de l’appeler Max! Dans ma tête ça avait toujours été Rossi, mon idole. Là, non seulement j’pouvais l’appeller Max, mais on avait presque couché ensemble… et j’ai même eu le droit de rester avec après le lever du soleil.
Malheureusement, j’ai pas eu le temps d’en profiter plus que ça, quoique j’avoue que c’était quand même bizarre de dormir avec quelqu’un qui est pratiquement dans l’coma…
Mais là il fallait que j’me dépêche! Quand l’Alpha dit avoir soif, c’est un code pour que j’y donne une bière ET un orgasme… Mais d’habitude, j’suis dans la maison-mère ou dans ma shed, mais jamais à ben ben plus que 15 min; détour par la cuisine pour prendre la bière inclus… Là j’étais à au moins 30 min de la maison-mère; détour par la cuisine non inclus… et je sentais le sexe et le sang de vampire… Sexe et sang, c’était normal; vampire, pas tant…
Là j’l’écrirai pas ici, mais j’avoue que j’ai sacré pas mal pendant que j’courais vers la maison-mère. Comme quoi Alex avait pas eu une ben bonne influence sur moi.
Pendant que j’courais le plus vite possible dans les ruelles et sur les toits en espérant que personne me voit courir aussi vite, l’Alpha répétait son ordre au 5 min en grognant de plus en plus fort. J’ai réussi à arriver à la maison-mère en 20 min au lieu de 30, mais il a quand même fallu que je me lave un peu. J’pense que ça a été la douche la plus rapide et la plus frette de ma vie. La joke c’est que j’ai pas oser prendre le temps d’aller chercher des vêtements propres, pis j’pouvais clairement pas remettre mon linge sale, fac j’ai fini par courrir comme une flêche à travers les corridors pour aller prendre une bière dans l’frigo {avant d’arriver à la cuisine, 49 se fait faire une jambette par deux caves qui l’insultent et partent en riant} pis me rendre à la chambre de l’Alpha… complêtement à poils. Une chance que les lycanthropes sont pas trop pudiques. De toutes façons, c’est pas non plus comme si j’avais une réputation ou un orgeuil à sauver.
J’suis en forme, j’m’entraine à tous les jours, mais quand même, finalement devant la porte de la chambre de l’Alpha, j’étais à bout de souffle. J’pourais dire que c’était la bière qui rendait ma main moite, mais mon autre main aussi était moite… J’allais me faire ramasser… J’ai quand même cogné à la porte… pas l’choix.
“Entre, pis dépêche!”
Fac j’ai ouvert la porte et sans regarder autour, j’ai couru me mettre à genou devant sa chaise en lui tendant la bière, la tête baissée. {peur d’avoir été en retard, désespoir de devoir encore servir l’alpha, tristesse d’avoir perdu Alex, et d’avoir peut-être gâcher les choses avec 23 parce que incapable de pas dissocier}
“Incapable! Veux-tu ben m’dire qu’est-c’est qui t’a pris autant d’temps; t’étais où coudonc?!”, j’ai même pas eu le temps d’ouvrir la bouche que l’Alpha a continué, “non, laisse faire, j’veux pas l’savoir, j’m’en fou, mais tu vas me l’payer, tu vas voir.”. Sur ce, l’Alpha a pris la bière et j’ai entendu le ptit bruit de quand t’ouvre une bière, mais j’m’attendais pas (quoique j’aurais du m’y attendre…) à recevoir une douche de broue sur la tête! Ouin, c’est ça qui arrive quand tu cours avec une bière dans les mains.
Pas long après le contenu, c’est le contenant que j’ai reçu sur la tête, puis un coup de pied de l’Alpha sous le menton pour me faire tomber sur le dos “Qu’est-c’est ça?! Tu ris d’moi ou quoi?! T’as fait exprès?!” moi j’osais pas bouger, mais l’Alpha a pas pris d’temps à se lever debout, les jambes écartées et les poings fermés, j’ai pas osé y regarder la face, mais à l’entendre, a devait être rouge pas mal, “Incapable! T’es même pas capable d’aller m’chercher une bière! Veux-tu ben m’dire pourquoi j’te garde, coudonc?! Hein?” Vu que j’étais encore sur le dos, les pattes plus ou moins écartées, son coup de pied est arrivé drette là où j’voulais pas, ça a été plus fort que moi, j’ai roulé en boule sur le côté. “C’est quoi, j’en fais pas assez pour toi? J’te loge, j’te nourris, j’t’ai même donné une job, une utilité, pis toi, comment tu m’remerci?! En m’pitchant d’la bière dessus pis en braillant comme un bébé comme si c’tait toi la victime?!* Aucune reconnaissance! Tu t’en fou d’moi, tu t’rends pas compte à quel point j’me plis en quatre pour te garder ici! J’aurais du m’débarrasser d’toi en même que les corps de tes traitres de parents! Asteur t’es juste un rappel constant du pire jour qu’on a jamais connu! Tu mérites pas d’être en vie! Pis j’mérites pas d’avoir à voir ta face à tou’es jours!
{pendant ce temps-là, y donne des coup de pieds un peu partout, et y pile dessus très fort; y casse probablement un genou ou quelque chose; une coupe de côtes, dans les rein (ou c’est le foie qui fait mal?)
*J’vas t’apprendre, moi, à brailler comme une merde! Tu veux une bonne raison pour brailler? J’vas t’en donner une! (met ses gants griffés; des gants avec, au bout de chaque doigt, une griffe en argent) (T’es en punition, céquestré à la maison-mère, jusqu’à nouvel ordre;)
Au moins, pour une fois, t’es déjà à poils. C’est quoi, t’as fini par comprendre que c’est rien qu’à ça qu’tu sers?! Crois-moi, t’as intérêt à faire ça comme du monde, parce que des choses inutiles, on jette ça aux vidanges! Envoye, à quattre pattes, Chose! J’veux pas voir ta face d’imbécile, mais on va voir si tu mérites d’rester en vie!
Même pas capable de tuer une gang de vampire au complet! Essaies-pas, je l’sais que t’as pas encore tué Morgan! Si ça s’trouve t’as même pas été capable de rien en tirer d’bon, pis tu vas juste continuer à courrir après ta queue pis m’faire perdre mon temps! J’peux pas croire que j’t’ai fait confiance; moi qui pensait que t’avais c’qui fallait pour réussir ta p’tite mission de rien du tout. Moi qui pensait qu’tu voulais vraiment faire partie d’la meute. Mais non, clairement, t’es comme tes parents; vous êtes rien qu’des traîtres vous les Pichets!
{pendant ce temps-là, viol 49, pénétration dogystyle, aucune préparation ni lubrification et avec des coups de lame en argent dans le dos}
J’imagine que l’Alpha a eu son orgasme parce qu’à un certain point j’ai reçu on gros coup sur le coccyx qui m’a fait m’étendre de tout mon long parterre, face première, à moitié rapée sur le plancher. À c’point-là, j’bougeais déjà pu et javoue j’ai même espéré que ça voulait dire que c’était enfin fini. Pis c’est là que ça a commencé à brûler. En fait, juste avant que ça brûle, j’avais senti de l’eau me couler sur le dos, comme si on me versait une bouteille dessus, mais au début j’l’avais comme pas enregistré. Mais quand l’eau atterissait sur toutes les graffignes dans mon dos, ça s’est mis à brûler assez fort pour me ramener dans ma peau. C’est quand j’ai entendu l’Alpha soupirer de satisfaction/soulagement que j’ai compris que c’était pas d’l’eau. Et c’est là que j’ai commencé à pleurer pour vrai.
À force de coups d’pied pis d’insultes, l’Alpha m’a fait ramper jusqu’à la porte pour se débarrasser de moi. Une fois la porte passée, j’ai à peine eu le temps de sortir mes jambes de la chambre avant que l’Alpha claque sa porte derrière moi. Après ça, j’ai rampé juste assez pour être sur le long du mur plutôt qu’au beau milieu du corridor, mais après ça, c’était pas mal fini. J’étais fini. De toutes façons, j’étais pu ben ben capable de bouger, mais surtout, j’avais pu l’goût. L’Alpha avait raison, j’valais pas la peine de vivre; même la Lune avait pas réussi à trouver mieux pour moi qu’une âme-soeur sans coeur qui se foutait de moi. Même Max avait pas voulu de moi tant que ça! N’importe qui pourrait faire la poupée gonflable; personne avait besoin de moi pour vrai. De toutes façons, j’étais inutile, rien qu’un vieux jouet sexuel surutilisé. L’Alpha m’avait donné la misison de torturer des vampires j’ai même pas été capable de le faire, même quand j’pensais que la mort de mes parents était de leur faute! Ben non, il a fallu que je corrompe un être humain; que je demande à mon âme-soeur faible et sans défense de devenir un monstre assoifé de sang et d’entrailles parce que, moi, la chose de merde, était trop lâche pour faire ma job moi-même. Mais le pire c’est que la job que j’ai faite moi-même, toute la gang de vampires de Masevas que j’ai tuée, c’était en fait la gang de mes parents. J’ai assassiné les collègues de mes parents qui avaient ensemble avaient eu un idéal noble, une mission humanitaire et l’objectif de me sauver la vie, à moi… Pis moi, qu’est-ce que j’fait?! J’me laisse violer, tabasser et manipuler, pis m’en va les abattres, tout court. Tant de monde qui vont avoir perdu la vie pour me sauver moi… La Chose. La Chose inutile, usée et dégeulasse que personne veut.
“Ah ben, r’garde dont ça! Pauv' p'tite chose toute maganée!” la voix s’est mise à rire, “Tu penses-tu que c'est encore vivant? L'Alpha a ptete finit par s'écoeurer pis l'achever! Y serait temps; franchement, jcomprends toujours pas pourquoi l'Alpha a voulu garder ça."
Une autre voix y a répondu, pleine de sous-entendus, "Ben clairement, l'alpha devait y avoir trouvé une utilité!"
La première voix a repris, "Ouin, même à ça, moi ça m'enrage, les traîtres, c'est encore pire que les indignes, ça mérite pas d'exister." Un coup d’pied m’est arrivé dans les côtes, mais j’ai même pas réagit.
Mais aussitôt la deuxième voix s’est exclamée, "Ouach, touche pas à ça, c'est sale, tu sais pas où ça a traîné!"
Pis les deux voix sont parties à rire en s’éloignant.
Je sais pas trop pendant combien de temps que j’ai pourri là, par terre dans l’couloir, mais après avoir pas dit un mot pendant un bout, Vic a fini par se mettre à pleurer dans ma tête pendant que j’me répétais à quel point j’étais aussi ben de rien faire pis de rester à mourir là, comme une merde de vampire au soleil.
misérable
pitoyable
stupide
“Chose, réveille! Tu peux pas rester comme ça, tu risques de guérir tout croche ou pas pantoute! Svp, laisses-moi te guérir!”
Sad qui disait svp, c’était une première! Mais même à ça, j’avais même pas la force de bouger ou plutôt, mon esprit était trop loin pour réussir à faire bouger mon corps. Je savais pas ça faisait combien de temps que j’étais là; par terre dans le couloir; je savais même pas si j’étais encore à même place!
“Chose, par pitié, j’peux pas supporter de te voir comme ça, laisses-moi t’aider!”
J’avoue qu’à ce point-là, j’commençais à me poser des questions parce que Sad avait jamais demandé la permission avant. Normalement, et je m’y attendait tellement que je comprenais pas qu’est-ce qui marchait pas, parce que normalement, Sad aurait juste décidé de me guérir, sans attendre mon avis et encore moins ma permission!
“Alex m’a enseigné le consentement, mais je comprend que ce que je faisais n’était pas correct, que le fais que tu dises pas non, voulait pas dire que tu disait oui. J’avoue que j’avais pas voulu croire aux rumeurs qui disaient que tu ne pouvais pas ni parler ni te défendre; je pensais vraiment que tu aimais ça toi aussi, tu étais si habile… Maintenant que j’ai compris ce que j’ai fait, la gravité de mes actions, je m’en veut tellement!”
C’est à peu près là que j’ai réalisé qu’on pouvait pas être encore dans le couloir, parce que jamais Sad aurait dit des choses de même là où d’autres auraient pu l’entendre! Alors, comme de fait, la curiosité m’a fait ouvrir les yeux. Bon, un des deux était bloqué, trop enflé pour s’ouvrir, mais de toutes façons, dès que l’autre s’est ouvert, je l’ai refermé aussi vite. Là j’ai eu peur. On était dans la chambre de Sad. Si Sad décidait de me faire comme d’habitude, non seulement j’allais souffrir encore plus, mais en plus, ça me donnait encore moins de chance de mourir! Sad allait me sauver pour que je puisse continuer à souffrir le martyr encore et encore…
“Chose, svp, écoute, je veux te guérir, mais promis, je vais juste te guérir, pas de jeu, pas de douleur, pas de sexe, juste ma langue, tout doucement sur tes plaies pour t’aider à guérir, ok? Mais pour ça, même pour ça, apparemment, j’ai besoin de ton consentement, alors on va faire comme Alex a suggéré et on va utiliser des signes, ok?”
Moi je restais juste incrédule derrière mes yeux fermés pis je faisais comme si de rien n’était, mais j’en croyais pas mes oreilles.
“Donc, si tu veux que je te guérisse, juste guérisse; lève un doigt, n’importe quel. Si tu veux pas que je te guérisse, lève deux doigts, n’importe lesquels.”
J’avoue que ça m’a pris du temps à répondre. Un, il fallait que j’en revienne de ma surprise. Deux, il fallait que mon cerveau comprenne que j’avais un choix et déchiffre quelles étaient mes options. Trois, il fallait que je surmonte le réflexe ancré en moi de juste toujours me laisser faire sans donner mon avis. Quatre, il fallait que mon cerveau se reconnecte à mon corps pour y dire de bouger. … une chance qu’Alex m’avait fait pratiquer.
11.3 - PdV externe de Max Rossi/23/Sweetie
11.4 - PdV d’Alex
Chapitre 12 - Réaliser qu’y’est temps d’faire de quoi/ce qu’est la prochaine étape
12.1 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
Alex: “On peut-tu mettre nos chicanes de couple de côté pour l’instant et se concentrer sur un problème plus grand que nous? (J’peux pas croire que j’viens d’dire ça!) Comme, mettons, sauver Honey! Veut-veut-pas, ça reste que c’est notre but commun, fac concentrons-nous là-dessus pour l’instant, ok?!”
“Honey?” (whoever doesn’t know that it’s Sam/Chose yet)
77 “We tried, on essayer de éliminer les dignistes, mais ça pass marcher. Made it worst, actually.”
Alex “C’est normal, il faut pas s’attaquer aux symptômes, mais à la maladie comme telle. La source du dignisme dans la meute, c’est l’Alpha. Alors on a juste à éliminer l’Alpha!”
27 “Tu peux pas juste éliminer l’Alpha. De un, c’est pratiquement impossible de tuer les Alpha, pis de deux, la meute peut pas rester sans Alpha, ce qui veut dire qu’il va y avoir quelqu’un d’autre qui va prendre sa place, et ça pourrait juste empirer les choses encore plus.”
Alex “Ok, ben d’abord, on peut-tu s’arranger pour choisir nous-même qui va devenir Alpha à sa place et s’arranger pour que ça soit quelqu’un de pas pire; au moins quelqu’un qui est pas digniste?”
Alex “Honey, l’Alpha t’a dit que tu pouvais pas parler, right? (Honey hoche la tête), mais ça t’empêche pas de communiquer pour autant. T’as encore le droit de faire des signes, des hochements de tête, d’écrire, même surement! Dis-nous qui tu penses qui pourraient être Alpha? Non seulement tu dois connaître tout l’monde, mais surtout, tu sais qui est digniste ou qui profiterais d’un statut quo versus qui est cool.”
27 “C’est pas juste une question d’attitude ou de valeur, ça prend aussi quelqu’un qui a le sang et la puissance d’être Alpha.” Pendant quelques minutes, alors que 49 a encore l’air de réfléchir, mais avec beaucoup moins d’espoir et les autres ont l’air de balancer entre garder la foi et perdre espoir. Puis 23 brise le silence.
23 “Sam lo è [Sam l’est]. Sam a le sang et la puissance nécessaires pour être Alpha.”
Alex regarde 23 “Sam?” se retourne vers 49 “Ha oui! Honey, c’est ton nom!” revient à 23 “Pour vrai?!”, se tourne vers 49, sulfureux, “Oh Honey, c’est fucking hot, ça!”, puis revient vers 23 “Tu penses? Comment tu sais ça, toi?!”
23 “J’étais,… come si dice? …en relation avec ses parents.”
Honey fait une face mi-confuse mi-dégoutée et
Alex comprend la face de Honey et traduit à sa place “En relation?! Tu veux dire que tu sortais avec?! Ostie, t’as couché avec ses parents?!”
23 hausse les épaules “Molto tempo fa. Ça fait longtemps. Les lycanthropes, comme les vampires, peuvent vivre pendant longtemps, je te rappelle.”
Alex: Heille, attends un peu. Tu disais pas que t’étais monogame? Et pourtant t’as été en trouple avec ses parents?! C’est quoi, t’as rétrogradé?!
23 “Come?! Ah… En fait, je n’ai jamais eu de problème avec le polyamour, mais comme tu es mon accaldante, c’est différent. Tu es mon âme-soeur; je m’attendais donc à une relation exclusive. Quoique je dois avouer, que Sam apporte un je-ne-sais-quoi de précieux…” et 23 fait un clin d’oeil à 49 en y flattant la cuisse.
Alex “euhh… quand même… Anyway, ok, fac Honey pourrait remplacer l’Alpha. J’avoue que ça serait parfait! Comment s’assurer de la protection de quelqu’un autrement qu’en lui donnant le pouvoir absolu?!”
27 “Oui mais, tu peux pas juste remplacer l’Alpha comme ça; ça prend un challenge, un duel. Autrement dit, il faudrait que Sam lance un défi officiel à l’Alpha, se batte avec et réussisse à gagner, autrement dit à l’achever.”
Alex se tourne vers 49 “Honey, qu’est-ce que t’en penses? Tu te sens-tu capable de t’battre contre l’Alpha pis d’gagner?”
49 réfléchi un peu, mais fini par hausser les épaules et faire une face du genre, oui mais ça donne rien, jpourrais même pas m’rendre là!
Alex “Honey, j’t’ai pas d’mander si tu serais capable d’y lancer le défi, parce que je sais que tu pourrais même pas dire un mot, pis je sais que tu pourrais même pas te battre, mais c’est pas ça que j’t’ai demander! METTONS que tu pourrais lancer le défi et te battre contre l’Alpha; tu penses-tu que t’aurais des bonnes chances de gagner?”
49 se rempli de résolution féroce et fait un signe de tête affirmatif court net et précis.
77 “Great, now on besoin trouver un façon que Sam parler et battre avec l’Alpha.”
23 commence à s’inquiéter pour 49 et s’en approche pour y mettre la main dessus et y flatter genre une cuisse ou y mettre le bras dans l’dos.
27 “Ben, en principe, quiconque qui peut lancer un défi officiel à l’Alpha peut se battre avec. En fait, c’est pas mal la seule façon que quelqu’un puisse y toucher. Même moi, j’pourrais pas arriver par en arrière pis l’attaquer, mettons, mais si j’y lançais un défi officiel, là j’pourrais. Donc, bref, si on réussi à permettre à Sam de prononcer le défi à voix haute, de façon officielle, Sam devrait être capable se battre.”
Alex “Ok, good, alors, comment est-ce qu’on brise un ordre d’Alpha et permet à Sam de parler?”
27 “Ça s’fait juste pas. À moins que l’Alpha change d’idée et donne un nouvel ordre qui dit que Sam peut parler; y’a rien que nous on puisse faire.”
77 “Yeah, well, l’Alpha jamais accepter ça!”
Alex fait un sourir en coin machiavélique, avec des yeux brillants et psychopathes et hoche lentement la tête. 49 commence a avoir un peu peur et 23 ne comprend pas ce que ça veut dire. Les deux autres s’en rendent même pas compte.
Alex “Ça j’peux m’en occuper!”
23 “Non mi piace quello sguardo! Je n’aime pas vraiment ce regard…”
77 “Oh bullocks, you mean, comme tu faire à moi danss le ruelle avec ta petite jouet?”
Alex hausse les épaules au ton condescendant “Ben, ça a marché ou pas?”
77 “Not really, je même pas donner les bonnes noms!”
Alex “Ouin, ben ça, c’est parce que Honey a dis qu’il fallait que j’arrête, mais si j’avais pu continuer, c’est clair que t’aurais cracher le reste des morceaux!… Ou en tout cas, les bons morceaux.”
77 lève un sourci du genre, pas impressioné et encore moins convaincu, genre yeah right!.
23 “Perché non provare… pourquoi ne pas essayer la méthode douce, plutôt? On pourrait -”
27 “Attends une minute Max, moi j’veux savoir qu’est-ce que Alex à fait exactement?” 27 alterne entre 17 et Alex, “De quoi vous parlez au juste?”
77 “Well, you know, quand je cogner à ton porte, l’autre soir, covered in blood. C’était Alex qui avoir faitt ça.”
27 estomaqué, “Quoi?!” puis se tourne vers Alex et fixe “Sérieux?! C’est toi qui a magané Morgan de même?!”
Alex ne fait que jouer des sourcils avec un sourrir en coin et un air fier et séducteur, comme si on venait de vanter ses prouesses sexuelles.
23 “Quindi, ecco dovè eri! Alors c’est là que tu as trouvé refuge? Chez Sad? Mais pourquoi?! Pourquoi Sad plutôt que moi?!”
Alex marmonne “Oh boy…” puis continu à voix haute (en y mettant une main sur l’épaule?), “Sweetie! Si tu t’souviens bien, toi à c’moment-là t’étais en train d’essayer de m’découper. T’étais pas vraiment en état de l’aider, pis moi j’avais l’sang plein d’verveine, fac clairement j’aurais pas pu servir de banque de sang. Pis anyway, j’pari que le sang de lycanthrope est encore plus puissant que le sang d’être humains pour les vampires, non?”
Tout le monde hoche la tête, sauf 23 qui a l’air de bouder.
27 “Comment tu sais ça, au juste?”
Alex “Sexy, c’est un trope typique dans les histoires de vampires pis de lycanthrope!”
Après quelques instants silencieux remplis de faces perplexes, 23 se brasse un peu, prend une grande respiration puis reprend un air d’affaire, mais légèrement plaintif “Comunque, comme je disais, je crois qu’on devrait tout de même essayer la manière douce d’abord. Je crois vraiment qu’on pourrait simplement réussir à convaincre l’Alpha que la couleur des yeux ne signifie rien en terme de dignité, ou à tout le moins, on pourrait certainement l’amener à réaliser que Sam ne mérite pas un tel traitement.”
77 penche la tête en faisant non de la tête, l’air exaspéré et met une main sur l’épaule de 23 “Mate, je sais tu pass aimer le violence, mais même toi, tu pass pouvoir convaincre l’Alpha juste avec des mots.”
Alex répond tout bas, mais sachant pertinemment que les autres l’entendraient, “Oh, j’pense ben que j’pourrais trouver des mots qui feraient effet, moi! Comme genre appendicectomie pis septicémie, ou pince pis dentier, ou fémur pis moelle osseuse, ou hypoderme pis -”
23 “Basta! Per favore, basta! On a compris, tu veux mettre l’Alpha en morceau, mais par pitié, je n’ai pas besoin d’exemple!”
{S’ils n’ont pas encore eu leur discussion sérieuse; 23 est peut-être encore dégoûter des tendances découpeuses d’Alex… Ce qui pourrait faire changer d’avis Alex et lui faire dire que non, la torture n’est pas la solution et qu’on devrait tout miser sur 23…}
Alex, “Oh Sweetie, t’as raison, on voudrait pas traumatiser tes oreilles chastes et pures!” prend une respiration ressaisissante et ajoute “quand même, t’as raison Sweetie, on devrait quand même essayer d’y parler avant,” 23 a l’air surpris et un peu méfiant, comme si c’était trop beau pour être vrai, mais Alex continu “pis si ça marche pas,” fait des yeux féroce et (qui promettent le pire), “là, j’sortirai mon canif!”, puis redevient normal et hausse même les épaules “après tout, c’est la loi d’la conservation d’l’énergie!” 23 penche la tête et affaisse ses épaules, exaspéré. {Ou est plutôt abjecte, horrifié, dégoûté, heartbroken, voyant qu’Alex est toujours aussi assoifé de sang?}
77, “Still, whether vous vouloir parler ou torturer, besoin isoler et immobiliser l’Alpha assez longtemps pour ça.”
Alex: “En effet, ça prend une pièce insonorisée où on peut amener l’Alpha, ou plutôt, convaincre l’Alpha d’aller dans une pièce insonorisée, vu que clairement on pourrait pas l’amener d’force. Ensuite, il suffit de l’enfermer dedans… Attendez, est-ce qu’il y a quelque chose d’équivalent à la verveine, mais pour les lycanthropes?!”
“L’Aconit. Wolfsbane, en anglais.”
“Ok, cool, makes sense. Pis comme de fait, j’pari qu’on peut en trouver chez Jo? Apparemment on trouve de tout chez J-…”
“Oui, mais c’est beaucoup plus cher que la verveine. Après tout, l’aconit ne fonctionne que si tu le leur fait boire, contrairement à la verveine que tu peux consommer toi-même; donc beaucoup plus difficile d’utilisation, donc moins en demande, mais surtout beaucoup plus rare. Ici, c’est pas la demande qui influence le prix, mais l’offre; vu que déjà la plante est pas facile à trouver en ville, mais en plus, y’a pas grand monde qui veulent en acheter; après tout, quand t’apprend qu’il faut que tu y fasses boire, tu réalises vite que c’est plus safe de juste acheter un gun pis des balles en argents et pouvoir rester à une bonne distance.”
“Va bene, pago io. C’est bon, je vais m’occuper de l’acheter; après tout, j’en ai les moyens.”
Alex “Ok cool, merci Sugar Sweetie! Asteur, y nous faut un moyen d’amener l’Alpha dans une pièce insonnorisée, d’y faire boire d’l’aconit, pis de l’attacher, au cas où. J’imagine que toi non plus, Sexy, tu pourrais pas bardasser ou attacher l’Alpha, hein?”
27 “Non, en effet, y’a pas personne dans la meute qui peut faire quoique ce soit de violent à l’Alpha; c’est toujours une des premières loi que l’Alpha prononce après avoir obtenu le titre. Mais les vampires pourraient l’faire sans problème, surtout si l’Alpha est sous l’effet de l’aconit.”
Alex “Ok, good, fac y faut trouver un moyen d’amener Sweetie et Darling assez proche de l’Alpha pour que après qu’on y ait fait boire l’aconit, les deux peuvent l’attacher. {au cas où l’aconit arrête de faire effect avant qu’on ait fini}
{L’Alpha prend une gorgée de son verre après chaque orgasme… 49 arrive à la porte de la chambre de l’Alpha avec son verre, les vampires sont là pour mettre l’aconit dedans. 49 fait une pipe à l’Alpha, qui fini par boire son verre.}
{23: Veramente, je ne sais lequel est pire, entre la torture ou le meurtre.
Alex: Facile! ‘Tant qu’y’a d’la vie, y’a d’l’espoir!’ Si t’es torture sans les tuer, au moins ça leur laisse l’espoir de s’en sortir!
49: Ouin, mais vivre dans l’état dans lequel tu les laisse, c’est pas une vie!
Alex: ben là, ça dépend! Si c’est des vampires ou des lycanthropes, tant que t’utilise pas de feu ou d’argent pis que tu leur laisse une chance de guérir, y’a rien là! Pis sinon, tu sauras que même avec un handicap, on peut vivre une vie riche et épanouissante!
49: Ouin, p’tete, mais pas si ça fait qui faut que tu finisse tes jours en CHSLD…
Alex: Ah, ouin, j’avoue… Criss, même moi j’voudrais pas finir là, ostie, pis j’vis dans rue, fac imagine!
23: … facepalm et soupir}
12.2 - PdV d’Alex
Don't let anyone tell you what you can't do. That's a job for your insecurities.
Alex: En passant, ce genre de combat-là, ça s’fait en personne ou en animal, ou les deux?
27: Ça peut être un ou l’autre
Alex: Et est-ce que vous êtes capable de faire des transformations partielles? Genre transformer juste les griffes, ou juste la mâchoire?
27: Oui pis non. C’est possible, mais ça prend tellement de puissance que c’est rare. Même notre Alpha est pas capable.
Alex: Mmmm… j’pari que Honey serait capable!
27: Ça serait surprenant; mais qu’est-ce qui te fais penser ça?
Alex: Ben parce que sinon, on s’rait pas entrain d’écrire son histoire, ostie! Y faut ben que Honey ait quelque chose de spécial pour justifier son status héroique! (27 fait une face perplexe) Inquiètes-toi pas Babe, c’est moi qui est là pour l’aider, j’vas y montrer comment faire!
27: Toi?! Comment tu pourrais savoir comment transformer une partie de ton corps alors que tu peux même pas transformer ton corps?!
Alex: Oh, Babe, de un, t’as aucune idée de quoi j’suis capable! De deux, crois-moi, un coup que t'as réussi à enseigner la photosynthèse à des ados, sérieux, tu peux enseigner n'importe quoi à n'importe qui! Anyway, là, toi pis Sweetie, il faut que vous ailliez réfléchir à comment qu’on va faire entrer incognito une coupe de vampires dans ta maison-mère. Pendant c’temps-là, moi j’vas m’occuper d’entraîner notr’ héroique protagoniste!
Alex (se retourne la tête vers 23): Sweety, après ça, oublies pas d’aller nous acheter d’l’aconit; quand t’auras un plan et d’l’aconit, si tu veux, tu pourras nous rejoindre chez Honey ;)
Alex (met un bras autour de 49): Envoies, Honey, viens avec moi, on va aller t’entrainer pour le combat le plus important de ta vie pour que tu puisses vaincre l’antagoniste pis qu’on puisse finalement passer à autre chose! ‘Cause I’m kinda tired of everything being about you.
Une fois dans son appart, je met deux coussins par terre, au milieu du salon, m’assis sur un des deux et, d’un geste de la main, invite 49 à s’asseoir en face de moi, sur l’autre coussin.
“Bon, mets-toi confortable, prends quelques grandes respirations et centre toi sur ton toi-même. Tu vas commencer par te transformer au complet, tout simplement, mais cette fois, en le fesant, j’veux que y aille le plus lentement possible et que tu te concentre et prenne conscience de tout ce qui se passe dans ton corps, toutes les sensations, avant, pendant et après chaque étape. Pour l’instant, fait juste observer, ressentir, cataloguer. Vic, je sais que tu m’entends aussi, alors je compte sur toi aussi, ok? C’est un travail d’équipe entre toi et Honey, alors vous devez transitionner graduellement, ensemble et partager le contrôle.”
49 me regarde avec des yeux douteurs, alors je rajoutes, la tête un peu penchée sur le côté, un sourcil relevé, “Honey, c’est moi, Alex, sérieux, c’est quand la dernière fois que j’ai pas eu raison?”.
49 fait un grand soupir, marmonne un “Ouin, j’avoue.” puis ferme finalement les yeux. Alors que ses sourcils se froncent de concentration, son corps commence à se transformer. J’essaie de noter les étapes. Ça commence avec la fourrure, puis la face change de forme, la mâchoire, les yeux, les oreilles, puis les articulations changent pour que la position du corps s’adapte, puis les accesoires, comme la queue et les griffes arrivent en dernier. Ok, essayons quelque chose…
Dès que la transformation est finie, Vic se pitch sur moi et se frotte la tête dans mon cou et me fait tomber sur le dos. Par réflexe, j’y mets les deux mains de chaque côté de la tête pour reprendre le contrôle, mais j’le fais en y flattant la tête pour pas trop gâcher son moment. De toutes évidences, Vic avait hâte de m’r’voir en ostie! Après quelques flattages, j’pousse Vic à reculer pour pouvoir me rasseoir, “Ok, ok, Vic, on s’calme, là. Envoye, on a une destinée à réaliser!”
Une fois que Vic a repris son sérieux et sa place sur le coussin, je continue, “Ok, bon, là vous allez vous retransformer et faire la même chose; observez, ressentez et cataloguez; remarquez qui de vous deux contrôle quoi, si l’ordre dans lequel les choses se passent est sous votre contrôle ou pas.
Pour l’instant, j’leur demande pas de changer quoique ce soit en particulier, parce que je veux voir quel est l’ordre normal. Genre, est-ce que la transformation inverse se passe en sens inverse ou pas? …Oh, ben r’gardes donc ça; c’est en ordre inverse! Les griffes et la queue en premier, puis la position, puis la face, puis la fourrure… Ok, ok, good.
“Pis? J’te demanderai pas de tout me décrire parce que des sensations, c’est pas nécessairement facile à décrire, mais je vais t’inviter à remarquer que ta transformation, de ce que moi j’ai vu, commence avec la fourure partout, puis la forme de la tête, puis la forme du corps, puis les accessoires, comme la queue et les griffes. As-tu remarquer ça aussi?”
49 fait un hochement affirmatif de la tête
“Ok, good, est-ce que tu as sentie le moment, après que la fourrure soit sortie, mais avant que ta face commence à se transformer?”
49 réfléchi “Peut-être?”
“Ok, good enough, maintenant, on va essayer différentes choses. Par exemple, là, tu vas faire la même chose, tu vas te transformer, mais dès que la fourure va être sortie, juste avant que la face commence à changer, tu vas arrêter la transformation.
“C’est pas possible!”
“Qui est-ce qui a dit que c’était possible, hein?! Qui?!”
“Tout l’monde!”
“Honey, tu l’sais c’que j’pense de “tout l’monde”, right?! Tout l’monde est cave! J’te rappelle que tout l’monde croit que les gens aux yeux bleus sont inférieurs. Et pourquoi? Parce que c’est c’que tout l’monde dit! C’est pas un argument logique, ça, Honey, c’est un ostie d’syllogisme! Moi, asteur, j’te l’dit, tu peux arrêter en plein milieu. Toi et Vic êtes capables de partager le même corps en même temps. Essaies, tu vas voir! Si Alex le dit, c’est que c’est vrai, tu l’sais! Au pire, va juste encore plus lentement.”
49 prends une grande respiration, se ferme les yeux et commence à se transformer. Les poils poussent lentement, partout en même temps. Le nez et la mâchoire s’allongent… et ça arrête. Pus rien ne change. 49 a les sourcils froncés, mais après quelques secondes, ouvre des yeux surpris. Pour l’encourager, j’y fais mon sourir le plus fier (bon, j’avoue, c’est surtout de l’orgeuil personnel, parce que, une fois de plus, j’ai prouvé à quel point j’suis extraordinaire, mais ça on a pas besoin de l’préciser). Avant que ça devienne bizarre, j’y fait un “Allô” et un clin d’oeil, comme si c’était la première fois qu’on se rencontrait. “Comment vous vous sentez?”
“Cha fa,… ch’pense. On troufe cha bisharre, pis on foudrait pas resder d’même drop longdemps, mais ch’est correct.”
“Good! Fac tu vois; si Alex dit que tu peux, tu peux! Bon asteur, au lieu de juste reprendre ta transformation, tu vas revenir à ta forme humaine.” Je fixe 49 et y fais un signe de tête d’encouragement.
49 referme les yeux et après quelques secondes de suspense, le nez et la mâchoir racourcissent et les poils rapetissent. Quand 49 est de nouveau dans sa forme humaine et ouvre les yeux, sa face s’illumine d’un mixte de surprise et de fierté. Trop cute! Alors j’y fais un sourir fier, mais cette fois, pour son succès et y fait un hochement de tête d’approvation. “Bravo, Honey, tu vois, t’es capable!”
Bon, là, on va faire un fastfoward comme dans toutes les histoires {avec la musique inspirante et motivante de votre choix}, parce que j’veux vous épargner toutes les étapes qu’on a faite (ou plutôt, ça m’tente juste pas de toutes les écrire!), mais pour vous donner une idée, au cas où vous voudriez le refaire à la maison: l’étape d’après est de se transformer, mais dans un autre ordre, donc je lui ai demandé de se transformer en commençant par la tête, le corps et le reste, mais en finissant avec la fourrure. Ensuite on a essayer de faire une transformation complète (fourrure, articulation, accessoires), mais de juste une partie du corps. C’te bout-là, j’avoue, ça a pris plus qu’un essaie, mais avec la pratique, d’la concentration, une pause bouffe, pis finalement la promesse d’une récompense sexuelle, 49 a fini par réussir à transformer juste sa main au complet! Idéalement, après ça, on aurait du pratiquer pour rendre le tout plus fluide, plus rapide et surtout plus instinctif, même en situation de combat, mais à ce moment-là, non seulement 49 était à terre, pu capable, mais surtout, 23 venait d’arriver… Alors on a décidé de passer à la récompense.
12.3 - PdV externe de Max Rossi/23/Sweetie
12.4 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
12.5 - PdV d’Alex
I never apologize to my partners, I just sleep naked and let them decide if they're still mad or not.
J’m’allonge sur le lit, la tête surelevé sur deux-trois oreillers et écarte les jambes. Je fais signe à 23 qui s’approche à quatre patte entre mes jambes. Dès que 23 est assez proche, j’y met une main derrière la tête et y met la face dans mon entre-jambe. Bon petit jouet bien entraîné, 23 se met aussitôt au travail. J’prends quelques secondes pour profiter du moment, les yeux fermés et la bouche ouverte, retenant un cri, puis rouvre les yeux pour sourire à 49 et y faire un clin d’oeil. Je penche la tête en caressant celle de 23, je dis, “Sweety, soit utile et lève les fesses en l’air, les jambes écartées, offre ton beau p’tit trou chaud à Honey.”
Je relève la tête et invite 49 d’un signe de tête, “Tiens, Honey, c’est toute à toi, fais-en c’que tu veux.” et fini avec un clin d’oeil. 49 fixe son regard prédateur sur le derrière généreux de 23 avec un sourir feral et, sans même regarder, prend le tube de lubrifiant qui était sur le bord du lit et s’enligne derrière 23. Après avoir mis une bonne quantité de lubrifiant sur les doigts d’une main, 49 aggripe fermemement une hanche de 23 avec son autre main. 23 fige l’espace d’une seconde, sachant clairement pas c’qui va s’passer, mais 49 fait pas durer le suspence et commence vite à caresser l’orifice de 23, répendant le lubrifiant. 49 doit se retenir en ostie et y aller doucement malgré son envie évidente d’y aller sauvagement parce que 23 fait juste des p’tits soupirs par le nez, la bouche toujours collée sur mon sexe. Alors que 23 commence à gémir et chercher à se tortiller, malgré ma main sur sa tête et celle de 49 sur sa hanche, je m’imagine les doigts de 49 qui font des va-et-vient dans le trou de 23, maintenant certainement bien lubrifié. Et tout d’un coup, 49 doit avoir trouvé le bouton magique parce que 23 fait un sursaut et un bruit d’étranglement autour de mon sexe. Voir le corps entier de 23 vibrer comme ça, me fait contracter l’entre-jambe au complet et me coupe la respiration. 23 reprends de plus belle avec sa langue, ses lèvres, sa suction et j’manque de v’nir sur le coup, mais j’me retiens. Pas tout d’suite. J’vois 49 qui lâche 23 histoire de se préparer, de remettre du lubrifiant et de s’enligner comme il faut. Une fois que 49 est sur le bord du trou de 23, ses deux agrippent les hanches de 23. 23 qui a clairement deviné ce qui s’en vient, recule ses fesses en signe clair d’invitation, mais aussitôt j’vois les muscles des bras de 49 qui se contractent, tant pour empêcher 23 de bouger que pour s’empêcher d’aller trop vite. Alors 23, se met à gémir de supplication autour de mon sexe et la vibration ajoute à tout le travail que 23 a déjà fait et, surtout à l’idée même que c’est moi et 49 qui avons le contrôle, que 23 est juste là pour notre plaisir, sans avoir un ostie d’mot à dire. J’ferme la bouche qui haletait depuis tantôt et respire par le nez pour essayer de me calmer un peu; j’veux pouvoir tougher plus longtemps. Quand 49 commence à pénétrer 23, lentement, centimètre par centimètre, et que les deux poussent, à leur façon, un soupir de satisfaction, j’peux pas m’empêcher d’admirer la scène, les corps parfaits qui vibrent de retenu, les muscles qui se contractent de plaisir, les peaux en sueurs qui glissent et caressent, les gémissements qui supplient, souffrent et savourent; ma respiration se fait de plus en plus intense et j’pense pas être capable de m’r’tenir plus longtemps…
“AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA” malgré le cri de mort et le lit qui shake comme si quelqu'un se levait d’un coup sec, j’garde les yeux fermés, mais me tourne la tête vers les imbéciles qui ont osé me réveiller et grogne “Câlisse, c’est quoi l’idée d’me réveiller d’même, tabarnak?! Ça a intérêt à être une question d’vie ou d’mort, câlisse, sinon vous allez l’r’gretter en ostie!”
Silence.
Puis j'entends 49 qui gémit un “Oh non…” rempli de désespoir et de culpabilité.
Ouin, ben t’as intérêt à t’en vouloir en ostie pour avoir osé m’réveiller d’même!
J’fini par ouvrir les yeux parce que les regards assassineurs fonctionnent mieux les yeux ouverts, mais quand j’fini par voir c’qui s’passe, j’comprends encore moins c’qui s’passe.
49 est à genoux sur le lit, faisant face à 23 et moi, mais 23 est pu là. En fait, tout c’qui a entre 49 et moi, c’est un ostie gros tas d’poussière. “WTF! Qui c’est qui a amené toute c’te marde-là dans l’lit, câlisse!” J’lève les yeux vers 49 pour l’informer que c’est pas moi certain qui va ramasser ça… Pis c’est là que j’réalise que toute sa consternation et sa désolation n’ont rien à voir avec moi... Ostie, depuis quand que j’suis pu l’centre de son univers?!
En même temps, comme si la chute de mon empire avait passée complètement inaperçue, 49 continue de gémir d’angoisse et de marmonner avec un ton encore plus abattu et affligé, “On a oublié d’fermer les stores…”.
Chapitre 13 - Réaliser qu’c’est là ou jamais/l’temps d’passer à la prochaine étape
13.1 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
Quand tu vas finalement pouvoir parler à l’Alpha, dis ta phrase le plus vite possible, vide pas ton sac en partant dans un discours émotionnel qui finira pas. C'est des plans pour que la chance se retourne contre nous! Genre l’aconit arrête de faire effet pis l’Alpha nous attaque ben raide. Compris? Tu videras ton sac une autre fois.
“Où est Rossi?”
Alex et 49 répondent en même temps:
“J’y avais dit qui fallait pas m’empêcher d’dormir la première nuit qu’on a couché ensemble…”
“On a oublié de fermer les stores avant de s’endormir”
Juste devant la porte de ?
“Qu’est-ce qu’on dit aux autres quand on va nous demander où est Rossi? On peut quand même pas leur dire qu’on a été assez caves qu’on a oublié de fermer les stores!”
“En effet. Ben, à place tu leur dira que c’est ça qui arrive aux gens qui niaisent avec mon sommeil, ma bouffe ou les gens à qui j’tient. Avec un peu de chance ça va les impressionner, mais au minimum ça va leur rappeler de pas m’faire chier.”
“… juste pour vérifier… c’était bien un oublie, hein? Genre, t’as pas laisser les stores ouverts par exprès, hein? Parce que j’me souviens que Max t’avait fait sortir au p’tit matin, après votre première nuit ensemble pis que ça avait gâché ta nuit de sommeil…”
“Aaaah Honey! Lol, J’adore que tu sentes le besoin de vérifier, c’est trop cute!” un bras autour “Ok viens-t’en, là, sinon on va être en retard!” Et Alex ouvre la porte et entraîne 49 à l’intérieur.
Où est Max?!
Max est présentement dans l’impossibilité de se présenter; alors on va faire sans, mais inquiétez-vous pas, moi j’sais qu’on est capable quand même! On va s’débrouiller sans l’autre!
Mais comment ça, pourquoi, où est Max, qu’est-ce qui s’est passé?!
(nickname), chhuuut, tout va bien, relax! Focus sur la mission, ok, pour Sweetie qui peut pas être là, pis pour Honey qu’on veut sauver, ok?! Maintenant, est-ce que t’as l’aconit?”
49 se demande comment ça se fait qu’Alex a pas l’air triste que 23 soit mort. Alex lui rappelle les priorités et de se concentrer sur la mission et qu’on fera notre deuil après.
“Chose, j’ai soif!”
Dès que j’ai entendu l’ordre de l’Alpha, j’ai fait signe à Gab qui avait passé la journée avec moi et Alex juste pour attendre ce moment-là et pouvoir donner le signal à Sad par télépathie. On avait maximum 30 min pour tout mettre en place. Morgan et Bibi avaient passé la journée avec Sad sous prétexte d’une rencontre diplomatique. Avoir deux vampires dans la maison, c’était déjà bizarre, mais si on avait ajouté Alex, un être humain, et moi, la Chose, dans la même pièce, là ça aurait été impossible à faire avaler. Pis j’avoue, ça m’arrangeait de pas avoir à être dans la pièce que Sad toute la journée. J’veux ben croire que Sad soit sincère en disant que ça avait pas été son intention de me violer à répétition pendant toutes ces années-là, mais reste que j’avais pas plus le goût de m’tenir avec. Pas encore. Peut-être jamais. C’était plus fort que moi, chaque fois qu’on était dans la même pièce, j’avais la chaire de poule, mon coeur s’accélèrait, mes mains devenaient moites pis j’manquait d’air…
En tout cas, contrairement à d’habitude, là c’est Gab qui a pris la bière à la cuisine, et qui, comme par hasard, a pris le chemin qui passe devant la chambre de Sad. Là, les vampires ont pu l’intercepter, y prendre la bière des mains, l’ouvrir, y mettre l’aconit et y remettre. Comme si de rien n’était! Et comme de fait, sur mon chemin vers la chambre de l’Alpha, j’ai croisé Gab qui m’a simplement donné une bière pour l’Alpha.
Sauf que quand j’ai vu la bière, j’ai commencé à paniquer. Gab l’a vu dans ma face, mais devait penser que c’était juste l’anxiété (parce que veut-veut pas, j’allais essayé de défier l’Alpha) parce que Gab m’a fait un ptit signe de tête comme pour me rassurer avant de me mettre la main sur l’épaule pour me tourner vers la porte de la chambre de l’Alpha. Mais ce que Gab avait pas compris, et que j’pouvais pas y expliquer, de toutes façons, c’est que c’était pas la bonne sorte de bière…
Reste que, à ce point-là, j’pouvais pu rien faire, y’était trop tard. J’allais me faire tabasser pour pas y avoir apporté la bonne sorte de bière, c’était clair; mais, avec un peu de chance, ça allait être la dernière fois. Ben, à part le combat final, là.
Mais Gab avait pas compris son erreur et, de toutes façons, j’pouvais pas y expliquer. À ce point-là, j’pouvais pu rien faire, y’était trop tard. J’allais encore me faire tabasser, c’était clair; mais, avec un peu de chance, ça allait être la dernière fois. Ben, à part le combat final, là.
Fac un coup dans la chambre de l’Alpha, j’ai quasiment couru pour me mettre à genoux devant sa chaise et y tendre sa bière à bout d’bras, la tête baissée. Si en plus, y’avait fallu que j’sois en retard… Y’a quand même fallu que j’me concentre pour pas shaker tellement j’étais sur les nerfs. Tsé, quand tu sais que tu vas t’faire ramasser, mais que tu peux rien faire pour l’éviter…
Un coup que l’Alpha a pris sa bière, ça a pas pris de temps avant que sa voix monte, sauf que c’était pas à cause de la sorte de bière, “Qu’est-ce que c’est que ça?! C’est quoi, tu penses que j’pas capable d’ouvrir ma bière moi-même?! Ou ben t’as mis d’quoi d’dans pour essayer de m’empoisonner? T’as-tu fini par te trouver une colonne vertébrale, cooudonc?! Quoique ça serait impossible, tu serais pas capable de mettre du poison dans ma bière de toutes façons, donc…”, réfléchi “Oh, ok, oui, j’comprends, t’avais peur qu’elle explose comme l’autre fois pis que j’me fâche, pis t’la pitche dessus, hein? Ouin, bien pensé Chose!”
Évidemment, les vampires avaient du l’ouvrir pour pouvoir mettre l’aconit dedans… j’pouvais pas croire que j’avais pas remarqué ça. Quoique, l’autre erreur que Gab avait commise l’étiquette qui était pas d’la bonne couleur avait été déjà assez stressante de même…
L’Alpha s’est écarté les jambes en s’avancant les fesses sur le bord de sa chaise, s’évachant confortablement et j’ai pris ma place entre ses jambes pour me mettre au travail au plus vite pendant que l’Alpha allait boire sa bière.
{oral
Se sent mal de faire qqch de sexuel avec qqun d,autre qu’Alex, mais en même temps comprend que c’est la dernière fois et pour le bien de soi-même, de la meute, des indignes et d’Alex qui aura pu besoin de torturer personne (quoique, je sais pas si Alex voudrait réellement arrêter… on s’inquiétera de ça plus tard, pour l’instant, ajoute d’la salive.}
Tout d’un coup, j’ai senti quelques gouttes m’arriver sur la tête puis aussitôt l’Alpha qui s’écriait “Oh ouach! C’est quoi c’te marde-là?!”, sur le coup, j’ai pensé à l’aconit et ai eu peur que l’Alpha l’ait remarqué, fac pour essayer d’y changer les idées le plus vite possible, j’ai redoublé d’effort sur son sexe, “veux-tu ben m’dire pourquoi tu m’a amené une Light?!”, ça j’avoue c’était soulageant; j’allais m’faire tabasser à cause de Gab qui avait pris une Light, mais pas à cause de l’aconit. C’est clair que c’est pas le même genre de punition entre se tromper de bière pis empoisonner l’Alpha, en tout cas, en théorie… “T’essaie-tu d’m’insulter, de m’passer un message subtil qu’il faudrait que j’perde du poids?! Ou ben t’es juste encore plus cave que c’que j’pensais?!” J’me préparait à recevoir la bière sur la tête tout en continuant ma job et en espèrant juste que la gorgée que l’Alpha avait bu allait avoir été suffisante. “T’as d’la chance, à soir, j’ai soif pour vrai, fac j’t’la pitcherai pas par la tête, mais j’t’averti, t’as pas intérêt à m’r’faire ça!”
Mon soulagement avait été tellement intense que pendant deux secondes, pour la première fois entre les jambes de quelqu’un d’ma meute, j’ai été de bonne humeur! Bon, ça a pas duré longtemps et, j’avoue, c’était tellement bizarre que c’était surtout perturbant, fac j’ai juste continué ma job, comme si de rien n’était, à licher ici et sucer là pendant que l’Alpha continuait de boire sa bière Light empoisonnée.
J’avais même pas encore placé mes deux doigts que déjà j’entendais ses gémissements; c'était bon signe.
Fac j’ai commencé à accélérer, et mettre un plus de lèvres et de langue.
Sa respiration est devenue encore plus rapide, fac j’ai augmenté la pression.
J’ai pensé ajouter les deux doigts, mais ses gémissements ont commencé à se transformer en grognements… et son bassin bougeait toujours pas… et j’sentais toujours pas sa main sur ma tête…
Est-ce que…?
J’ai finalement arrêté de bouger pis j’ai levé les yeux vers l’Alpha.
La fureur dans sa face était tellement intense que j’me suis reculée la tête assez vite que j’en ai perdu l’équilibre et failli m’affaler par terre. J’ai mis mes mains derrière au plancher juste assez vite pour finir sur les fesses plutôt que sur le dos. J’avais rarement vu l’Alpha faire aussi peur; rouge de rage de même, c’était effrayant. J’avais tellement peur que j’ai commencé à reculer tout en fixant l’Alpha, histoire de pouvoir voir venir l’attaque le plus tôt possible… Ça m’a pris une coupe de mètre de distance avant de me souvenir que l’aconit était sensée empêcher l’Alpha de bouger… reste que c’était plus fort que moi. Quand l’Alpha a commencé à grogner, “Ostie d’Chose de câlisse de marde,”, j’avais jamais entendu l’Alpha sacrer, dites-le pas à personne, mais j’ai eu tellement peur que j’ai pissé un peu dans mes culottes, “tu vas l’regretter en tabarnak d’avoir arrêter avant que j’vienne de même, ostie d’tabarnak d’agace!” Ça y’était, c’était officielle, si j’allais pas réussir à battre l’Alpha en duel, j’allais mourrir pour vrai.
13.2 - PdV d’Alex
*The thing about torture is that you're afraid it'll kill you
But you're also afraid it won't. I'm at that age where "What did I just say?!" could either be a threat or a genuine question.*
Bon, laissez-moi vous décrire la scène pour que vous puissiez visualiser où tout l’monde est placé, ok? J'vous f'rais ben un dessin, mais avec les talents qu'j'ai, vous comprendreriez probablement encore moins, pis anyway, c'pas une bande dessinée, ostie! Bon, fac on est dans la chambre de l’Alpha (94), quelque part par terre entre sa chaise pis la porte qui donne sur le corridor. 94 est sur le dos pis moi j’suis à cheval sur son ventre. Là, la joke c’est que vu que j’voulais mettre 94 sur le dos pour que j’puisse m’asseoir dessus, ça faisait pas de sens qu’on y attache les mains dans l’dos, ni sur le ventre, mais on voulait quand même y attacher au cas où l’aconit fasse pas effet assez longtemps; fac j’ai demandé à 77 de prendre l’option restante: on y a attaché les mains aux pieds. Genre, la main droite attachée à son pied droit, et sa main gauche à son pied gauche. Fac vous pouvez surement imaginé que 94 a non seulement les genoux très pliés, mais surtout les jambes très écartées… ça, jumelé au fait que 94 porte rien en dessous de la ceinture, j’avoue que c’est fucking hot comme position. Le fait que le sentiment de vulnérabilité doit s’ajouter à l’inconfort physique est juste un bonus intéressant.
Bref, si on prend moi comme centre de l’univers, euh, de l’horloge, pis qu’on met la tête de 94 à midi et ses fesses à 6 h; ben mettons que la porte est à 1 h, fermée pour pas que personne nous voit ni nous entendent, pis que 49 est à genoux à genre 10 h 30, donc les deux sont hors du champ visuel de 94. 77, au contraire est derrière moi, à 5 h, dans mon angle mort, à genoux aussi. 12 est juste pas là parce que apparemment ça y tentait pas de me voir torturer quelqu’un… ‘Chat échaudé craint l’eau froide’. 55 est …
En passant, oui, l’Alpha est 94. Le 9… Le 4…
Fac asteur que tout l’monde est installé, j’me dit que j’devrais commencé en utilisant mes mots, en l’honneur de 23, “Allô mon ange! On voudrait prendre quelques minutes de ton temps pour te parler de notre mission. En gros, on voudrait que t’arrêtes de traîter les gens aux yeux bleux comme d’la marde… stp.” Pas pire, hein?! [on voudrait que vous arrêtiez de traîter les gens aux yeux bleux comme des omégas (d’la marde)… stp.”]
J’suis à cheval sur le ventre de 94, 49 est à genoux devant moi, donc hors du champ visuel de 94 et 77 est
dans mon angle mort, genre à 5 heures, à genoux près des pieds de 94. La porte qui donne sur le corridor est à 2
heures et fermée.
“Quoi? Ben voyons, de quoi tu parles?! Tout l’monde sait que les indignes valent ben moins que les dignes! On peut pas les traiter égale! Remarque, je l’sais que c’est pas d’leur faute; c’est génétique, mais c’est comme ça quand même; c’est la loi d’la nature; c’est l’évolution.”
“Oui, mais - “
“Pis, de toutes façons, on les traîte pas si mal que ça, tsé, on les loge et les nourris quand même, on leur donne une utilité, un rôle dans la meute, une raison de vivre. C’est quand même pas mal moins pire que c’que j’ai vu ailleurs! Franchement, j’vois pas c’que j’pourrais faire de plus!”
“Ostie…” Décidément, j’ai pas la patience pour jouer aux échec avec des pigeons…
‘Arguing with idiots is like playing chess with a pigeon. No matter how good you are, the bird is going to shit on the board and strut around like it won anyway.’
“Tu vois, même toi, t’as pas d’argument, parce que tu sais que j’ai raison. Toi même, t’es digne; surement que t’as remarqué que les indignes sont toujours moins rapides, moins efficaces, y faut leur expliquer plus longtemps, pis plus en détails; mais c’est pas d’leur faute, là. C’est le bleu qui fait que y’a plus de lumière qui entre dans l’oeil, c’qui fait que le cerveau a plus de misère à interpréter c’qu’il voit, et donc dépense plus d’énergie et de capacité à comprendre ce qu’il voit et en a donc moins pour analyser le reste des informations. Ça a été prouvé scientifiquement, je l’ai vu!”
“Yeah right, ça j’le croierai quand j’aurai lu l’article! Mais t’as pas pensé qu’au contraire, leurs yeux bleus leur donne l’avantage de mieux absorber la lumière du soleil et donc de produire plus de vitamine D et donc de mieux combattre la dépression saisonnière? Autrement dit, les personnes aux yeux bleus sont plus propice au bonheur!”
“Ben, c’est sûr! Le bonheur est dans l’ignorance!”
“Ostie… Ouin, mais tu vas voir, un jour, tout l’monde aux yeux bruns vont tomber en dépression pis en burn out pis c’te jour-là, tout l’monde aux yeux bleus va reprendre le pouvoir, pis tu vas l’regretter en ostie!”
“Ben voyons! Les indignes seraient jamais capable de faire ça; ça prend du courage pour prendre le pouvoir, mais ça prend un minimum d’intelligence pour le garder!”
“Oh, fuck that…”, 23, j’ai essayé, mais là j’pu capable! Fac sans attendre la suite, je tends la main vers 49, “Honey, ductTape, please!”.
49 me met le rouleau de ducttape dans la main et j’en prends un morceau d’à peu près 10 pouces de long.
J’regarde 94 qui a ben trop l’air de penser d’avoir gagner. J’avoue que d’être capable de faire preuve d’autant d’arrogance, immobile, par terre, l’entre-jambe à la merci de tout l’monde, c’est impressionnant.
J’me mets à genoux au-dessus de 94, au niveau de son ventre plus que son bassin, puis dépose le rouleau de
ducttape par terre à côté de moi. Je tends la main qui tient pas le morceau de ducttape vers 49, “Honey,
donnes-moi un d’tes bas, stp.”
“Tu fais quoi, là? Oublie ça, y’a rien que tu puisses faire qui va me convaincre que les indignes méritent autant que les dignes; ça irait contre nature, c’est tout.” Pendant que 49 déblatère et que 49 enlève un soulier et un bas, je regarde 94. Je penche la tête un peu et y fixe la face tout en gardant une expression neutre, patiente, presque intéressée, comme si j’essayais de lire dans sa tête, de comprendre ses pensées, mais j’dis rien; j’reste comme ça pis j’attends. Honey fini par me donner son bas avant de remettre son soulier.
“…Tu veux que j’t’explique plus? Pourtant, tu fais parti des dignes, tu devrais être capable de comprendre sans que j’te fasse un dessin!”
Décidémment… J’fais un beau grand soupir, mets le bas en boule dans le fond de ma main et, dès que 94 ouvre la bouche avec un air de vouloir m’engueuler, j’y enfonce le bas d’dans et y colle le ductTape par dessus.
Bon, je sais, j’vous avais dit que le ductTape, c’est comme le sexe pis que ça marche toujours mieux sur soi-même, mais une tête c’est vraiment plus lourd que ça en a l’air, même quand elle est vide comme celle de 94, pis ça m’tente pas d’forcer à essayer d’entourer l’ductTape autour de sa grosse tête trompeuse (comme quoi, les gros pots ont clairement effectivement les moins bons onguents!).
Fac, bref, c’est sur que si 94 se met à pousser avec sa langue, à bouger d’la mâchoire pis à transpirer d’la face, le ductTape pourrait effectivement s’enlever tout seul, mais j’devrais quand même avoir quelques minutes de paix…
Au cas où, pendant que je sors tranquilement mon canif de ma poche, je commence à y expliquer, “Bon, Sweetheart,
écoute bien, on avait prévu quelqu’un pour essayer la manière douce, de te convaincre, genre logiquement, avec des
arguments ou des syllogismes, faire appelle à tes sentiments, ou quelque chose du genre, mais finalement, on a
comme perdu c’te personne-là, fac bonne nouvelle inquiètes-toi pas, j’essayerai pas de t’convaincre que la
couleur des yeux a rien a voir avec la dignité, ni même que… Sam, ici, mérite pas de s’faire traiter comme d’la
marde. Non, j’vas nous épargner tout ça, inquiètes-toi pas! En fait, on va tout de suite pouvoir passer à la
manière tough, ok? Pas pire, hein?! Fac l’idée, ici, c’est que j’découpe des morceaux jusqu’à ce que tu déclare,
avec ta voix d’Alpha, que Sam a le droit de parler en présence d’autres lycanthropes. C’est tout! Facile, hein?
“Hmm mmh mmmh hmmm!”
“Hey! J’ai pas dit qu’tu pouvais l’faire tout d’suite, là! Franchement, j’ai même pas encore commencé à m’amuser, là, come on! Gâche pas mon fun de même! En passant, inquiètes-toi pas, on a l’temps en masse, j’ai placé Babe en avant d’la porte!” Quand j’vois ses sourcils froncé, j’réalise mon erreur, “Euh, Sad! Béta Sad! Oui, c’est ça, Sad (pis l’autre sont) est à la porte pour s’assurer que personne vienne nous déranger, c’est fin, hein?!”
“Euh, Alex, pass que je vouloir ruin ta fun, mais comment Alpha pouvoir parler avec ça danss son bouche?”
J’continu à fixer 94 tout à répondant à 77, “Oh Darling, inquiètes-toi pas! Quand on veut, on peut! Avec la bonne motivation, c’est clair que Sweeheart ici est capable de faire n’importe quoi!”, jpenche un peu la tête vers 94 avec un air de confidence en y tapotant l’épaule(/pour y montrer que la suite est à son intention), “J’ai foi en toi, t’es capable!” et y fais un beau clin d’oeil.
“Hey, Darling, tu veux v’nir m’aider un peu?”, j’me redresse pour y faire d’la place, “Prends une de tes griffes, pis découpe son chandail au complet, de haut en bas; ça m’f’rait plaisir.” À l’intention de 94, j’ajoute, “Prends-le pas personnel, disons juste que c’est une forme de ‘Donnez au suivant’. Tsé quand quelqu’un te fait chier pis que tu peux pas y remettre la pareille, fac tu t’venge sur quelqu’un d’autre?
Une fois que j’ai finalement un beau visuel sur le torse de 94, j’avoue que j’ai presque pas l’goût de découper dedans… Mettons que ça serait presque domage de gaspiller une telle oeuvre d’art! À moins qu’on aille plus bas?
ou plus haut?
{Expliquer le concept de la torture: que c’est pas juste une question de douleur, mais surtout une question de peur, qu’il faut s’attaquer à quelque chose que la personne ne veut vraiment pas perdre, qu’elle préfèrerrait mourrire, mais qui la tuera pas…}
L’oeil!!
{oeil et tire-bouchon}
Mais l’Alpha est genre calme, trop calme, “Tu sais que je vais guérir de toute façon, hein?”
“Ah, j’vois que ça t’inquiètes pas trop… Est-ce que c’est parce que tu penses que j’s’rais pas capable de l’faire pour vrai? Parce que tu devrais savoir que la dernière personne qui a osé me sous-estimer à disons, vraiment mal fini…” 94 fronce les sourcils avec une pointe d’inquiétude dans les yeux (l’oeil), “Ou bien c’est parce que tu sais que tu vas guérir de toutes façons vu que mon tire-bouchon est clairement pas en argent?” 94 hausse un sourcil et un coin de sa bouche monte un peu pour y donner un air cocky, “Ah, mon ange, mais c’est clair que tu vas guérir, ça moi non plus, ça m’inquiète pas, voyons! J’ai confiance en toi!” 94 refronce les sourcils d’incompréhension, “Nah, mon but ici c’est pas de t’rendre aveugle voyons! J’veux juste faire une petite expérience scientifique. Toi aussi t’aime ça la science, hein?
Là, y’a vraiment de l’inquiétude dans ses yeux (son oeil).
“Cool, fac écoutes ben, l’hypothèse que je veux tester est: Si je mets du colorant bleu DANS tes yeux, est-ce qu’ils vont devenir bleus? Avoue que ça s’rait cool, right?!”
J’y montre une p’tite fiole bleue que j’avais dans ma poche
Les yeux grands ouverts (L’oeil grand ouvert de panique, 94 se mets à faire des vocalisent pis des grognements dans toué sens…
“Oh, mais inquiètes-toi pas, là, j’ai pris du colorant 100% organique!”, je fais semblant de lire l’étiquette écrit en grosses lettres rouges sur la fiole, “en plus, c’est sans gluten, sans lactose, criss y’a même pas de trace de peanut!”, retourne vers 94 avec un grand sourir fier, “Fac tu vois, c’est full safe!”
Dans ses yeux (son oeil) déjà rempli de panique, s’installe le désespoir associé à la réalisation que son bourreau a perdu la tête et qu’il n’y a rien qui peut l’en sauver. Le désespoir, c’est pas bon pour moi, ça…
“Oh, mon ange, voyons, désespère pas! Moi j’pense vraiment que ça peut marcher, tsé! Ben, on sait pas,
peut-être! C’est ça la science, c’est essayer! Mais pour vrai, moi j’dis qu’ça peut marcher. T’as jamais mis
une fleur dans de l’eau colorée? A change de couleur pour vrai! C’est comme si les cellules absorbent la couleur.
Moi j’pari que les cellules des yeux peuvent faire pareil! En plus, ça t’irait tellement bien des beaux yeux
bleus!”, j’me penche vers son oeil avec ma fiole, “bon là, bouge pas, j’vas commencer avec une goutte, voir si ça
rentre bien…”
94 lâche un genre de cri de tête et réussi même à bouger légèrement sa tête, au même moment, la main de 49 entre dans mon champ de vision et semble se diriger vers la bouche de 94.
J’me relève et attrape le poignet de 49 juste à temps pour l’empêcher d’atteindre 94. “Hey, Honey, qu’est-ce que tu fais?!” J’y regarde la face pour esssayer de comprendre et y’a un mixte de surprise et d’incompréhension, d’inquiétude et de culpabilité. “Honey, est-ce que t’es pour reprendre ton bas?” 49 fait un lent hochement de tête, mais pas comme si ça y tentait vraiment. “Est-ce que tu veux vraiment reprendre ton bas?” 49 brasse rapidement la tête de gauche à droite, la peur dans les yeux.
“Hey, dépêchez-vous”, j’me relève la tête vers la porte où la tête de 27 apparait dans l’entrebaillement de la porte, “Apparemment, l’aconite empêche pas la télépathie. L’Alpha a appeler des renforts. J’vas essayer des retenir, mais dépêchez-vous!”
{(Quoi?! Ostie qu’est-cé ça, là?! On peut pu torturer en paix, criss?!”}
J’y répond avec mon plus haut taux de sarcasme,“NON, pour vrai?! On n’avait pas remarqué!” et fini en grognant, “Ostie, on peut pu torturer en paix!”
{Derrière moi, la voix de 77 grommelle, “Apparently, le aconit pass empêcher the Alpha de parler télépathic… ally à ses lycanthropes.”
Oh shit… Si 94 peut donner des ordres aux lycanthropes, on est dans marde…}
“Honey, regarde-moi!”, j’tire un peu sur le bras de 49 que je tiens encore pour ravoir son attention sur moi, pis en même temps, j’dépose ma p’tite fiole par terre à côté de la tête de 94 et mets ma main sur son oeil, “Dis-moi, mon ange t’a dit d’enlever le bas, right?” 49 hoche la tête, “mais est-ce que c’est genre un ordre comme avec sa voix magique, genre que t’as pas l’choix?” 49 fronce les sourcils pendant une seconde, puis me regarde avec étonnment, puis secoue lentement la tête et fini par relaxer son bras. Good! Pendant une seconde, j’avais eu peur de devoir mettre 49 pis 55 sous l’aconit aussi! “Ok d’abord, j’me batterais pas avec toi, certain. C’correct, enlèves-y ton bas d’la bouche.” 49 a pas l’air de comprendre, alors j’y fais un clin d’oeil et un signe de tête du genre, ‘go ahead’, je tire même un peu sur son bras pour le ramener vers la bouche de 94. Quand j’vois que 49, même sans avoir vraiment compris, a accepté de reprendre son bas, je reprends mes deux bras, lâchant le poignet de 49 et découvrant l’oeil de 94.
L’arrogance dans la face de 94 est tellement belle à voir! Fuck, asteur que 94 peut parler pour vrai on pourrait effectivement être réellement en danger…
J’y met un doigt sur les lèvres “Attends, bouge pas!”, et me retourne vers 77 et tend une main, “Darling, stp, veux-tu m’passer la lame en argent.”
Aussitôt que j’ai les doigts autour de la manche du couteau, j’étudie le torse de 94 et repère les côtes. J’me f’rai pas avoir deux fois, ostie! Mais juste pour être safe, j’place la pointe du couteau entre deux côtes, le plus près possible de où j’pense que le coeur est et commence à pousser doucement. En même temps, je retourne mon attention vers le visage de 94 et y explique, “Bon, écoutes-bien, j’vas mettre c’te lame-là, qui est en argent, le plus près possible de ton coeur, si jamais tu dis quelque chose de pas correct, j’vas juste pousser plus vite jusqu’à ce que la lame transperce ton coeur, ok?” Pour une fois, 94 a l’air immobile pour vrai, genre j’pense que même sa respiration a arrêter! Son oeil est écartillé et sa mâchoir shake un peu, mais j’ai toujours pas de réponse “Ok?”
Un tout petit “Ok.” fini par sortir de sa bouche.
“Bon, en passant, ta télépathie marche pas pour vrai, c’est moi qui a décidé de laisser Honey reprendre son bas. Tu vois comment, moi, j’suis une bonne personne?! Moi, au moins, j’y permet de s’habiller! Bon, maintenant, écoutes bien, c’pas compliqué, y’a rien qu’une chose qu’on veut t’entendre dire: on veut que tu redonne le droit de parole et de se défendre à Honey.” 94 fronce les sourcils et demande “Honey?”.
Derrière moi, 77 me chuchote dans l’oreille “Sa nom est Sam.”.
“Ah oui, c’est vrai, Sam!”
94 lève un sourcil en reconnaissance “Chose?!”.
J’lâche un soupir d’exaspération et tends la main vers 49 qui aussitôt la prend. J’tire un peu sur sa main “Honey, viens ici à côté d’moi, stp.” et 49 vient s’installer à mes côtés, dans le champ visuel de 94. Je lâche sa main et pointe son torse du pouce “Sam!”, je tourne un peu le couteau qui est toujours dans la poitrine de 94 et ajoute “Son nom, c’est Sam!, compris?”
Douleur et panique font répondre 94 assez vite merci, “Oui, oui, ok!”. En même temps, y’a 77 qui intervient “Watch out, on besoin l’Alpha en vie!”
“Oh, Darling, je l’sais ça! Mais inquiètes-toi pas, j’ai pas l’intention de l’achever!” J’me retourne vers 94 avec mon regard le plus creepy possible, “Juste d’y donner l’goût d’mourir!”
Oh l’ostie… Y faut jamais dire à la victime que tu peux pas l’achever!
Là c’est moi qui s’met à grogner, j’me r’tourne vers 77 et y lance un regard assassin, “Ostie, Darling, t’arrêtes pas d’gâcher mon fun, tabarnak! Veux-tu ben t’la fermer câlisse!”. Un coup que j’vois 77 s’asseoir sur ses fesses, les yeux écartés et la bouche ouverte, sans rien dire, j’me retourne vers l’avant et prends une grande respiration.
Descend le regard vers 94, “Bon! Où on est était? Ah oui! Le couteau près du coeur”, j’enfonce un peu plus la lame, juste assez pour y rappeler, “Darling a raison, tsé, on a pas intérêt à t’tuer, mais inquiètes-toi pas, c’est pas mon genre, anyway. J’suis plus du genre à déléguer pis à t’donner l’goût de t’tuer toi-même. Fac en attendant que tu t’décides à redonner la parole à Sam, moi j’vas reprendre où on avait laissé” et j’me penche pour ramasser la petite fiole que j’avais laissée à côté de sa tête.
94 doit avoir compris à quoi j’faisais allusion, parce que j’ai même pas l’temps d’y montrer ma petite fiole que déjà j’l’entends “Non, stp, arrête! Pas ça, par pitié!”
Pendant que j’y réponds, “Bon ben, tu sais c’que t’as à faire!”, je dévisse la bouteille, puis pendant que 94 à l’air de débattre dans sa tête, je mets ma main qui tiens le bouchon par terre près de sa tête et me penche au dessus de sa face avec la bouteille penchée près de son oeil.
“Ok, ok! Attends, j’vas l’dire!”
Au lieu de me redresser, j’fais juste figer et redresser un tout petit peu la fiole avant de fixer l’oeil ouvert de 94 avec un sourcil relevé en signe d’attente.
Avec hésitation et une saine dose de peur, 94 bafouille un “Ça, ça prend un contact visuel.”
J’fais un soupir et me relève à moitié juste assez pour que 94 puisse voir 49.
“Sam,” j’avoue que ça voix a tout d’un coup l’air plus grave et surtout plus sûre que v’la 2 secondes, “regardes-moi dans les yeux.”, moi j’quittes pas 94 des yeux, mais j’imagine que 49 l’a fait parce que 94 continue, “Sam, t’as le droit de parler, même en présence des lycanthropes de ta meute.”
J’fais un, “Hmm hmm” et y lance un regard de ‘T’as oublié un bout, mon ange!’.
“Sam, t’as aussi le droit de te défendre, même contre les lycanthropes de ta meute.”
“Honey, fais un test voir, dis quelque chose.”
Silence. Je continu à fixer 94 et finalement j’entends à 9 heures, une grande inspiration pis un “Allô.” … Évidemment, quand t’as pas eu besoin de parler pendant des années, c’est la première chose que tu penses à dire.
“Ooook, Honey, c’est bon, maintenant, dis c’que t’as vraiment à dire.”
Une encore plus grande inspiration, puis “Alpha, je vous défie pour le rôle d’Alpha de la meute De La Sainte-Merci.”
…
Tout l’monde reste en silence, mais je sais pas si c’était par respect pour le moment solonnel, ou parce que, comme moi, tout l’monde est juste resté bête, mais après 3 secondes et quart, j’suis juste pus capable de m’retenir pis j’pars à rire. “De La Sainte-Mercie?! What the fuck?!”
49 a la gentillesse de me répondre sans condescendance, “C’est le nom de la bâtisse. Avant qu’on arrive ici, c’était le couvent De La Sainte-Mercie… on a gardé l’nom.”
“Clairement, c’est juste le nom qu’vous avez garder!”
{94 reste smug et quand on reporte notre attention dessus, 94 nous informe: “Tu peux pas me défier, il faut que tu défie les autres qui sont en-dessous de moi; bon, on a pas de gamma, mais y’a quand même Béta Sad, et tu réussira jamais à vaincre Sad!”
Oh, 27 nous avait pas dit ça…
Fac là, j’vous jure, en même temps, 77 pis moi on a toué deux appelé 27, mais genre on a vraiment crié son nom, pareil comme quand tes parents t’appellent pour venir manger! Sauf que 77 a crié “SAD!” pis moi j’ai crié “BABE{?}!”. Devinez qui a réussi à attirer l’attention de 27! … Pour vrai, essayez de deviner!… Oh I like the way you think! ;-)
Fac, comme de fait, 27 ouvre la porte à moitié et reste dans l’entrebaillement, la main sur la poignée, “Quoi?!”.
J’lève une main pour empêcher 77 de parler, parce que si on s’met toué deux à essayer d’y expliquer, ça va juste sortir comme d’la marde de picasso {?}.
Fac j’y fait ça ben simple, “Babe, Honey doit te vaincre avant de pouvoir défier ça ici (dis-je en indiquant 94 d’un mouvement lâche de la main {ou du menton si ses deux mains sont occupées}), fac tu préfères quoi? Un duel ou un stepdown amical?”
94 snort “Voir!”
…}
Mais pendant c’temps-là, 94 fait juste fixer 49 avec un regard intense et fini par dire “J’ai droit à 24 heures.”
49 hoche la tête et répond, “Vrai. Demain, même heure, à l’arèna.”
J’alterne mon regard entre les deux. Ça a l’air trop vague comme consentement, ça… Fac juste pour faire sûr, j’viens pour ajouter mon grain de sel, ou plutôt ma salière au complet, mais juste avant, “Darling, veux-tu stp, aller ouvrir la porte un peu, j’veux que Babe entende c’qui va s’dire. Fais ça full vite, ok?”. Un coup que la porte est entrouverte et que la tête de 27 apparait, j’me reconcentre sur 94, “Ok, fac, demain, même heure, à l’arena, vous allez vous battre, juste vous deux, personne d’autre, sans aucune arme autre que vos propres corps, peu importe la forme que vous voudrez prendre, et ce, jusqu’à la mort. La personne qui survit, gagne et devient l’Alpha de la meute De La Sainte-Mercie. D’ici là, vous êtes toué deux sous protection complête, rien ni personne peut vous attaquer de façon directe ou indirecte tant physiquement que psychologiquement et ça comprend les personnes qui vous sont proche. Est-ce que vous êtes d’accord?”
94 hoche légèrement d’la tête (l’aconit doit commencer à pu faire effet) et répond “D’accord.”.
49 fait de même presque en même temps, “D’accord.”.
“Bon! Babe, Darling, vous êtes témoins, right?” Les deux me font un hochement de tête et disent disent oui/yes, en même temps. Fac, j’me redresse et revisse le bouchon sur ma fiole, “Bon, ben asteur que ça c’est réglé, moi j’ai faim!” j’remet la fiole de verveine dans ma poche et fige un moment. “Oups!”, j’pointe mon canif toujours planté dans l’oeil de 94, “Est-ce que j’peux l’récupérer, stp? Promis, j’vas faire le moins de dégât possible! De toutes façons, t’as probablement intérêt à pas trop attendre avant de l’enlever si tu veux pas que ton oeil commence à guérir autour!”
94 me fait un regard méchant, et cri presque en crachant, “Oublie ça! Si tu m’touches encore, ça va annulé l’entente pis j’vais vous annéantir toute la gang ,(menace, menace, etc) Tu m’touche pu jamais!”
“Ooooook, c’est correct Sweetheart, j’te laisse mon canif pour l’instant, tu peux l’garder, tant que tu l’perds pas des yeux! j’le récupérerai demain, avant ou après ta mort, euh, avant ou après le combat. tu me l’redonnera demain, avant ou après le combat
{mais soupir et dit “Ok, mais doucement!”
“Sure!” et j’me met au travail, tournant tout lentement le tire-bouchon en sens inverse. À mesure que la tige sort, y’a du liquide de plus qui coule un peu, mais pas autant. Ou bien il en reste pu, ou bien ça a déjà commencé à cicatriser… oups! Remarque, au moins 94 aura pas eu les yeux bleus! (Oui, c’était sarcastique!)
Bref, je fini par récupérer mon canif, 77, son couteau et 49 remet son bas, puis on se lève, laisse 94 par terre et j’me dirige vers la porte.}
Bref, j’aurais perdu mon canif et 77, son couteau, mais au moins 49 aura récupéré son bas.
Réalisant que 49 est pas derrière moi, j’me retourne et l’aperçoit debout, encore à côté de 94. 49 est dos à moi, mais j’vois sa tête penchée vers l’avant, ses épaules tendues et ses poings qui s’ouvrent et se ferment en alternance. J’reviens sur mes pas pour y mettre une mains sur l’épaule, ce qui, après l’avoir fait sursauter, l’aide aussitôt à se relaxer. Je regarde 94 avec son œil fermé qui dégouline de jus rouge, jaune et luisant, un gros rond de sang sur son torse découvert, son chandail déchiré tombé sur les côtés, {le bas du corps est nu ou pas??} ses jambes écartées et ses genoux pliés, les pieds encore attachés aux mains... Pas chic.
“Honey, si t'as quelque chose à y dire, y va falloir que t'attende, ok? On n'a pas l'droit de l'attaquer même verbalement d'ici au combat. C’est plate, mais c’est la règle. Demain, dans l’ring, tu pourras ben y dire tout c'que tu voudras, ok? Allez, viens.”
De retour à la porte, cette fois avec 49 à mes côtés, Darling est encore là à la tenir ouverte pour nous. Mais une fois qu’on a passé le cadre de porte, j’avoue que ça m’prends une seconde pour comprendre c’que j’vois. Le couloir est genre plein de monde, pis tout l’monde a genre un genou à terre pis la tête baissée. J’regarde 27 qui est encore debout, les bras croisés avec un air fier et y lève un sourcil en question. 27 hausse les épaules et répond, “L’Alpha leur a demandé de venir l’aider, mais c’était pas un ordre avec sa voix d’Alpha, fac avec ma voix de Beta, j’ai pas eu trop d’misère à les décourager.”
J’acquiese de la tête, “Nice! Bon ben, nous on a fini, fac si tu peux leur demander de nous laisser passer; moi j’ai faim!”
13.3 - PdV de Sam Pichet/Chose/49/Honey
Chapitre 14 - Réaliser qu’c’est pas si simple que ça
14.1 - PdV de Alpha/Sam Pichet/Chose/49/Honey
So far so good… Aaand now I just jinxed it (Oh, that’s what they mean about jinxing it!)
J’ai fini par réussir à convaincre Alex d’emménager avec moi dans la maison-mère. Ça a pas été compliqué finalement. Tout ce que j’ai eu à faire était d’y dire que la bouffe à la maison-mère est à volonté et, bien sûr, y promettre que j’gâcherais jamais son sommeil intentionnellement (sauf en cas de vie ou de mort). En passant, Alex a fini par me pardonner la fois où j’ai interrompu son sommeil, vu que c’était effectivement une question de mort… En tout cas, Alex dit que je peux dormir tranquille…
Remarque, même si toutes ses dépenses sont couvertes par la meute (si y'a une chose que l’ex Alpha savait faire, c'était de faire fructifier l'argent! On peut presque vivre juste sur les intérêts!), Alex insiste pour continuer à aller travailler deux jours semaine, disant que sinon ses bénéficiaires vont s'ennuyer de sa présence. Après avoir vu Alex torturer, j'avoue que c'est dur de l'imaginer s'occuper d'une personne âgée avec autant de douceur et de chaleur humaine… J’imagine que c’est ce qu’on appelle avoir une vie équilibrée.
Pour ce qui est de compléter notre lien de Partenaires, ça a pris plus de temps. En fait, c’est quand j’ai réussi à y prouver que j’avais pu besoin de plus de puissance ou du lien comme preuve d’amour qu’Alex a accepté. Une histoire de psychologie renversée ou quelque chose du genre.
Mais, encore plus impressionnant: Alex m’a finalement dit un vrai ‘Je t’aime’, genre profond, senti et romantique, avec les yeux qui brillent et le coeur qui bat, pis toute… la fois où j’ai fait installer une machine à espresso à côté du lit.
Depuis, comme dirait Alex, ‘on file le parfait bonheur’!
Y’a même des matins où Alex me sourit en se réveillant… AVANT d’avoir eu son café!
Bon, une fois, j’ai fait la gaffe d’y parler d’avoir des enfants… j’ai eu tellement peur de pas m’réveiller le lendemain que j’ai vite compris que j’était aussi ben d’oublier ça tout court. Fac j’y en ai juste pu reparlé. De toutes façons, on a encore en masse le temps!
De toutes façons, être Alpha, c’est déjà pas mal de job! Toutes les décisions, les problèmes, les plaintes, les récompenses, les tâches, les réunions… Au moins, Béta Sad m’aide pas mal. {J’y ai plus ou moins pardonné, mais j’ai pas oublié. Même que j’suis toujours pas capable de rester juste nous deux ensemble dans une pièce. Si y’a d’autre monde avec nous, ça va, mais encore, des fois faut que j’y demande de s’mettre plus loin, genre à deux mètres…} Surtout qu’au début, Sad continuait à me faire des avances et un moment donné, j’ai failli me tanner pour de bon et l’interdire de me faire des avances avec ma voix d’Alpha, mais avant même que j’ouvre la bouche, Alex a menacé Sad avec son canif en l’engueulant à propos de consentements RÉELS, en expliquant que le L était pour Libre et que si on demandait la même question plus qu’une fois malgré un refus, ça mettait d’la pression sur l’autre personne qui allait alors se sentir obligée de dire oui et donc serait pu libre. Bref, après ça, Sad a arrêté. Je me doute ben que ça y tente encore, mais au moins, là on peut travailler comme il faut.
Ça ou c’est grâce au fait qu’Alex a alors commencé à coucher avec Sad. Non seulement, ça tient Sad loin de moi, mais ça aide Alex quand son besoin de sang pis de découpage devient trop intense. Y parait même que Sad switch, alors quand je vois Alex revenir dans notre chambre avec du sang un peu partout, il faut que je sente pour savoir si c’est le sien ou celui de Sad; mais dans les deux cas, Alex en revient toujours plus relaxe, alors c’est bien. Polysolution, comme dirait Alex.
Moi, j’avoue, je m’ennuie de Max, mais aussi des morsures orgasmiques des vampires. J’ai proposé à Morgan si ça y tenterait qu’on fasse de quoi ensemble. En passant, c’est Alex qui me l’a conseillé, vu que c’est pas quelque chose qu’Alex peut me donner, apparemment c’est une bonne chose que j’aille le chercher ailleurs; tant que tout le monde est consentant! Mais finalement, ça a pas marcher exactement comme j’aurais voulu, mais c’est quand même pas si pire. Après que Morgan nous ait avoué son asexualité, on a du trouvé un compromis. On a fini par s’entendre que Morgan me mordrait, mais sans qu’il y ait de contact sexuel entre nous deux. Moi je peux me toucher et, de toute façon, sa morsure me fait venir à chaque fois, mais y’a rien d’autre qui se passe entre nous. Des fois, quand je viens, j’ai l’impression que ça met Morgan mal-à-l’aise, mais apparemment c’est un inconfort qui vaut la peine vu la puissance que mon sang d’Alpha lui fourni. D’ailleurs, Morgan a accumulé tellement de pouvoir depuis notre entente que ça lui a permis de recruter encore plus de vedettes vampires pour continuer le travail que Max Rossi faisait; autrement dit hypnotiser le plus de monde possible pour les convaincre d’aimer et respecter tout le monde, peu importe la couleur de leurs yeux. Pendant ce temps-là, Bibi continue de faire rouler le Rossi comme avant, sauf que là au moins, son titre et son salaire de Manager reflètent mieux ses responsabilités.
Remarque, on voit pas souvent Bibi à la maison-mère. Apparemment, Bibi a toujours pas pardonné Alex pour (ce que Alex lui a fait comme torture) et en a encore un peu peur. Remarque, un coup que tout le monde dans la meute a su ce qu’Alex avait fait à l’Alpha, tout le monde en a eu un peu peur… C’est sure que c’est pas l’idéal, mais comme dit Alex, Love is best, but fear will do the job. Au moins là y’a personne qui ose l’énerver.
J’ai nommé Gab comme Gamma pour m’aider avec… et évidemment, Gab et Xan vont pouvoir avoir tout plein d’enfants. Après tout, il va ben falloir repeupler la meute. Depuis Masevas, y’avait pas eu beaucoup de couple qui avait oser avoir des enfants vu que personne savait si leurs enfants auraient les yeux bleus ou pas. Alex dit qu’une grille de Punnet aurait réglé leur problème, mais de toutes façons, asteur c’est pu un problème vu qu’on l’a accepté.
D’ailleurs, dans la meute, tout le monde est enfin à sa place dans la hiérarchie, peu importe la couleur de leurs yeux. Même les omégas ont un meilleur traitement, des shift de 8 heures maximum, avec un salaire comme tout le monde, des congés maladie et de parentalité, etc. Après tout, comme dirait Alex: ‘sans les omégas, ont f’rait dur en ostie!’.
Surtout, pu personne peut violer qui que ce soit. Les consentements RÉELS sont obligatoires sinon c’est non! Fac Alex a fait des ateliers sur le consentement. Je les ai rendu obligatoires pour tout le monde au moins une fois, mais y’a certaines personnes que j’ai du forcé à y retourner une coupe de fois et y’en a d’autres qui y retournent de leur plein gré, même régulièrement; apparemment, ça les sécurise.
Les combats du samedi soir sont encore là, parce que veut veut pas, c’est l’fun pis ça fait du bien de se défouler, mais asteur c’est entièrement sur base volontaire et les combats sont à soumission seulement, et surtout, à armes et récompenses égales pour tout le monde!
Bref, on fait d’notre mieux pour que tout l’monde soit heureux.
So far so good… Aaand now I just jinxed it.
14.2 - PdV d’Alex
I feel like I'm in season 5 of my life and the writers are just making ridiculous shit happen to keep it interesting.
“Si je POUVAIS, Honey; ‘les si aiment pas les raies’!”
“Heille, tu peux ben parler, toi tu sacres tout l’temps!”
Oh, nice! Enfin, j’vas pouvoir y sortir mon fameux speech…
“Oh, Honey, il y a une ostie d’différence entre blasphèmer CONTRE versus DANS notre chère langue française! Insulter la riche complexité grammaticale de notre langue, la fierté de plusieurs peuples et nations, par stupidité ou manque d'éducation, c'est une chose, mais toi t'es pas stupide pis ça fait un boutte que j't'éduque, fac t'as pas d'excuse autre que le sacrilège intentionel! Ce qui est tellement plus outrageux que de simplement se réapproprier les termes vides de sens et pourtant lourds de traumas créés par une secte hypocrite dont le succès lui aurait monté à tête au point de vouloir, pendant trop longtemps, essayer de nous contrôler avec ses concepts inhumains, barbares et dépassés en nous promettant, dans sa duplicité abberante, l’amour inconditionnel d'un bord et la damnation éternelle de l'autre. Sérieux, si j'avais pas déjà lu la bible, j'aurais pensé que c’te connerie-là des indignes aux yeux bleus venait de d'la! Mais même à ça, crois-moi, l'église catholique mérite pas qu'on respecte son vocabulaire ritualistique!”
Ok, j’avoue, ça faisait un boutte que j’voulais la sortir celle-là!
“Justement, en parlant d’indignes…”, la voie de 27 apparue out of nowhere nous a fait faire le saut, mais dès qu’on a tourné la tête vers la porte de la chambre, on a fait encore plus le saut.
27 avait ouvert la porte, mais était encore dans le corridor comme si ça y prenait la permission pour entrer. Il faut dire qu’avec 55 dans ses bras, bridal style, l’ensemble était effectivement plus large que le cadre de porte.
“Oh non! Qu’est-ce qu’y’est arrivé?! Entre, Sad! Vite, va porter Gab sur le lit!”
27, les bras remplis de 55, se tourne de côté pour passer le cadre de porte, la tête de 55 en premier, puis se dirige vers le lit en laissant une traîné de sang sur le plancher.
Vu que le lit est grand, 27 embarque à genoux dessus pour pouvoir déposer 55 au centre, sur le dos, et j’en profite pour embarquer de l’autre côté. (y’es pas question que j’manque l’occasion de jouer dans l’sang; même si c’est pas moi qui l’a fait coulé! dma faute). 27 reste à genoux, mais met ses mains sur ses cuisses comme si toucher 55 pourrait être grave; par peur d’y faire mal ou de se laisser emporter? j’avoue que c’est pas clair… alors que 49 reste debout au pied du lit.
55 essaie mollement de se relever en marmonnant, “Ça va, ça va, c’est rien qu’une égratignure! Laissez-moi y aller, faut que j’aille voir Xan, faut j’y dise…”
J’y met une main sur l’épaule, probablement une des seules places sur son corps qui n’est pas encore couverte de sang et même à ça, 55 fait une grimace au contact, alors j’retire ma main et fais juste me pencher plus proche en prennant ma voix la plus rassurante, “Chhuuut! Tout va bien aller (55’s nickname?!), une chose à fois! On va commencer par t’réparer avant qu’tu r’tourne mettre du sang partout parce que si tu vas voir ton amour dans c’t’état-là, non seulement ça va juste l’inquiéter encore plus, mais surtout ça va gâcher son beau tapis! Fac calme-toi, là!”
55 qui avait réussi à se calmer un peu pendant mon discours, a fait un p’tit rire (grognement) dérisoire à la mention du tapis préféré de son amour. C’était réellement un cas grave, l’autre pis son fameux tapis! Mais surtout, l’humour avait réussi à calmer 55 davantage; mais avant qu’on puisse s’en réjouir, un grognement sourd s’est fait entendre puis, avec le ton le plus frustré que j’y avais jamais entendu, 49 a redemandé, “Qu’est-ce qui est arrivé, Gab?! Raconte!”
Mais 55 a pas répondu et s’est même tourné la tête vers moi, le visage presque enfouis dans l’oreiller et les yeux fermés comme pour pas voir personne.
“Come on (55’s nickname), y faut pas avoir honte, voyons; criss, j’me s’rais scrapé l’corps encore plus que ça juste en déboulant des escaliers; peu importe qui ou quoi qui t’as fait ça, ça peut pas être plus humiliant que ça!”. Clumsiness is cute and all, until someone gets hurt.
Après un bout de silence, 55 fini par se tourner la tête juste assez pour pouvoir parler et explique tout bas, “Le classique: une gang de dignistes qui m’ont sauté dessus dans une ruelle, sauf que y’en avait pas mal plus que d’habitude, pis c’était des êtres humains, fac j’pouvais pas vraiment me défendre tant que ça.” 55 se remet la tête droite et lève les yeux au plafond en lâchant un soupir, “C’est tellement insultant d’avoir à s’laisser tabasser de même!” 55 redescend des yeux pleins de douleurs et de désespoir vers 49 qui est encore debout au pied du lit, “Comment t’as fait, tout ce temps-là?!”.
En voyant que la question mettait 49 mal-à-l’aise, j’me suis dit que ça y tentait probablement pas de remâcher ces souvenirs-là, fac j’ai détourné l’attention vers moi (so selfless!), “Oh nice, Honey, dis-moi qu’on peut aller venger 55’s nickname! Ça fait tellement longtemps que j’ai pas découpé quelqu’un!”
27 fait un “Heille!” indigné, mais 49 y coupe la parole assez vite en criant, “Non, ça va faire, le découpage, Alex! On peut pas s’mettre à torturer toutes les personnes qui sont dignistes; non seulement, on finira jamais, mais surtout, on serait pas mieux que la gang de Masevas!”, 49 se tourne vers 27 et ajoute, “Sans offense.”.
27 hoche la tête, mais dès que l’attention de 49 revient sur moi, j’croise les bras et j’me mets à grogner légèrement en y plissant des yeux avec un regard dangeureux (indignation/rébellion/insurgence/insubordination).
“Regardes-moi pas comme ça, Alex, tu sais que j’ai raison; ça peut pas continuer de même.”
Décidémment, 49 a fini par prendre son rôle d’Alpha à coeur…
Je prends une grande respiration, décroise les bras et lâche un lourd soupir tout en relâchant mes épaules, “T’as raison.”.
Silence.
J’les regardes les trois, une face incrédule après l’autre; même 55 peut pas s’empêcher de m’fixer. À croire que j’viens d’dire la chose la plus abérante jamais dite! …. Ah, je vois. Je lève un sourcil, et les épaules, “ben quoi, si j’suis d’accord, c’est qu’on a toué deux raison!”. Ça leur prends une ou deux secondes pour analyser ce que j’viens d’dire, pis le monde se remet à tourner sur son axe. Mais juste pour les rassurer, j’explique, “Reste que c’est vrai, aussi agréable que ça puisse être, ça donne rien de combattre les symptômes si tu t’attaque pas à la maladie comme telle.”
“Oui, mais Morgan travaille fort au Rossi pour changer les choses; ça devrait aider.”
“Oh, Babe, justement, que ce soit avec un couteau ou des beaux mots, tout ce qu’on fait c’est de s’attaquer aux symptômes! Non, si on veut que c’t’histoire-là des dignes pis des indignes finissent une bonne fois pour toute, il va falloir aller à la source du problème!”
“Tu veux pas dire…”
“Oh oui, on va aller rendre visite à l’Oudè en personne, ostie!” Ok j’avoue, là leur face ont l’air estomaquée pour vrai, mais ça m’démonte pas et j’en rajoute, “Que ça prenne un formulaire A38 ou un first born (premier bébé), ostie, inquiétez-vous pas, j’vas m’arranger pour régler ça, c’te connerie-là; pis pour de bon, ostie!” Surtout que j’commence à avoir hâte que c’te livre-là achève; veut-veut-pas j’ai pas rien qu’ça à faire moi là!
Famous last words: I can do this!
Chapitre 15 - Réaliser qu’les rêves ça coûte cher en ostie
15.1 - PdV d’Alex
Famous last words: I can do this!
Jo nous lance un “Suivez-moi” et se dirige vers l’arrière du bar.
Des miliers, des miliards, de sons et d’images, des faces, des lettres, qui bougent, qui bougent pas, comme si toutes les personnes de la terre essayaient de se faire voir ou entendre en même temps. À moins que ce soit l’Oudè qui essaye de regarder ou d’écouter tout le monde en même temps, comme un méga système de surveillance? L’oeuf ou la poule? (En passant, c’est l’oeuf qui est arrivé avant la poule, mais bon; j’vous raconterai ça un autre jour, ou j’vous l’mettrai en annexe à fin du livre).
Avant que mes questions existentielles me fassent perdre la tête, Jo commence à nous expliquer, “N’importe qui peut essayer de créer un habitus, mais pour qu’il se répende et s’intègre comme il faut dans les mentalités, il faut, ou bien que ce soit quelque chose que les gens auraient cru de toutes façons, ce qui veut pas dire que c'est véridique ni morale, juste que c'est ce que les gens veulent entendre; ou bien, tu paies assez cher pour que l’Oudè puisse le leur marteler assez souvent dans la tête pour que ça finisse par rentrer, mais j’vous l’dit, plus votre concept est dure à avaler, et plus vous voulez le faire avaler à beaucoup de monde, plus ça va vous coûter cher. Si vous me dites ce que vous voulez créer comme habitus, j'peux vous conseiller, moyennant un pourcentage, évidemment.”
“On veut que les gens arrêtent de discriminer les gens.”
“…pis qui est votre publique cible?”
“Tout l’monde.”
“Aaah, cute, louable, vraiment, mais ça marchera jamais. Déjà, il faut comprendre que plus le groupe est nombreux, plus son quotient intellectuel est bas, donc si tu dis "il ne faut pas discriminer", les gens vont juste comprendre le mot discriminer. C'est une question de champ lexical. Donc déjà, il va falloir faire attention à comment vous formulez votre affaire. Ensuite, les histoires de gentillesse sont toujours moins populaires; les gens ont juste trop de frustrations refoulées, ça leur prend une cible, un échappatoire.”
“Bon ben, c’pas compliqué, on va leur dire de discriminer les caves qui discriminent!”
Les indignes, c’est les caves qui discriminent, parce que ça veut dire que leur esprit est pas assez ouvert et intelligent, pas assez woke.
“L’Oudè fonctionne en terme de souvenirs, pensées, informations personnelles, etc; autrement dit tout ce qui fait de vous VOUS. Plus vous acceptez d’en donner, plus votre habitus va pouvoir se répendre dans la population et donc plus vous avez de chance que ça marche et que ça reste. Mais je vous averti, et c’est précisé tout en bas du contrat: il n’y a aucune garantie de succès!”
“Est-ce qu’il y aurait juste vous ou est-ce que vous pourriez être plus? Plus vous êtes, plus vous pouvez donner, plus vous avez de chances que ça marche.”
“Qui est-ce que ça y tente de sacrifier toute son identité pour le bien de l’humanité? Parce que si on se fie à
la loi de Brandolini<sup>1</sup>
, ça va en prendre en ostie!”
“Étant Alpha, c’est comme si toute ma meute était mes enfants, et être parent, c’est se sacrifier pour ses enfants; fac j’me porte volontaire.”
“Ouin, mais laissez ses enfants sans surveillance, c’est rarement une bonne idée! J’te rappelle que le but premier de toute c’t’histoire-là était de ‘sauver Sam’. Avoue qu’ça s’rait légèrement contre-productif de t’sacrifier pour essayer de t’sauver! Fac moi j’dis que Honey reste, mais que tout le reste, on est sacrifiable.”
Tout l’monde me regarde comme si, une fois de plus, j’avais dit quelque chose de pas croyable. “Que voulez-vous, l’humilité est ma plus grande qualité! En plus, avec la vie que j’ai vécu, j’en ai en ostie des t-shirts, fac c’est clair que j’dois valoir chère pour l’Oudè.”
55: “Des t-shirts?! T’étais pas genre super en criss que l’autre détruise ton chandail, comme si c’était le seul que t’avais? Pis là tu dis que t’as plein d’t-shirts?!”
“(55 nickname), c’est une expression: “Been there, done that, got the t-shirt”. Dire que t’as plein de t-shirts, veut dire que t’as fait vraiment plein d’affaires différentes dans ta vie.”
“Ah… Ben p’tête que tu serais assez d’abord! Sûrement t’as assez de t-shirts pour qu’on ait pas besoin de nous sacrifier nous aussi, hein?!”
27 y sacre une claque derrière la tête. “Espèce d’égoiste! Penses au monde que tu veux laisser à tes enfants! Tu veux vraiment que tes enfants, qui vont certainement avoir les yeux bleus, grandissent dans la peur?!”
55 baisse la tête et grommele quelque chose d’inintelligible, mais clairement 55 se rend compte que 27 a raison, surtout après c’qui y est arrivé l’autre fois!
“Bon, fac on a Babe, Buddy, Darling et moi. Qui d’autre qu’on peut convaincre? Y reste qui d’autre de la gang de Masevas? Clairement c’est des kamikaze; j’veux dire, si tu crois assez à ta cause pour accepter de risquer ta vie en allant attaquer une meute de lycanthropes au complet, clairement t’accepterais de risquer ton identité!”
“Well, actually there’s no one left, since Sam killed them all. Well, actuellement, il n’y a pas personne gauche, d’autre. Sam a tuer toute.
“Emh, actually, il n’y a pass d’autre. Sam avoir tuer touttes. Mais, je should pass être ici, les vampires ont besoin moi. Je suis Capo maintenant.”
Jo lève les mains pour arrêter nos déblatérations, “Ok, ok, attendez un peu là, laissez-moi vérifier quelque chose, ok? On va commencer par voir ce que vous valez vous, pis après on verra combien de plus ça prendrait. Donnez-moi quelques minutes.”
Pis comme par magie, pu personne parle pis y’a un genre de sablier qui apparait en plein milieu, ou bien j’viens juste de l’remarquer, en tout cas, pendant un bout, y’a juste rien qui s’passe à part le sable qui coule…
J’peux pas m’en empêcher et je murmure à personne, avec une pointe d’espoir dans la voix, “Penses-tu qu’ça va faire mal?”.
49 fait un grognement exaspéré, mais personne d’autre ose faire un bruit, fac j’fais juste un haussement d’épaule pis j’recommence à attendre.
Jo nous sort de notre presque trance, “Ok, voilà c’que j’peux faire pour vous. Y’en a effectivement parmi vous qui ont pas mal de valeur, tellement que l’Oudè a accepté de vous faire une offre. Si vous acceptez de vous sacrifier au complet, dans les 10 prochaines minutes, l’Oudè va doubler votre valeur. Sérieux, je sais pas qu’est-ce qui s’est passé dans vos vies, mais j’ai jamais vu l’Oudè avoir autant d’intérêt dans quelqu’un! Doubler! Ça devait être intense en quelque chose de rare vos affaires! Mais bon, surtout, j’peux vous dire que moi-même, qui fait ça depuis toujours, j’ai jamais vu autant d’investissement dans un habitus. À ce niveau-là, si ça marche pas, c’est qu’y a rien qui marcherait de toutes façons! Mais vous avez juste 9 minutes pour vous décider.”
Je marmone “Tu parles d’un consentement libre; 9 minutes pour décider le reste de ta vie?!”, mais continue à voix haute, “Quand tu dis nous “sacrifier au complet”, tu veux dire quoi exactement, genre on sacrifie nos vies aussi ou on se sacrifie toute la gang, y compris Honey?”
“L’Oudè n’a aucun intérêt à ce que vous mourriez, alors oublie ça tout de suite. Mais, oui, si vous voulez l’offre de doubler, Sam doit se sacrifier aussi.”
“Voyez, apparement, j'ai vécu assez d'affaires dans ma vie, moi aussi pour en valoir la peine, non?”
“Mais oui, Honey, t'as pas encore compris?! Ctait justement la morale de cthistoire-la que t'en vaux la peine! Criss, tout l’monde veut s’sacrifier pour toi, ostie, read the room! Mais malheureusement, on n'a pas l’temps pour que tu nous compte toute ta vie la, fac laisse nous nous sacrifier pour ton bien, ok? Prochaine fois tu t'arrangera pour l'avoir écrit avant ton histoire, pis là on verra si ça vaut la peine de t’perdre ou pas.”
“Ben en fait, je l'ai déjà écrit.”
“Quoi?!”
“Ben oui, j'écris toujours tout c’qui m'arrive dans mon journal” et hausse les épaules comme si de rien n’était.
“Holy shit! Honey, t’imagine?! Avec ton histoire pis moi d'dans, on f’rait tellement d'cash!”
Jo fait un p’tit soupir dérisoire, “Pourquoi tu penses que l’Oudè vous fait une aussi belle offre?! L’Oudè sait déjà tout et en acceptant l'accord, tout ça va lui appartenir.”
“Fuck, Honey, j'pense qu'on est entrain de s’faire avoir...”
77 encore une fois nous ramène à l’ordre, “Maybe, mais c'est pas about le argent.”
49 renchérit, “Et c’est pas non plus par rapport à moi.”, puis me prend les deux mains et nous tourne face-à-face, “Alex, mon amour, Masevas a été nommé en mon honneur, mais c’était pas pour me sauver moi; c’était pour sauver toutes les personnes comme moi qui allaient devenir des victimes du dignismes. Pis la meute est forte asteur, toi et moi, on l’a reconstruite assez solide; la meute va s’en sortir même sans moi. C’est ma chance, finalement, d’honorer mes parents et la cause qui leur tenait tant à coeur. De toutes façons, Alex, je sais que tu y crois pas tant que ça, mais t’es mon âme-soeur, on est Partenaires avec un grand P; j’pourrais même pas vivre sans toi, alors aussi bien disparaître avec toi.”
“Honey,… ostie qu’t’es quétaine!”, j’prends une grande respiration, “Mais bon, whatever, c’est correct, fais c’que tu veux, d’toutes façons, j’s’rai pas là non plus!”, j’prends une autre grande respiration, parce que veut-veut pas, on est à veille de s’embarquer dans quelque chose d’intense en ostie et j’me dis que j’suis aussi ben de partager mon pep talk avec la gang, “Bon, ok, gang, une chose à fois! Là on va commencer par sauver l’monde pis après on pensera à quoi manger pour souper. Parce que là, jcommence à avoir faim…”
Fac j’lance un dernier regard aux autres: à 77 qui a apparemment pas peur pantoute et hoche la tête comme si de rien n’était; à 27 qui essaie vraiment fort de cacher sa peur en hochant la tête comme si y’avait rien là; à 55 qui essaie pas pantoute de cacher sa peur, mais qui hoche la tête quand même; à 49 qui a plus l’air d’avoir peur de m’perdre pour vrai, mais qui hoche la tête avec espoir... Ça y est, c’est décidé, on va dire oui, on va donner toutes les pensées, histoires, préférences, qu’on a eues, l’Oudè va en doubler la valeur et utiliser tout ça pour promouvoir notre habitus dans la population. Idéalement, ça va être assez pour convaincre tout le monde que “Les indignes, c’est les caves qui discriminent, parce que ça veut dire que leur esprit est pas assez ouvert et intelligent, pas assez woke.” et ainsi mettre fin au dignisme, à la discrimination, à la violence, à la ségrégation, systèmique ou pas… Ostie que ça sonne utopique! Si on est réaliste, avec un peu d’chance ça va finir en comptine à la maternelle, ou une pub de plus que tout l’monde va ignorer, ou juste un ostie d’bon roman que personne va lire…
Fac, anyway, vu que j’ai rien d’mieux à faire aujourd’hui, pis j’ai vraiment hâte d’aller manger, j’fini par me retourner vers Jo avec toute ma gang de mismatch derrière moi pour y poser une dernière question pleine d’espoir avant d’y dire OUI, “Ça va-tu faire mal?”.
FIN
1 Brandolini's law: "The amount of energy needed to refute bullshit is always an order of magnitude larger than it took to produce it."
Épilogue - Nouvelle réalité
PdV de ?
*Faith in humanity?
I look both ways before crossing a one way street.*
J’réévalue les boîtes de carton qui me cache de la ruelle, empilées devant moi et à ma droite, le mur de briques
à ma gauche et, comme si elle avait pu disparaître sans que je m'en rende compte, je m’accote la tête par en
arrière pour me rassurer que la benne à ordures est bien toujours là, derrière moi. Rien n'a bougé depuis la
dernière fois où j'ai checké, vla genre 5 minutes. Reste que j'pense que c'est un bon spot, discret, pas trop
suspect, surtout que les boîtes étaient déjà là. Jdevrais être correct pour encore quelques jours, du moins
jusqu'à ce que le recyclage passe. De toutes façons, à rester ici sur mon cul à rien faire à part espérer qu'on
m’trouve pas; j’dépense sûrement pas tant d'énergie. Après ça, il va falloir que je prennes mon peu de stock
et que j'me trouve un nouveau spot, encore. On est tellement d’monde à devoir se cacher que c’est rendu tough de
trouver des bons spots. Au moins, à part mon sac de couchage, j'ai pas grand chose qui a d'la valeur : un canif et
un restant de DuctTape. J'ai tellement l'impression de toujours les avoir eu avec moi que j'me souviens même pas
comment j’les ai eu. D'ailleurs, j'me souviens pas non plus de comment était ma vie avant la rue, la peur, la
faim... Parce que j'ai surement eu une vie avant, right? J’devais avoir un nom aussi... D'habitude les gens ont
des noms, right?
J’ai un vague souvenir d’un temps où la vie était belle où tout le monde respectait tout le monde, peu importe leur différence, mais ça a tellement dégénéré vite et dramatiquement que des fois j’pense que j’l’ai juste imaginé ou rêvé tellement de fois qu’asteur mon cerveau pense que ça s’est vraiment passé...
Mon ventre gargouille. C'est quand la dernière fois que j'ai mangé? J'men souviens même pas. De toutes façons, j’suis tellement sur les nerfs que j'ai même pas l'goût d’manger! Mais c'est pas grave. J'préfère rester ici dans ma cachette pis pas manger que de sortir pis risquer de m’faire pogner! {Au moins, j’ai réussi à trouver un restant de “super-whatever-aux-pouvoirs-pseudo-magique-qui-fait-pas-dsens-genre-kale-smoothie” dans les poubelles.}
Tout ce que je sais c'est que j’suis jamais en sécurité nul part et que de me cacher est ma meilleure chance de survivre. Même les lunettes de soleil, ça marche pas parce que les gens trouvent toujours ça louche et te les font enlever à chaque fois. Et évidemment, vu que j’pas capable d’avoir une job, j'ai pas non plus d'argent pour des verres de contact. Ostie, d’vie d’indigne de marde; si seulement j’avais les yeux bleus!
There will always be someone willing to pay more.
Think about it - every single corpse on Mt. Everest was once a highly motivated person. Stay lazy my friends. Stop trying so hard.